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Exilés en terre inconnue

De
110 pages

Début des années 80, Jengo et Léla ont fui leur pays natal (Mali et Sénégal) à cause de la guerre et de la misère ; ils se sont réfugiés en Italie, puis en Grèce. La législation politique et judiciaire de ces deux États est alors défavorable à l'accueil des réfugiés. Parviendront-ils néanmoins à obtenir le droit d'asile ? Jengo et Léla vont vivre une véritable épopée, pour essayer de s'adapter à leur nouvel environnement. Le roman décrit et analyse le parcours insolite et fascinant de ces deux expatriés.


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Couverture
CopyRight
Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-12552-4
© Edilivre, 2017
Prologue
Jengo était commerçant en grains de blé à Touadéni dans le nord du Mali. Lorsqu’il sortit enfin de l’état second dans lequel il se trouvait, il s’interrogea sur ce qu’il faisait là en terre inconnue. Puis des réminiscences affluèrent à son esprit. Il se remémora les faits passés. Tout s’était déroulé dans la fulgurance et la confusion. A cause de leurs divergences d’opinions culturelles, les différentes ethnies de sa région étaient rentrées en guerre les unes contre les autres. Par conséquent, les communautés voisines s’en étaient prises avec violence aux membres de sa famille. Jengo, lui avait réussi à se sauver en empruntant une piste forestière à moto. Il avait traversé sans se faire repérer tout le territoire occupé par ème l’armée et au matin du 3 jour de route, avait atteint la Guinée et le port de Konakri. Soumis à un contrôle d’identité, il avait été pris de panique et s’était dissimulé dans les soutes d’un paquebot en partance pour l’Italie. Longuement en proie à cette émotion désagréable, il était resté immobile dans sa cachette jusqu’à l’appareillage. Jengo n’avait pas choisi de s’embarquer en direction du continent Européen, mais il avait somme toute, de bonnes raisons de fuir son pays. D’abord, ses connaissances philosophiques, historiques, religieuses, lui avaient appris à respecter les valeurs humaines (dignité, fraternité etc.) et les autres cultures. Ensuite, les motifs évoqués par le gouvernement Malien pour justifier ce conflit armé lui semblaient spécieux. Enfin, il redoutait par-dessus tout de mourir au cours des affrontements. Ce 20 décembre 1980, il débarquait dans le port de Naples et entamait une longue période d’expatriation loin de son pays et des siens déjà morts peut-être ! Il encourait la peine de prison à perpétuité !
Chapitre I Les tribulations de Jengo dans le port de Naples – L’homme à la matraque
A la sortie du bateau jengo était totalement désorienté. Il ne connaissait pas le nom du pays dans lequel il débarquait. D’abord il ne saisissait pas un mot de la langue utilisée, ensuite il ne connaissait vraiment personne à qui demander de l’aide. A cause de sa situation, il était acculé à rester incognito, à ne pas se faire remarquer. Après la sortie du bateau, il fit la rencontre d’un vieux professeur de chant ténor Italien. Il s’appelait Romano et était à la retraite. Ils parvinrent tant bien que mal à échanger quelques idées concernant leur existence. Jengo restait pudique lorsque le vieux monsieur lui demandait des justifications sur les raisons de sa venue en Italie sur son ignorance de la langue et de la géographie de ce pays. Jengo devait faire des efforts pour masquer la vérité. Il écourta la conversation avec son interlocuteur et disparut dans la foule qui déambulait dans le port. Comme Romano sentait que Jengo était un peu égaré, avant de le quitter, il avait pris soin de lui laisser son adresse sur un bout de papier et lui avait recommandé de ne pas hésiter à le solliciter en cas de nécessité. Jengo, excepté quelques billets de banque malien qu’il avait pu dissimuler dans son sac au moment de fuir son pays, ne possédait ni papier, ni argent. Il était dans le dénuement le plus total. Il se trouvait dans l’impossibilité de louer un logement, et ne connaissait excepté le vieux Monsieur personne pour l’héberger ou le nourrir. Ce pendant il ne renonça pas, au bout de quelques minutes son