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La Riviera des Fleurs

De
215 pages
En Ligurie, cette région du nord de l’Italie longeant le golfe de Gênes, les champs de fleurs s’étendent à perte de vue sur les collines dominant la Méditerranée : c’est la Riviera des Fleurs. Né au sein d’une famille horticole, Pippo y connaît une enfance heureuse en compagnie de son frère aîné, Aprile, jusqu’à ce qu’éclate la Seconde Guerre mondiale. De tempérament téméraire, Pippo trouve dans le marché noir les sensations qui le tirent de l’ennui et le font vibrer. En quête d’émotions toujours plus fortes, il ne tarde pas à prendre le chemin des montagnes pour joindre, en compagnie de son frère et de ses amis, les rangs de la Résistance. Il y vivra des expériences qui le plongeront dans un grand désarroi. Grâce à une jeune femme, Stella, qui cache elle aussi une douleur profonde, il parviendra à retrouver son équilibre. Ce premier roman de Catherine Moraldo nous transporte dans l’Italie de la première moitié du XXe siècle où, à l’instar de Stella et Pippo, nombreux furent ceux qui, emplis d’espoir, choisirent de quitter leur pays pour l’Amérique. Voilà bien un livre palpitant tel un voyage, mais aussi un roman d’aventures, une ode à l’amour fraternel, à la famille, à l’amitié, ainsi qu’à ces rencontres improbables par lesquelles les destins s’entremêlent.
Il avait été poussé par un besoin d’aventure et d’émotions extrêmes, le désir d’aller au-devant d’une existence pleine de périls, où tout devenait imprévisible, une existence où la mort pouvait frapper à chaque instant, où chaque minute se vivait avec plus de ferveur parce qu’elle risquait d’être la dernière. Il avait gagné les montagnes dans l’espoir qu’une telle existence raccorde en lui tous ses déséquilibres et lui rende la paix.
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LA RIVIERA DES FLEURS
CATHERINE MORALDO
La Riviera des Fleurs roman
aquette de la couverture : AnneMarie Jacques Mise en pages : CompoMagny enr. Distribution pour le Québec : Diffusion Dimedia 539, boulevard Lebeau Montréal (Québec) H4N 1S2 Distribution pour la France : Distribution du Nouveau Monde © Les éditions de L’instant même, 2014 L’instant même 865, avenue Moncton Québec (Québec) G1S 2Y4 info@instantmeme.com www.instantmeme.com Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2014 Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Moraldo, Catherine, 1982 La Riviera des Fleurs imprimé ISBN PDF 978-2-89502-831-4 ISBN 9782895023234 I. Titre. 8 C8 4 3 2C2 ’.60 0 PS962 6.O65 R5 82 0 L’instant même remercie le Conseil des arts du Canada, le gouvernement du Canada (Fonds du livre du Canada), le gouvernement du Québec (Programme de crédit ’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC) et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec.
