Leonis Tenebrae

-

Livres
153 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Quelle est cette singulière trajectoire qui amène un jeune et brillant astrophysicien à soigner des fauves dans un zoo Slovaque ? Adam Leroy aime son travail, et il n’en changerait pour rien au monde ! Et pourtant… L’univers de ce rasta aux dreadlocks rousses est sérieusement ébranlé quand les griffes du lion Hastur se font menaçantes. Les événements qui en découlent l'obligent à fuir aux quatre points cardinaux, et à s’interroger sur sa véritable identité, et celle de ses proches... Il lui faut des réponses, et elles seront synonymes d’initiation. Seront-elles dans l'irrévérence d’un homme d’Église, son inquiétant tuteur, le père Krakov ? Où sur le visage de sa fiancée, la troublante Alizée ? À moins qu’elles ne soient dans les machinations de « LEONIS TENEBRAE » une redoutable et mystérieuse organisation sectaire. Et le feulement des fauves est si plein d’enseignements… La fosse aux lions n’est qu’une étape, le point de départ d’une aventure hallucinante en Europe, en Afrique, et au Canada. Isidore Marlin, un vieux policier en disgrâce, ignore que ses pérégrinations s’accorderont avec le rythme des étoiles. Pourtant la conjonction est si proche... Parviendra-t-il à éviter l’inévitable ? L’auteur nous plonge dans une enquête haletante, jalonnée par les rites mystérieux des messes noires antiques, mais... Aurez-vous l’audace de vous engager sur ce chemin sulfureux ? L’auteur : Jean-François Thiery travaille dans l’industrie automobile. Il réside en France, en Franche Comté. Il commence à écrire en 2009, et fait publier des romans et des nouvelles. Leonis Tenebrae est son troisième thriller paru en collection Rouge chez Ex Æquo.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2013
Nombre de visites sur la page 8
EAN13 9782359624069
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Jean-François Thiery Leonis Tenebrae
Thriller ISBN : 978-2-35962-406-9 Collection Rouge ISSN : 2108-6273 Dépôt légal février 2013 ©couverture Hubely Création epub Lydie Itasse ©2013 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays. Éditions Ex Aequo g rue des Sybilles 88370 Plombières les bains www.editions-exaequo.fr www.exaequobloG.fr
Dans la même collection L’enfance des tueurs– François Braud – 2010 Du sang sur les docks– Bernard Coat L. — 2010 Crimes à temps perdu– Christine Antheaume — 2010 Résurrection– Cyrille Richard — 2010 Le mouroir aux alouettes– Virginie Lauby – 2011 Le jeu des assassins– David Max Benoliel – 2011 La verticale du fou– Fabio M. Mitchelli — 2011 Le carré des anges– Alexis Blas – 2011 Tueurs au sommet– Fabio M. Mitchelli — 2011 Le pire endroit du monde– Aymeric Laloux – 2011 Le théorème de Roarchack– Johann Etienne – 2011 Enquête sur un crapaud de lune– M. Debruxelles / D. Soubieux 2011 Le roman noir d’Anaïs– Bernard Coat L. – 2011 À la verticale des enfers– Fabio M. Mitchelli – 2011 Crime au long Cours– Katy O’Connor – 2011 Remous en eaux troubles–Muriel Mérat/Alain Dedieu—2011 Thérapie en sourdine– Jean-François Thiery — 2011 Le rituel des minotaures– Arnaud Papin – 2011 PK9 -Psycho tueur au Père-Lachaise– Alain Audin- 2012 …et la lune saignait– Jean-Claude Grivel – 2012 La sève du mal– Jean-Marc Dubois - 2012 L’affaire Cirrus– Jean-François Thiery – 2012 Blood on the docks– Bernard Coat traduit par Allison Linde – 2012 La mort en héritage– David Max Benoliel – 2012 Accents Graves– Mary Play-Parlange – 2012 7 morts sans ordonnance– Thierry Dufrenne – 2012 Stabat Mater– Frédéric Coudron –2012 Outrages– René Cyr –2012 Montevideo Hotel– Muriel Mourgue –2012 Séquences meurtres– Muriel Houri –2012 La mort à pleines dents- Mary Play-Parlange – 2012 Engrenages– René Cyr - 2012 Hyckz– Muriel combarnous - 2012 La verticale du mal– Fabio M. Mitchelli – 2012 Prophétie– Johann Etienne – 2012 Hyckz– Muriel CVombarnous – 2012 IMC– Muriel Houri - 2012 Crocs– Patrice Woolley – 2012 RIP– Frédéric Coudron – 2012 Ténèbres– Damien Coudier – 2012 Anamorphose– Charlène Mauwls -2012 L’affaire du Croisé-Laroche– Frédéric Coudron – 2012 616– Frédéric Coudron - 2013 La théorie des ombres –Aden V Alastair – 2013
Du même auteur :
Solitudes, nouvelles, Éditions Nouvelles Paroles, 2009 La vie en bleu, nouvelles, Éditions Les petites vagues, 2011 Thérapie en sourdine, roman — thriller, Éditions Ex Aequo, 2011 L’affaire Cirrus, roman — thriller, Éditions Ex Aequo, 2012
À mon aimée, Nathalie-Poppy…
AIR
