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« Je... »

De
158 pages

« J'aurais voulu que l'on me dise que tu étais mort... »

Comment peut-on en arriver à souhaiter la mort ?
Quelle douleur peut briser le cœur d'une mère, au point de dire à son enfant que sa mort aurait été plus douce ?
Jusqu'où pouvons-nous aller dans le pardon ?
Le pouvons-nous vraiment ?

Laure Bolatre signe avec « Je... » une intrigue policière sur fond de drame familial.


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Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-53307-4

 

© Edilivre, 2013

Préambule

 

« Je… j’aurais voulu que l’on me dise que tu étais mort… je ne sais pas moi… »

1

Jacqueline s’affaire dans la cuisine quand la voix de Sara, sa fille, se fait entendre dans l’entrée.

– Coucou !

– Je suis dans la cuisine !

– Bonne fête maman !

Sara entre les bras chargés d’un énorme bouquet de roses.

– Bonne fête ma petite maman.

Elle le tend à sa mère tout en lui déposant un baiser sur chaque joue.

– Oh ! Elles sont magnifiques ! Tu as fait des folies !

– Eh, c’est la fête des mamans aujourd’hui non ? Alors il n’y a aucune folie dans l’air juste le parfum des roses !

– Dis dont, depuis que tu travailles chez ton libraire tu parles drôlement bien !

Les deux femmes se retournent et font face à Olivier le fils de la maison.

– Salut fréro !

– Salut sœurette ! Bonjour maman et bonne fête, tiens, cadeau.

Il lui tend un petit paquet.

– Qu’est-ce que c’est ?

– Ouvre-le.

Jacqueline défait le papier multicolore : dans la boite une tasse en forme de chat.

– Pour ton tilleul du soir. J’ai trouvé qu’il ressemblait à Pirouette.

– On va dire ça comme ça.

Marmonne Sara

– Ben quoi tu ne trouves pas ?

– Pirouette est tigrée rousse pas blanche.

– Quand elle sera vieille elle sera blanche.

Ironise son frère.

– Pffff.

– En tout cas c’est trop gentil. Il ne fallait pas les enfants.

– Comment ça : « Il ne fallait pas » si nous ne te gâtons pas pour la fête des mamans quand est-ce que tu veux que nous le fassions ?

– Il a raison…

– Allez venez là que je vous embrasse !

Jacqueline serre sa fille dans ses bras et l’embrasse tendrement.

Elle se tourne vers son fils, sourit :

« Il est tellement grand, comme son père. »

Elle se hausse sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue, que sa main caresse.

– Merci mon grand. Dis donc qu’est-ce qui t’es arrivé ?

Sara les regarde un sourire moqueur.

– Justine s’est prise pour Pirouette ?

En effet, à la naissance du cou, plusieurs griffures apparaissent cachées par son col de chemise.

– Comme d’habitude, Jacqueline, votre fils s’est pris pour le bon samaritain. Vous savez celui qui parlait aux animaux… intervient Justine l’amie d’Olivier.

– Saint François d’Assise, renchérit Sara.

Olivier hausse les épaules. Mais devant le regard interrogateur de sa mère se justifie.

– Bon, j’ai trouvé un chat sur le chemin en rentrant du travail. J’ai pensé qu’il était dans les vapes : sa patte était toute ensanglantée. Mais quand j’ai voulu le prendre, vlan, il m’a planté les griffes.

– Tu as bien désinfecté, j’espère : les griffes de chats cela peut être dangereux et…

– Ne t’inquiète pas. Tu connais Justine, quand je suis rentré elle a sorti toute la boite à pharmacie, enfin, je devrais plutôt dire : la valise ou la remorque…

– Oh ça va ! Vraiment très drôle !

– Et elle a eu raison ! C’est très bien Justine, tu prends soin de mon fils ! Je savais que j’avais raison de te le prêter !

Et devant l’air penaud d’Olivier tous les quatre ne peuvent s’empêcher d’éclater de rire.

2

– Eh bien, on commence la fête sans nous ?

A l’entrée se tient René accompagné des invités : Robert et Stéphanie, les parents de Justine.

Jacqueline se tourne vers son mari :

– Regarde ce qu’ils m’ont acheté !

– On dirait Pirouette.

– Ah tu vois !

S’exclame Olivier un sourire moqueur à sa sœur.

– René fais rentrer nos invités s’il te plait, je vais mettre ce joli bouquet dans un vase et j’arrive.

– Tenez, Jacqueline, vous n’aurez qu’à ajouter celui-ci.

Stéphanie lui tend à son tour un superbe bouquet varié.

– Bonne fête !

– Merci. C’est trop gentil. Bonne fête à vous aussi.

Toutes les deux se sourient complices : leurs enfants sont heureux ensemble. Leurs cœurs de mères sont rassurés. Elles aussi sont heureuses.

Le repas arrive à sa fin.

La conversation tourne autour de l’orage qui s’est abattu la semaine dernière sur la région faisant de nombreux dégâts.

– Il parait que la grange aux loups a entièrement brûlé ?

Interroge Roger.

– Entièrement, confirme René.

– Tu crois que les assurances vont marcher ?

René hausse les épaules, fataliste.

– Malheureusement il y a eu tellement de dégâts que si l’on n’arrive pas à être reconnu en catastrophe naturelle beaucoup risquent d’y laisser des plumes.

– Ouais… C’est sûr.

Jacqueline fait son entrée avec le plateau de fromage.

– Quelqu’un en veut ?

Stéphanie soupire.

– Sincèrement je ne peux plus rien avaler.

