Les Cartes Rouges

-

Livres
97 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Un riche héritier étranger a été enlevé à Paris.


Le célèbre détective Gaston CERVIER et son jeune auxiliaire Jean TIXIER se lancent à la recherche du disparu.


Très vite, l’enquête les mène sur la piste d’une dangereuse organisation prête à tout pour se venger de ceux qui l’ont trahie...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 0
EAN13 9782373478655
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
AVANT-PROPOS
e Difficile de s'intéresser à la littérature populaire du début du XX siècle sans évoquer le nom d'Arnould GALOPIN.
Il est tout aussi complexe de se pencher sur la lit térature fasciculaire de la même époque sans devoir se focaliser sur le même éc rivain.
Arnould GALOPINné à Marbeuf (Normandie) au milieu des est années 1860 (la date précise de sa naissance est su jette à caution). Il meurt à Paris à la fin de l'année 1934.
Arnould GALOPIN, bien qu'oublié de nos jours, est un auteur qui co nnut tous les succès à son époque.
Succès critique pour son roman« Sur le front de mer »pour lequel il reçut le grand prix de l'Académie française.
Succès public, pour ses romans d'anticipation (« Le Docteur Omega »,« Le bacille »…) et ses nombreuses séries fasciculaires (« Le tour du monde de deux gosses »,« Un aviateur de 15 ans »,« Un poilu de 12 ans »,« Le petit chasseur de panthères »,« Aventures d'un petit Buffalo »,« Le petit détective ») qui comptaient plusieurs dizaines voire centaines d'épi sodes et qui se vendaient dans plus de 28 pays à raison de plusieurs millions d'exemplaires par an. Mais n'oublions pas également ses romans sériels tels le s aventures du gentleman cambrioleur Edgar Pipe (« Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires »,« La résurrection d'Edgar Pipe »,« La dernière incarnation d'Edgar Pipe ») ou bien ceux autour du détective Allan Dickson (« La ténébreuse affaire de Green-Park »,« L'homme au complet gris »,« La sandale rouge »,« Les suites d'un mariage d'amour ») ou encore« Ténébras, le bandit fantôme ».
Par sa production de romans d'anticipation,Arnould GALOPIN sera considéré, en son temps, comme le digne successeur de Jules Verne.
Ses séries fasciculaires autour de jeunes adolescen ts, quant à elles, le placeront à la hauteur d'un Jean de La Hire.
Tandis que son personnage d'Allan Dickson participe ra à l'un des premiers pastiches de Sherlock Holmes en France.
S iArnould GALOPIN est l'auteur de plus d'une cinquantaine de romans, la majeure partie de sa production a été éditée en fas cicules, bien souvent de 16 pages, double-colonne, imprimée sur du papier jo urnal, avec une illustration couleur en couverture et des illustrations noir et blanc à l'intérieur (bien souvent signées Louis Maitrejean).
Ces séries, destinées à la jeunesse de l'époque, so nt nombreuses et luxuriantes, et mettent en scène de jeunes adolesce nts qui vont vivre des
aventures extraordinaires à travers le monde.
Le premier numéro est presque à chaque fois offert afin de toucher un plus large public :
Un tour du monde en aéroplane(160 fascicules)
Le tour du monde en sous-marin(99 fascicules)
Aventures d'un petit explorateur(105 fascicules)
Aventures d'un petit Buffalo(199 fascicules)
Le chasseur de fauves(103 fascicules)
Le petit chasseur de la pampa(107 fascicules)
Le petit chasseur de panthères(203 fascicules)
Une tragique nuit de noces(200 fascicules)
Les aventures d'un écolier parisien(151 fascicules)
Nouvelles aventures de Fifi(99 fascicules)
Colette et Francinet(103 fascicules)
Le tour du monde d'un boy scout(77 fascicules)
Aventures d'un apprenti parisien(100 fascicules)
Le petit mousse(131 fascicules)
Un aviateur de 15 ans(99 fascicules)
r PaturelLes aventures de M (107 fascicules)
… et bien d'autres encore.
