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Je vais tuer la Noiraude

De
112 pages

Guy Levaire, journaliste dans un grand quotidien national, décide de quitter ce métier après son divorce, pour se consacrer à sa passion, l’écriture de romans policiers. Las de la vie parisienne, il revient au pays de sa famille, la région de Castres-Mazamet, dans le Tarn. Là, il rencontre une femme magnifique, une tireuse de carte, qui devient rapidement sa maîtresse. Dans le pays, on la surnomme La Noiraude, à cause de sa longue chevelure noire. Mais est-elle vraiment ce qu’elle prétend être ? La connaissance de cette femme, va entraîner notre ami dans une histoire rocambolesque où se mêlent l’amour, la haine, le meurtre et l’intrigue. En sortira-il indemne ? Sûrement pas ! Vivant ? Peut-être...


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Copyright
Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-55293-8
© Edilivre, 2013
Note de l’auteur
Les lieux, villes et villages où se déroule l’histoire sont bien réels. Les personnages et leurs histoires, eux, sont entièrement fictifs. Toute ressemblance avec la réalité ne serait que fortuite et involontaire. Henri Devère
Guy Levaire… 10 mars
I
Ce jour, Guy Levaire se réveilla d’assez mauvaise h umeur. Il avait mal dormi, sans toutefois avoir pour cela de raison particulière. « Bah, ce devait être à cause la pleine lune », pensa-t-il tout en riant intérieurement. Sa vieille tante Hélène, qu’il adorait, accusait toujours la pleine lune de tous les maux de la Terre, alors un peu plus un peu moins. Après tout, ne faut-il pas un coupable pour tout ? Il descendit l’escalier, croisa et salua comme d’habitude madame Lucette sur le pas de sa porte. Dès que quelqu’un montait ou descendait l’escalier, elle était aux aguets, au cas, disait-elle, comme pour se faire excuser sa curiosité, ou une mauvaise personne s’introduirait dans la maison. Une fort gentille dame, madame Lucette. Guy lui avait racheté, en viager, il y aura bientôt cinq ans, cette petite maison en centre-ville, à Castres dans le Tarn. Elle comprenait deux appartements, un au premier, le sien, l’autre au rez-de-chaussée, celui qu’occupait la vieille dame qui frisait les quatre-vingts printemps, comme elle aimait le répéter. La porte d’entrée de la maison donnait directement sur la rue d’Empare. Un petit couloir séparait l’escalier qui accédait a u premier étage et l’appartement du rez-de-chaussée. Chez le notaire, lors de l’acte, madame Lucette ava it bien fait préciser qu’elle entretiendrait seule les communs ! A savoir, un couloir d’environ six mètres sur deux, tant qu’elle le pourrait. Il n’était pas question qu’une femme de ménage entr e chez elle tant qu’elle serait valide. La femme de ménage que M. Levaire embaucherait devrait s’en tenir à l’escalier et à l’appartement qu’il desservait. Avec un petit sourire caché, le notaire, sur l’insistance de madame Lucette, nota tout cela scrupuleusement. Au bout de quelques jours, Guy trouva une femme de ménage, Eliette de son prénom, qui viendrait deux fois trois heures par semaine, p our entretenir… l’appartement et l’escalier… Madame Lucette avait adopté Eliette, tout de suite. Un jour, Guy surprit sa femme de ménage qui nettoyait le couloir, ayant fini plus tôt le ménage chez lui. Il lança à madame Lucette, qui était sur le pas de sa porte, avec clin d’œil à Eliette qui sourit malicieusement : « Alors Madame Lucette, on ne respecte pas ses enga gements ? On donne un coup de canif dans le contrat ? – Un petit coup de fatigue, monsieur Guy, un simple petit coup de fatigue… » Tous les trois se mirent à rire.