instinct pris le dessus et il se dit intérieurement : « je dois absolument trouver un travail si je veux obtenir un logement et réussir à m’adapter », puis il se mit machinalement à la recherche de ce métier en longeant les quais du port de Naples. Il passa devant des dizaines de chalutiers revenant de pêcher. Les marins desservaient leurs poissons sur les quais dans des caisses. Il adressa la parole à l’un d’eux qui lui semblait être capitaine dans un anglais galvaudé : « you engage men sir, I am interesting ». Le marin tourna la tête vers lui et d’un air furieux et méprisant lui fit des gestes de menace pour l’obliger à déguerpir, à « lever le camp ». Ensuite Jengo arriva devant les docks ou dans un crissement de ferraille tonitruant, un gigantesque porte-conteneurs déchargeait des caisses métalliques par le biais d’une grue. Jengo effrayé par cet endroit sisnistre, ne s’y attarda pas et poursuivit sa course. Il atteignit enfin la partie haute du port ou était installé des boutiques de vêtements et de chaussures et un kyrielle de restaurants. Galvanisé par le charme et l’apparence extérieure du plus petit, il s’enhardit à engager la conversation avec le patron : « monsieur, je souhaiterai travailler avec vous ! Est ce que cela vous intéresse ? Le patron le toisa du regard et l’interpella à son tour : « es tu italien ? ». Non répondit avec désappointement Jengo. Le patron reprit d’une voix assourdissante : « je n’ai aucun besoin de gens comme vous dans ce cas ». Au bout d’une dizaine de tentatives infructueuses, et de trois heures de marche autour du port, Jengo était bredouille et déconfit. Durant tout ce temps, son esprit avait eu entière liberté de réfléchir à la situation actuelle. Par conséquent le doute s’empara soudainement de lui : « dois-je me fier à mon instinct et poursuivre ma première intention en tentant de décrocher un travail au noir, en prenant le risque de ne rient trouver et de finir comme un va-nu-pied clandestin ? ou dois je me rendre dans un centre de service social pour déclarer ma situation actuelle au risque de me faire extrader ou de finir en prison ». A cet instant Jengo ne savait plus. Le monde dans lequel il se trouvait lui paraissait inhospitalier et ténébreux. Lorsqu’il eut enfin retrouvé ses esprits, il déambulait chaotiquement à travers les rues du vieux quartier Napolitain. Soudainement au bout d’une rue donnant sur une place, il découvrit un marché ambulant. Quelques bonimenteurs avaient étalé leurs marchandises ça et là et haranguaientt la foule. Tous les produits dont on peut avoir besoin pour cuisiner étaient en vente. Cela allait de la simple fourchette ou couteau jusqu’au robot
mixeur le plus sophistiqué jamais conçu. Jengo en prit plein les yeux car ce genre de marchandises n’existait pas au mali dans sa région. Poussé par la convoitise, il eut l’intention de voler l’une d’elle ; mais rapidement l’éducation qu’il avait reçu dans sa famille, et le savoir vivre dont il était empreint le dissuadèrent de le faire. Il ne se rendait pas compte, que juché sur un banc, au coin de la rue opposée, un homme patibulaire l’observait depuis une vingtaine de minutes. Il était habillé d’un manteau noir et portait une chemise dont le col était bien amidonné, des bagues en or à chaque doigt, et un chapeau melon sur la tête. Son regard était d’une grande acuité et la couleur de ses yeux était sombre. Le détail le plus inquiétant de son aspect extérieur provenait d’une sorte d’embout solide en caoutchouc ressemblant au manche d’un revolver qui dépassait de la poche droite de son pantalon. Jengo était-il sous la menace d’un danger ? Brutalement cet homme quitta son poste de gué. Il enfonça dans sa poche l’objet qui en dépassait et marcha d’un pas zélé en direction de Jengo. Sans prendre la peine de se présenter, il apostropha Jengo sur un ton familier et le rudoya en tapant avec ses mains sur ses épaules comme s’il le connaissait de longue date. Il se dénommait Giovanni et parlait un anglais moyen, mais il étayait ses phrases par de grands gestes évocateurs. Jengo stupéfait par son attitude l’écouta avec inquiétude et parvint à le comprendre. Giovanni lui