L'espion

-

Livres
36 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

L’inspecteur Furet a subi un nouveau camouflet en laissant s’évader l’Homme au stylo alors qu’il le tenait à sa merci, après le cambriolage d’un coffre-fort.


Mais, entre un larcin qui n’en est pas un, une évasion trop mystérieuse pour qu’elle soit vraie, la connivence entre le « gendarme » et le « voleur » semble ne faire aucun doute.


Pour autant, Furet jure de mettre fin à la carrière de son meilleur adversaire, et il y mettra toute sa fougue et sa détermination...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 3
EAN13 9782373472011
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
L'Homme au stylo
3 - L'espion
Roman policier
par Marcel IDIERS
I
UN VOL... QUI N’EN EST PAS UN
— De quoi suis-je accusé ?avait demandé l’homme au stylo à Furet.
Et comme l’inspecteur lui répondait qu’il s’agissait d’un vol au Crédit Niçois, accompli dans la salle des coffres-forts au détrime nt du baron de Tornaco, le gentleman cambrioleur avait questionné, imperturbable :
— ... Vol de quoi ?
Bluff !... Fanfaronnade ! Eh non ! pour si extraord inaire que cela paraisse, l’homme au stylo disait la vérité.
Il n’avait rien volé...
Furet, quand il s'en rendit compte, fut bien obligé de le laisser en liberté. Tout au plus convinrent-ils, le cambrioleur et lui, de simuler une évasion afin de ne pas ébruiter l’affaire, tout en ménageant la vraisemblance.
Alors, pourquoi l’homme au stylo avait-il suivi le baron dans la salle des coffres-forts de la banque niçoise ?
Furet, ainsi qu’il me l’avait promis, me raconta toute l’histoire.
— À l’époque de notre arrivée sur la Côte d’Azur, me dit-il, il y avait, en rade de Villefranche, une escadre de cuirassés au mouillage, cinq beaux bateaux gris fer, commandés par l’amiral Le Kerdeleck que je devais rencontrer par la suite, et qui exigea de moi ce silence obstiné auquel tu n’as rien compris.
« Ayant, comme je te l’avais fait remarquer, acquis la certitude que l'homme au stylo était à Monte-Carlo pour toute autre chose qu e la poursuite d’un gain problématique à la roulette, je surveillais plus étroitement ses allées et venues et me mis en rapport avec la police niçoise dont je pensais avoir besoin, à bref délai.
« C’est au cours d’une entrevue avec le chef de la police départementale que j’appris qu’une perquisition avait eu lieu à bord d u vaisseau amiral, dans le carré de l’équipage, un homme de ce bâtiment étant soupço nné d’avoir volé, pour les vendre à un espion, les plans de fabrication d’une torpille entièrement nouvelle dont on poursuivait à bord les essais et exercices de tir réel.
« L’homme, un torpilleur breveté, ayant été trouvé porteur d’une somme assez élevée, une cinquantaine de mille francs, dont bien entendu il était incapable de justifier la provenance, ne tarda pas à faire des aveux complets.
« Il désigna, dans l’espoir de se ménager l’indulgence des chefs appelés à le juger, celui qui l'avait induit en tentation et auq uel il avait vendu les plans et les
graphiques d’essais de la nouvelle torpille. C’était le soi-disant baron de Tornaco, personnage louche que la police surveillait plus ou moins, sans arriver à le convaincre d’un délit pouvant motiver son arrestation.
« Cette fois, le chef de la police s'apprêtait à l’appréhender sans plus attendre, mais, d'accord avec l’amiral commandant, je m’empressais de le prier de n’en rien faire. En mettant la main au collet de l'espion, no us courions non seulement le risque d'ébruiter l’affaire, ce que Le Kerdeleck désirait éviter à tout prix, mais aussi, et c’était le plus grave, de précipiter la transmission des plans à l’autorité étrangère pour le compte de qui travaillait l’espion, au cas où ce dernier, comme c'était à craindre, aurait déjà confié son acquisition à un complice.
« J’étais d'avis de faire le silence sur l’arrestation du marin félon, de façon à ne pas éveiller les soupçons du traître, et, à l’inciter de ne pas se presser.
« Tant que le prétendu baron de Tornaco continuerait à ignorer les aveux de l’homme d'équipage son complice, il ne songerait pas à se hâter de communiquer les plans par le truchement d’une tierce personne, et nous avions une chance de rentrer en possession du document avant sa divulgation.
« Restait à lui reprendre les plans, à les lui vole r, en quelque sorte, sans éveiller sa méfiance...
Je murmurais un nom, un nom en trois mots...
— Oui... me dit l'inspecteur. Tu as deviné... Je pe nsai immédiatement à l’homme au stylo... Lui seul, à ma connaissance, était capable d’accomplir ce chef-d'œuvre, dérober à l’espion le fruit de son odieux marchandage sans lui donner le temps de s’organiser, « en douce », comme dirait un Parisien...
« Mais, comment procéder ?... Je me voyais mal alla nt trouver mon... adversaire et lui proposant, de but en blanc, de no us accorder sa... collaboration. D'autre part, il fallait faire vite, car le pseudo baron devait songer que l’air de la Côte d’Azur n’était plus très sain pour ses bronches...
lle « C'est alors que j’entrai en relation avec M Loulette, auxiliaire attitrée de l'Hôtel de la Plage, et, par elle, alertai le soi-disant Sam Philippson dont elle était la très zélée manucure.
« Comme je m’y attendais, connaissant son esprit sp ortif et, je ne crains pas de le reconnaître, son naturel généreux, l’homme au stylo accepta la gageure... Je fis mieux... ou pire : je me portais garant de la réussite auprès du chef de la police qui me traita, tout bas, de fou dangereux...
« Tu sais ce qu’il en advint ? L’homme au stylo triompha pour la meilleure des causes, et cette fois, j'eus la joie un peu amère, malgré tout, étant donné le moyen employé, de restituer à l'amiral commandant d’escadre, les documents volés...
« L’homme au stylo était supposé ignorer mon interv ention, mais j’ai bonne
idée que le gaillard l’avait devinée aux premiers mots prononcés par Loulette. Quoi qu'il en soit, j’étais tenu, étant donné qu'il y avait eu vol au préjudice d’un client de la banque niçoise, à jouer la comédie de l’arrestation.
« Je jouai donc la comédie. L’homme au stylo n’en...