Bleu

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134 pages
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L'inspecteur Antoine Bourgnon, célèbre grâce à l'arrestation du tueur au caducée et au démantèlement d'un réseau néonazi dans le sud de la France, se retrouve plongé dans une nouvelle enquête aux ramifications complexes. En compagnie de ses fidèles acolytes, il va chercher la vérité jusqu'en Amérique du Sud. Des cadavres aux yeux bleus. Un centre secret.
Des disparitions mystérieuses dans les favelas.
Antoine Bourgnon doit sauver la dame blanche en péril et trouver qui se cache derrière le roi. Réussira-t-il ?

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EAN13 9791034810512
Langue Français

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Bleu
Sylvie Grignon Bleu Les enquêtes de l’inspecteur Bourgnon - 3 Couverture :Maïka Publié dans laCollection Clair-Obscur, Dirigée parJennifer Pereira
©Evidence Editions2019
Note de l’éditeur Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, malvoyant, braille et audio. Tout notre professionnalisme est mis en œuvre pour que votre lecture soit des plus confortables. En tant que lecteur, vous découvrirez dans nos di%érentes collections de la littérature jeunesse, de la littérature générale, des témoignages, des livres historiques, des livres sur la santé et le bien-être, du policier, du thriller, de la littérature de l’imaginaire, de la romance sous toutes ses formes et de la littérature érotique. Nous proposons également des ouvrages de la vie pratique tels que : agendas, cahiers de dédicaces, Bullet journal, DIY (Do It Yourself). Pour prolonger le plaisir de votre lecture, dans notre boutique vous trouverez des goodies à collectionner ainsi que des boxes livresques disponibles toute l’année. Ouvrir un livre Evidence, c’est aller à la rencontre d’émotions exceptionnelles. Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous su3t de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
Prologue BLEU Saleté dégoulinante, sans abris, sans âme, sans vie Adolescents, aiguille plantée dans une veine Couleur de peau ne recevant plus d’oxygène, Océan qui tel un tableau s’étend à l’infini… Touristes grouillant dans une gigantesque toile d’araignée, Cachant l’Angoisse ou la Peur d’aimer BLEU hurlant l’impossible, l’absence de limite, Autorisant l’homme à jouer sur le grand échiquier de la vie Son dernier pion au-delà de la raison, Simplement parce que ROUGE et BLANC Se sont un jour unis Pour lancer leur dernier cri, Simplement parce qu’Hier Modèlera la Vérité de Demain… Afin que BLEU soit le mot de la fin….
Chapitre 1 Paris Un soleil, digne des îles tropicales, brillait ce matin-là. Airparif, l’agence recrutée pour surveiller le taux de pollution de la région parisienne, avait lancé un signal d’alarme. Si le beau temps persistait, il faudrait penser à mettre en vigueur des mesures draconiennes. Aucun Parisien ne semblait pourtant perturbé par cette nouvelle. Une météo clémente donnait vitalité et bonne humeur. Au commissariat général, il en était de même. Les inspecteurs avaient troqué leurs uniformes hivernaux contre des tenues plus légères comportant jeans et polos. Antoine Bourgnon n’avait pas fait exception à la règle. Habillé d’un pantalon en coton noir et d’une chemisette à manches courtes blanches faisant ressortir un bronzage digne des cabines UV, il sirotait tranquillement un café assis nonchalamment sur son bureau. Il était rentré de ses vacances au Brésil depuis quinze jours et reprenait le travail avec douceur. Ses exploits dans le Sud de la France, avec la spectaculaire arrestation d’un réseau néonazi, lui avaient valu la reconnaissance de ses supérieurs qui, outre des congés oerts aux frais de la princesse, l’avaient promu au poste de son choix. Ayant tâté quelques mois un poste dans la bureaucratie, dont il s’était très vite lassé, il avait préféré réintégrer une brigade anti-criminalité. Il avait l’impression d’être rentré à la maison comme s’il avait enfilé de bons vieux chaussons. Antoine était un inspecteur très apprécié par ses pairs. C’était un homme d’une cinquantaine d’années, sympathique, sur qui on pouvait compter. Les policières de son secteur avaient toutes un petit faible pour lui. Jamais un mot de travers, toujours une volonté de ménager les conits. Cet inspecteur, réservé, les yeux verts pétillants de malice, en faisait fantasmer plus d’une. Pendant très longtemps, il avait reété l’image d’un homme solitaire, jusqu’à sa rencontre avec la sulfureuse