Et, bien sûr :
Le petit détective(83 fascicules)
Des milliers de fascicules, des dizaines de millier s de pages, qui font d'Arnould GALOPINdes plus prolifiques auteurs de la littérature  un populaire française toutes générations confondues.
Un grand écrivain, des personnages récurrents, des fascicules, une incursion dans le genre « policier »... Il était do nc temps pour OXYMORON Éditionsvec lade lui rendre hommage, ce qui est désormais fait a réédition numérique de la série :
« Le Petit Détective ».
« Le petit détective » est probablement l'ultime série écrite par Arnould GALOPIN. Elle est originellement composée de 83 fascicules
magnifiquement illustrés par Louis Maitrejean et co nte les aventures du jeune Jean Tixieru métier de détective, quinze ans, qui fait le difficile apprentissage d sous la coupe de son mentor le célèbreGaston Cervier et qui va se retrouver confronté aux pires bandes de brigands que compte l a capitale et ses alentours.
Si la série est, à l'époque, produite et distribuée comme un roman complet découpé en 83 livraisons, elle se compose, en fait, de plusieurs enquêtes facilement identifiables pouvant se lire indépendam ment les unes des autres.
C'est ce que propose de faire, pour vous,OXYMORON Éditions afin de permettre aux lecteurs d'aujourd'hui d'apprécier da ns les meilleures conditions les aventures deJean TixieretGaston Cervier.
En effet, pour respecter l'esprit de la série origi nale,OXYMORON Éditions vous propose gratuitement l'équivalent numérique du tout premier fascicule de la série afin de permettre au plus grand nombre d'entr e vous de découvrir et d'apprécier le style et les personnages d'Arnould GALOPIN.
Mais, au lieu de diffuser, ensuite, des reproductio ns de chaque fascicule, obligeant le lecteur à les acheter les uns après le s autres, les aventures seront éditées en fonction des histoires et non plus en li vraisons.
Ainsi, les autres enquêtes seront proposées, en fon ction de la taille de celles-ci, soit de façon indépendante, soit regroup ées en recueils, afin que jamais le lecteur ne soit pris au piège et se sente obligé d'acheter les autres titres pour connaître la fin de l'histoire qu'il a commencé à dévorer.
Ainsi, vous pourrez profiter pleinement et sans ret enue des trépidantes aventures deJean Tixier,« Le Petit Détective », d'Arnould GALOPIN.
Bonne lecture.
LE PETIT DÉTECTIVE
* 11 *
LES CARTES ROUGES
Roman policier
par Arnould GALOPIN
I
Nouvelle enquête
me Huit jours après, M Tixier et ses enfants étaient installés dans le pe tit pavillon.
Jean s’employait à embellir son nouveau local. Il c louait des tentures, collait des papiers, et quand tout fut terminé, il acheta q uelques meubles qui firent l’admiration de Francine.
Il se mit aussi à la recherche d’une bonne et eut l a chance de trouver une brave Bretonne qui ne boudait pas à l’ouvrage.
me M Tixier et Francine n’auraient pas cru à tant de bo nheur.
— Tu vois, petite mère, dit Jean, que j’ai eu raiso n de me faire détective. Si j’étais resté chez M. Duvivier, à Issy, nous serion s encore dans la gêne et, quand viendrait le jour du terme, nous ne serions p as sûrs de pouvoir le payer. Maintenant, nous n’aurons plus de soucis. N’est-ce pas la vie que tu avais rêvée ?
— Oh ! je ne comptais pas sur tant de bonheur, répo ndit la mère en embrassant tendrement le jeune garçon.
Jean commençait à s’habituer à cette existence calm e et reposante, quand, un après-midi, il reçut un pneu de M. Gaston Cervie r. « Viens vite, disait le détective, affaire intéressante. J’ai besoin de toi . »
Jean s’habilla à la hâte.
— Tu t’en vas ? demanda la mère.
— Oui, M. Cervier a besoin de moi.
— Oh ! mon Dieu ! encore quelque danger à courir.
— Mais, non, petite mère... mon patron me paye, il faut bien que je lui rende service. Il va sans doute me confier quelque travai l.
— Un travail dangereux, peut-être... oh ! mon enfan t, je ne vais pas vivre jusqu’à ton retour...
