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Happy End

De
201 pages
Le temps de ce livre se situe dans quelques années, lorsque les désordres climatiques s'aggraveront, lorsque le niveau des océans se fera menaçant. La mer monte, grignote lentement certaine partie de la côte normande, engloutira bientôt les quelques villas perchées sur la falaise. Ce jour-là, la seule survivante des trois familles de vacanciers qui y ont partagé tous leurs étés veut voir la dernière vague. Revenue sur cette plage clandestinement, elle s'accroche à sa maison, à ses souvenirs. À ceux qui sont morts, elle prête sa voix, fait revivre les derniers instants de chacun. Leurs destins se croisent, rencontrent le sien, sa propre histoire affleure au fil des confidences qu'elle livre à une interlocutrice silencieuse. Pour différer la disparition de ce décor familier et la sienne propre, elle fait de sa mémoire une digue, un barrage : que restera-t-il de ces résidences secondaires, des mesquineries, du goût des crevettes grises, des préjugés bourgeois, des bains de minuit, des vies réelles et imaginaires, à la toute fin?
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« Car maintenant était arrivé ce moment hésitant où l’aube tremble et la nuit s’arrête, où la plume la plus légère fera pencher la balance. Si cette plume s’était posée, la maison, s’affaissant, tombant, serait allée s’effondrer dans des abîmes d’obscurité. Dans la pièce en ruine des piqueniqueurs auraient fait chauffer leur thé ; des amoureux se seraient réfugiés et éten dus sur les planches nues ; le berger aurait mis sa nourriture en réserve sur des briques et le chemineau aurait dormi serré dans sa veste pour se préserver du froid. Puis le toit serait tombé : les bruyères et le chanvre auraient effacé sentiers, marches et fenêtres ; auraient poussé avec une vigueur inégale sur le monticule représentant les ruines de la maison, jusqu’au jour où quelqu’un ayant perdu son chemin et s’aventurant jusqu’ici n’aurait reconnu qu’à la présence d’un plant de tritoma au milieu des orties, ou d’un fragment de porcelaine dans le chanvre, que jadis on avait vécu ici ; qu’il y avait eu une maison. Si la plume était tombée sur le plateau de la balance, et avait fait descendre celuici, la maison tout entière, s’engouf frant dans des profondeurs, serait allée reposer sur les sables de l’oubli. Mais il y avait une force qui travaillait en elle. »
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