Adelyse. On aurait pu penser que l’union de leur chef avec cette ravissante femme allait susciter moult jalousies. Il n’en fut rien. Adelyse avait un don pour se faire aimer de tous, aussi bien des femmes qui se con3aient à elle sans fausse pudeur, que des hommes qui rêvaient secrètement de sécher les larmes éventuelles qu’elle pourrait verser. L’aection de toute l’équipe s’était trouvée renforcée lors de l’enlèvement, il y a quelques mois, du petit Carl. Heureusement, l’enfant avait été retrouvé sain et sauf. Paris était très calme en cette période estivale. Le taux de criminalité semblait en baisse. Un certain ennui régnait sur le commissariat. Toute la contradiction humaine ! Lorsque la pression était trop dense, les policiers grognaient, lorsque l’adrénaline venait à manquer, ils tournaient en rond. Il est vrai que depuis quinze jours, c’était le calme plat. De retour du Brésil, Antoine avait aménagé son bureau situé au fond du couloir au premier étage. Ce dernier était très simple : une table, un fauteuil en cuir confortable nécessaire pour son dos qui commençait à se faire vieux, un ordinateur portable et une étagère supportant une pile de dossiers. Le seul élément sortant de l’ordinaire était un cadre avec une photo d’Adelyse tenant leur 3ls dans ses bras. Tous deux, tout bronzés, riaient aux éclats. Regarder ce portrait plusieurs fois par jour donnait à Antoine plus de force que de prendre un tube entier de vitamine C. L’inspecteur était passionnément amoureux de sa jeune épouse, même si la
diérence d’âge lui posait parfois quelques problèmes. La vitalité d’Adelyse était hors norme. Et si en période calme comme en ce moment, il arrivait à tenir le rythme, ce n’était pas le cas lorsqu’il devait traiter une lourde aaire. Sa femme avait failli lui échapper quelques mois auparavant et il avait conscience de devoir rester vigilant. L’inspecteur bâilla tout en regardant sa montre. Fichu temps qui ne passait pas ! Il y a des moments comme ça où les minutes semblaient des heures. Incroyable tout de même qu’il ne se passe rien en plein mois d’août. On n’est pas en pleine campagne, juste à Paris ! Il devait bien y avoir quelque chose à se mettre sous la dent, histoire de se bouger. Antoine Bourgnon passa quelques coups de 3l à d’anciens collègues. L’un d’eux, « de la Bac », sentant son vieux pote en train de moisir sur place, lui refila un tuyau : — On vient de trouver un macchabée sous le porche d’une église, sûrement une mort naturelle, mais si ça t’amuse d’aller jeter un coup d’œil. Tu me feras un compte-rendu. Je sors de trois jours de planque et un petit break ne serait pas pour me déplaire. L’inspecteur Bourgnon ne se le 3t pas dire deux fois. Il avait besoin de sortir, de airer les indices, de faire travailler ses méninges. Attrapant son blouson, il quitta le bureau d’un pas alerte, croisant Karim El Bouma, son coéquipier, occupé à croquer à pleines dents dans une pomme bien rouge. — Tu vas où ? lança ce dernier à son ami. e — Voir un cadavre que m’a refilé la Crim’ du XIV . J’ai des fourmis dans les jambes. — Je t’accompagne. Les deux hommes arrivèrent près de l’église d’Alésia où des rubalises délimitaient la scène de crime. Ils s’avancèrent vers un policier, tout en montrant leurs insignes, et franchirent le périmètre sécurisé. Le jeune e inspecteur appartenant au commissariat du XIV les attendait. — Bonjour, je suis l’inspecteur Freddy Manuelo. — Inspecteurs Bourgnon et El Bouma. — Je sais qui vous êtes, répliqua le jeune avec un grand sourire. Vous êtes une 3gure pour nous, les nouveaux promus. On rêve tous un jour de marcher sur vos traces. Antoine sourit malgré lui. Il se pencha vers le corps vautré dans une couverture sale. Relevant la tête, il dit : — C’est un sans-abri ? — Aucune idée, répondit Manuelo. Il n’a aucun papier et porte des vêtements qui ne semblent pas si usagés. Nous avons reçu l’ordre de ne toucher à rien, sauf à l’intérieur des poches pour identi3cation. Et nous n’avons rien trouvé. — La cause du décès ? — Aucune idée. — Vous ne savez rien en fait, attaqua ironiquement Karim. Le jeune inspecteur rougit. — On m’a demandé de vous attendre. Je n’ai pas voulu interférer. — Faut oser, mon vieux, reprit Karim. Faut prendre des risques dans ce boulot si tu veux devenir bon comme Antoine. Le jeune Manuelo regarda l’inspecteur Bourgnon avec une admiration non déguisée. Karim rejoignit son ami et lui chuchota à l’oreille : — T’es un vrai héros ! D’un coup de menton, Antoine lui montra le côté droit du corps couché sur le ventre.
