//img.uscri.be/pth/a7aefec843c20d7924af19ceb83577af6dfb7b5b
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - PDF - EPUB

sans DRM

L’Élite corse

De
214 pages

Paul était soucieux, pensif et à la fois concentré sur son objectif. Ses cheveux bouclés, blonds cendrés, luisaient sous les premières lueurs de soleil matinal. Ses yeux, d’un bleu profond comme l’océan, faisaient de lui une sorte de marin naufragé, perdu sur les hauteurs de la ville. Il se demandait si tout cela était réel, et se pinça son bras droit, comme pour se dire qu’il était bien ici. Il respira plusieurs fois, profondément cet air frais, vif, revivifiant, qui montait de la baie, tout en se plaçant en attente comme un chasseur à l’affût, attendant sa proie, dans l’encadrement d’une porte rustique d’antan.

C’était sa première mission.


Voir plus Voir moins

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-19726-7

 

© Edilivre, 2016

Chapitre 1
Prélude

Baie de Calvi – Corsica

La Corse est une île de la Méditerranée. Les Grecs de l’antiquité l’appelaient « Kalliste » (la plus belle). Elle est aussi surnommée « l’île de Beauté ». C’est dans sa capitale, Ajaccio, que naquit l’Empereur Napoléon Bonaparte.

La Baie de Calvi se situe en Corse, dans la Balagne, qui est une région de Haute Corse, au Nord-Ouest de l’île. C’est une des plus belles régions de la Corse. De très hautes montagnes entourent cette baie grandiose. Du haut de sa citadelle perchée sur un promontoire rocheux, vous pouvez sentir l’air marin, frais et vif de la Méditerranée, mélangé avec les profondes senteurs du maquis. Des parfums de thym, d’amandier, de figuier, de myrte, d’immortelle, d’arbousier et de cistes, « u mucchju », buisson corse à petites fleurs mauves et dorées.

Tout en haut de la citadelle se trouvait Paul Santoni, qui se demandait ce qu’il faisait ici, à Calvi. Il était très agité, ses nerfs le rendaient anxieux. « Que dois-je faire ? se disait-il. Si je manque mon coup, je risque d’être cuit. » Il regardait sa montre sans arrêt. Il n’était pas très sûr de lui. Mais qu’est-ce que je fous ici, se disait-il ? Dans sa tête, il pensait à ce qu’il devait faire, se rappelant avec précision les détails importants de sa mission. Ses calculs et risques étaient bien présents et clairs dans le fin fond de sa mémoire. Dans sa tête, il naviguait chaque scénario possible et inimaginable, tout en pensant que, s’il ne réussissait pas, il pouvait se retrouver mort, là, dans cette petite ruelle étroite, surplombant une des plus belles baies du monde, la majestueuse et grandiose Baie de Calvi.

Paul était soucieux, pensif et à la fois concentré sur son objectif. Ses cheveux bouclés, blonds cendrés, luisaient sous les premières lueurs de soleil matinal. Ses yeux, d’un bleu profond comme l’océan, faisaient de lui une sorte de marin naufragé, perdu sur les hauteurs de la ville. Il se demandait si tout cela était réel, et se pinça son bras droit, comme pour se dire qu’il était bien ici. Il respira plusieurs fois, profondément cet air frais, vif, revivifiant, qui montait de la baie, tout en se plaçant en attente comme un chasseur à l’affût, attendant sa proie, dans l’encadrement d’une porte rustique d’antan.

C’était sa première mission. Anéantir professionnellement un gros trafiquant d’armes, sans laisser de traces, ni être vu ou impliqué. La personne en question est un Sicilien nommé Antonio Ponti, qui doit conclure un large fond d’armes, en direction du Moyen-Orient. Le temps passe lentement dans cette petite rue, se disait-il. Un chat noir croisa furtivement sa ligne de mire. Paul regarda sa montre, une Rollex sport, car le temps propice pour l’exécution de sa mission était déjà passé depuis près de deux minutes.

