Homme... ou Diable ?...

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Édith, jeune femme devenue orpheline à la suite du suicide de son père, célèbre chimiste, est accueillie de bien mauvais cœur par son oncle et sa tante.


Dès lors, elle va vivre un calvaire de la part de ses « Thénardier » qui ne visent qu’à accaparer la fortune dont elle a hérité.


Jusqu’où s’abaisseront-ils pour accomplir leur sinistre dessein ?


Heureusement, Édith peut compter sur une aide aussi étrange que mystérieuse...


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EAN13 9782373475784
Langue Français

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HOMME... OU DIABLE ?...
Roman policier
par Marcel PRIOLLET
AVANT-PROPOS
« Littérature Populaire » !
***
Le terme est souvent lancé comme une insulte à la f ace du lecteur passionné ou occasionnel !
Une littérature qui s'adresse au peuple en oppositi on à celle destinée aux e lettrés et qui est montrée du doigt depuis sa création à la fin du XVII siècle.
Les qualificatifs sous lesquels les condamnent les membres d'une caste supérieure, d'une élite n'ayant d'yeux que pour la littérature savante, celle, inaccessible, par déficit de moyens ou d'éducation aux moins nantis, varient avec le temps tout en conservant les mêmes consonan ces péjoratives. La « littérature mercantile » devient une « littératur e commerciale ». Le « roman à quatre sous » se transforme en « roman de gare ». L a « littérature populaire » se mue en « paralittérature ».
Même la renommée des auteurs évolue au fil du temps et ceux ayant alimenté la littérature populaire d'avant-hier sont aujourd'hui devenus des écrivains avec un grand É et leurs romans, des œuvr es incontournables (Eugène Sue, Alexandre Dumas, Jules Verne…).
Mais la réputation d'un pourvoyeur de cette « sous- littérature » peut également varier du tout au tout en quelques décenn ies. Ainsi, George Simenon, Léo Malet ou Frédéric Dard dorment-ils au Panthéon des « Écrivains » quand tant de leurs confrères de l'époque ou des générati ons précédentes sombrent encore dans un oubli qui sied si peu à leur talent et à leur production.
Parmi ces « écrivains » qui mériteraient amplement de se voir greffer une majuscule,Marcel PRIOLLETfait figure de tête de file.
Il faudrait être fou ou totalement présomptueux pou r espérer dresser une liste exhaustive de la production deMarcel PRIOLLETcelle-ci est tant gigantesque et tant sa vie demeure obscure.
Les romans et feuilletons de l'auteur se déploient sur un demi-siècle de littérature populaire, et sont signés sous de nombr eux pseudonymes(René-Marcel de Nizerolles, Henry de Trémières, Marcel-Re né Noll, René Valbreuse)et ont nourri les nombreuses collections des plus prol ifiques éditeurs de l'époque [Ferenczi & fils, Eichler, Fayard, Tallandier, Le L ivre National, La Librairie Contemporaine, Éditions S.E.T.,…].
Mais si l'auteur, à l'époque, a ému autant de lecte urs, c'est aussi à travers les nombreux genres qu'il a abordés [policier, sent imental, fantastique, aventure…], sachant bien évidemment les mélanger po ur le plus grand plaisir de tous.
Car, siMarcel PRIOLLETfait une spécialité des séries fasciculaires s'est sentimentales qui titillent les glandes lacrymales de son lectorat sur plusieurs dizaines de titres [« Trompée au seuil de la chambre nuptiale »,« La mariée aveugle »,« Née en prison »,…] il sait aussi l'enthousiasmer autour des aventures trépidantes de ses héros [« La vie d'un aviateur »,« Les voyages aériens d'un petit Parisien à travers le monde »,« Les aventuriers du ciel », « Les Robinsons de l'île volante »,…] sans omettre de faire frissonner les amateurs d'émotions fortes et de romans policiers [« Tip Walter, le Prince des Détectives »,« Old Jeep & Marcassin »,« Monseigneur et son clebs »,…].
Mais il ne faut pas oublier qu'avant tout,Marcel PRIOLLETest un conteur et qu'il ne se contente pas d'offrir des personnages i ntéressants en se disant que pour le format court des séries fasciculaires, cela suffira à remplir son office. Non, l'auteur prend chaque épisode comme une histoi re à part entière et la fignole de la même manière. Le scénario tient alors la route et est plaisant à lire et les personnages récurrents font office de cerise sur le gâteau d'une lecture de bon goût. Aussi n'est-il donc pas rare, dans un tex te deMarcel PRIOLLET, que les genres se mêlent pour napper les sujets à la mo de de son époque, car, comme tout bon auteur de littérature populaire, il s'adapte à son lectorat et lui propose ce qu'il aime, ce dont il a envie en l'émou vant, le dépaysant, le surprenant… en lui faisant vivre des aventures, tou t simplement.
