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De sang et de glace

De
66 pages

Tout paraît si paisible dans ce petit village du nord de la Suisse situé à 900 mètres d'altitude, jusqu'au jour où les vengeances et les meurtres commencent...


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-89511-0

 

© Edilivre, 2015

 

 

Toute ressemblance avec des noms propres, des lieux, des situations, des personnes existantes ou ayant existé serait fortuite.

Les gentianes sont hautes en cette année 1981, l’hiver sera terrible. Les anciens de ce village, situé au nord de la Suisse, qui attachaient beaucoup d’importance aux signes de la nature l’avaient prédit, mais ils ne pensaient pas en disant cela qu’il n’y aurait pas que le climat qui serait rude pendant cette saison.

1er Chapitre

On était au début du mois de février, la neige tombait sans discontinuer depuis minuit en rang serré, mais tout doucement, comme quand on retourne une de ces boules à neige que l’on trouve dans les magasins pour touristes.

La couche devenait importante, on n’entendait plus aucun bruit, même le dernier train était passé pratiquement en silence, son roulement assourdi par ce beau tapis de neige fraîche !

L’horloge du village venait de sonner trois coups quand le téléphone se mit à résonner dans le studio d’un célibataire.

Sur la table de l’unique pièce pleine de désordre se trouvaient des boîtes de bière vides et des sachets de chips éventrés. Au bout de la quatrième sonnerie, l’homme qui dormait tout habillé se retourna en jurant et saisit son téléphone qui se trouvait sur la table de nuit.

Une voix mieux réveillée lui demanda :

– Allo, Mickey, ici Donald – on se serait cru dans un dialogue de dessin animé de Walt Disney, mais son chef n’avait pas vraiment envie de rire. Qu’est-ce que tu fous ? Ça fait la troisième fois que je t’appelle ! Ramène tes fesses en vitesse, il a beaucoup neigé ! Et il raccrocha.

« C’est bien ma veine, se dit Mickey. Chaque fois que je décide d’aller voir un match de hockey et que je suis de piquet, il tombe une grosse couche de neige. »

Ce célibataire fraîchement divorcé regrettait quelques fois son métier de chauffeur de camion.

Il sortit quand même de son lit en faisant grincer le sommier avec ses cent kilos passés.

Il se dirigea vers le réfrigérateur pour prendre du lait et se faire un cacao, mais à l’intérieur, il n’y avait plus que des bières et des plats précuits. Voilà ce qui arrive quand on ne pense qu’au hockey et à faire la fête avec les copains. Il n’y a guère que quand il avait la garde de ses enfants que le frigo était bien rempli !

Il enfila sa tenue orange, ses bottes fourrées et sortit en jurant une fois de plus. La couche de neige avait atteint cinquante centimètres en seulement deux heures.

En arrivant devant le hangar, il vit son chef qui faisait les cent pas en grillant une clope. De loin, on aurait dit un ours en cage, il en avait d’ailleurs le gabarit et le caractère. « C’est à peine si il me dit bonjour ! »

– Grouille-toi, Mickey, les autres sont déjà tous en train de déblayer, tu n’as pas le temps de boire un café !

Comme par hasard, les autres chauffeurs lui avaient laissé le plus vieux camion, un Saurer de 1970.

Mais Mickey s’en foutait, car il était le seul de l’équipe à pouvoir le conduire sans faire grincer la boîte de vitesses. C’était le dernier camion de l’entreprise à posséder le double débrayage et il adorait ça. Avant de monter dans son chasse-neige, il donna machinalement un coup de pied dans un pneu, puis il grimpa dans la cabine avec une aisance étonnante pour quelqu’un de son poids. Il actionna le démarreur et le camion partit au quart de tour. Il se dit qu’on n’était jamais déçu par les vieilles machines bien entretenues.