Depuis ce jour, Guy demanda à Eliette de faire les communs, moyennant une petite augmentation, ce qu’elle accepta d’emblée. Madame Lucette ne dit rien, mais ne s’en fâcha pas non plus. Guy sorti tout en pensant au chemin parcouru en cinq ans. L’année 2002 fut pour lui l’année de toutes les emm erdes et aussi de toutes les chances. Il avait coutume de dire que sa deuxième vie avait commencé avec les débuts de l’Euro. Trois ans qu’il était revenu à Castres, sa deuxième ville natale, comme il disait. De Bordeaux, ses parents étaient venus s’installer dans cette ville et sous-préfecture du Tarn, suite à une demande de mutation de son père, alors que l’enfant n’avait que trois ans. Ils n’en étaient jamais repartis. Guy, à vingt ans, était monté à Paris, comme on disait à cette époque-là, pour faire ses études de journaliste, puis avait été embauché par un grand quotidien parisien, pour lequel encore il écrivait quelques articles. Ses parents avaient disparu dans un malheureux acci dent d’avion en Afrique, où ils étaient allés passer quelques jours de vacances, en amoureux. Il y aura bientôt 15 ans de cela. Tout en songeant à son passé, Guy sorti de la rue d ’Empare, s’engagea dans la rue Villegoudou et se dirigea d’un pas alerte vers un café de la place Jean Jaurès où il aimait boire un café ou une bière selon le temps. Parfois, quand les jours étaient beaux, il s’installait à la terrasse avec son ordinateur portable pour écrire. Cinq ans déjà qu’il avait négocié son licenciement du journal ! Cinq ans qu’il avait divorcé d’Aurore, son ex-femme avocate au barreau de Paris. Oh ! Certes ce fut un divorce on ne peut plus simple, tous deux étant en parfait accord pour cela. Aurore lui racheta sa part de la maison, seul bien commun avec un modeste studio de 35 mètres carrés en Espagne, à Empuriabrava. Elle lui laissa ce studio pour une bouchée de pain, car elle détestait la mer, contrairement à Guy. Ainsi l’affaire fut expédiée rapidement. Son ex-femme, depuis, avait refait sa vie avec un a ncien ami de faculté, devenu lui aussi avocat au barreau de Paris. Guy se dit qu’il n’avait pas à se plaindre. Sa prime de licenciement lui avait permit de verser un bouquet lors de son achat en viager, il écrivait régulièrement des articles pour son ex-journal, il venait de terminer et de publier chez un éditeur local son cinquième polar. Un petit pécule à la banque en cas de pépin et pour couronner le tout, une bonne santé ! Il se prit à dire tout haut : « Que demander de plus à la vie ? » Une vieille dame qui passait s’écarta tout en le re gardant bizarrement, songeant sans doute que c’était un de ces drogués qui parlent tout seul. Cela le fit rire. Mal rasé, les cheveux en bataille, revêtu d’un vieux pull et d’un jean râpé, il avait l’air d’avoir passé la nuit sous une porte cochère, dans des cartons. Il s’engouffra dans le bar, en laissant ce temps de chien dehors. « Foutu mois de mars ! », maugréa-t-il tout haut ! « Bonjour m’sieur Guy ! En effet sale temps, aujourd’hui. Cette pluie fine n’en finit pas
de tomber ! Un petit noir com’ d’hab ? », lui lança la serveuse, une jolie petite brunette d’à peine trente-cinq ans, originaire de Lille, assez jolie, avec beaucoup de gentillesse. Le tout dans un corps svelte d’un petit mètre soixa nte environ, avec en prime, une poitrine généreuse, un joli petit fessier bien rebondi… Il émanait d’elle un certain charme. « Elle a du chien, cette petite ! », pensa-t-il. « Bonjour Mélanie ! Un noir oui, mais un grand, avec deux croissants, s’il vous plaît, je meurs de faim. – Attention aux petites rondeurs, monsieur Guy ! », lui lança-t-elle d’un air malicieux. Il se contenta de lui sourire. Devant son café fumant, tout en mangeant ses croiss ants, Guy continuait à songer à ce passé qui n’était pas si loin que cela, mais qui