Crime

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480 pages
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L’inspecteur Ray Lennox a quitté Édimbourg pour Miami après une dépression due à l’abus de stress et de cocaïne et à une sale affaire d’infanticides sexuels. Mais sa fiancée ne songe qu’à préparer leur mariage et il se retrouve seul et désœuvré en Floride. Quand un toxico lui présente une fillette de dix ans victime de prédation sexuelle, Lennox décide de la protéger, à tout prix…

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Date de parution 25 avril 2014
Nombre de visites sur la page 25
EAN13 9782846268653
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Crime
AUDIABLEVAUVERT
Irvine Welsh
Crime
Roman traduit de l’anglais D parINIZGALHOS
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ISBN: 9782846267946
Titre original :Crime
© Irvine Welsh, 2008 © Éditions Au diable vauvert, 2014, pour la présente édition
Au diable vauvert www.audiable.com La Laune 30600 Vauvert
Catalogue sur demande
contact@audiable.com
À Dean Cavanagh et Bob Morris
Prélude La tempête
Elle aurait voulu dire à Maman que celuilà n’était pas gentil. Comme celui à la maison, à Mobile. Et ce salaud à Jacksonville. Mais sa maman était en train de se maquiller les yeux face au miroir, elle lui disait de se taire et de bien veiller à fermer les volets parce que apparemment une tempête venue du nordest allait souffler cette nuit. La petite fille est allée à la fenêtre et a regardé dehors. Tout était calme. Le disque brillant de la nuit irradiait l’appartement de lumière bleue. Il n’était brisé que par deux grosses branches du chêne mort, dans la cour dehors, étirant leurs ombres variqueuses sur les murs, sombres et vivaces. Alors qu’elle poussait le loquet des persiennes de bois, elle a vite retiré sa main afin de ne pas se faire pincer les doigts, et ce geste lui a fait penser à une souris maligne dérobant le fromage d’une souricière. Puis elle a considéré l’intensité du regard de sa mère dans le miroir. Avant, elle aimait regarder Maman se faire belle, cette façon qu’elle
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avait de se concentrer très fort avec cette petite brosse, pour se faire de grands cils noirs. Mais pas cette fois. Quelque chose d’acide remuait dans son ventre. — Ne sors pas ce soir, a dit doucement la petite fille, quelque part entre le souhait et la supplique. Sa mère a tiré le bout de la langue pour humidifier la pointe de son eyeliner. — T’inquiète pas pour moi, ma chérie, je ne crains rien, et une voiture a alors klaxonné dehors, le thermostat de l’air conditionné a émis un cliquè tement, et il a fait plus froid dans la pièce. Toutes deux savaient que c’était lui. — Encore une chance que cet appartement ait ces volets, a dit sa maman en se redressant pour aller chercher son sac sur la table. Elle a embrassé sa fille sur la tête. En se reculant, elle a posé ses grands yeux maquillés sur la gamine. — Rappelletoi, je te veux au lit avant 11 heures. Je serai sûrement revenue d’ici là, mais si j’arrive plus tard, je veux te retrouver endormie quand je reviendrai, ma petite demoiselle. Et elle est sortie. Pendant un moment, le nimbe de la télévision rendait plus sûr tout ce qui baignait dedans, dans cette lumière douce et trouble. Mais audelà de ce foyer, la petite fille Crime sentait que quelque chose se terrait. Et s’approchait. 8 Un doux vent d’est a tapé au volet avec insistance, annonçant la venue d’une force plus maléfique. La pluie s’est mise à tomber quelques battements de cœur plus tard, d’abord en lents tapotements contre les vitres. Puis elle a entendu des rafales de vent, brusques et violentes. En pleine détresse, l’arbre secouait frénétiquement ses bras noirs. Soudain l’orage a rugi comme un coup de canon, et quelque part dehors, un objet s’est brisé par terre. Pendant
trois bonnes secondes, une lueur jaune a enflammé la pièce d’un éclat de soufre. La petite fille a augmenté le volume grâce à la télécommande, tandis que la tempête faisait rage, le vent et la pluie fouettant les fenêtres. Au bout d’un moment, elle est allée chercher refuge dans son lit, effrayée par les ténèbres qu’elle traversait, mais craignant encore plus de prolonger l’agonie si elle se mettait à chercher un interrupteur. Incapable de dormir, elle savait qu’il était tard lorsqu’elle a entendu la porte du rezdechaussée s’ouvrir dans un cliquetis, et des pas claqueter dans l’escalier. Le réveil digital sur sa table brûlait d’un 02:47 accusateur. Elle priait pour que ce ne soit que deux pieds, ses pas à lui étaient toujours si discrets, il ne portait jamais que des baskets, mais elle a alors entendu les voix et les rires étouffés. Sa maman dormirait profondément avec les pilules qu’elle prenait, jusqu’à la fin de la tempête. Mais elle, elle devrait l’affronter. Rabattant sa nuisette sur ses cuisses et agrippant son ourlet avec une poignée de drap, la petite fille s’est alors préparée à l’inévitable.