Après avoir déneigé quelques rues, il arriva sur la place du bas du village, la faim et la soif le tenaillaient un peu. Heureusement, le boulanger qui avait pignon sur rue l’avait entendu venir et, comme à son habitude, pour le remercier d’avoir pris la neige qu’il avait poussée, il lui tendit un croissant tout chaud, une branche de chocolat et un jus d’orange.

– Salut, Mickey ! Quel temps de merde !

– Salut, Steeve ! Tu peux le dire.

– Qu’est-ce qu’ils ont foutu hier soir ?

– Ils ont gagné cinq à deux. Ils ont bien joué. Merci pour le cornet et bonne journée.

– Merci à toi et bonne journée aussi !

Le boulanger, Steeve Andrey, était aussi bien portant que lui, mais faisait beaucoup de sport pour essayer de perdre du poids. Il était supporter du même club de hockey.

Mickey enfonça la paille de son berlingot, il mit la branche dans son croissant et, tout en grignotant et en buvant, il continua à pousser la neige sur la place. Elle continuait à tomber en rangs serrés, la visibilité n’était pas très bonne. Comme un gros tas se formait, il prit de l’élan pour le pousser.

Il sentit plus qu’il ne vit qu’il avait percuté quelque chose de plus grand et de plus lourd que la neige avec son camion. En reculant, il aperçut dans le sillon qu’il venait de former un drôle d’objet de couleur orange.

Il descendit du camion et crut voir un gilet de cantonnier plié en deux. C’est en arrivant tout près qu’il remarqua qu’il y avait un corps à l’intérieur, et la tête et les jambes plantées dans la neige, l’ensemble formait un drôle d’angle. Il se dépêcha de le dégager, mais comprit tout de suite qu’il était trop tard. Le corps était déjà tout bleu. Il était désarticulé et avait deux grandes plaies, une à l’avant et l’autre à l’arrière du crâne. Bizarrement, celle de devant n’avait presque pas saigné alors que celle située à l’arrière avait complètement maculé son gilet de sang.

Malgré son état, il reconnut quand même un de ses collègues qui ne travaillait que le jour.

– Merde, mais c’est le Rouquin !

Il s’approcha de son visage pour voir si par miracle il respirait encore, mais à part une forte odeur d’alcool, aucun souffle. Le noceur et vieux garçon de cinquante-quatre ans avait rendu l’âme.

Pas le choix, il composa le numéro de la police et de l’ambulance.

La neige continuait à tomber, et cette fois le vent s’était levé.

Le téléphone se mit à résonner simultanément dans plusieurs foyers du village.

D’abord chez Jean Tardini, le petit et nerveux garde-police de la cité qui, quand il entendit ce qui s’était passé, n’eut d’autres solutions, malgré un ego surdimensionné, de téléphoner à la brigade criminelle pour venir enquêter.

Cette fois, c’est dans l’appartement de Bruno Droz, inspecteur à la Criminelle, que le téléphone sonna. Il avait eu la bonne idée du mois, pensait-il, de venir habiter avec sa femme et ses enfants dans le village de son enfance pour fuir l’agitation de la grande ville où il travaillait. Manque de chance, il a fallu qu’il soit de piquet la nuit où eut lieu le meurtre. En plus, il était allé à son entraînement de hockey et il avait joué les prolongations en allant boire un verre avec ses coéquipiers. C’est donc sa jolie et sympathique femme, Marjolaine, qui décrocha. Elle dut le secouer plusieurs fois pour qu’enfin il se réveille.

– C’est ton collègue au téléphone !

Il prit le téléphone en jurant.

– Et merde ! Qu’est-ce qui se passe encore ?

– Écoute, il y a eu un meurtre dans ton village et comme tu es de piquet… Cela s’est passé tout près de chez toi, sur le bas du village, devant le restaurant du marché. Grouille-toi, on t’attend.

Il s’habilla en vitesse et, en sortant, constata qu’une bonne couche de neige était tombée.

En arrivant sur place, il vit le camionneur Mickey, qu’il connaissait bien pour avoir fait du hockey avec lui, et l’agent de police municipale qu’il n’aimait pas, Tardini. Ils...