promettait d’obtenir des papiers d’identité en règle si il acceptait de travailler pour son compte sans avoir à entreprendre de démarches administratives. Une conversation nourrie s’engagea entre eux : – « Mais d’abord qui êtes vous ? » – Giovanni « peu importe mon nom mon garçon, je suis votre père, votre père spirituel. Je viens pour vous secourir. Je connais tout sur votre passé. Vous avez quitté l’Afrique votre pays d’origine, vous cherchez un travail en Italie afin de gagner un peu d’argent et parvenir a vous intégrer. Vous vous appeler Jengo et vous n’avez personne pour vous héberger ou vous nourrir dans la région ! N’est-ce pas vrai ? » – Jengo « si bien sûr mais comment savez vous tout cela ? Vous m’intriguez ! » – Giovanni « c’est bien simple, Jengo je connais ton parcours, je t’observe depuis des années et depuis le début, je suis persuadé qu’on peut faire du bon « boulot » ensemble… j’ai remarqué ta confusion lorsque tu es sorti du bateau ce matin et tu ne savais plus quelle attitude adopter. Je sais que tu as beaucoup souffert moralement ces derniers temps, et je suis ici justement pou t’aider à retrouver du bien-être à oublier tes malheurs ! » – Jengo « de quelle façon ? » – G « en te proposant un travail très simple et très lucratif à la fois » – Jengo « lequel ? » – Jengo « tu acceptes de livrer ton corps au plaisir sexuel d’autrui en échange d’une somme d’argent. Tu vois Jengo, rien de plus naturel ni de plus facile. Tu dois juste effectuer le premier pas ! Qu’est ce que tu en penses ? » – Jengo « je trouve votre affaire ignoble et malhonnête, et je refuse catégoriquement de coopérer à vos projets [--] je vous ordonne de me laisser tranquille. Je n’ai besoin d’aucune aide, vous vous méprenez sur mon compte. ! » Ainsi, malgré les menaces physiques de Giovanni désormais muni de sa matraque, (l’objet qui dépassait antérieurement de la poche de son pantalon), de ses intimidations verbales, Jengo prit la fuite et parvint à s’échapper. Son choix était judicieux, car en réalité Giovanni était une figure du proxénétisme Napolitain connue et recherchée par tous les services de police.
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Chapitre II tati r retr  r  a     a aire  prte i
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Au matin Jengo fut réveillé par les vas et viens des marchands en train d’achalander leurs boutiques dans la rue ou il avait dormi pendant la nuit. Il se leva, et se mit à marcher dans le centre ville à la recherche de quoi se sustenter, car il avait faim. En marchant, inconsciemment il se remémorait la mésaventure dont il avait été victime la veille et qui aurait pu lui causer préjudice. Il se persuada ainsi d’être plus prudent, et de ne plus se laisser aborder par des étrangers à l’avenir. En arrivait devant un fast-food qui venait d’ouvrir, Jengo se rappela d’une chose ; il n’avait pas d’argent pour acheter un sandwich. Il se résigna donc à ne pas manger. Au bout d’une heure de marche, par le plus grand des hasards, il aperçut dans la rue une banque de change. Il décida d’y pénétrer pour se procurer de l’argent. Il rentra en conversation avec le guichetier : – Guichetier « hello Mr, How many and witch sort of money do you want to change ? » – Jengo « I don’t speak english, take and share ». Jengo fournit directement ses billets Maliens au préposé. L’opération se passa conformément à ses attentes et Jengo fut enchanté de pouvoir rentrer en possession de quelques centaines de lires. Il se sentait plus rassuré à cet instant car grâce à cet argent il allait pouvoir manger. Il retrouva l’endroit ou était le fast-food et consomma avec delectation deux paninis et plusieurs boissons rafraîchissantes. Puis le désir de trouver un travail envahit à nouveau son esprit. Cela faisait maintenant deux jour qu’il essayait d’en obtenir un. Il se dit intérieurement : « pour parvenir à décrocher un emploi, je ferai bien de recontacter Romano, il doit avoir des relations grâce à son métier ». Il aurait dut se rendre compte que la cause principale de son échec provenait du fait qu’il était sans aucun papier d’identité. Mais ce ne fut pas le cas ! L’esprit...