— Voyons, maman, tranquillise-toi. Tu sais bien qu’ il ne m’est rien arrivé, depuis que je suis détective.
me M Tixier ne répondit pas.
Elle était très émue.
Jean l’embrassa, trouva pour la rassurer de bonnes paroles, puis il partit. Il prit un taxi.
— 152 rue du Docteur-Blanche, dit-il.
— Oh ! c’est pas ici, répondit le chauffeur, mais t ant mieux, j’aime pas faire des petites courses.
Une demi-heure après, Jean arrivait chez son patron . Il le trouva en compagnie de l’agent Rossignol.
— Ah ! bonjour, Jean, dit Gaston Cervier. Assieds-t oi. As-tu lu les journaux, ce matin ?
Jean fut obligé d’avouer qu’il ne les avait pas lus .
Le détective eut un sourire et murmura :
— La première chose que doit faire un détective en s’éveillant, c’est de lire les journaux. Enfin, tu étais en congé, c’est ton e xcuse. Eh bien, voici : dans un hôtel particulier de la rue du Château, à Neuilly, un riche étranger, du nom de John Mellis, a été enlevé. Étant donné la personnal ité de M. Mellis, toute la police a été alertée, mais je crois qu’elle s’égare sur de fausses pistes. M. Gamard, le chef de la Sûreté, m’a prié de m’occu per de cette affaire et je vais me mettre en campagne sans tarder. J’ai donné des i nstructions à Rossignol, quant à toi, tu vas aller faire une enquête aux abo rds de l’hôtel. Je ne te dis pas ce que tu auras à faire... Je me fie à ton flair... Nous nous retrouverons ici à sept heures du soir. Peut-être qu’à ce moment, l’un de n ous aura un indice. Va... c’est 194 rue du Château.
— Je pars à l’instant. Mais quelle est la professio n de ce M. Mellis ?
— Il est, ou du moins, il était rentier, c’est tout ce que l’on sait sur lui. Il passait pour être très riche. C’est un homme d’envi ron quarante-cinq ans... il n’habitait Neuilly que depuis deux mois. On croit à une vengeance. Comme ce M. Mellis était étranger, je vais voir si à la Préf ecture on n’a pas de renseignements sur lui... Ton rôle, mon ami, sera d e t’informer de côté et d’autre, d’interroger les voisins. Enfin, vois... je compte sur toi.
Jean serra la main à Gaston Cervier et à Rossignol et s’en alla. Il prit un taxi et, arrivé rue du Château, congédia le chauffeur, c ar l’enquête à laquelle il allait se livrer pouvait durer longtemps. Il n’eut pas de peine à trouver l’hôtel de M. Mellis.
C’était une coquette habitation de deux étages donn ant sur la rue. Derrière s’étendait un petit parc qui allait jusqu’à la rue Soyer. Jean jeta un rapide coup d’œil sur la maison, puis longea le mur qui l’entou rait.
Il remarqua bientôt le long de ce mur des éraflures qui avaient certainement été produites par des chaussures.
Cela faisait de petites taches blanches sur le cime nt.
Pas de doute, les hommes qui avaient enlevé M. Mell is avaient escaladé le mur.
Cependant, il était difficile d’admettre qu’ils eus sent pu faire passer leur victime par-dessus la muraille. Il observa attentiv ement la maçonnerie et remarqua deux lignes parallèles encore très visible s sur le plâtre.
Pas de doute, les bandits s’étaient servis d’une éc helle de corde. Il examinait tout d’un air indifférent, comme un vulga ire passant qui s’intéresse vaguement à ce qui se passe autour de lui, quand il crut remarquer un homme qui l’observait.
Il se remit en marche et de l’air le plus calme du monde, contourna la maison, mais arrivé au coin du mur, il regarda l’in dividu qui était demeuré dans la rue. Celui-ci disparut brusquement et il fut imp ossible à Jean de savoir par où il était passé. Ou cet homme était un policier ou u n curieux, à moins que ce ne fût un des complices de ceux qui avaient enlevé M. Mellis.