Enfin, n'occultons pas queMarcel PRIOLLETun écrivain imaginatif et était qu'il n'est pas rare que, malgré la concision de ce rtains textes, ceux-ci se basent sur des idées que l'on aurait pu qualifier de « gén iales » pour tout autre auteur mieux considéré [on notera ainsi l'excellence du nœ ud de l'intrigue de l'épisode « Le bal des disparus »de la série« Monseigneur et son clebs »].
Jusqu'à présent, pour vous rendre mieux compte des dernières qualités de l'auteur mises en avant dans cet avant-propos, vous pouviez vous référer aux deux séries policières rééditées parOXYMORON Éditions [« Old Jeep et Marcassin » et« Monseigneur et son clebs »]. Grâce à la collection éponyme mise en place aujourd'hui, vous pourrez également c onstater les atouts de « bon faiseur » de l'auteur en vous plongeant dans des ti tres issus de l'une des plus e ère cultes collections du début du XX siècle : « Le Roman Policier » [1 série] des éditions Ferenczi & fils.
À travers ces courts romans édités, en premier lieu , en fascicules de 32 à 48 pages, vous pourrez vous délecter des sujets qui passionnaient les lecteurs des années 1920 et découvrir un auteur qui faisait preuve de métier en s'adaptant à une collection dite « policière », mai s dont les titres pouvaient tout
aussi bien concorder avec les collections « aventures » de son éditeur.
Ces divers titres seront d'ailleurs réédités dans l es décennies suivantes, dans les autres collections Ferenczi & fils avant d e disparaître totalement… jusqu'à aujourd'hui.
Si la littérature populaire de l'époque méritait qu 'un éditeur « moderne » la remette au goût du jour et permette que le lectorat actuel puisse la savourer à nouveau,Marcel PRIOLLETr une, lui, de par son travail, méritait au moins d'avoi collection à son nom. C'est désormais chose faite !
Bien que le talent d'un écrivain se juge avant tout , et uniquement – peut-on être tenté de dire, – par ses écrits, voici quelque s éléments biographiques pour conclure cet avant-propos.
Marcel PRIOLLET naît à Ivry-sur-Seine le 6 août 1884 et meurt à Pa ris le 10 novembre 1960.
Il écrit, au début Julien PRIOLLET.
de
sa
carrière,
notamment,
avec
son
frère
Il est nommé aux grades de Chevalier de la Légion d 'Honneur [1928], et d'Officier de la Légion d'Honneur [1937], pour enfi n être promu Commandeur de la Légion d'Honneur [1952].
Il est enterré au cimetière du Montparnasse.
Comme vous pouvez vous en rendre compte, les élémen ts biographiques connus surMarcel PRIOLLETtrès succincts, mais, heureusement, sa sont production l'est beaucoup moins, pour le plus grand plaisir des lecteurs de l'époque et, dorénavant, des lecteurs d'aujourd'hui .
Bonne lecture.
*1*
ORPHELINE
Les brumes du crépuscule descendaient sur le petit village de Crieff-Hood, Écosse occidentale, atténuant le charme d'une belle journée de printemps.
Sur le seuil d'un riant cottage, une délicieuse jeu ne fille, blonde aux yeux noirs, d'un charme pénétrant, embrassait d'un coup d'œil hâtif le paysage familier que dans un instant elle allait quitter po ur toujours ! Sur la route, devant la maison, une voiture couronnée de malles attendai t.
Comme la jeune fille s'attardait dans sa contemplat ion semblant perdre la notion de ce qui l'entourait, un homme, d'une cinqu antaine d'années, à la carrure athlétique, au visage dur et sournois, s'approcha v ivement en s'écriant :
— Allons ! Édith, ce n'est pas le moment de pleurni cher ; dépêche-toi ! J'ai autre chose à faire qu'à attendre ton bon plaisir.
— Un instant encore, mon oncle...
— Tu n'es qu'une petite sotte. Allons, en route !
Ce disant, il la saisit brutalement par les poignet s et l'entraîna vers la voiture.
Arrachée à sa rêverie mélancolique, Édith – c'était le nom de la blonde enfant – rougit, et sentit les larmes lui monter au x yeux. Inconsciemment, elle jeta encore un regard autour d'elle comme pour pren dre à témoin de son chagrin le décor où s'était écoulée son enfance, et dont ch aque détail lui rappelait un souvenir heureux. Un sanglot la secoua.
Soudain, derrière elle, toute proche, une voix murm ura :
— Courage, Édith !
La jeune fille se retourna. Il n'y avait personne. Pourtant elle était sûre d'avoir entendu...
Qui donc avait parlé ?
***
Jusqu'à l'âge de dix-huit ans, Édith Marwich avait grandi insouciante et heureuse auprès de son père, Thomas Marwich, le cél èbre chimiste. Sa mère étant morte en lui donnant le jour, elle avait été élevée par son père dont la
tendresse infatigable s'était ingéniée à ne rien lu i laisser connaître des tristesses de la vie. Savant remarquable, inventeur fécond, et , par surcroît possesseur d'une belle fortune, Marwich avait cependant un poi nt noir dans son existence ; la manie de la persécution le hantait. Sans que l'o n pût savoir pourquoi, il se croyait sans...