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99 pages
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Description

La vengeance est un acte d'origine émotionnelle provenant de la frustration, à laquelle nul ne peut se soustraire.


Celle-ci a de multiples facettes : immédiate ou différée, spontanée ou préméditée.


La soif de vengeance reste néanmoins humaine.


Une chose est sûre, elle m'a envahi ce jour d'orage et n'a fait que grandir au fil des années.


Il est temps de me libérer de ce désir incandescent.


Aujourd'hui, ma vengeance sera sans pitié.

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EAN13 9782378161583
Langue Français

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[Nathalie P.]
www.somethingelseeditions.com Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelques procédés que ce soit, sans le co nsentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contref açon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Ce livre est une œuvre de fiction. Les noms, les pe rsonnages, les lieux et les événements sont le fruit de l’imagination de l’aute ur ou utilisés fictivement, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes o u mortes, des établissements d’affaires, des événements ou des lieux ne serait q ue pure coïncidence. © 2019, Something Else Editions. Collection Something Blunt © 2019, Nathalie P. Tous droits réservés. ISBN papier : 978-2-37816-157-6 ISBN numérique : 978-2-37816-158-3 Suivi éditorial : Amandine Blanquet Conception graphique de couverture : Tinkerbell Des ign
Qui sème la haine récolte la violence, la vengeance , la mort… Jean Christophe Grangé
Chapitre 1 Julianne Lunettes de soleil sur le nez, j’admire la maison. Elle est magnifique. Elle a dû respirer le bonheur auparavant et vu l’environnement, ses habitants étaient sûrement heureux. Je suis ven ue la visiter quelques mois plus tôt avant de l’acquérir. Le paysage a quelque peu chang é avec les saisons, mais chaque endroit, chaque aspect, chaque parcelle de ces gran des étendues faites de vert et de bleu azur sont ancrées en moi. J’ai immédiatement e u le coup de foudre pour ce lieu. — Allez, au boulot ! J’ouvre la porte d’entrée et visualise un peu l’amp leur des dégâts. Une odeur de poussière mêlée à l’ancien envahit mes narines, mais je ne m’arrête pas à ça. Je dépose mon unique valise dans l’entrée ainsi que mon sac. Aussitôt, je me précipite pour ouvrir les fenêtres et créer un courant d’air. L’air marin s’engouffre dans l’habitat et donne une ambiance de renouveau. Il y a un peu de travail, mais après ce sera impeccable. Je m’affaire tout d’abord à retirer tous les draps blancs qui protègent les meubles. C’est dingue, cette demeure semble s’être figée dan s le temps. Comme si ses habitants l’avaient quittée précipitamment. Ce qui, d’après ce que je sais, est le cas, mais personne n’a pris soin de remettre à sa place quoi que ce soit. Des ustensiles de cuisine traînent encore sur le plan de travail, des paires de chaussures se trouvent au sol dans l’entrée ainsi que des manteaux sur le portant. Le coeur battant de joie face à mon acquisition, je suis heureuse qu’elle m’appartienne. Souriante, je commence à m’installer. *** Deux heures plus tard, la maison a déjà une autre a llure. J’ai décidé de ne pas me servir de toutes les pièces, les portes de celles i noccupées resteront par conséquent closes pour le moment. L’eau de la douche me ravive et me délasse à la foi s. Je n’en pouvais plus de ce long voyage éreintant. Pourtant j’ai pris la meille ure voiture de location qui restait, mais mon dos a dégusté, il me faudra quelques jours pour me rétablir. Habillée d’une robe légère, j’attrape un panier tro uvé dans l’entrée de la maison et le tapote un peu dehors afin de retirer la poussière, puis m’engage sur le chemin qui rejoint la route. Première mission faite. Reste plus qu’à trouver de quoi manger et je pourrais me reposer un peu. L’épicerie n’est pas très loin et d’après ce que j’ ai pu voir sur internet, elle est ouverte tout le temps. Un petit tour à pied me fera du bien. Alors que j’approche de la boutique, une voiture ra lentit à ma hauteur. Un jeune homme baisse la vitre et commence à me parler. — Bonjour, mademoiselle, puis-je vous emmener quelq ue part? Ça m’aurait étonné! Premier blaireau que je croise et il faut que je tombe sur quelqu’un comme lui. — Non merci. — Vous êtes sûre? Je m’arrête et remonte mes lunettes de soleil sur m a tête pour le regarder. — Oui. Vous savez, la marche est bénéfique aussi bi en pour la santé que pour le cerveau. D’après des études récentes, elle augmente rait l’intelligence, la créativité et la mémoire. Pensez à laisser ce petit joujou au garage ! lancé-je avec un clin d’œil. — OK, répond-il alors qu’il a très bien compris le message. Bonne balade ! Il redémarre sur les chapeaux de roues et sort de m on champ de vision. Toujours pareil, les fils à papa !
