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Les Disparus de Verneuil-sur-Vienne

De
66 pages

Baptiste continue sa vie d'historien lorsque, par le biais de son épouse, il se trouve mêlé à une histoire peu banale de disparition de soldats allemands pendant le second conflit mondial. Il devra faire preuve de courage personnel et d'opiniâtreté pour tenter d'y voir clair dans cette affaire.


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175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-21089-8

 

© Edilivre, 2016

Les disparus de Verneuil sur Vienne

 

Baptiste CHESNAY coulait des jours heureux dans son Limousin natal, entre les cours d’histoire qu’il dispensait à la faculté de LIMOGES, sa famille, l’amour de son terroir, et les émissions de télévision auxquelles il était parfois convié en tant que consultant, lorsqu’il s’agissait de débattre ou d’apporter son expertise sur certaines périodes troublées de la seconde guerre mondiale.

Passionné d’histoire, il l’était. Cette passion était même parfois dévorante. Heureusement, son épouse Catherine, était, elle aussi, professeur d’histoire. Elle était donc parfaitement à même de comprendre la passion de son mari, même si la seconde guerre mondiale n’était pas sa période de prédilection. Catherine était passionnée par la période médiévale, pré-renaissance, période sur laquelle elle savait à peu près tout. Dès qu’elle avait un peu de temps libre, elle écumait les bibliothèques et les archives afin de parfaire ses connaissances, car comme elle le disait souvent : « on en apprend encore tous les jours sur des évènements, alors qu’on croyait tout savoir sur eux ». Elle exerçait dans un lycée privé de Limoges, pas très loin de la gare, lycée qui obtenait toujours d’excellents résultats au bac, d’où une demande d’inscription très forte, toutes les demandes d’admission n’étant pas satisfaites d’année en année, succès oblige.

Catherine exerçait avec talent ses fonctions tout en assumant la charge des jumeaux qu’elle avait eus avec Baptiste. Ce dernier étant souvent par monts et par vaux pour les besoins de son travail. Ainsi, elle était souvent seule à s’occuper d’eux, mais elle savait qu’elle pouvait compter sur sa belle-mère, toute proche, en cas de besoin.

Baptiste était non seulement historien mais aussi chercheur. Il travaillait parfois à la demande pour tenter d’élucider certaines énigmes historiques, pour lesquelles il apportait son concours et son expertise.

Catherine avait prévu de visiter un château médiéval à l’autre bout du département de la Haute-Vienne, département très riche en patrimoine médiéval, et avait confié les enfants à sa belle-mère qui ne demandait que ça.

De récentes fouilles dans l’enceinte de ce château avaient permis de mettre au jour des sépultures, remontant vraisemblablement à l’époque mérovingienne. Elle était également passionnée d’archéologie, et tout ce qu’on pouvait sortir de terre ou révéler au grand jour la passionnait. Cela allait de la simple sépulture et de ce qu’on pouvait y trouver (généralement pas grand-chose car les sarcophages avaient souvent reçu la visite de pillards au cours des siècles, à l’instar des sépultures égyptiennes), jusqu’à la restauration d’édifices médiévaux, même ceux appartenant à des particuliers, découvrant parfois derrière un crépi ou quelque vieux lambris, des fresques magnifiques, voire une pièce cachée, qui n’avait pas vu le jour depuis des siècles.

Une semaine auparavant, happée par sa passion, elle avait été informée par sa meilleure amie, Priscilla, de la découverte d’une cachette dans un château médiéval, appartenant depuis de nombreuses générations à sa famille. Il s’agissait d’une grande pièce, dissimulée derrière la cheminée d’une des pièces principales du château. Cette pièce qui venait d’être découverte était en réalité une pièce borgne, avec juste un interstice de quelques centimètres entre les pierres donnant sur le mur d’enceinte, parfaitement invisible de l’extérieur, car situé à une bonne quinzaine de mètres de hauteur, permettant d’apporter un rai de lumière et un petit peu d’air frais. Cette pièce n’était visiblement pas un cachot, ou une sorte d’oubliette, comme on l’avait d’abord supposé, puisqu’on pouvait l’ouvrir de l’intérieur, mais une pièce permettant une rapide échappatoire en cas d’extrême urgence. Il semblait évident que seuls les propriétaires du château devaient en connaître l’emplacement, hormis les concepteurs et architectes du château. En divulguer l’existence à un trop grand nombre de personnes aurait été à l’inverse de l’effet escompté.

Dans cette pièce qui s’ouvrait par un système très novateur pour l’époque, on avait retrouvé les restes de deux paillasses qui avaient dû être relativement confortables, quelques bouteilles vides, un peu de vaisselle XVIIIème, avec quelques reliefs alimentaires comme fossilisés, un petit coffre en bois sans doute destiné à contenir des objets précieux, et les restes d’une couverture et de bougies, preuve que cette cachette avait dû être utilisée au moins une fois. Les plans du château découverts un peu par hasard au début du XXe siècle dans une cave du château, ne mentionnaient pas cette pièce, sans doute pour le cas où ce plan serait tombé entre de mauvaises mains, et aurait pu en dévoiler l’existence. Priscilla qui escomptait ouvrir prochainement son château au public afin de le rentabiliser, se réjouissait déjà de cette découverte fortuite qui ne ferait que lui donner du charme et de l’intérêt. Les gens en général et les enfants en particulier étant particulièrement friands de passages dérobés, de pièces secrètes ou d’oubliettes.

