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Karine Felinger

De
116 pages

Karine Felinger devra se venger pour vivre. Elle n'a pas d'autre alternative. Sa vie lui a été volée. Après des années de souffrances, elle revient pour prouver au monde qu'elle est vivante. Son seul moyen d'expression est la violence dans la vengeance.

Publié par :
Ajouté le : 04 juin 2004
Lecture(s) : 259
EAN13 : 9782748137224
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Karine Felinger
Thierry Brun
Karine Felinger





POLAR












Le Manuscrit
www.manuscrit.com
 Éditions Le Manuscrit 2004
5bis, rue de l’Asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-3723-X (fichier numérique)
IS-3722-1 (livre imprimé)



















Quentin…A toi.



MAINTENANT.

Le surplomb dominait une vallée encaissée, coincée
entre deux collines. Un chemin pierreux, crevassé par les
hivers, courait à flanc sur plus de dix kilomètres, s’arrêtait
pratiquement aux pieds des marches du chalet. Ce n’était
que broussailles et rocs de granits, ronces et poussière.
Le chalet était planté en haut du surplomb, collé à
quelques mètres de l ‘ancienne carrière, masqué du reste
du monde par de magnifiques chênes tri-centenaires.
Un ancien bûcheron, dans les années cinquante avait
imaginé et créé de ses mains ce havre de paix perdu et
invisible de tous.
La route qui menait au monde civilisé ne prenait sa
source que dix kilomètres plus bas, rejointe par le chemin
en une déclivité à plus de quinze pour cent, souvent
déchirée par les gels successifs, et les sources furieuses qui
trouaient cette région de l’Est de la France. Le premier
commerce, qui n’ouvrait que quatre jours par semaines,
avait élu domicile à plus de cinquante kilomètres. Il était
tenu par une femme énergique qui avait quitté homme et
enfant, traversé des océans, vendu des automobiles
européennes en Afrique noire, pour un jour, racheter
l’épicerie, qui ne méritait ce qualificatif que grâce aux
quelques patates qu’elle offrait. La « Moreau » aimait
s’adonner, aussi, à la peinture.

9Karine Felinger

Aux beaux jours, avant les grandes chaleurs, sur les
hauteurs de Senones, on pouvait la surprendre en «
campagne », godillots aux pieds et tente sur le dos,
chevalet sous le bras, arpentant l’immensité des forêts de
pins.
L’épicerie était attenante à la ferme des Gourieux,
immense L qui constituait le cœur du village, et faisait
face à l’ancien bureaux des Postes et Télécommunications.
Par une fin d’après midi de juin, sale et harassée, de
retour d’un périple de plus de quatre jours, les jambes en
coton et l'âme en paix, elle vit pour la première fois
Karine Felinger.









10 Thierry Brun



Silhouette dense et sportive assise à même les
marches de l'épicerie. Casquette claire à visière, veste et
pantalon de bonne toile à poches multiples, chaussures de
montagne aux pieds, sac à dos de l’armée. Pas de tennis,
pas de T shirt, pas de lunettes de soleil. Pas de sourire de
circonstance comme on tendance à afficher les citadins.
Karine Felinger massait ses avant-bras. Elle sourit,
cette gamine semblait avoir les « pieds bien dans la terre.
La fille se redressa à son approche, dégageant l’entrée,
sac à dos en bout de bras. Maintient quasi militaire.
-bonjour.
Moreau faillit sursauter, après son périple de silence et
de mutisme, le « bonjour » avait claqué comme un «
Colonel ! . Franc fort et direct. Quelle étrange expression,
songea-t-elle.
La fille demeurait dans l’ombre du vieux pin qui
trônait depuis toujours devant l’épicerie.
Elle ne lui tendit pas la main, se contentant de la fixer
après son bonjour tonitruant. En un instant elle fut
transportée au fin fond de l’Afrique. Elle revit ces lieux
perdus et magnifiques, visités par les aventuriers de tous
bords, aux sourires dangereux et colères meurtrières. Elle
avait ce genre d’animal face à elle.

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