Jean comprenait déjà que son enquête n’aboutirait à rien. Il revint quand même vers la maison. Il marchait les yeux fixés à t erre, quand, tout à coup, juste en face de l’endroit où il avait remarqué des trace s sur le mur, il aperçut à terre quelques pièces de monnaie. C’étaient des pièces ét rangères. Cela représentait une somme bien minime. Jean ramassa quand même les pièces et les mit dans sa poche. Il rôda encore quelques instants autour d e la maison, puis s’en alla. Il était mécontent de lui. Il avait l’impression d’avo ir perdu son temps pour rien. Il retourna chez Gaston Cervier. Celui-ci venait juste ment de rentrer.
— Eh bien ? demanda-t-il.
Jean eut un geste vague.
— Cette affaire, dit le détective, s’annonce bien m al. Je viens d’avoir une longue conversation avec le chef de la Sûreté, qui a interrogé les deux domestiques du disparu. Ils ne savent rien et on ne peut les croire complices. L’enlèvement s’est produit à deux heures du matin. Les bandits devaient avoir les clefs, car aucune serrure n’a été forcée. Il pa raît que M. Mellis recevait souvent la visite de gens suspects, des étrangers, mais dans quel milieu les chercher ? J’avoue que je crains bien de ne pouvoir éclaircir cette affaire.
Jean raconta ce qu’il avait fait, les marques qu’il avait découvertes sur le mur, puis montra au détective les pièces qu’il avai t trouvées sur le sol. Gaston Cervier les examina un instant et demanda :
— C’est devant la maison de la rue du Château que tu as trouvé cela ?
— Oui, juste au pied du mur, à l’endroit où j’ai re levé des éraflures dans le ciment.
II
Premiers indices
Gaston Cervier posa sa main sur l'épaule de Jean :
— Mon ami, lui dit-il, la découverte que tu viens d e faire est des plus intéressantes et va peut-être nous mettre sur la pi ste des ravisseurs de M. Mellis. Ces pièces sont des pièces bulgares, ce que l'on appelle des leva... C'est dans les milieux bulgares qu'il faut chercher les coupables. Nous ne connaissons pas ce M. Mellis. Mellis n'est peut-être pas son nom. Enfin, voilà un premier indice. Il est certain que ces pièces sont tombées de la poche de l'un des hommes qui s'est introduit dans la maison de la rue du Château. Pour l'instant, je n'ai pas besoin de toi. Quand je me s erai renseigné au service des étrangers à la Préfecture de police et que nous sau rons quel est le quartier que fréquentent de préférence les sujets bulgares, nous agirons. Je crois que l'affaire n'ira pas toute seule et que nous aurons plus d'une surprise.
— Je pourrais vous attendre ici, dit Jean. Peut-êtr e que vous aurez besoin de moi quand vous reviendrez de la Préfecture de po lice.
— Ma foi, oui, tu as raison... reste ici... tu répo ndras pour moi si l'on téléphone... mais dans le cas où un visiteur se pré senterait, ne le reçois pas, fais dire par Albert qu'il n'y a personne.
— Compris, patron.
Dès que Gaston Cervier fut parti, Jean s'installa d ans un fauteuil, après avoir pris un livre dans la bibliothèque. C'était un réci t de voyages intituléLe Chasseur de fauves. Il était plongé dans cette lecture attrayante entr e toutes, quand il lui sembla entendre marcher dans la rue, contre la mais on. Il se leva, alla à la fenêtre, et à travers le rideau de tulle, il aperçu t un homme qui allait et venait sur le trottoir. Quand cet homme, qui pour le moment lu i tournait le dos, se présenta de face, le jeune détective eut peine à réprimer un cri de surprise.
Cet individu, c'était celui qu'il avait vu rue du Château, une heure avant.
Jean devint inquiet. Il aurait donc été suivi sans s'en apercevoir. Il eut un moment l'idée de sortir, mais il réfléchit. Cet hom me le reconnaîtrait sûrement et disparaîtrait quand il l'apercevrait.
Le jeune détective sonna Albert.
Le domestique arriva aussitôt.
— Albert, lui dit Jean, il y a devant la maison un individu suspect. J'avais l'intention de le filer, mais il me connaît et arri verait à s'éclipser. Il faut que vous