Tout à coup, un bruit de moteur. Une voiture s’arrêta juste à son opposé. Une Renault Capture, de couleur bleu nuit. Deux individus sortirent en jalonnant rapidement les environs. Paul se redressa d’un sursaut, et se dirigea vers le véhicule, d’un pas calme et cadencé. Toutes les images vivides qu’il avait de Ponti passaient en cet instant dans sa tête. Son seul but fixe, c’était d’exterminer ce gros bonnet. L’un des deux hommes, qui devait être le garde du corps, l’aperçut et poussa rapidement Ponti vers la portière avant de la voiture, tout en brandissant son revolver dans sa direction. Un coup de feu éclate, bang, puis un deuxième. Paul répliqua avec son flingue, un colt 45 muni de silencieux. Dans cet échange effaré, une balle effleura son épaule gauche, sans causer de dommage. Il tira à profusion, l’individu s’écroula, mort. Paul ouvrit la portière et tira à bout portant, deux fois, tuant Ponti sur le coup. Mission dûment accomplie.

Chapitre 2

Nouméa – Nouvelle-Calédonie, Pacifique Sud

La Nouvelle-Calédonie est un archipel d’Océanie, situé dans l’Océan Pacifique Sud, et bordée par la mer de Corail. C’est une île, à la fois mystérieuse, majestueuse et tropicale. Nouméa, sa capitale, est une ville nonchalante, moderne, tropicale, fleurie, au passé colonial.

Six mois auparavant

Paul Santoni était maintenant démobilisé de sa carrière militaire à Nouméa, capitale de la Nouvelle-Calédonie. Ayant rendez-vous avec son ami Lucas Pietri, ce soir même, pour une sortie historique. Car tous les deux avaient mis un terme à leur service militaire. C’était un vendredi printanier, journée douce et agréable, pleine de parfums tropicaux, comme le Tiare, fleur d’amour, et l’hibiscus rouge sanguin.

Les nuages de fin d’après-midi apparaissaient colorés de rose, violet, jaune, et or, ainsi que d’un rouge cardinal. Paul et Lucas sont des amis d’enfance de longue date. Lucas est Corse, ainsi que Paul. Lucas l’a surnommé « le Corse ». Car Paul aime sa Corse, plus que tout au monde. Ils sont tous les deux natifs de la Haute Corse. Leur village se situe dans les montagnes, tout près des Aiguilles de Popolasca, qui sont superbes à voir, et faites de granit rouge. Leur petit village est un endroit secret de rêve, caché dans la nature, entouré de montagnes et de forêts de chênes centenaires.

C’est encore un des seuls villages de Corse, où les vaches paissent et jalonnent le village, comme si elles étaient reines de ce terroir. C’est un endroit paisible, idéal pour apprécier la nature et les randonnées de montagne, et aussi pour se reposer. Dans leur village, vous vous sentez en Corse profonde, chez des Corses à l’état pur, où vous pouvez déguster des produits du terroir, comme du miel de montagne, du fromage de chèvre, et de la charcuterie Corse.

Les deux amis se retrouvèrent dans une boîte de nuit, sur la plage de l’Anse Vata, à Nouméa. Il était à peu près une heure du matin. Après avoir fêté et dansé toute la soirée, Paul et Lucas se relaxaient, accolés au comptoir du bar de la boîte, située sur L’Anse Vata, qui est une grande plage de Nouméa.

C’est un endroit Hip, fréquenté par la jeunesse de Nouméa. Tout en buvant leur petit verre, plutôt des shots, de Chartreuse verte, ils regardaient les filles, qui leur souriaient. Dans cette agréable atmosphère, un homme d’une trentaine d’années, assez grand de stature, cheveux grisonnants, s’approcha d’eux d’une manière énigmatique et nonchalante. Cette personne leur demanda s’ils avaient eu de la chance avec les jeunes Nouméennes. Paul le regarda d’un air circonspect, et lui répondit :

– Non, nous n’avons pas eu de chance, et pensons aller dans une autre boîte en ville.

À cet instant, l’homme s’introduisit comme Gérard Le Normand, et leur offrit un verre. Paul et Lucas se regardèrent avec surprise, et méfiance. Pourquoi voulait-il leur offrir à boire ? Nous ne connaissons pas cet individu, se disaient-ils. Pour quelles raisons ? etc.

Paul dit à Lucas :

– Ne t’inquiète pas. Acceptons son offre et remercions-le.

Gérard avait l’air sympathique et aimable. Lui aussi, observait avec attention ces jeunes filles qui dansaient sur la piste.

– Elles sont ravissantes ! dit-il.

Après un bon bout de temps accolé au bar, il proposa aux deux amis d’aller dans une autre boîte de nuit, qu’il connaissait.