lui semblait à des années lumières. Il jeta un œil au miroir en face de lui et jugea en souriant qu’il portait bien ses cinquante balais. Un mètre soixante-dix pour soixante-quinze kilos. Bien sûr, depuis qu’il était à Castres, il avait pris cinq petits kilos. « C’est un peu de la faute de la région, pensa-t-il en riant intérieurement, on y mange trop bien. » Finalement, il se trouvait plutôt beau gosse. Sa pe tite voix intérieure lui suggérait de reprendre le karaté, ce serait bon pour les petits bourrelets qui commençaient à pointer leur nez. Depuis qu’il était à Castres, il avait arrêté le sport, sauf la marche. Ses derniers entraînements de ceinture noire de kar até dataient du mois avant son départ de Paris. Plongé dans ses pensées, il se ressaisit. Il était bientôt dix heures. Guy s’arracha du bar, remonta chez lui quatre à quatre, se doucha, reparti aussi vite de chez lui. Non sans avoir salué à chaque fois madame Lucette, qui guettait sur le pas de sa porte. « Monsieur Guy, il y a une lettre pour vous ! lui dit-elle en la lui tendant. – Merci, madame Lucette », dit-il en la prenant au passage. Ce n’est pas que madame Lucette fut curieuse, mais il s’avérait que sa plus grande distraction était de regarder les gens passer. Vu sa gentillesse, on ne pouvait que lui pardonner cela. L’âge étant là, on excuse beaucoup de chose. Guy récupéra sa vieille 304, qu’il avait surnommée Rosinante, comme le cheval de Don Quichotte. Il avait racheté Rosinante à monsieur Charles, orig inaire de Castres, dont il avait toujours gardé l’accent. Il gardait cette voiture dans son garage, ne pouvant plus conduire depuis fort longtemps, suite à de gros problèmes de vue. Faut dire que ce monsieur avait été en son temps un grand ami de son père. Monsieur Charles n’avait jamais été plus loin que Carcassonne en voiture, pour voir un vieux cousin germain, la seule famille qui lui restait. « Tu sais petit, avait-il dit un jour à Guy, si je partais de mon pays, mon cœur il en péterait de chagrin. Ma Louise, paix à son âme, elle était comme moi ! On avait tous les deux notre montagne noire dans les tripes. Cette voiture, tu sais je la regrette pas, car je sais que tu en prendras soin. Tiens, tu me donnes m ille cinq euros, tu me signes les papiers et basta on n’en parle plus, la voiture est à toi ! – Affaire conclue, Charles ! – C’est bien parce que tu es le fils d’un vieil ami !
Guy sourit tout en remerciant le vieil homme. – Comme c’est l’heure de l’apéro, on va se faire un petit muscat dont tu me diras des nouvelles. – Fameux Charles, fameux, vous me donnerez l’adresse. » Guy, après un deuxième petit muscat, réussit à quitter Charles qui avait la parole facile et que le muscat rendait encore plus volubile. Notre ami repartit avec celle qu’il avait d’emblée baptisée Rosinante. 30 000 km en vingt ans de bons et loyaux services, un entretien régulier par le garage Peugeot du coin, parfait état pour un prix défiant toute concurrence. Cela allait très bien à Guy qui ne connaissait rien à la mécanique. Il continuerait donc à faire entretenir la Rosinante dans ce garage. Guy n’avait pas la folie des voitures : « Le principal est qu’elle roule », disait-il. Lorsqu’il vivait à Paris, il n’avait pas besoin de voiture. Pour le travail, il avait une voiture de fonction fournie par le journal et si nécessaire, il empruntait la Porsche de sa femme, qui ne s’en serv ait guère, mais cela était bon pour son image disait-elle. Ce genre d’argument mondain faisait toujours sourire Guy. Rosinante prit la route pour se rendre chez tante H élène, qui habitait une grande maison à Lacaune. Hélène, sa seule parente qui ferait de lui son léga taire universel, comme elle disait, quand elle voulait le faire râler. Guy n’était pas pressé de la voir disparaitre, car elle était la seule et...