– Dommage, moi je sais ce qu’il y a au dessert, j’aurai meilleure part.

La taquine sa fille.

– Penses-tu pour le dessert tu sais bien qu’il reste toujours de la place.

– Ah la bonne heure ! On voit la gourmande et…

La sonnerie du téléphone fait sursauter Olivier assit juste à côté. Son père lui fait signe de décrocher.

– Allo ! Oui, bonjour, c’est exact il est là, je vous le passe. Papa c’est pour toi.

René se lève s’empare du combiné.

– Allo. Oui lui-même…

Jacqueline observe son mari du coin du l’œil tout en continuant la conversation à voix basse avec ses invités. René raccroche, laisse sa main sur le téléphone une fraction de seconde de trop, jacqueline lui lance un regard interrogateur.

– La mairie ? Un problème ?

– Non… enfin… bon ce dessert il arrive où il faut que j’aille moi-même le chercher !

Il se rassoit tout sourire, devant l’air faussement choqué de son épouse :

– Il vient mon seigneur, il vient.

Mais jacqueline qui le connait bien a lu l’inquiétude dans son regard, celui-ci lui fait un clin d’œil pour la rassurer, pour lui dire : « ne t’inquiète pas, je te dirai plus tard. »

Elle lui rend son sourire : après tout c’est fête, non ?

3

Lorsque René revient dans la maison après avoir raccompagné leurs invités, il ne peut retenir un sourire devant les yeux encore brillants d’émotion de sa femme.

Il faut dire qu’Olivier lui a fait un superbe cadeau pour sa fête des mères.

Ils étaient tous installés pour le dessert, prêts à ouvrir le champagne, honneur aux mamans, quand Olivier s’était levé et avait demandé un peu d’attention.

– Non, ne me dis pas que tu vas nous lire un poème ?

Ironise Sara.

– Très drôle, sœurette.

– Non moi ce que j’en dis c’est pour la glace.

– Et bien à vrai dire c’est surtout à Justine… enfin j’aurai quelque chose de spécial à lui dire… Justine…

Il pousse sa chaise et s’agenouille près d’elle lui présentant un écrin bleu comme ses yeux, avait-il précisé.

– Olivier…

– Justine, veux-tu m’épouser ?

– Quoi !

– Veux-tu devenir ma femme ?

Toute la table retient son souffle attendant la réponse. Justine fixe Olivier comme cherchant dans son regard s’il était sérieux, puis un large sourire éclaire son visage.

– Oui ! Oui !

Laissant perler une larme qu’elle s’empresse de cacher en se blottissant dans ses bras, tandis que les mamans émues sortent leurs mouchoirs et que les pères trinquent aux futurs mariés pour cacher leurs émotions.

– Aux futurs mariés !

Seul Sara semble un peu en retrait de toute cette gaieté, mais c’est sans compter sur Justine :

– Tu veux être mon témoin ?

– Moi ! Tu y tiens vraiment ?

– Mais bien sûr !

– Alors c’est OK ! Avec plaisirs !

– J’ai toujours aimé ta façon d’exprimer ta joie, la taquine son frère.

– Peuh ! Rigole ! En tout cas c’est toi qui viens de te passer la corde au cou !

– Ouais ! Mais une corde de soie !

– Alors maman contente ?

La questionne René en l’enlaçant tendrement.

– Belle-mère… je trouve que ça te va bien.

– Ne te moque pas.

Lui répond celle-ci se blottissant contre le torse massif et rassurant de son mari.

– Tu étais déjà la plus belle des femmes, la plus belle des mamans tu seras une super belle-mère…

– Merci. C’est gentil.

Il lui dépose un baiser dans le cou, resserrant son étreinte.

– Tu seras la plus belle des grand-mères.

– Oh ! C’est malin !

Elle le repousse feignant la colère.

– Humm ! J’adore quand tu es en colère !

Et la soulevant dans ses bras il l’entraine dans quelques pas de danse, heureux.

4

René regarde le réveil : 7h.

De la cuisine lui parvient le bruit du petit déjeuner que prépare Jacqueline. Il soupire.

« Comment vais-je lui dire ? »

Pourtant il faut bien lui en parler, la rumeur ne va pas tarder à se propager et René ne veut surtout pas qu’elle apprenne la nouvelle par une quelconque personne qui en sait plus que tout le monde et en fait ne sait rien du tout !

Comment annoncer à sa femme que le coup de fil reçu avant-hier c’était le commissariat.

Au bout du fil un inspecteur voulait lui poser des questions sur Marcel et Huguette, un couple habitant à la sortie du village. Ils avaient signalé que leur fille Patricia, n’était pas rentrée du lycée où elle était en internat.

Hier soir, prétextant un dossier à prendre en mairie, il était passé chez eux.

La pauvre Huguette était assise dans un fauteuil près de la cheminée éteinte, un cadeau posé sur ses genoux. Elle n’avait rien dit à son entrée, pas un seul mot, pas un seul regard semblant perdue dans un monde bien à elle.

– La police pense à une fugue !

L’avait interpellé Marcel.

– Tu crois qu’une gamine qui voudrait fuguer, planquerait un cadeau de fête des mères sous son lit !

– Doucement Marcel… c’est la procédure. Il leur faut tout envisager.

– Tout…

La petite voix d’Huguette les avait surpris : il l’avait presque oubliée dans son fauteuil.

Son mari s’était accroupi près d’elle lui enserrant ses mains dans les siennes.

– Tu connais la Patricia, si ça se trouve elle est chez sa sœur en train de bouder.

– Je l’ai appelé.

– Ah…

– Je sais que tu ne veux pas...