— Regarde. Il y a du sang partout, mais aucune plaie. On le retourne ? Après avoir en3lé des gants, Karim et Antoine mirent l’homme sur le dos. Les deux inspecteurs ouvrirent de grands yeux. — Mince alors ! Est-ce que… Karim ne finit pas sa phrase, constatant l’air stupéfait de son collègue. — Ce n’est effectivement pas un SDF. Les inspecteurs observèrent les traits 3ns de l’homme à terre, parfaitement rasé. Il avait le teint mat tournant au bleu violet, le cou était entouré d’une cravate dont le nœud semblait bien trop serré. — Il n’a pas trop l’air d’un gars décédé de mort naturelle. J’en connais un qui va être content. — Toi, lui répondit en rigolant Karim. — Tu m’étonnes. Il y a longtemps que l’on n’a pas bossé ensemble avec Léon. e Antoine Bourgnon contacta immédiatement la morgue du XII et tomba sur Nikolas, le second de Léon Tournier. Ce dernier le mit directement en relation avec son patron. — Léon ? C’est Antoine. J’ai un cadeau pour toi. En attendant l’arrivée du pathologiste, Antoine observa attentivement le corps à la recherche du moindre indice. Il avait face à lui un homme brun, d’une quarantaine d’années, rané, propre sur lui, les ongles parfaitement manucurés. Karim ne pipait mot depuis cinq minutes, l’air concentré. — Tu en penses quoi ? lui demanda Antoine. — J’en dis que cette tête ne m’est pas inconnue. — Sérieux ? — On ne peut plus sérieux. Regarde le bleu de ses yeux, assortis à sa cravate. On croirait un personnage de 1 Dune. Y’a un truc trop bizarre dans son regard. Ce type, où l’ai-je vu ? Léon Tournier arriva essoufflé. Il serra la main des deux policiers et expliqua : — Vous m’avez pris en plein repas. J’ai dû courir et je ne suis plus tout jeune. Content de te revoir Antoine. Tu m’as manqué. Comment va la petite famille ? — Fort bien, mon ami, répondit Antoine. Mais il ne fallait pas courir. On a tout notre temps. — Il n’allait pas se sauver, n’est-ce pas ? répliqua Léon en éclatant de rire. Que pouvez-vous me dire ? — Vu sa couleur qui vire au… — Bleu, rouge violacé, signe que la rigidité cadavérique est en cours, donc la mort date d’environ trois heures. Étrange, ce sang sur le anc droit. Il a séché, mais on peut constater une quantité importante. Je ne vois aucune plaie. Étrange. — OUI ! se mit à hurler Karim. Je sais qui est ce type ! Les deux autres hommes le regardèrent en attendant la suite. — Je savais que j’avais vu sa tête quelque part. Mais bien sûr ! — Allez ! Dis-nous son nom ! — Pour une fois que c’est moi qui trouve, et non le célèbre inspecteur Bourgnon, je fais durer le suspense. Voyant le regard courroucé de son collègue, il poursuivit : — Bon, d’accord, je vais vous le dire. Ce type est brésilien. Hum ? Vous ne voyez toujours pas ? Sa photo est sur toutes les affiches électorales. Ça y est ? Antoine claqua des doigts. — Tu as raison. Il s’agit de Carlos Da Silva, l’opposant politique du président en titre. Mon Dieu ! On est bien loin du SDF local.