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I
L FUT UN TEMPS où le train demeurait l’unique moyen de relier par voie terrestre les différentes nations d’Europe. Le chemi de fer se faufilait dans les plaines, rejoignait les côtes en evnoItasdanédsssscageorioldsteds,oinbsesiesseacensuulimemarc,desiusnweasghoannàdsaasspdtnalucric,sregdedansrsesdive bordure de mer ou les sommets enneigés, s’insinuait dans les tunne qui ouvraient les montagnes, et le train se déplaçait sur les ails dans un assourdissant grincement ferreux. Il transportait le courrier l’autre ou immobiles, assis sur leur banq ett à contempler le paysage qui défil it par la fenêtre. Le train, toujoursen mouvement, déploy sa puissaes, abolissnce qui s’était décuplée au fil des décenn ai l’illusion des frontières, unifiait les terri oires, favorisait l’échange et constituait un intermédiaire à la fois artificiel et concret qui liait en un réseau étroit les m mbres éparpillés de la grande marée humaine. L train était lereflet des ambitions nouvelles et de l’en gouement pour le progrès. Il fit paraître le monde moins vaste et à la portée de tous. Le tracé du chemin de fer, qui tranchait les grande villes en leur milieu et bordait les villages, transforma pour toujours le quotidien et le panorama, et son parcour engendra un peu partout l’établissement des gares. Ces dernièresétaient un passag obligé, un lieu d’agitation transitoire, de retrouvailles ou de séparation ; mais aussi un lieu de rencontres fortuites, de halte dans la traj ctoire du nomade voyageant sans destination, un lieu de déchirement pour les familles écartelées, ou d’espoir en un avenir lointain et prometteur. 5
La Riviera des Fleurs En Italie du Nord, à la limite de la frontière fr nçaise, les gares devinrent le théâtre privilégié d’un commercee nattendu. Lorsque XIX fut inauguré, dans la deuxième moitié du siècle, le tracé de la igne ferroviaire Gênes Vintimille, l’intérêt qui naissait alors pour la botanique sur la Riviera di Ponente provoqua une grande activité sur les places d vant les gares. L’aménagement de jardins publics pour agrémenter le séjour s touristes sur les côtes de la Ligurie avait encouragé la pro uction denouvelles variétés de fleurs et suscité l’intérêt pour le jardinage. L’engouement grandit, se propagea chez les individus des différentes couches sociales et, en peu de temps, les fleurs devinrent un spectacle que l’on réclamait au quotidien. L’on voulait pouvoir s’en réjouir autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, dans les jardins, les hôtels, les villas et les appartements privés. Cette passion soudaine donna lieu à une nouvelle activité commerciale, et les gares de la Riviera di Ponente ’animèrent bientôt sous un débordement de fleurs. Trèsvite, marchands et paysans s’y rencontrèrent tous les jours. Les fleurs étaient ve dues en bouquets aux part culiers ou préparées pour l’exportatio et expédiées par train. Afin qu’ell conservent leur fraîcheur pendant le voyage, elles étaient emballées avec soin dans du jute humide ou trempées dans une solution vinaigrée prolongeant la durée de leur floraison. Les fleurs cultivées sur la Riviera étaient envoyées vers l’Allemagne, la Roumanie, la Russie, la Bulgarie, l’Autriche, la Hongrie, contrées où elles étaient des ornements de luxe et jouissaient d’une notoriété qui les rendait indispensables. Les variétés toujours plus nombreus de roses, de violettes, d’œillets mariaient l urs effluves, e tassés pêle mêle dans les wagons qui lesemportaient loinde leur terre de soleil. Puis vint le moment où, afin de mieux gérer la production locale de toutes ces fleurs devenu la principale ressource économique, l’on s’éloigna des placesdevant les gares et l’on entreprit la construction de grands marchés publics. Sur la Riviera di Ponente, la floriculture était facilitée par un microclimat né de la rencontre propice de l’humidité du vent méditerranéen et du sol fertile des collines, exposées tout le jour aux rayons du soleil. Ces collines, situées en bordure de mer, 6