J’arrive enfin à l’épicerie. La cloche de l’entrée teinte et le magasin est accueillant. — Bonjour ! dis-je, joyeuse, à la vendeuse. — Bonjour mademoiselle. Munie de mon panier, je cherche dans les trois peti tes allées de quoi me nourrir pour quelques jours. J’irai acheter du poisson au marché plus tard. Une fois devant la caisse, j’ajoute à mes provision s une carte de la région ainsi que des chewing-gums. — J’aimerais aussi des piles LR06, s’il vous plaît, et deux paquets de bougies. — Deux paquets? s’exclame la vendeuse, interloquée. — Oui, on ne sait jamais, s’il y a une panne d’élec tricité, je veux avoir de quoi éclairer la maison. — Vous avez raison, confirme une voix grave et suav e sur ma gauche, il y en a souvent par ici. Je tourne ma tête et tombe sur un homme que je dévi sage ouvertement de bas en haut. Grand, svelte, mais musclé, brun avec une mèc he sur le côté. Ses fossettes sont à tomber. J’avoue qu’il est plutôt… craquant? Oui. À croire qu’on se bonifie en vieillissant, c’est comme le bon vin ! — Ajoute ça sur ma note, Josy, lance-t-il à la vend euse en déposant une lampe électrique devant moi. Ça pourrait vous être utile aussi. — Très bien, répond-elle en mettant celle-ci dans m on panier. — Merci, mais je vais tout régler, insisté-je auprè s de la vendeuse. — Vous êtes de la région? demande-t-il. — Pas exactement. Je suis venue passer l’été ici, d isons… pour me ressourcer. — Oh ! Je vois. Et où habitez-vous? — Vous me paraissez bien curieux. Un peu plus haut dans la maison bleue. Le silence fait sa place. Tous deux se regardent, n ’osant plus rien dire. — Quoi? Il y a un problème avec cette maison? rétorqué-je, soucieuse. — Euh… non, pas vraiment, articule la caissière. — Bien. Merci pour tout ça, Josy. À la prochaine fo is. — À bientôt, réplique-t-elle avec un sourire radieu x. — Je vais vous ouvrir la porte, annonce l’homme en se précipitant sur celle-ci. — Merci. — Solann, dit-il en tendant sa main. — Enchantée. — Vous voyez le Pub sur la place du village?Le requin noir? Je pouffe de rire. — Noir ou blanc? — Quoi? demande-t-il, perplexe. — Le requin. — Noir. Il paraît qu’un pécheur en a croisé un noir comme le charbon une fois ! J’éclate de rire face à lui. Il n’a pas de blague p lus pourrie ? — C’est ça oui. Je vois où il se trouve. — C’est le lieu de la région où l’on se retrouve le soir ou le week-end. Si vous voulez venir y faire un tour ce soir, j’y serai avec des a mis. — Hum… Je le fais languir un instant, il est vrai que j’au rais préféré me reposer, mais j’en meurs d’envie. Après tout, il serait temps que je s orte un peu et fasse connaissance avec des personnes de mon âge. En plus, il est plutôt séduisant. — Ça marche, réponds-je en sortant. À tout à l’heure. *** Installée sur la terrasse de la maison quelques ins tants plus tard, je déguste un verre de vin rouge devant la mer qui s’étend au loin.
Munie de mon appareil photo haut de gamme, je profi te d’un moment calme avec en fond la mélodie des vagues. J’ai toujours aimé pren dre des clichés, ça m’avait manqué. Je règle mon appareil et décide de faire quelques p hotos : la maison, les vagues, les rochers que j’aperçois d’ici, les mouettes qui chan tent au loin. Je capture tout ça dans mon appareil. Demain, je mettrai en place une chambre noire impro visée dans la pièce qui servait de bureau. Ainsi, je pourrai tout développer moi-mê me. L’air marin emplit mes poumons. Enfin je suis moi-même, j’ai retrouvé mes racines a près tant d’années...
Chapitre2 Solann — Salut mec ! lance Owen qui tient Julie par la main. Je les salue et nous nous installons dans un box au fond du Pub. C’est notre rendez-vous du vendredi soir. Tous orig inaires de la Bretagne, nous aimons nous retrouver comme au bon vieux temps, partager des souvenirs et nos vies. — Alors, contents d’être revenus ici? demandé-je à Clarisse et Romuald, les faux jumeaux. — Ouais! Mais punaise, maman nous prend déjà la tête ! J’éclate de rire. — Et toi alors, toujours personne? me demande Romuald. — Oh, tu vois bien, ici et là. Avec mon boulot c’es t pas évident. — Tu m’étonnes ? s’exclame Maël. — Et toi? Ton père pêche encore? ajoute Romuald. — S’il pouvait se marier avec son rafiot, il le fer ait! lance-t-il en ricanant. D’ailleurs, il a embarqué le père de Solann avec lui. — Ouais, cette passion lui colle à la peau! Il ne parle plus que pêche. Mais bon, du moment qu’il se porte bien et remonte la pente, c’e st tout ce que je veux voir, dis-je en souriant. — C’est