— Toi qui pensais être sur une petite affaire à deux balles ! — Nous voilà sur un crime pas piqué des hannetons. Bon, Léon, on te laisse le bébé. Tu nous le décortiques. Nous, on file au consulat avant que cela nous chauffe aux fesses. Pendant ce temps… Adelyse, depuis son retour en France, ne savait plus où donner de la tête. Elle avait dû s’occuper de l’adaptation de Carl à la crèche municipale, ce qui lui avait fendu le cœur, ensuite elle avait remis à neuf leur appartement, bien trop petit pour trois personnes, et était partie à la recherche d’un plus grand. Cassis lui manquait. Elle aimait tant cette région de Provence, les grillons qu’elle entendait tous les matins, l’accent chantant des Marseillais, leur chaleur, leurs sourires. Elle adorait aussi Paris et ses boutiques, mais depuis le kidnapping de son 3ls, la capitale ne lui paraissait plus comme une ville où elle pouvait se sentir en sécurité. Elle marchait en regardant régulièrement derrière elle, sursautant au moindre bruit suspect. Elle avait la sensation de devenir paranoïaque, mais qui ne l’aurait pas été à sa place ? Voir son enfant enlevé en plein milieu du Luxembourg, cela laissait des traces. La peur est un phénomène qui ne s’explique pas et que seuls peuvent comprendre ceux qui un jour l’ont vécue. Ce matin, le soleil brillait sur la capitale. Adelyse avait sorti une robe très légère, découvrant des épaules dorées. Après être passée rapidement chez sa mère, elle décida de faire un détour par le bois de Losière où vivait Hortense, sa mère naturelle. Par un curieux hasard, il y a deux ans, elle avait découvert son adoption et retrouvé sa génitrice. Adelyse prit un taxi. Une vague de nostalgie l’envahit lorsque ce dernier pénétra dans la ruelle. Rien n’avait changé. Elle n’était pas revenue depuis plus d’un an, mais c’était comme si le temps s’était brusquement figé. Les souvenirs refirent surface avec force et rage. Le petit bois de Losière où elle avait croisé Patrick Roulet, ce père dont elle avait ignoré l’existence et dont elle avait hérité dernièrement. Elle se rappelait les yeux pétillants qui l’avaient fascinée, auxquels elle s’était liée au point qu’elle avait failli 3nir dans son lit. Rien que d’y penser, elle se sentit rougir. Et Hortense qu’elle avait détestée pour être l’épouse de Matt, son amant ! Quelle histoire rocambolesque ! Tout cela était maintenant du passé. Adelyse s’approcha de la grille, identique à son souvenir, toujours aussi blanche, toujours aussi chic. Elle tira sur la sonnette. Une très jolie femme d’une cinquantaine d’années vint ouvrir. Adelyse eut le temps de capter une grande tristesse dans son regard qui s’illumina brusquement en la reconnaissant. — Adelyse ? C’est bien toi ? — Maman ! La jeune femme courut se jeter dans les bras d’Hortense qui la serra tendrement contre elle. — Comme tu m’as manqué ! Cassis puis le Brésil ! J’ai bien cru ne jamais te revoir, soupira Hortense en essayant de mettre un peu d’humour dans sa phrase. Entre vite, ma chérie. Où est Carl ? Adelyse expliqua à sa mère que son 3ls était en intégration en crèche et qu’elle en pro3tait donc pour venir prendre de ses nouvelles. — Que deviens-tu, Maman ? Cette dernière eut un sourire triste et montra sa maison. — Rien de plus qu’avant. — Et Matt, il va bien ? Un souffle de mélancolie flotta dans la pièce. Hortense soupira puis répondit : — Matt n’habite plus ici depuis quelque temps.