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se trouvaient protégées par une barricade de montagnes aux imes surélevées qui adou issaient les variations climatiques concentraient en un espaceclos les effets de l’exposition solaireet du vent marin. Jusque là, es collines de la Ligurie n’avaient offert au regard que des oliviers quilaissaient valser leurs feuilles aux reflet argentés jusqu’aux jours de récolte, où les olives étaient recueillie à la main et portées au pressoir. Les orangers et les citronnier ajoutaient un peu de couleur au décor, et mêlaient au vent les parfums aigus des agrumes. Mais avec l’engouement croissant pour les fleurs, l’on vit se épand e de nouveaux éclats de couleur. Les fleurs en vinrent à recouvrir toute la surface d s collines et, en toute saison, le paysage s’ouvrait sur de grandes étendues de cultures à ciel ouvert, sur vallons fleuris dont l’aspect et les coloris changeaient au f ldes mois, selon la période de floraison des diverses variétés. La Riviera di Ponente prit bientôt l’allure d’un immense champ fleuri, et c’es pour cette raison que l’ finit par lui attribuer, comme si cela était tout naturel, l’appellationde Riviera des Fleurs. C’est dans cette parenthèse fleurie que naquit Pippo, le 17 j illet 19 2 6, à Riva Santo Stefano. Il avait été b mais le diminutif lui f t donné dès ses premiers jours, et devint au fil du t mps encore plus familier que son véritable prénom. Lepère de Pippo, Enzo, était natif de Sanremo. De petite taill et de carrure robuste, il entretenait une moustache proéminente qu’il arborait comme le signe d’une incontestable virilité. Enzo avait épousé, à l’âge de trente ans, Apollonia, dernière fille d’une famille mod ste de Carpasio, du même âge que lui, et tous deux avaient uni leurs efforts et leurs économies pour acquérir l’une d plantations d’œillets de la vaste étendue fleurie que formaient les collines en bordure de mer. Pour faire vivre leur famille, les parents de Pippo cu tivaient la variété Malmaison. Depuis la fin du siècle précédent,la mode était aux fleurs de grande taille, et l’œillet Malmaison était u hybride à l’apparence de gros pompon de tissu, qui ne laissait rien imaginer de l’insignifiant dianthus des origines, et qui avait en plus l’avantage d’offrir une floraison prolongée. Au printemps, le couple 7
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s’occupait de la plantation des jeunes pousses et passait tout l’été à entretenir son champ. Puis, d’octobre à mai, Enzo se chargeait de la récolte, alors qu’Apollonia se rendait très tôt le matin au marché aux fleurs de Sanremo pour vendre la production. Ce fut dans la plantation familiale, par une matinée chaude, qu Pippo fit ses premiers pas entre deux rangées d’œillets. Son fr Aprile, de deux ans son aîné, fut l’unique témoin de cette première avancée de Pippo dans le monde. Il avait aidé Pippo à trouver so éq ilibre en lui faisant appui de ses mains. Puis, après s’être un puéloigné, il lui tendit les bras et le r garda avancer en répétant dechaleureux encouragements. Les joues bouffies par l’arc de son sourire, Pippo aligna ses petits pieds encore maladroits, coincés dans des bottines trop petites, sur une distance de quelques mètres, sur la terre séchée au grand soleil. L’arrivée de Pippo avait été le premier événement d’importanc dans la vie d’Aprile. Pour son petit frère, il ’était efforcé d’être un exemple. Aprile remplissait son rôle en ajustant sa conduite aux circonstances, s’employant à être tour à tour un compagnon pour les jours de bonheur et un guide pour es jours d’amertume. Enfant, Aprile ne quittait jamaisla maison sans ce petit frère et ne se troublait pas des caprices de Pippo. Il s’était convaincu que l’indulgence devait être sa vertu première, t que supporter les désagréments que pouvait parfois occasionner la compagnie Pippo, qui montrait un caractère particulier, faisait partie de ses devoirs de frère. Il l’emmenait sur la place du village, le présent à tous ses petits camarades, le faisait voir aux passants, l’exhibait comme un jouet précieux, comme une poupée de luxe, comme un trésor qui s’anime. Il s’ musait de voir Pippo faire ses pitreries pour amuser la cour. Mais dans leurs apparitions en tandem, alors qu’ils é aient tous deux offerts à la foule, Aprile aimait Pippo jalou ement etne laissait pas aux autres le loisir d’en partager la possession. D’une manière sem abl , en objet aimé, Pippo voyait en Aprile un mentor sans faiblesse. Il lui apparaissait comme un être crédible et fascinant, possédant déjà tout ce que lui même croyait avoir encore à acquérir. Son grand frère April tr çait pour lui, dans le cycle de la vie, une voie qu’il suivait avec laconfiance de l’aveugle pour son chien. 8