– Pourquoi pas ? dit Paul. C’est une bonne idée, merci.

Lucas n’avait pas l’air rassuré, et le dit à Paul.

– Nous ne le connaissons pas, et cela peut être risqué.

– Tu as peur ? dit Paul.

– Non, je n’ai pas peur, dit Lucas.

– S’il nous cause des problèmes, on lui fait sa tête, c’est tout.

– OK, dit Lucas.

De plein accord, ils entrèrent dans la voiture, une Peugeot 308 de couleur argentée, qui appartenait à Gérard. Il démarra à toute vitesse, à fond sur la caillasse, comme ils disent à Nouméa, direction le centre-ville. Il était maintenant deux heures trente du matin. Arrivés en ville, Gérard se gara dans une petite rue obscure et silencieuse, à l’arrière du centre-ville.

Gérard ouvrit la portière de son véhicule, et sortit en disant à Paul et Lucas, de rester à bord.

– Ne vous inquiétez pas, dit Gérard. Je n’en ai que pour quelques minutes. N’ayez crainte, je reviens tout de suite.

Aussitôt dit, aussitôt fait, il partit dans la pénombre.

– Qu’est-ce que c’est ?

– Un traquenard, dit Lucas. Tu me dis de ne pas m’en faire, regarde ce qui se passe, tu n’as pas peur !

– Pas du tout, dit Paul. Je lui fais confiance. De plus, nous sommes jeunes et bien entraînés. N’oublions pas que nous faisions partis des Commandos Choc de l’Infanterie de Marine du Pacifique, et ça reste en nous, toute notre vie.

– OK, c’est bon, dit Lucas.

Après une dizaine de minutes, ils commencèrent à s’impatienter et sortirent de la voiture, prenant tous deux position de défense, au cas où. Ils se trouvaient devant un bâtiment austère, qui ressemblait à une vieille usine, sans lumières visibles.

Gérard, sortant de la bâtisse, dit :

– Qu’est-ce qu’il y a, les gars, vous en faites une tête ! Il n’y a rien à craindre. Tiens, dit-il à Paul, mon ami qui est à l’intérieur, voudrait te rencontrer.

– Moi ? Et pourquoi ? Je ne connais personne ici, surtout pas dans cet immeuble.

– Tu as peur ? Et de quoi ? dit Gérard. Je croyais que vous étiez tous les deux jeunes, forts et courageux. Allez, viens avec moi, tu verras, tu auras une surprise !

Paul se demanda ce qu’il voulait dire par là. Il se tourna vers Lucas et dit :

– Ne t’en fais pas, s’il se manque, je ne le manquerai pas. Si dans cinq minutes, je ne reviens pas, appelle les flics.

– OK ! Lucas oscilla sa tête, comme pour répondre qu’il avait compris.

Gérard, suivi de Paul, monta l’escalier d’entrée.

Après avoir monté un étage, Paul pouvait entendre des chuchotements, des voix basses, des bruits particuliers, comme s’il y avait du monde derrière tous ces murs.

Gérard dit a Paul :

– Assieds-toi sur ce canapé, et attends-moi. Je n’en ai que pour une ou deux minutes.

Paul acquiesça, et s’assit sur un énorme canapé d’antan, en cuir tanné, en se disant : « Qu’est-ce qui se passe ? Je ne me suis jamais trouvé dans des circonstances pareilles, drôle de situation. C’est quand même bizarre, je devrais me méfier, et me mettre sur mes gardes. »

Il pensait aussi que c’était étrange, d’entendre des gens parler comme ça, la nuit, dans un immeuble sans éclairage, ou presque.

Tout à coup, Gérard sortit de l’un des bureaux, et demanda à Paul de le suivre. Paul se leva, et le suivit dans un long couloir, dont les lumières étaient tamisées. Gérard s’arrêta devant une porte de couleur gris foncé, et frappa deux fois. Entrez, dit quelqu’un. Gérard entra, suivi de Paul. À l’intérieur, il y avait un grand bureau à l’ancienne, garni de cuir. Un homme d’un certain âge était là, assis. Il devait avoir à peu près la soixantaine, cheveux blancs. L’homme se leva et tendit sa main à Paul, d’une manière accueillante et chaleureuse.

– Asseyez-vous, dit-il, et écoutez ce que j’ai à vous dire, car c’est très important, pour votre futur.

