Le soleil se couche parfois à Montpellier

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45 pages
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Foutu lumbago. Dix ans que notre héros, journaliste localier, traîne cette douleur lancinante. Il a tout essayé, mais rien n’y fait. Jusqu’au jour où un rebouteux normand, amateur de peinture, s’occupe de son cas. Le bonhomme est-il un sorcier ou un charlatan ? À coup sûr, il n’a pas que des amis, et son nouveau patient ne tardera pas à comprendre pourquoi.

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Date de parution 16 décembre 2015
Nombre de visites sur la page 915
EAN13 9782363154903
Langue Français

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Le soleil se couche parfois à Montpellier
AntoineChainas IllustréparAnthonyPastor
Édité par la Société éditrice du Monde – 2015 80, boulevard Auguste Blanqui – 75013 Paris. Éditeurs : Hervé Lavergne et Pascale Sensarric Coordination éditoriale : Christine Ferniot Assistés par Teva Heuzard la Couture Création et mise en page : Denfert Consultants Coordination technique : Camille Lloret Direction artistique : Didier Hochet ISBN de la collection « Les Petits Polars » : 9782361562007 ISBN Le soleil se couche parfois à Montpellier : 9782363154903 Illustrations © Anthony Pastor
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Préface
Ouvrir un polar c’est avoir le choix entre plusieurs mondes : marcher sur les routes froides d’Islande en compagnie d’un commissaire qui préfère la réflexion silencieuse aux déductions bavardes. Arpenter les ruelles américaines sur les traces d’un tueur en série. Prendre un thé à l’arsenic avec une vieille Anglaise permanentée qui semble si charmante. Mais c’est aussi découvrir une ville, un lieu inattendu, historique ou actuel, grâce à des romanciers qui ont décidé d’en faire le décor parfait de leur nouvelle intrigue. Roman noir, suspense, thriller, enquête ou énigme, le polar est tout cela à la fois. Un terme générique, né dans les années 70, pour réunir les différentes couleurs du Noir. Cette année, neuf grands auteurs et illustrateurs de « Petits Polars » se sont installés dans l’Hexagone, entre Marseille et La Baule, Lyon et Le Touquet, Paris et Montpellier, Lille, Biarritz et Colmar. Ils ont investi les lieux, envisagé des intrigues, visité les quartiers, les jardins, les bâtiments, pour imaginer, chacun à leur manière, un polar inédit, illustré par un dessinateur qui les suit pas à pas, adaptant librement leur univers. Voici une quatrième saison qui scelle également la complicité entreLe Mondeet SNCF, décidés à marier la fiction policière et l’illustration contemporaine. Ce tour de France très particulier est aussi une manière de fêter les quinze ans du PRIX SNCF DU POLAR*, né en 2000. Un prix du public pour ce genre littéraire qu’on appelait autrefois « roman de gare ». Aujourd’hui, les prix de ces catégories se sont multipliés : roman toujours, mais également bande dessinée et court métrage, pour révéler chaque année de nouveaux talents. Desœuvres pour amateurs éclairés et simples curieux, des fictions inédites pour tous ceux qui aiment voyager avec « la crème du crime ». Nouveauté 2015, chaque nouvelle illustrée située dans une ville française est suivie d’une « échappée » journalistique et touristique au sortir de la gare. Rassurez-vous, avec ces nouvelles noires, il ne s’agit pas d’une simple promenade de santé !
SAISON 4 • Jérémie Guez & Jacques Ferrandez –Là-bas, c’est Marseille suivi d’une échappée à MARSEILLE EmmanuelGrand&PierrePlacePavillon rougeàLaBaule
EmmanuelGrand&PierrePlacePavillonrougeàLaBaule suivi d’une échappée à LA BAULE • Chantal Pelletier & Loustal –I Love Lyon suivi d’une échappée à LYON • Karim Miské & Florence Dupré la Tour –Les Filles du Touquet suivi d’une échappée au TOUQUET • Tito Topin & Vincent Gravé –Bloody Paris suivi d’une échappée à PARIS • Antoine Chainas & Anthony Pastor –Le soleil se couche parfois à Montpellier suivi d’une échappée à MONTPELLIER • Michel Quint & Pozla –Si près du malheur à Lille suivi d’une échappée à LILLE • Ian Manook & Hervé Bourhis –Retour à Biarritz suivi d’une échappée à Biarritz • Nicolas Mathieu & Florent Chavouet –Paris-Colmar suivi d’une échappée à COLMAR * Suivez le PRIX SNCF DU POLAR toute l’année sur polar.sncf.com, #PolarSNCF