sûr, ajoute Loane en passant sa main sur me s épaules. Je lui lance un regard en coin, l’air de demander q u’elle cesse ça immédiatement, mais depuis notre rupture il y a six ans, elle n’arrive pas à décrocher de moi. J’ai un peu de mal à me concentrer sur les histoire s de mes amis, mes pensées sont obnubilées par ma rencontre de cet après-midi. Vien dra-t-elle ou non ? J’espère avoir la réponse rapidement. Après de longues minutes, j’ape rçois une silhouette que je désespérais de voir. — Ah, les gars, j’ai quelqu’un à vous présenter. Je me lève pour faire signe à… mince ! Je ne connai s même pas son prénom. — Putain, la bombe! lance Maël en tapant sur la table. Elle nous rejoint. Ses courbes se balancent devant moi. Son pantalon la colle et met en valeur ses hanches. Un haut au joli décolleté de ssine parfaitement sa poitrine et ses longs cheveux détachés me donnent envie de les attraper. Bon, OK Solann… calme-toi. Et le petit détail qui fait que… Ses lunettes! Elle est trop sexy avec et elles lui procurent un a ir coquin. — Bonsoir, dit-elle en avançant vers la table. — Je suis heureux que vous soyez parmi nous. — Moi aussi, répond-elle en s’approchant de moi pou r déposer un baiser sur ma joue. Bonsoir, Solann. — Bonsoir, euh… — Je m’appelle Julianne. — Très joli prénom. Vous vous joignez à nous? — Avec plaisir, mais on va se tutoyer, d’accord? ajoute-t-elle en passant sa main sur mon torse. — Je vous présente mes amis. Elle les regarde en souriant. — Voici Maël, Clarisse et Romuald qui sont frères e t sœurs, Loane, Owen et Julie. Nous sommes des amis d’enfance. — Je vous tire mon chapeau, dit-elle. Les bandes de copains d’enfance à nos âges, c’est rare! Elle les salue tous, seule Loane pince des lèvres.
— Hé, mais! On se connaît ! lance-t-elle à Owen. C’est toi le mec un peu trop sûr de lui qui a voulu m’emmener dans sa voiture tout à l’ heure! Julie le frappe à l’épaule. — Tu as fait quoi? — C’est bon, elle était à pied, j’ai juste voulu re ndre service. — Tu parles! grogne Julie. — Julie et Owen sont en couple, murmuré-je à Julian ne. — Oh. Je vois. Pas de souci, dit-elle en souriant à Julie. J’ai expliqué à ton copain les bienfaits de la marche à pied. Elle prend place en face de moi. — Tu n’as rien à craindre avec moi. Les beaux gosse s qui se la jouent trop, ce n’est pas mon genre. — Comment elle t’a clashé ! crie Maël en se fichant de lui. Owen fait mine d’être touché en plein cœur et de to mber sur son siège. — Ce que je préfère, ce sont les beaux gosses sûrs d’eux, reprend-elle en me dévisageant ouvertement, mais qui sont très sexy, a ttentionnés et gentlemen. La chaleur envahit mon corps. J’aime son franc-parl er! — Ouuuh, murmure Clarisse alors que Loane tire la tronche sur le côté. — Tu veux boire quelque chose? proposé-je à cette merveilleuse créature. — La même chose que vous. — Je reviens. Quelques minutes plus tard, je dépose une bière dev ant elle. — Alors Julianne, d’où viens-tu? — D’un petit village en Corrèze. Et vous, vous habitez tous ici depuis toujours? — Ouais, enfin presque, répond Romuald. Ma sœur et moi sommes revenus pour l’été, nous enseignons à des collégiens sur Marseil le. — Oh d’accord. — Ils sont faux jumeaux et tout le temps collés l’u n à l’autre, dis-je en rigolant. — Et tu fais quoi dans la vie? demande Clarisse. — Je suis psychologue, annonce-t-elle. — Tu es psy? reprend Julie pour clarifier la nouvelle. — Oui. Et j’avais besoin de souffler un peu cet été alors me voici ici pour deux mois. — Ah super, dis-je en souriant, on va sûrement se revoir. Elle répond à mon sourire en buvant une gorgée de s a bière. — Tu veux dire psy, genre les gens viennent s’allon ger sur un divan et évacuent les choses qui les obscurcissent ? Elle pouffe de rire avant de parler. — Ce n’est pas vraiment ça, mais j’avoue il y a un divan dans mon cabinet. Souvent les personnes préfèrent s’exprimer assis sur une ch aise, à mon bureau. — Et tu vois toute sorte de patients? — Oui. Sauf les enfants. Je rencontre tous les cas de figure, parfois aussi des détenus ou des gens qui sont tourmentés par la vie. — Des taulards? rétorque Loane qui semble perplexe. Plus personne ne prononce un mot. Romuald arrête le mouvement de sa main avant que son verre n’atteigne ses lèvres. C’est ce momen t que choisit quelqu’un pour mettre en marche le jukebox. Une musique entraînante, typi que de la région, envahit le Pub. — Oui, répond-elle en rompant ce silence. Je travai lle avec la police de temps en temps. — Solann est flic, ajoute Julie. — Ah bon? dit-elle en me regardant. — Pas exactement. Je suis médecin légiste. — Oh. Ça doit être un boulot particulier, mais pass ionnant. — Tu es bien la première à me dire ça.