L'assassinat du torero

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Billy Mac Tiddle, le célèbre « Roi de la Chaussette », détective à ses heures, part en vacances à Mexico.


En rentrant à son hôtel, après avoir acheté une place pour la prochaine corrida, il entend des éclats de voix provenant de la chambre voisine de la sienne. Il distingue clairement la phrase : « Le torero mourra ».


Mais ladite chambre est vide et personne n’y loge, selon le garçon d’étage.


Lors de l’évènement tauromachique, un spectateur interpelle un torero vedette jusque-là apathique.


Face à cette exhortation, Curro Goyen, la star de l’arène, tente une manœuvre risquée et est encorné par le taureau. Il décédera des suites de ses blessures.


Alors que pour tous, il ne s’agit que d’un terrible accident, l’instinct du détective écossais devine un assassinat machiavélique et se fait fort de rendre justice.


Mais le monde de la tauromachie est hermétique et certains ne voient pas d’un bon œil les investigations de cet étranger au milieu et au pays...


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Ajouté le 04 mai 2018
Nombre de lectures 4
EAN13 9782373472585
Langue Français
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L’ASSASSINAT DU TORERO
Roman policier
par Paul MAX
AVANT-PROPOS
Laïus possiblement rébarbatif pour une partie des l ecteurs, mais nécessaire pour situer le contexte de la Collection« Le Roi de la Chaussette ».
Si vous n'êtes pas curieux, vous pouvez passer dire ctement au texte, mais ce serait dommage d'ignorer les informations fourni es.
De Paul MAX
Paul MAX (1884 – 1944)fait partie de la longue liste des auteurs qui ont participé grandement à l'essor de la littérature po pulaire au début du ème XX siècle et qui, faute de chance ou d'une meilleure mise en valeur de leurs personnages récurrents, ont peu à peu, sombré dans l'oubli.
Paul MAXest naturalisé.est né à Alger en 1884. Il émigre en Belgique et y Devenu journaliste il sera, entre autres, rédacteur de L'Étoile Belge.
Il utilise également sa plume pour l'écriture d'ouv rages dès 1913.
Dans les dernières années de sa vie, l'auteurPaul MAXse concentre sur le genre particulier du « polar ».
En 1937, probablement par volonté de surfer sur le succès des auteurs anglo-saxons et le goût des lecteurs de l'époque po ur les écrivains d'outre-Manche, il écrit « Début dans la police » sous le p seudonyme deA. M. HYCHX dont il prétend être le traducteur. Ce roman polici er est publié dans la Collection « Le Masque » et fait naître un héros particulier« Billy Mac Tiddle », un jeune écossais vendeur de chaussettes qui débarque à Lond res pour installer un commerce et qui se retrouve, par hasard, à devenir détective.
Ce personnage reviendra, plus tard, dans de multipl es enquêtes, au sein de diverses collections chez différents éditeurs.
C'est à l'occasion de sa participation à la Collect ion « Le Jury » aux éditions A. Beirnaerdt, une collection lancée par le célèbre écrivain Stanislas-André Steeman (« L'assassin habite au 21 », « L'inf aillible Silas Lord », « Légitime défense »…) qui propose des nouvelles po licières, d'environ 20000 mots, écrites par des auteurs belges.
Paul MAXet y propose deux nouvelles : « O'Byron s'est évadé » « L'assassinat du torero ». Cette seconde nouvelle sera l'occasion pour l'auteur
de faire vivre une nouvelle aventure à son jeune ve ndeur de chaussettes.
La fin de carrière dePaul MAX se partagera alors entre les histoires se déroulant en Espagne et les enquêtes policières met tant en scène Billy Mac Tiddle avec, s d'intérêten point final, la fusion de ces deux centre avec la réécriture de « L'assassinat du torero » po ur développer le court texte d'origine afin d'en faire un roman… roman qui sera, malheureusement, publié à titre posthume.
S iPaul MAX n'a pas la renommée de ses confrères de l'époque, ni même de ses compatriotes que sont Stanislas-André Steema n ou Georges Simenon, il n'en laisse pas moins derrière lui un personnage tr ès intéressant alimenté par une plume habile, drôle et agréable.
Mais, ce protagoniste, aussi attachant qu'il puisse être, ne suffit pas à faire sa renommée, ni même à lui permettre de demeurer da ns l'esprit des lecteurs, à cause d'une publication décousue au sein de diverse s collections chez plusieurs éditeurs.
