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Des yeux comme les miens

De
350 pages
Le téléphone la réveille à 5 heures du matin. Et avant 7 heures, un appel n’annonce jamais rien de bon. Nora ne  connait pas  Everett Walsh mais celui-ci est persuadé qu’elle doit savoir quelque chose sur sa fille adoptée récemment disparue.
Perturbée, mal comprise,  Nora déjà submergée par ces  problèmes personnels, refuse de s’impliquer. Jusqu’à ce qu’elle voie la photo. Une jeune fille, une adolescente, qui a ses yeux. Comment pourrait-elle lui tourner le dos  ?
Mais partir à la recherche de sa fille renvoie Nora à un passé qu’elle préférerait oublier. À mesure qu’elle progresse dans son enquête, elle découvre une dangereuse conspiration  à travers  les ruelles sombres et pluvieuses de Vancouver jusqu’aux flancs enneigés des Rocheuses canadiennes.  Pour finir, elle devra  affronter son démon le plus terrible  : une ombre  surgie de son propre passé

Traduit de l’anglais par Claire Breton
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Titre de l’édition originale The lost ones publiée par William Morrow & Co., une filiale de HarperCollins Publishers, USA.
L’expression « marché rouge », employée pages 269, 272 et 356 a été forgée par Scott Carney dans son ouvrageThe Red Market, publié en 2011 par William Morrow & Co (non traduit en français).
Ce roman est une œuvre de fiction. Tous les noms, personnages, lieux et circonstances sont le fruit de l’imagination de l’auteur ou d’une utilisation fictionnelle et ne doivent pas être interprétés comme réels. Toute ressemblance avec des événements, lieux, organisations ou personnes vivantes ou mortes n’est que pure coïncidence.
Couverture : Atelier Didier Thimonier Photo : © Dinu Lazar / Arcangel Images
ISBN : 978-2-7096-5763-1
Copyright © 2017, Sheena Kamal. Tous droits réservés. © 2018, éditions Jean-Claude Lattès pour la traduction française. (Première édition : janvier 2018)
À ma mère
I
1. L’appel me surprend juste après 5 heures du matin. Je suis immédiatement en alerte car chacun sait que rien de bon n’arrive jamais si tôt. Pas par téléphone, en tout cas. On n’apprend jamais avant 9 heures qu’un parent cousu d’or a pas sé l’arme à gauche et nous lègue sa fortune. Une chance, donc, que je sois déjà debout et en train de siroter mon deuxième café : je suis au moins un peu préparée. Je viens tout juste de rentrer de ma promenade, pen dant laquelle je me suis penchée sur le parapet de la corniche pour contempler l’océan calme et gris, aussi calme et gris que la ville elle-même à cette saison. Comme d’habitude, j’ai essayé d’entrevoir le couran t noir et chaud qui arrive du Japon pour tourner dans le Pacifique Nord , tempérant le froid et étendant ses doigts tièdes sur le littoral. Comm e d’habitude, il m’a refusé ce plaisir. Vancouver. D’aucuns disent que c’est une ville magn ifique, mais ils n’ont jamais flâné dans les coins où je me sens che z moi. Ils n’ont jamais poussé jusqu’à East Hastings Street, envahie de seringues et de junkies. Ils n’ont jamais contemplé durant des mois le ciel gris et l’eau grise tandis que des torrents de pluie tentaient va inement de décrasser tout ça. Puis vient l’été, et la chaleur est telle qu’on peut faire griller des chamallows sur les feux qui ravagent les forêts de la province. Sur la côte, l’été est assez agréable. Mais il est encore loin au moment où mon portable sonne. Je fixe le numéro inconnu qui s’affiche à l’écran e t, après un instant d’hésitation, je refuse la communication. Au bout de plusieurs secondes, ça resonne. Je suis intriguée. Je réponds, ne serai t-ce que parce que j’ai toujours admiré la persévérance. — Allô ? Un long silence s’ensuit après que mon interlocuteu r m’a expliqué d’une voix rauque le motif de son appel. Le silence devient pesant. Je sens que l’autre se fait violence, qu’il veut en dire plus tout en sachant que ce n’est pas une bonne idée. Personne n’a envie de discuter avec un radoteur au bout du fil. Surtout un radoteur qu’on ne connaît pas. Je l’imagine suant à grosses gouttes. Peut-être a-t-il les mains moites, car l’appareil lui échappe, je l’entends se fracasser p ar terre. Le type jure pendant trente bonnes secondes tandis qu’il s’effor ce de le ramasser et de reprendre contenance. — Vous êtes toujours là ? Vous avez entendu ce que j’ai dit ? demande-t-il. — Oui, j’ai entendu, réponds-je quand le silence a atteint un degré insoutenable. J’y serai. Puis je raccroche.