Pour commencer, il ne s’était pas présenté, et restait anonyme. Il commença par dire qu’il était Corse et qu’il connaissait bien la famille de Paul.

– Paul, dit-il, ça ne te fait rien, si je te tutoie, car à mon âge, je pourrais être ton père ?

– Pas de problème, dit Paul.

– Ton grand-père était un grand homme. Il a fait beaucoup de bonnes choses pour notre pays, la France. Ton oncle Pascal était aussi Commandant dans la Résistance, durant la Seconde Guerre mondiale, et Officier de la Légion d’honneur. Ton oncle Roger était Capitaine dans un des premiers régiments de parachutistes canadiens, et aussi très décoré du côté canadien, britannique, et français. Ton père faisait partie du maquis, ainsi que ta mère. Ils ont tous servi notre patrie.

Paul commença à s’inquiéter et à se demander comment cette personne, qu’il ne connaissait pas, savait tout cela, sur sa famille.

– Excusez-moi, dit-il, pourrais-je vous interrompre ? Tout ce que vous me dites, me tracasse. Comment savez-vous tout ça ?

Le vieil homme lui dit :

– Ici, nous savons tout, et sur tout le monde, ainsi que sur toi, Paul. Tu viens de terminer ton engagement militaire, avec de très bonnes mentions. Tu faisais partie des Commandos Choc du Pacifique Sud. Ton entraînement intensif était excellent. Il n’y avait pas mieux, tu faisais partie d’une Classe d’Élites. Tireur de première, commando delta, d’avant-garde, prêt à tout, et à tout instant. De plus, tu parles l’anglais et l’italien, pour nous, c’est un bonus ! Ton Commandant t’avait demandé de rester, car il pensait que tu aurais pu être un très bon officier, mais tu as refusé. Tu as dit que tu préférais être libre, et naviguer dans le monde. C’est ce que tu as dit, n’est-ce pas ?

– Oui, c’est bien ça, dit Paul d’un air soucieux et pensif.

Revenons à ce que je te disais. Nous voulons t’offrir un travail intéressant, dans notre organisation, dit le vieil homme.

– Quelle sorte de travail, dit Paul ? Je viens juste de quitter l’armée, et tout ce que je sais faire, c’est être un homme d’armes, sans plus.

– C’est exactement ce que nous recherchons. Un homme comme toi, jeune, discipliné, et bien entraîné, issue d’une famille française, et loyale à la France. N’aie crainte, nous sommes une très grande famille solidaire et unie, et avons besoin d’un homme comme toi. Ta future carrière sera sécurisée avec nous, tu pourras voyager dans le monde entier. Voici ma carte, je te donne soixante-douze heures pour réfléchir, et prendre une décision. Bon, merci d’être venu, et au revoir. N’oublie pas de me contacter. À bientôt !

 

Gérard, qui était à côté de Paul, discrètement lui indiqua la sortie.

En sortant du bureau, Paul les salua, tout en se demandant si tout cela était vrai. Lucas était toujours là, et l’attendait avec impatience.

— Enfin, te voilà ! Que s’est-il passé ? J’allais appeler les flics, si tu ne sortais pas.

– Tout va bien, dit-il, allons-y !

– Tu n’attends pas Gérard ?

– Non, je préfère marcher. De plus, le centre-ville est juste à côté, et j’ai besoin d’un bon café mélanésien, fort, bon, et à réveiller les morts.

Chapitre 3

Route du Port Despointes – Faubourg Blanchot, Nouméa

Résidence de Paul et de Lucas

– Il est presque cinq heures du matin, allons nous coucher, je commence à être fatigué, dit Lucas.

– Tu n’as pas tort, dit Paul, tout en réfléchissant à ce qui s’était passé durant cette nuit étrange et peu habituelle.

Il se disait aussi : j’apprécie mon ami Lucas, car il a un bon caractère, il est logique et très patient. Lucas et Paul ont presque vécu ensemble à Marseille. Tous les deux sont Corses, mais ont aussi habité à Marseille, car leurs parents travaillaient sur les quais du port de la ville. Ils étaient du même quartier. Lorsqu’ils étaient gamins, ils jouaient toujours ensemble, comme des frères jumeaux. Lucas est un peu plus petit que Paul, avec des sourcils noirs, des yeux charbonneux perçants, et des cheveux noirs, comme l’ébène. Lucas n’a qu’un an de moins que Paul. Ces deux amis sont presque inséparables.