Car, n'oublions pas que la principale différence en tre les auteurs de la littérature populaire qui ont encore une renommée e t ceux qui ont sombré dans l'oubli, réside, la plupart du temps, non pas dans la qualité de la plume ou les atouts d'un héros, mais dans le fait d'avoir eu la chance que les textes autour de leurs personnages fétiches aient été regroupés chez un même éditeur, dans une même collection.
Ainsi, si tout le monde connaît Georges Simenon et son Commissaire Maigret, Léo Malet et son Nestor Burma, Frédéric Da rd et son San Antonio, qui, de nos jours, se souvient du Commissaire Rosic de R odolphe Bringer, de Serge Vorgan de Gustave Gailhard ou de…Billy Mac TiddledePaul MAX.
Aussi, la collection« Le Roi de la Chaussette » a été créée pour offrir aux lecteurs d'aujourd'hui la facilité que n'eurent pas les lecteurs d'hier pour suivre au mieux l'intégralité des aventures du détective é cossais.
Vous n'aurez donc plus l'excuse de vos aïeuls pour ne pas apprécier les enquêtes du vendeur de chaussettes…
Pour être complet sur le sujet, voici la liste exha ustive (?) des premières éditions des titres à venir dans la collection :
N° 1 : « Début dans la police »
- 1937 : sous le pseudonymeA. M. HYCHXde l'anglais par (adapté Paul MAX), Éditions « Le Masque ».
N° 2 : « Le meurtre d'Hilldrop Crescent »
- 1941 (?) : signéPaul MAX — Collection « Bibliothèque Jaune », Éditions ie J. DUPUIS, Fils et C .
N° 3 : « L'assassinat du torero »
- 1941 : signéPaul A. BEIRNAERDT.
MAX
Collection
«
Le
Jury
»,
Éditions
- 1945 : signéPaul MAXsous le titre « Mexico » — Collection « Les — nouveaux romans policiers », Éditions FAYARD (versi on allongée de la nouvelle publiée en 1941).
N° 4 : « La poupée chinoise »
- 1943 : signéPaul MAX— Éditions L'Essor.
N° 5 : « Le drame du« Magnolia »»
- 1943 (?) : signéPaul MAX — dans le recueil « Deux enquêtes de Mac Tiddle » — Collection « Bibliothèque Jaune », É ditions J. DUPUIS, Fils et ie C .
N° 6 : « Mystère à domicile »
- 1943 (?) : signéPaul MAX — dans le recueil « Deux enquêtes de Mac Tiddle » — Collection « Bibliothèque Jaune », É ditions J. DUPUIS, Fils et ie C .
INTRODUCTION
Que l'on me permette, en manière d'introduction, de faire un bref panégyrique de mon ami Billy Mac Tiddle.
Billy Mac Tiddle est un type épatant.
Ayant quitté son village d'Écosse pour exercer, à L ondres, sa modeste profession de marchand de chaussettes, il fut, dès son arrivée, entraîné dans la plus mystérieuse affaire policière de ces v ingt-cinq dernières années(1)es avaient. Et, chose étonnante, là où les meilleurs détectiv échoué, il réussit, lui, avec une virtuosité d'auta nt plus admirable qu'elle n'était qu'apparente ; en effet, l'instinct, seul, le guida.
Ce succès fut, d'ailleurs, la base de sa fortune !
Dans la carrière policière ? Non chaussettes.
pas : dans le comm erce des
Les Écossais sont très entêtés et Billy Mac Tiddle est probablement le plus entêté de tous les Écossais. Il s'était instal lé à Londres pour vendre des chaussettes, il vendit des chaussettes.
Tout le monde peut vendre des chaussettes et gagner de l'argent... Mais tout le monde n'est pas cet « étonnant petit Écossa is qui a éclairci le mystère de Myron-Castle ». On se bouscula dans sa b outique pour le voir, en chair et en os, et par la même occasion – quand on entre dans un magasin, ce n'est pas comme si on entrait dans un m usée – on lui acheta sa marchandise.
Il s'enrichit rapidement ; du quartier de Soho, pas sa dans celui d'Holborn, puis descendit à Oxford Circus, mettant déjà le cap vers Regent's Street.
Affligé d'un comptable et de cinq demoiselles de ma gasin, il n'en continua pas moins d'entasser les bank-notes...
Entre-temps, sa vieille tante de Blacksmith était m orte, lui laissant un appréciable magot.
Billy Mac Tiddle devint propriétaire... et, du même coup, retourna à ses premières amours : l'aventure policière(2).
Peut-être certains de mes lecteurs se souviennent-i ls – cela date d'avant-hier – de l'épouvantable crime qui ensangla nta la maisonnette appartenant à mon ami, dans le paisible quartier d'Hilldrop Crescent ?
Avec la même virtuosité née de l'instinct, la même finesse dissimulée
derrière un physique banal, la même dextérité et la même infaillibilité, mon ami Billy Mac Tiddle parvint à démasquer et à faire arrêter l'assassin... et ce, au moment où les « as » de la police métropolit aine avaient depuis longtemps mis sous les verrous, en attendant le jou r de sa pendaison, un authentique innocent.