Direction Montpellier en compagnie d’Antoine Chainas, dont la nouvelle est illustrée par Anthony Pastor, lauréat du Fauve Polar SNCF 2014 au Festival International de la BD d’Angoulême. Dans la chaleur de l’été, les promeneurs cherchent l’ombre protectrice en longeant le Lez. Un homme d’apparence paisible croit reconnaître une silhouette de femme, et soudain le passé remonte en surface. Anna et M. Z. formaient un excellent duo quand ils travaillaient au service. Depuis, M. Z. est devenu quelqu’un d’autre. Mais il suffit d’une rencontre, au bord de l’eau, un jour de juillet
Le soleil se couche parfois à Montpellier
« Un mort n’a pas besoin d’être tué deux fois. » Antigone, Sophocle dansThéâtre complet, Éditions Garnier – Flammarion
Aujourd’hui Le réel n’existe pas, le réalisme non plus. L’ennemi de la vérité s’incarne dans la certitude ; rien n’est donc moins sûr que les événements relatés ci-dessous. On a beau parfaire l’intrigue, apporter toute l’attention du monde à la véracité de l’environnement, convoquer des anonymes pour ne pas influencer le lecteur, ou se détacher du style afin d’approcher l’objectivité, rien n’y fait. Aucune stratégie ne résiste. À l’instant même où les mots s’inscrivent sur le papier, la narration advient. Et le lecteur d’être captif d’un récit, prisonnier d’un mensonge. Cette histoire se déroule à Montpellier, l’ancienne surdouée. Les aïeux se souviennent encore du vieux sobriquet de la ville qui, après des années d’oubli, ressurgit dans certains quartiers : leclapas, l’amas de roches. Huitième ville de France, 270 000 habitants, 20 % d’étudiants. À dix kilomètres au sud, la Méditerranée, plate et lourde. En saison estivale, les flots adoptent une teinte d’huile de vidange usagée. L’été paraît ici plus féroce qu’ailleurs. Le soleil, boule de magma vorace, pétrifie la cité, étend son empire ardent jusqu’aux confins du département. Le Lez, à l’est, s’essouffle. La Mosson et le Verdanson, à l’ouest, deviennent des filets d’eau à peine perceptibles, des chuchotements sur un lit de béton. Imaginez un homme âgé d’environ 65 ans. Grand, solide. Si ce n’est un léger tassement des épaules, une infime courbure de l’échine, l’âge n’a guère altéré un maintien que l’on devine être celui d’un sportif qui n’a jamais cessé de s’entretenir. Certes, les rides se sont installées au creux des joues et à la commissure des lèvres, le regard s’est terni sous l’obstinée alternance des saisons, mais cet individu demeure en grande partie celui qu’il a été. Et qu’il ne veut plus être. Pour plus de commodité, appelons-le M. Z. Il est 14 heures. La chaleur est d’autant plus accablante que la fraîcheur apportée par l’orage d’été la semaine précédente – et qui justifie sa présence à Montpellier – n’est plus qu’un lointain souvenir. Il s’installe à la terrasse d’un café tout en bas d’Antigone, en bordure du Lez. La lumière est aveuglante, les promeneurs rares. Ce quartier, grand rêve de la gauche post-soixante-huitarde, s’est vite transformé en temple de l’indolence consumériste. La vision grandiose du maire d’alors, Georges Frêche, et de son ami, l’architecte Ricardo Bofill, s’est coulée avec un naturel confondant dans les aspirations du libéralisme des années 1980. Aujourd’hui, en 2018, le rêve a pâle figure. Le capitalisme ne survit plus aux désastres économiques et écologiques qu’il a lui-même enfantés que par perfusion des instances publiques. La population, cependant, continue à vivre, à s’acheminer ; les gens se succèdent les uns aux autres, indistincts. Dans les allées, sur les esplanades ocres et longues, de grandes silhouettes en costumes légers s’égrènent, ennuyées. Des créatures dont les hauts talons résonnent sur les marches laissent leurs reflets somnoler dans les vitrines. On voit des portables, posés délicatement, presque en apesanteur sur leurs oreilles, ou bien tenus du bout des doigts traçant sur les écrans tactiles des signes obscurs en forme d’appels jetables.