A en croire la datation des restes de la vaisselle retrouvée sur place, cette pièce avait certainement servi au moment de la révolution, période troublée pendant laquelle la chasse aux aristocrates était devenue le sport favori des révolutionnaires. La taille respectable de cette pièce permettait vraisemblablement un « siège » de plusieurs jours. On pouvait y stocker aisément quelques provisions et réserves d’eau potable, de quoi passer un certain temps en sécurité, avec un confort relatif certes, mais la sécurité valait bien ce petit désagrément.

Côté hygiène en revanche, rien n’était prévu, mais sauver sa peau devait être la priorité lorsque cela devenait impératif.

Le système d’ouverture et de fermeture était particulièrement ingénieux pour l’époque. Il ne s’agissait pas d’un simple système d’ouverture sur gonds, mais d’une porte en pierre coulissante, moins épaisse que le mur, mais tout de même très lourde, qui permettait l’encastrement de celle-ci de telle manière qu’elle ne puisse pas être découverte de l’extérieur, sauf à en connaître la préalable existence. Un simple poussoir métallique, dissimulé derrière un arceau scellé dans la maçonnerie, comme une attache pour un prisonnier, permettait d’en actionner le mécanisme, encore intact et fonctionnel. Le « pot aux roses » venait d’être découvert par hasard par des ouvriers chargés de rafraîchir la maçonnerie à cet endroit suite à des infiltrations d’eau par la cheminée. A leur grande surprise, ils avaient vu le mur s’enfoncer de cinquante centimètres en manipulant l’arceau. Priscilla connaissait bien Catherine. Elles avaient fréquenté les bancs de la FAC ensemble et avaient tout de suite sympathisé. Elle l’avait appelée aussitôt, une fois la pièce révélée. Ainsi, Catherine avait pour ainsi dire eu la primeur de la découverte. Il semblait que tout le monde ait totalement oublié cette pièce avec le temps, puisque même son amie n’en avait jamais entendu parler. Après avoir visité avec grand intérêt cette pièce fraîchement découverte, elle descendit prendre un café avec son amie Priscilla, qu’elle surnommait, sa « Châtelaine », lorsqu’elle parlait d’elle à Baptiste. Priscilla attendait la venue imminente d’une amie allemande, Greta, dont elle avait fait la connaissance en visitant la demeure historique de celle-ci, dans le cadre d’un échange sur le patrimoine médiéval européen organisé par le ministère de la culture quelques années auparavant. Greta était une descendante d’une grande famille germanique, dont l’origine remontait aux croisades. Elle et ses frères avaient hérité d’un château, ou plutôt d’une véritable forteresse, en forêt noire, près de Fribourg (Freiburg im Breisgau), à ne pas confondre avec l’autre Fribourg, en Suisse. C’était Greta qui portait seule sur ses épaules ce domaine chargé d’histoire. Cette austère forteresse allemande avait été remaniée courant XVIIIe siècle, afin d’en faire quelque chose d’un peu plus habitable et un peu moins austère.

A cet effet, des ouvertures avaient été pratiquées un peu partout, (comme pendant la période de la Renaissance française, où nombre de forteresses et châteaux médiévaux avaient été transformés en lieux de vie, perdant de ce fait progressivement leur destination militaire et intérêt stratégique), afin d’apporter un peu plus de lumière à l’édifice et d’en faire quelque chose de plus habitable et vivable, relativement confortable, mais aussi moins sévère d’apparence. Ses frères se désintéressaient de ce patrimoine, trop lourd à gérer et aussi en raison de l’implication de leur grand-père (Karl) dans une des divisions de la Waffen SS pendant la guerre. Il avait d’ailleurs disparu en France pendant que sa division faisait mouvement du sud-ouest de la France vers la Normandie, à la suite du débarquement allié.

Malgré de nombreuses recherches, son corps n’avait jamais été retrouvé, au point qu’on l’avait soupçonné de désertion, même dans ses propres rangs. Mais les désertions étaient rarissimes dans la SS, aussi, personne de sa famille n’avait souscrit à cette hypothèse, car dans ce cas, il aurait bien refait surface à un moment ou un autre. Le 8 juin 1944, donc, deux jours après le débarquement allié, l’état-major allemand donna l’ordre à la division DAS REICH de plier bagage et de faire route aussi vite que possible vers le front de Normandie. On avait définitivement perdu la trace de Karl, alors que le régiment auquel il appartenait, se dirigeait vers Limoges. Son régiment n’avait pas participé aux massacres de Tulle et d’Oradour-sur-Glane, tristement célèbres. Lui, faisait partie du second bataillon de ce régiment de « SS Panzer Grenadier » de la seconde division blindée SS « DAS REICH » qui était affecté à une autre mission. D’après les recherches effectuées par le père de Greta (le fils de Karl) dans les archives militaires allemandes après la guerre, son unité était occupée à « éradiquer toute action terroriste sur son passage » afin de faciliter la remontée des unités blindées de cette division, qui étaient attendues de toute urgence en Normandie où cela chauffait pour les troupes allemandes. Dans les faits, cette unité était chargée d’une mission de reconnaissance pour faciliter le transit des véhicules de la division, de prendre position sur tout endroit où la résistance aurait pu en contrarier le passage, pendant que deux autres unités de la division qui remontaient également sur la Normandie par des itinéraires différents, se chargeaient de la basse besogne sur les villages et villes qu’elles traversaient, notamment à...