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
FEU
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
EAU
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
TERRE
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
SOMMAIRE
AIR
« Entendez la voix du terrible Hastur… » (le Necronomicon, chapitre X)
Chapitre 1 * 1 * Des feulements sourds résonnaient dans l’enclos. La basse continue était entrecoupée de halètements, de bruits humides. Des filets de salive coulaient le long des babines. Le lion se déplaçait d’un mur à l’autre, dans un mouvement circulaire, sans hâte. Il avait une oreille cassée. Sans doute les séquelles d’un combat… Sa démarche était souple ; les muscles de ses pattes roulaient sous la robe marron. Impérial, il dégageait une impression de calme indifférence. Trop calme, et trop indifférent pour la dizaine d’enfants pressés contre la grille. Le groupe piaillait, gesticulait. Les plus excités pestaient contre la placidité du félin. Dans un concours interclasses, ces collégiens de Bratislava avaient remporté un cadeau de choix : une visite au zoo de la capitale slovaque. Au final, quelle déception ! Tous en rêvaient de ce monstre aux crocs impressionnants, le nouveau pensionnaire de l’établissement. Ah, non ! Ils n’allaient pas se laisser faire ! Il n’était pas question de quitter la ménagerie sans avoir assisté à un spectacle digne de sa réputation ! Cette bête de deux cents kilos devait rugir, sauter, essayer de les attraper ! Ils voulaient frissonner de plaisir devant la hargne du fauve. La barrière électrifiée grésillait. La certitude d’être protégés les enhardissait ; ils lançaient de petits cailloux dans l’enclos. Le lion Hastur restait impassible. Il poursuivait ses déambulations, sous le regard attentif du reste de sa famille. Dès l’arrivée des enfants, les trois femelles s’étaient regroupées au fond de l’enclos. Les pattes jointes, le mufle haut, elles observaient la scène en silence. Deux lionceaux se tenaient à l’affût derrière la femelle alpha ; ils sentaient un danger. Malgré leur jeune âge, leurs aînés leur avaient déjà enseigné un élément essentiel de leur vie de prédateur : l’absence de rugissements n’était pas toujours de l’indifférence. Parfois, elle était le signe d’une colère contenue, un combat imminent. Hastur attendait le bon moment. Un observateur avisé aurait trouvé suspect le raclement des griffes sur le béton. Elles étaient sorties de leurs fourreaux, prêtes à déchirer des chairs imprudentes. Dans son déplacement, la tête du fauve restait orientée vers le groupe de collégiens. Chez les jeunes, personne ne s’effraya du regard léonin. Deux têtes d’épingle dans deux cercles sur fond jaune. Anodins, presque deux yeux de nounours. Pourtant, ils ne cillaient pas, braqués sur le plus grand de la bande, un blond au visage couvert d’éphélides. Ses voisins l’appelaient Youri ; il était le meneur. Sa voix était grave ; son amplitude couvrait celles des autres. Il avait été le premier à ramasser des cailloux, et à les lancer dans l’enclos. Le jeu était plaisant ; la plupart le suivirent. Quand il prenait son élan, son corps se penchait en avant, bien au-delà de la zone de sécurité. Il visait Hastur, sans réaliser un instant qu’il était lui-même une cible. Une petite fille le secoua par la manche. Effrayée, elle lui criait d’arrêter. Ce n’était pas bien ! Madame Ivanovna était partie acheter des cartes postales. Leur professeur allait revenir d’un moment à l’autre ; elle allait être fâchée. Sûr ! L’adolescent dépassait l’enfant d’une tête. Il haussa les épaules avec désinvolture. Pfff… Avant qu’elle ne revienne, il aurait bien réussi à lui tirer un rugissement à ce gros fainéant... D’un moulinet d’épaule, il se dégagea, puis empoigna un galet. Il en choisit un gros, de la taille d’un œuf de pigeon. Avec ça, il allait forcément réagir ! Il le lança de tout son corps. Trente paires d’yeux accompagnèrent le projectile. Le jet manqua la tête de quelques centimètres ; il termina sa course aux pieds des femelles, immobiles. Cris de dépit ! Quelle guigne ! Youri jura plus fort. Dans son mouvement, sa sacoche s’était détachée de son épaule ; elle chuta avec un bruit mat dans l’enclos, à l’aplomb des collégiens. L’intrusion n’avait pas échappé à Hastur. Le fauve s’arrêta net. Un quart de tour, et il se coucha face aux enfants, le mufle dressé. Un silence gêné s’installa. Plusieurs voix chuchotaient qu’il fallait demander de