Lucas débarqua à Nouméa un matin d’été, après avoir donné un coup de fil à Paul, lui disant qu’il était arrivé à Nouméa. Lucas, ayant terminé son engagement militaire avant Paul, était reparti en France pour une courte période afin de régler des affaires de famille.

Paul n’était pas du tout surpris de son retour sur le territoire calédonien, au contraire, il était très content. Ah, se disait-il, qu’est-ce que je ferais sans lui ! Il est toujours là, lorsque j’ai besoin de lui. Il n’y a rien de mieux au monde qu’un ami comme Lucas !

Après avoir bu leur café, ils quittèrent la Place des Cocotiers, qui se trouve dans le centre de la ville. Leur maison est située, sur la Route du Port Despointes, au quartier du Faubourg Blanchot. C’est une maison coloniale, une des plus vieilles maisons du quartier. Une maison en bois, avec une cuisine extérieure, sur un ponton ; la douche et les toilettes sont en dessous de la maison, et au-dessus, de grandes chambres avec lits à baldaquin. Un endroit où il fait bon vivre.

De sa fenêtre, Paul a une vue sur un très haut et vieux manguier, qui produit de délicieuses mangues sabots. Lucas, lui, a une vue sur l’arrière de la maison. Sa fenêtre s’ouvre sur un avocatier magnifique, qu’il peut presque toucher. Au printemps, lorsque ces arbres sont en fleurs, leurs parfums profonds et enivrants entrent dans toute la maison. Qu’est-ce qu’il fait bon vivre ici, se disait Paul. C’était un matin frais, qui sentait le parfum des frangipaniers, des tiares et hibiscus de toutes sortes, paradisiaques.

Il était près de neuf heures du matin lorsqu’ils entendirent frapper à la porte de leur chambre. Il est temps de se lever et d’aller chercher du travail. Debout, mes amis. C’était grand-mère Dubois, une dame âgée, octogénaire, qui avait loué une grande partie de sa maison à Paul.

Paul se leva et alla droit vers la cuisine.

– Bonjour grand-mère, dit-il.

– Bonjour Paul, tu as bien dormi, dit grand-mère ?

– Non pas très bien, répondit-il.

– Pourquoi ? Tu te fais des soucis pour ton futur ?

– Oui, c’est un peu ça.

– Prends un bon café fort et un peu de pain grillé. Il y a du beurre et de la confiture de goyaves sur la table. Allez, mange, et après tu pourras regarder le journal d’aujourd’hui, qui t’aidera à trouver un travail.

– Merci beaucoup, grand-mère, dit Paul.

Il ne s’arrêtait pas de penser à ce qui s’était passé et à ce qu’il devait faire. J’ai besoin d’un boulot, se disait-il ! Seulement, je ne sais pas si cette offre, que cet homme m’a faite, est bonne pour moi. De toute façon, je n’ai rien à perdre. De plus, je commence à avoir moins de réserves dans mon compte en banque. Ça peut être risqué, dangereux, je n’en sais rien. Que dois-je faire ?

Paul n’a que vingt et un an, dans un pays lointain, à près de vingt mille kilomètres de son pays natal. Après avoir bien réfléchi, Paul se dit qu’il vaut mieux avoir un travail que de n’avoir rien sous la main, car le coût de la vie à Nouméa est très élevé. Aussi Paul se décida-t-il à composer cet appel téléphonique.

– Allô ! dit-il.

Une voix lui répondit rapidement.

– Ah ! Je vois que tu as réfléchi à notre proposition. Es-tu intéressé ?

– Oui, je pense, dit-il.

– Bien, alors nous viendrons te chercher chez toi, vers dix-neuf heures, ce soir, d’accord ?

– OK, répondit Paul.

 

Après son rendez-vous et l’interview, Paul remplit quelques formalités, puis reçut un numéro de code spécial, qui lui permettrait d’être en contact direct avec l’organisation et vice-versa, n’importe où dans le monde, et n’importe quand, car son code peut être communiqué, transmis ou retransmis par satellite, sous toutes latitudes et longitudes, dans le monde entier. Son numéro de code est « 871 », il est maintenant, officiellement, « Agent 871 ».

Ensuite, il fut introduit auprès de son entraîneur, Joe.

