Il s

Il s'appelait Thomas

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206 pages

Description

Un petit village reculé, des paroissiens en mal d’histoires, un médecin amoureux, un pasteur triste : le décor est posé pour un roman savoureux signé Claire Martin. Avec un style à la fois précis et fluide, elle pénètre au sein de cet univers clos et porte un regard tendre sur les questionnements de Thomas, pasteur malgré lui. Thomas envisage déjà sa vie comme une succession de sermons quand il fait la connaissance de Nellie. Indépendante, active, la jeune femme éclaire la grisaille dans laquelle est empêtré le jeune pasteur.

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Ajouté le 04 juillet 2012
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EAN13 9782895027799
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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Extrait de la publication
Il s’appelait Thomas
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Il s’appelait Thomas
IL S’APPELAIT THOMAS
3 Extrait de la publication
Il s’appelait Thomas
Du même auteur : Avec ou sans amour, Le Cercle du livre de France, 1958, Robert Laffont, 1959. Douxamer,Cercle du livre de France/Robert Le Laffont, 1960. Quand j’aurai payé ton visage, Le Cercle du livre de France/Robert Laffont, 1962. Dans un gant de fer : la joue gauche, Le Cercle du livre de France, 1965. Dans un gant de fer : la joue droite, Le Cercle du livre de France, 1966. Les morts, Le Cercle du livre de France, 1970. Moi, je n’étais qu’espoir, Le Cercle du livre de France, 1972. La petite fille lit, Éditions de l’Université d’Ottawa, 1973. Toute la vie, L’instant même, 1999. L’amour impuni, L’instant même, 2000. La brigande, L’instant même, 2001.
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Il s’appelait Thomas
CLAIRE MARTIN
Il s’appelait Thomas
roman
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Maquette de la couverture:Anne-Marie Guérineau Illustration de la couverture: Chabot/Ste-Marie, « Côté jardin », 2001, estampe numérique (50 cm x 80 cm). Photocomposition:CompoMagny enr. Distribution : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2
©Les éditions de L'instant même, 2003
L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com ISBN PDF : 978-2-89502-779-9 Données de catalogage disponibles sur le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
L’instant même remercie le Conseil des Arts du Canada, le gouvernement du Canada (Fonds du livre du Canada), le gouvernement du Québec (Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec.
Il s’appelait Thomas
LOTTIAUFONDDESAVOITURE, il se B demandait pourquoi il avait choisi cela. Choisi ? Accepté plutôt. Pauvre jeune homme avec rien d’autre que sa vie prévue devant lui et sa promesse. Un jeune homme bien de sa personne, selon l’expression coutumière, arrivé là comme on échoue, après le départ de l’ancien pas teur qui était parti pour une paroisse plus considérable. Lui, Thomas, commençait son premier ministère. Il n’avait pas été choisi, non, il avait été accepté, les candidats sont devenus trop rares pour qu’on puisse se permettre d’attendre le meilleur : il n’y en avait qu’un sur les rangs, le premier depuis longtemps. Au reste, pourquoi ce pluriel, les rangs, qui ne correspond à rien. Il faut se défaire de ces expressions toutes faites
7 Extrait de la publication
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quand il s’agit de peupler les presbytères. La paroisse aurait pu rester sans pasteur pendant plusieurs années, tout comme les catholiques qui n’ont pas eu leur curé à eux depuis longtemps. C’est celui de la banlieue voisine qui vient, une fois la se maine, un peu plus quand, parfois, il y a un mariage ou, plus souvent, des funé railles. Pour les baptêmes, il est d’usage, maintenant, de les regrouper. Plus ques tion pour les parents de souhaiter un bap tême particulier, bien à soi. On se partage le même sacrement. Bientôt, ce sera le même prénom. La paroisse protestante, moins attachée aux cérémonies brillantes, avait dû, tout de même, restreindre les célébrations. Pour le jeune pasteur, les choses avaient mal commencé. Arrivé en soirée, dans sa petite guimbarde, il avait eu beau sonner, sonner à la porte du presbytère, sonner encore... Il avait passé la nuit à tenter de dormir, roulé en boule sur la banquette arrière de sa voiture. Il n’y était parvenu qu’à l’aube, peu de temps avant que les passants matinaux ne s’agglutinent tout
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autour, l’un attirant l’autre. Quand il s’éveilla, enfin, quelques nez d’enfants s’écrasaient sur les vitres et trois ou quatre commères, penchées sur le capot, le regar daient à travers le parebrise. Tout ce petit monde recula dès qu’on le vit remuer, mais n’alla pas plus loin que le trottoir, en attente. Ce fut ainsi qu’il perdit une partie de la considération due à un pasteur et qui lui prit des mois à reconquérir. On murmura même des mots comme bohé mien, hippie et quoi encore. Ce fut le rouge au visage qu’il franchit ce barrage de matrones et de gamins. Une personne en tablier ouvrit, enfin, la porte du presbytère. Elle n’avait rien entendu : pour bien dormir, elle mettait des boules Quiès dans ses oreilles. Elle l’avait attendu jusqu’à vingt et une heures. Heureuse ment, lui ditelle, qu’il n’avait pas eu l’idée d’aller coucher à l’auberge, une maison peu recommandable où des hommes de mauvaise réputation, et même certaines femmes, allaient boire à la nuit tombée. – Je n’ai même pas pensé à m’en quérir d’une auberge, dit le jeune pasteur.
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Il s’appelait Thomas
– C’est le ciel qui vous a protégé. Il y avait peutêtre un brin d’ironie respectueuse dans l’intonation. À peine avaitil eu le temps de se raser et d’en filer une chemise propre, qu’une délé gation de paroissiens se présenta pour l’accueillir, mais à voir l’expression de ces visages sans grâce, il se dit que c’était plutôt pour le jauger, le juger. – Quelle idée d’arriver en soirée, mon révérend ! Vous avez sûrement eu quelque empêchement. Il n’osa pas dire qu’il s’était arrêté en route voir des amis. Il préféra ne parler que de la route, si mauvaise et un peu labyrinthique, ce qui n’était pas faux. Spé cieux, assurément ! Dans la pièce où il les avait fait entrer et qui tenait plus du parloir de couvent que du salon, il n’y avait pas de sièges pour tous. Pourtant, ces gens devaient bien connaître les aîtres et savoir qu’ali gnées près des murs il y avait huit chaises, une table au milieu et une étagère près de la fenêtre, rien d’autre. Les plus âgés s’as sirent, les autres n’osèrent pas accepter les
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