l’aide, appeler madame Ivanovna. Qu’y avait-il d’autre à faire ? Youri secoua la tête d’un air têtu. Ah, ça non ! Quelle honte… Il s’était assez ridiculisé avec ce tir maladroit ; il n’allait pas en rajouter avec des pleurnicheries dans les jupes de sa prof ! Il avait remarqué une porte en fer forgé, à un mètre de sa sacoche ; elle devait être la voie d’accès des soigneurs. Le lion était beaucoup plus loin, au moins à dix mètres. Paresseux comme il l’était, un cul-de-jatte aurait le temps de pénétrer dans l’enclos, d’agripper la lanière, et de ressortir avec le sourire. Peut-être aurait-il même le temps de lui faire un pied de nez au passage ? Le public adorerait ! Chez les collégiens, les réactions étaient mitigées. Elles étaient partagées entre la peur du danger, et l’attrait de l’interdit. L’inconscience l’emporta. Déterminé, l’adolescent descendit en quelques enjambées les marches. Hastur ne bougeait pas. Des mouches couraient sur ses babines, mais il ne les chassait pas. Près de la porte, une desserte roulante était plaquée contre le mur. Des outils en émergeaient ; le soigneur ne devait pas être loin. Un coup d’œil à la serrure. Une clé était engagée ; un porte-clés en forme de lion oscillait sur son axe. Quelle chance ! Elle ne durerait peut-être pas, alors il fallait faire vite… Youri se dépêcha. Il tourna la clé. Claquement sec. C’était ouvert ! Il posa la main sur la clenche ; elle céda sans difficulté. Son pouls s’accéléra. Maintenant il devait y aller ! Coup d’œil derrière lui. Madame Ivanovna était encore au stand des cartes postales ; elle lui tournait le dos. Il regrettait presque qu’elle ne le remarquât pas. Finalement, cet acte de bravoure n’était peut-être pas une si bonne idée, et le veto d’un adulte serait une excellente excuse pour ne pas aller plus loin. Mais son professeur ne le regardait pas. Ce n’était pas le cas de ses camarades. Ils étaient restés en hauteur, et ils attendaient le dénouement avec une anxiété mêlée d’excitation. Il poussa la porte de quelques centimètres. Le fauve ne réagissait pas ; sous la robe marron, pas un muscle ne bougeait. Rapide évaluation. La sacoche était à moins d’un mètre. Pendant l’opération, il pourrait se replier en une fraction de seconde. De sa position, le lion n’aurait jamais le temps de lui sauter dessus. Aucun doute ! La menace était nulle... Youri s’enhardit. Il ouvrit le battant plus largement. Les gonds grincèrent, et il s’élança. Exclamations. En deux enjambées, il saisit la lanière, et rebroussa chemin. La porte se refermait déjà toute seule. Surpris, il l’agrippa pour agrandir l’accès. Les gonds rouillés résistèrent. L’ouverture n’était plus assez grande pour y glisser son corps. Il secoua frénétiquement les barreaux métalliques. Il ignorait qu’un mouvement plus doux l’eût libéré sans difficulté. En réalité, les brusques secousses accentuaient le blocage ! Il grogna en jurant. Coup d’œil en arrière. Hastur s’était levé. Il se rapprochait de lui, sans hâte. Il avait retroussé ses babines, dégageant des crocs luisants de salive. Les collégiens poussèrent des cris d’effroi. Hastur s’arrêta à quelques centimètres de l’adolescent. Il se coucha à nouveau, haletant. Youri s’effondra en pleurant ; ses pieds effleuraient les larges griffes. Il était perdu ! Soudain une silhouette apparut derrière la grille, un homme coiffé à la mode rasta. Ses mèches étaient rousses, la couleur de la crinière léonine. Sans crainte, il poussa le battant, en habitué. Il connaissait la façon de déjouer les pièges de la rouille. Le badge des employés sautait sur sa poitrine. Il entra dans l’enclos. Un pas en avant. Sans quitter des yeux le lion, il se pencha vers le collégien, et lui glissa quelques mots à l’oreille. Sa voix était étonnamment grave ; elle grondait. Youri se releva, électrisé. L’employé lui posa les mains sur les épaules, et l’accompagna jusqu’à la grille, sans tourner le dos aux bêtes. Il ne suivit pas son protégé au-dehors. Il s’approcha d’Hastur. Ses baskets s’immobilisèrent devant les griffes, et il s’agenouilla, le visage à hauteur de la gueule haletante. Presque tête contre tête, œil gris contre globes jaunes. Ils restèrent ainsi plusieurs secondes, immobiles, et muets. Puis l’homme quitta l’enclos à reculons, sans gestes brusques. Quand il referma la porte, Hastur se releva à son tour, et rejoignit le groupe de femelles. La tension retomba. Les collégiens s’animèrent. Ils applaudirent leur camarade, approchèrent pour voir de plus