– Bienvenue à bord de « L’Échelon International », notre organisation, dit Joe.

Joe est natif de Lifou, des « Iles Loyaute », un baroudeur, un ancien de la Légion étrangère, qui a appris toutes les techniques de guerre et du close-combat, dans le monde entier. Il est en quelque sorte un gladiateur des temps modernes, méthodique et ardu dans son travail, qui nécessite beaucoup d’expertises et d’expériences. Joe habite à une trentaine de kilomètres de Nouméa, au « Mont Doré », dans une maison de brousse, sur un grand terrain bordé de cocotiers et de fruits tropicaux, donnant sur une jolie plage de sable blanc, avec vue sur les îlots de la grande Baie du Mont Doré. À part sa vie professionnelle, il mène une vie paisible sur son petit bout de paradis.

Son travail est d’enseigner tout ce qu’il sait dans le domaine des armes et du combat. L’une des premières choses, le close-combat, et le tir, avec toutes sortes d’armes automatiques et semi-automatiques. L’entraînement a lieu dans une ferme en brousse, à une soixantaine de kilomètres de Nouméa, en contrebas de la grande chaîne montagneuse de la Côte Ouest de l’île. Du haut de la chaîne, on peut voir la barrière de corail et le lagon, de couleur émeraude, qui entourent l’île. C’est un endroit sauvage, merveilleux, et exotique.

Après plusieurs semaines d’entraînement intensif, dans la chaîne montagneuse surplombant l’île de Nouvelle-Calédonie, que les Néo-Calédoniens ont surnommée « Le Cailloux », Paul se sentait bien dans sa peau, physiquement et psychologiquement. Il commençait à apprécier son travail. Il se sentait revivre, et plein de confiance en lui-même. Son chef de réseau était très satisfait de ses progrès. Après trois mois de stage accéléré, Paul était prêt à effectuer sa première mission, à Calvi, en Corse.

Chapitre 4

Première Mission. Agent 871, First Mission.

Temps de partir, ordre à exécuter, moment appointé, mission à remplir, heure du départ.

Après avoir embarqué sur un avion d’Air France, à destination de Paris, aéroport Charles-De-Gaulle, Roissy, Paul se sentait soulagé, calme, et à la fois penseur. C’était une belle journée de fin d’été. Après le décollage, Paul commença à visualiser dans sa tête l’objectif de sa première mission. Il se posait des questions. Si je ne réussis pas, que vais-je faire, se disait-il ? Tout en pensant à ce qu’il pouvait se passer, lors de sa mission, il commença tout doucement à se relaxer et à s’endormir. Le vol dura vingt-deux heures, de l’aéroport de Tontouta, en Nouvelle-Calédonie, à Roissy Charles-De-Gaulle, en France.

Arrivé en France, Paul était un peu fatigué, à cause du décalage horaire. Sa mission n’était que dans deux jours, donc il décida de prendre une chambre à l’hôtel Étape, qui lui avait été recommandé par un ami, nommé Rémy, steward sur les lignes de vol intérieures. Paul prit la navette à la sortie de l’aéroport, en direction de l’hôtel Étape, où il n’avait pas réservé. Rémy lui avait dit qu’il n’était pas nécessaire de réserver, car il y avait toujours des chambres libres.

À l’hôtel, Paul alla directement prendre une douche avant de se détendre. Surprise, la tête de douche s’éclaira d’une multitude de couleurs, tandis qu’il se douchait. Cela le relaxa et le décontracta, puis il regarda les dernières nouvelles du jour à la télévision. Après cela, il commença à penser à sa mission, tout en regardant à la fenêtre qui donnait sur le jardin de la cour. Sur le gazon du jardin, il y avait quelques lapins de garenne, et un lièvre. Paul visa le lièvre, qui était le plus gros de tous, avec ses doigts et se mit à sourire. Bang, bang, se disait-il, je t’ai eu, tu es mort !

Le lendemain, ayant passé une bonne nuit, il prit un vol Air Corsica pour la Corse, afin de se rendre à Calvi.

Chapitre 5

Paris – Montparnasse

Paris est la capitale de la France. Paris, symbole de la culture française, abrite de nombreux monuments célèbres, comme Le Louvre, le musée d’Orsay, la Tour Eiffel, la Cathédrale Notre-Dame de Paris, la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, la Basilique Royale de Saint-Denis, et les Invalides, où se situe le tombeau de Napoléon Premier, et, bien sûr, le majestueux château des Rois de France, Versailles.

