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À l'origine notre père obscur

De
165 pages
Dans la “maison des femmes” où l’on redresse les torts, réels ou supposés, dont épouses, sœurs, ou filles se seraient rendues coupables à l’encontre des lois patriarcales, une jeune fille cherche en vain l’amour de sa mère enfermée avec elle. Celle-ci, indifférente à son existence, ne vit plus que dans le seul espoir que vienne la délivrer celui qui l’a abandonnée. Dehors, là-bas, dans la maison du père, où sévit le “clan” familial tout-puissant, un cauchemar affreusement symétrique menace de fondre sur l’héritière sacrificielle née d’un couple tragique et fourvoyé.Sur les ravages du désamour et de l’exil intérieur auquel il condamne, une fable cruelle et incandescente qui pose en lettres de sang la nécessité de la rupture comme condition de toute survie.
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“DOMANE FR ANÇAS”
LE PONT DE VUE DES ÉDTEURS
Enermée depus son pus jeune âge dans a “mason des emmes”, une bâtsse cente de hauts murs de perre où mars, rères et pères mettent à ’soement épouses, sœurs et îes coupabes – ou soupçonnées – d’avor a à a o patrarcae, prse en otage par es mystères qu entourent tant de doueur en un même eu rassembée, une enant a grand en témon mpussant de ’néuctabe aénaton de sa mère qu’un nîn désespor n’a cessé d’éogner d’ee. Menacée de dévoraton par une communauté de soufrance, meurtre par ’nsondabe ndférence de sa géntrce, mas toujours amante, ’abandonnée tente de rejondre enîn ce “père obscur” dont ee a rêvé en secret sa ve durant. Mas dans a pénombre de a demeure du père, où sévt e can, a guette un nouveau cauchemar où ’efrayant vsage de ’oppresson e dspute aux monstrueux déres de a névrose amae dont  u audra s’émancper pour découvrr e sentment d’amour. Entre crs et chuchotements, de portes coses en pér-eux sences, Kaoutar Harch écrt à ’encre de a tragéde et de a compasson a abe auss cruee qu’unversee de qu s’attache à conjurer es egs toxques du passé pour s’nventer, on des côtures dscpnares érgées par e groupe, un aeurs de umère, corps et âme habtabe.
K AOUTAR HARCHI
Née à Strasbourg, spécialisée en socioanthropologie, Kaoutar Harchi a enseigné à l’université de la SorbonneNouvelle ainsi qu’à l’univer sité de Poitiers. Elle vit aujourd’hui à Paris. Elle est l’auteur de deux romans, dontL’Ampleur du saccage, paru chez Actes Sud en 2011.
DU MÊME AUTEUR
ZONE CINGLÉE, Sarbacane, coll. “Exprim’”, 2009. L’AMPLEUR DU SACCAGE, Actes Sud, 2011.
Photographie de couverture : © David Bellemere
©ACTES SUD, 2014 sauf pour la langue arabe ISBN9782330036218
KAOUTAR HARCH
À ’orgne notre père obscur
roman
ACTES SUD
À la Mère et au Père, présents, absents.À Sawab et Wîssal, devenues sî grandes. À D., roî depuîs la naîssance.
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ïls prendront leur tête entre leurs maîns et, durant de longues mînutes, îls demeureront sîlencîeux. Pour cer-taîns, de peur. Pour d’autres, d’încompréhensîon. Leurs yeux voudront se Fermer. Leur bouche s’ouvrîr. Maîs plus aucun corps ne sera capable de répondre aux ordres nerveux du cerveau car Face à l’acte – cet acte de la séparatîon que la jeune Femme réalîsera sans le savoîr nî même le vouloîr – rîen ne résîste quî ne soît d’abord appelé à dîsparatre. Ouî, tout dîsparatra. Ou plu-tôt : par son acte – l’acte de la désaIlîatîon – elle Fera tout dîsparatre et le monde tel qu’îls le connaîssent, jamaîs plus, ne sera pareîl. Le sang quî coule dans les veînes des pères et des ils, le sang de la vengeance, le sang de la guerre, soudaîn, perdra toute valeur. Et îls auront beau, ce sang, vouloîr le Faîre couler, couler et couler encore, un jour vîendra où îl ne coulera plus. Car, après l’acte de la jeune Femme – cet acte de la rupture –, c’en sera inî de la Famîlle, de son honneur et de sa vîolence. Ne leur restera plus que, débordant de leurs yeux, des larmes qu’îls apprendront à ne plus chasser. Des larmes qu’îls accueîlleront comme l’îndîce d’une soufrance dont îls chercheront, pour la premîère Foîs de leur vîe, le lîeu. Puîs, ce lîeu, une Foîs trouvé, îls s’y rendront, allant aînsî à la rencontre de quî îls sont.
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Maîs îls ne voudront pas voîr et quand îls verront, îls ne voudront pas croîre. ïls demanderont alors à être convaîncus que cette beauté et cette Force sont bîen les leurs ; eux à quî l’on dît, depuîs l’enFance, qu’îls sont laîds et Faîbles. Chacun le Fera, ce travaîl sur soî, que la jeune Femme aura rendu possîble en aIrmant par son acte – un acte de révolte – que le groupe ne mérîte pas qu’on se sacrîie pour luî. Sîmplement qu’on le quîtte et îls le quîtteront, ne tolérant plus de n’être qu’une partîe du tout. Ces hommes et ces Femmes voudront être tout et se souvenant de l’acte de la jeune Femme – l’acte de la lîbératîon – îls prendront leur tête entre leurs maîns et durant de longues mînutes, îls seront prîs d’un ter-rîble vertîge. ïls sentîront grandîr en eux le désîr de Faîre un pas en avant, puîs un autre, puîs un autre, jusqu’à prendre leur élan et sauter dans le vîde. Car, comme le leur dîra la jeune Femme, à cet înstant précîs où elle Fera le choîx de la vîe contre celuî de la mort, c’est un saut dans la Foî que de s’aîmer. Certaîns ne compren-dront pas cette îdée d’amour de. D’amour pour soî. ïls réplîqueront qu’îls ne connaîssent que l’amour de Dîeu, le Tout-Puîssant, le Mîsérîcordîeux. Et qu’îls ne sont pas Dîeu. Maîs quî n’est pas Dîeu, leur apprendra la jeune Femme, n’est pas moîns que luî.
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