En vérité, je vous l'affirme : Billy Mac Tiddle est un type épatant !
Riche désormais, il pourrait vivre – somptueusement – de ses rentes !
Mais pas du tout, il vend toujours des chaussettes.
Je ne vous dirai pas à quelle adresse, car, désorma is, ses « grands magasins » sont devenus ce que l'on appelle « une f irme ». Il y passe comme un seigneur passe sur ses terres. Un nombreux personnel, affairé, dévoué et respectueux, s'agite sous ses ordres. Des surveillants en jaquette – revers fleuri, visage souriant – piloten t les clients vers les comptoirs où des jeunes filles aux cheveux platinés , aux ongles carminés, échangent la laine et le coton que leur adroite bea uté met en valeur contre les shillingsnsi drainé estet les livres des honorables visiteurs. L'argent ai accueilli avec amabilité et détachement par des dam es grisonnantes, mais ondulées qui, en le déposant dans un tiroir à resso rt, font retentir joyeusement un petit timbre automatique. Et, de tou tes les caisses suralimentées, dès le soir venu, la recette quotidi enne de « Chaussette à votre Pied » – trois étages, six ascenseurs – passe dans les poches, le gousset et le portefeuille de mon ami Billy Mac Tid dle.
Pour être plus exact : dans son coffre-fort.
Billy Mac Tiddle est riche, très riche : il pourrai t revendiquer le titre de « Roi de la Chaussette ». Mais il est resté simple, modeste, calme et philosophe, et s'il se marie un jour, ce sera dans son village d'Écosse où les jeunes filles – les plus belles du monde, par S aint-Patrick ! — n'ont d'autre idéal que de traire les vaches en attendant de fonder un foyer et d'élever des marmots.
Je vous le répète : Billy Mac Tiddle est un type ép atant !
Ça ne l'empêche pas, d'ailleurs, d'apprécier les do uceurs de l'existence mises à sa portée par sa fortune.
Parmi celles-ci, ses préférences vont, en dehors de la bière blonde ou brune, aux voyages.
Et nous voici, du coup, dans notre sujet.
(1) Voir« Début dans
la police », par Paul Max, dans la même
collection.[Retour]
(2) Voir « Le meurtre d'Hilldrop Crescent », par Paul Max, dans la même collection.[Retour]
CHAPITRE PREMIER
MEXICO
« Ah ! »s'écria Billy Mac Tiddle, « combien je fus heureux en arrivant à Mexico ! »
Il prononçait, comme il se doit :« Mejico »remplaçant le en jun par h aspiré.
« Depuis longtemps, j'avais rêvé de découvrir l'Amé rique... Non pas l'Amérique des Yankees, celle où l'on parle la même langue que nous, mais l'Amérique de la Cucaracha et de Pancho Villa !... Bien entendu, dans mon enfance, dans mon adolescence, je m'étais persuadé que ce rêve ne se réaliserait jamais ! Aller en Argentine, au Brésil, ou au Mexique ! Inaccessible folie ! Qu'est-ce que cela devait coûter ?... Aussi envisageai-je comme une sorte de revanche du sort la possibilité qui se présenta un beau jour à moi de faire ce merveilleux voyage. Les hasards de la vie m'avaient enrichi, le rêve de ma jeunesse était à ma portée !
Mexico !
J'y débarquai au crépuscule. Le ciel avait des tein tes de nacre et de feu. Il y faisait doux comme au printemps, bien qu'on fût en novembre. Dans les arbres d'un vert sombre, des oiseaux, des quantités d'oise aux, disaient leur prière du soir. Et quelque part, dans la ville désirée où j'a bordais pour la première fois, une voix, soutenue par des guitares, chantait une s érénade.
Mexico ! »
Du coin de l'œil, j'examinai le visage de mon ami. Ce débrouilleur d'énigmes était-il doublé d'un poète ?
Mais il se reprit rapidement et continua son récit :
« Je me fis conduire sans retard à un hôtel de laCalle del Angell'on que m'avait recommandé comme étant un des meilleurs et dont je ne vous dirai pas le nom pour ne pas nuire à sa renommée... Car tout le monde doit vivre, n'est-ce pas ? J'y pris possession de ma chambre, m'y débarb ouillai, puis descendis au restaurant... Je tiens à arriver rapidement au corp s de ce récit, mais il me serait difficile de ne pas vous confier quelques impressio ns de mon premier contact avec la cuisine mexicaine ou, tout au moins, avec l a cuisine de ce restaurant mexicain-là. Comment mon palais ne prit pas feu dès la première cuillerée de potage, comment mes dents ne se transformèrent pas en charbons ardents dès la première bouchée du premier plat, mystère !... C omme je demandais avec inquiétude au garçon ce qu'il y avait, dans ces met s, pour les rendre aussi...