Mission remplie, Paul était maintenant à Paris, dans le quartier de Montparnasse, car il devait recevoir de nouvelles directives. Paris, Ville lumière, pleine de vie, pleines de folies, ville magnifique, de jour comme de nuit. Montparnasse, quartier d’artistes et de bohème. Paul était à la fois content d’avoir réussi et aussi d’être à Paris, mais sentait comme s’il avait un poids lourd sur sa conscience. Paul avait un rendez-vous dans un petit hôtel, l’Hôtel Celtic, rue d’Odessa, à Montparnasse. C’est un petit hôtel, qui n’attire pas l’attention, un hôtel de famille, discret et tranquille.

Il rencontra son contact dans sa chambre, au cinquième étage. La réunion ne dura qu’une vingtaine de minutes. Paul reçut ses directives et un dossier scellé à ouvrir après le départ de son contact. Paul prit un café-crème, très parisien, accompagné d’un bon croissant chaud et croustillant, sur sa petite terrasse fleurie, qui donnait sur la rue d’Odessa, avec vue sur la tour Eiffel et la tour Montparnasse. De sa terrasse, il pouvait aussi entendre le son d’un accordéon et la voix d’un chanteur, qui fredonnait une chanson d’Édith Piaf, La Vie en Rose. Ça, c’est Paris, se disait-il. Il ouvrit le dossier, qui contenait des photos et les directives de sa prochaine mission, qui aurait lieu à Marrakech, au Maroc.

Le Maroc

Le Royaume du Maroc fait partie de l’Afrique du Nord. C’est un pays très naturel, avec des déserts, des montagnes, des vallées et la mer. Un très beau pays, renommé pour sa culture, et sa fine cuisine orientale.

Paul débarqua à Casablanca sur un vol Air France, vers 11 heures du matin. Il faisait à la fois chaud et humide. Il prit aussitôt un avion-taxi privé pour Essaouira. Paul voulait se reposer près de l’océan, dans cette petite ville, avant de réaliser son objectif. Essaouira est une ville fortifiée, de couleur blanche et bleue, en front de mer, située sur la Côte Atlantique du Maroc.

Essaouira signifie « la bien dessinée », en Berbère. C’est une ville fortifiée, datant de l’époque des Phéniciens, et rénovée au temps des Portugais. La couleur bleue règne en maître. Vous trouvez du bleu partout : bleu des portes et volets, bleu des sardiniers blottis les uns près des autres, bleu vert profond de la mer, et bleu du ciel.

Un très bel endroit, idéal et magique, où Paul voulait établir sa base. Arrivé dans l’après-midi, il se dirigea vers le Souk, marché en ville, où un intermédiaire devait lui remettre la clé de sa suite à l’Hôtel Riad Al Médina. Cet hôtel se trouve au cœur de la Médina. Il est entouré d’un dédale, de ruelles aux parfums à la fois exotiques et épicés. C’est une ancienne maison, qui conserve tout le charme et l’élégance d’une époque ancienne, très marocaine. Enfin, à l’hôtel, Paul prit une douche, puis descendit boire un café parfumé aux épices du Maroc, délicieux, au restaurant se situant au rez-de-chaussée.

De là, il commença à organiser son plan d’attaque, sa chasse à l’homme. Son but et d’annihiler le Caïd de Marrakech, Moulay Hassan, considéré comme l’un des hommes forts du milieu marocain. Sa famille est bien connue au Maroc, pour avoir développé des activités illicites. Leurs entreprises rayonnent sur l’Europe et le Moyen-Orient, en commençant par Essaouira et Marrakech. Surtout trafic d’armes, en tout genre. Du port d’Essaouira, les chargements d’armes partent directement vers l’Europe et le Liban. Paul sait maintenant que ce groupe de malfaiteurs se réunit après la prière du soir, devant la porte de Bab Doukkala, rue Boutouil à Marrakech. Tout en réfléchissant à son but, Paul sentit une bonne odeur exotique et orientale, qui venait de la cuisine du restaurant. Allons manger, se dit-il, j’aime la cuisine marocaine, elle est réputée dans le monde pour son raffinement, et ses mille et une saveurs. Paul commanda un couscous d’agneau, accompagné d’un thé...