Dinant 2024

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264 pages
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Description

La seule justice est de nous blâmer nous-mêmes; idéaliser les bourreaux est une vieille fantasmagorie qui nous donne l'impression de pouvoir justifier la dératisation de cette société sénile. La haine est une compagne magique et sympathique qui procure à tout esprit mordant le plaisir sexuel ultime: le plaisir de l'adieu! La psychologie de l'adieu est une spirale folle qui nourrit les passés des futurs espérés, jusqu'au grand Flash qui vous guide vers l'utopie: tuer ça se fait! Ce roman policier futuriste est une explosion permanente. Un foisonnement de personnages hauts en couleurs, de l'action, du sexe, du sang, David Chibane a décidé de ne laisser aucun répit au lecteur, pour son plus grand bonheur. On ressort de cet univers où les Japonais ont envahi la Belgique, où la violence a remplacé la courtoisie, un peu hagard, étourdi, fourbu, la tête pleine d'images de mangas et de dialogues de polar. Le style ciselé du récit, associé aux répliques cinglantes et parfois crues des nombreux et charismatiques personnages, donne à «Dinant 2024« une originalité et une puissance évocatrices sans pareilles.

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Date de parution 28 février 2013
Nombre de visites sur la page 61
EAN13 9782342002959
Langue Français

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Dinant 2024
David Chibane Dinant 2024 La double malédiction
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0118128.000.R.P.2012.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2013
Eleanor n’aime ni l’eau qui tombe… Ni cette moiteur tropicale ; le climat pue la tripe et pas seulement parce qu’on se trouve dans le cimetière d’Émile. En septante printemps dont cinquante de service, il n’a jamais vu autant d’invités précoces. Émile, le géant, comme disent les enfants, doit admettre que cette cérémonie est de toute première classe, avec larmes et tension. L’atmosphère est unbad trip, celui de mettre en bière les mœurs d’une époque où l’ego est une star, les maux sans mots, l’empathie : une relique de fin de monde, l’horizon gris de chagrin et pesant de pitié. Alors toute la police est venue écouter Madame la ministre Freya pour le dernier voyage de l’inspectrice Tanaka. — Ce samedi 25 mai 2024 nous réunit autour de ce nouveau et cruel sacrifice humain. Je ne peux imaginer que ce tueur de policières japonaises continue à détruire des familles au nom d’un phantasme porté en dieu ! Le charme troublé, troublant, l’iris fixe, elle continue son discours comme une jeune fille damnée à la danse éternelle contre la vampirologie. — Nous sommes face à une ombre narcissique, pas un milieu. Comptez sur moi pour vous donner les moyens de lutte contre ce malade du 21. Depuis trois mois, une policière meurt le 21. À chaque cadavre, la ministre vient débiter son bla-bla face aux gra-dés, pions, curieux, repentis réels ou prétendus dont certains déplorent le manque de compromis surtout Emi-lio.
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Au milieu du lot, le commissaire Caracci surplombe son monde avec l’épi à 201 cm, fier et lourd, il est l’incontestable chef de zone ; sur sa gauche, le commis-saire Diego Rivera, idole des enfants et cauchemar des tordus en tous genres, et accrochée à son bras, sa fidèle Akira, incarnation du charme à la japonaise, elle aussi po-licière. Enfin, les cheveux au vent, l’indéfinissable commissaire Eleanor Mac Pherson ! Un jour Eleanor, un jour Mac Pherson : merveilleuse amphibie ! Ce quatuor de cinquantenaires, ou presque, a du rififi dans le Monopoly. Émile les connaît tous et toutes, souffre avec eux, mais les yeux vert turquoise de Freya lui font honneur. Cette Belle, lui rappelle Cassandre qui aussi réside en ce lieu. Freya lui est si plaisante, que sa photo tirée d’une revue est épinglée sur le mur à l’intérieur de la guérite encastrée dans sa maison, d’où il contrôle l’identité de ses touristes à lui. Cerise sur le gâteau, le prunier loge un Grand Cor-beau : Corvus Corax ; lui aussi sait se faire entendre au sein de ce spectacle affligeant. Non pas que la mort le si-dère ou que les policières manquent de charme, mais pourquoi offrir aux vers tant de bonnes chairs ? Alors no-tre emplumé revendique, croasse au gré des regards de cette ministre, bien belle femelle, dont il se fait le com-plice buccal. Tout charognard doit satisfaire ses instincts ; l’attention de cette bavarde lui grise la plume, le bec, le bocal, la hanche, le corps, le pavillon et surtout la culasse. Bref, tout le saxophone attend le bon moment pour le coup de piston ! L’homélie se clôt sous l’envolée de quelques balbutie-ments ; Émile s’impose pour reconduire la ministre qui veut éviter la presse. Pour un instant, notre gardien est gorille et Freya aime. Pour lui, cette femme est une mélo-die et puis ici, elle est sur son territoire.
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