Les prêtresses d'Altaïr

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Ancien commandant de la DGSI, Angelina Rossi a créé son agence d’enquêtes privées à Rambouillet. Jean-Pierre Hartmann, industriel dans l’armement, la contacte et lui demande de retrouver Géraldine, sa fille disparue, qui est aussi sa collaboratrice. Angelina mène d’abord une enquête de fond puis elle comprend que l’affaire est bien plus compliquée qu’il n’y paraît.


Est-ce que le projet Phoenix est concerné ? Pourquoi Guillermo Hartmann, le frère de Géraldine, déteste-t-il sa sœur, et pourquoi pense-t-il qu’elle a vendu des secrets à une puissance étrangère ?


De Rambouillet à Berne puis à Nice, l’enquêtrice devra élucider de nombreuses énigmes, à commencer par la plus importante : Géraldine est-elle encore vivante ?


Dans l’impitoyable monde des fabricants d’armes règne une vérité sordide. On exècre les curieux et les meurtres sont souvent dissimulés derrière de banales disparitions...

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EAN13 9782374536552
Langue Français

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Présentation
Ancien commandant de la DGSI, Angelina Rossi a créé son agence d’enquêtes privées à Rambouillet. Jean-Pierre Hartmann, indust riel dans l’armement, la contacte et lui demande de retrouver Géraldine, sa fille disparue, qui est aussi sa collaboratrice. Angelina mène d’abord une enquête d e fond puis elle comprend que l’affaire est bien plus compliquée qu’il n’y paraît. Est-ce que le projet Phoenix est concerné ? Pourquo i Guillermo Hartmann, le frère de Géraldine, déteste-t-il sa sœur, et pourqu oi pense-t-il qu’elle a vendu des secrets à une puissance étrangère ? De Rambouillet à Berne puis à Nice, l’enquêtrice de vra élucider de nombreuses énigmes, à commencer par la plus importante : Géral dine est-elle encore vivante ? Dans l’impitoyable monde des fabricants d’armes règ ne une vérité sordide. On exècre les curieux et les meurtres sont souvent dis simulés derrière de banales disparitions…
Gilles Milo-Vacériune vie bien remplie. Après des études de droit,  a il vit pendant quelques années de multiples aventures au s ein de l’armée puis entame une série de voyages sur plusieurs continents afin de découvrir d’autres cultures. C’est un auteur protéiforme, explorant sans cesse d e nouveaux territoires. Le polar ou le thriller, le roman d’aventures inscrit dans l ’Histoire ancienne ou plus contemporaine, les récits teintés de fantastique, s e sont imposés à lui en libérant complètement sa plume de toutes contraintes et révé lant un imaginaire sans limites. Au-delà d’une trame souvent véridique, le suspense et les intrigues s’imposent dans ses romans, apportant une griffe particulière à ses publications. Un pied dans la réalité, l’autre dans un univers étrange où tout pe ut devenir possible, Gilles Milo-Vacéri surprend ses lecteurs avec des textes au réa lisme angoissant. Il aime conserver un lien étroit et permanent avec son lect orat, lors de rencontres dédicaces ou grâce à sa présence sur les réseaux so ciaux et son blog officiel qu’il anime très activement. Blog officiel-Facebook-Twitter
LES PRÊTRESSES D'ALTAÏR
Enquêtes Parallèles - I
Gilles Milo-Vacéri
38 RUE DU POLAR
Je dédie ce livre à quelques proches, à Mikaël, parti injustement trop tôt, à 18 ans, le 15 août 2008, ainsi qu’à sa mère, Isabelle D, mon amie d’enfance, pour que le temps ne soit pas l’oubli,
à James, né le 7 novembre 2018, en lui souhaitant une longue vie remplie de toutes les vraies richesses, et à ses parents, Christophe, mon Frère d’armes, et Émilie, sa femme,
enfin, à celle qui me soutient et que j’aime, à la femme de ma vie, à Caroline.
Parce que le souvenir est aussi important que l’avenir, parce que la mort, la vie et l’amour demeurent les trois grands piliers de l’existence, et que rien ne disparaît, rien ne meurt, tout existe tant que l’on sait la valeur de chaque instant. Semper fidelis!
Préface
Ma rencontre avec Gilles Milo-Vacéri est récente et je la dois à une amie. Au détour d’une conversation, nous en sommes venus à p artager notre passion pour les polars, les thrillers et ce fut pour moi l’occa sion de découvrir qu’un auteur talentueux, au profil hors du commun, avait choisi notre bonne ville de Rambouillet et sa magnifique forêt pour en faire le théâtre de scènes de crimes, parmi les plus effroyables. C’est ainsi que j’ai pu lireL’affaire d’Aurore S., un polar exceptionnel, un scénario de folie, des personnages attachants et intrigants. Et voilà que Gilles récidive avecLes prêtresses d’Altaïr! Pour notre plus grand plaisir, Angelina Rossi, le personnage clé du roman qui, je l’espère, deviendra vite une saga, a installé son agence d’enquêtes privées à Rambouillet. Comment cette ville si calme, si paisible, si fleur bleue, peut-elle devenir le centre de l’imagination de cet auteur au point de lui trou ver une forme de terreau diabolique nourrissant ses énigmes policières? La réponse est sans aucun doute enfouie très profondément dans le cœur de Gilles Mi lo-Vacéri. Et c’est là tout le privilège de cette rencontre av ec Gilles. M’avoir permis en premier lieu de découvrir une belle «gueule», une nature particulièrement discrète, attachante et renfermant des valeurs d’humanisme ex ceptionnelles, forgées tout au long de son parcours de vie, avec une personnalité construite d’amitiés fidèles, d’amours puissantes, quelquefois déçues, et aussi d ’expériences professionnelles particulières, dont l’héritage, qui nourrit ses réc its, reste enfoui dans son intimité. À écouter Gilles parler de sa vie, à lire ces roman s, à découvrir ses immenses capacités à construire et imaginer ces personnages, son talent est d’une évidence limpide. Chers lecteurs, si vous vous imprégnez de son écrit ure, si vous pénétrez sans retenue dans ses intrigues, vous pourrez peut-être entrevoir une partie de ce trésor de littérature policière. Une partie seulement, car Gilles le garde au plus profond de lui, mais il est naturellement prêt à le libérer, m atière à nous ravir encore et encore. À consommer sans modération! Marc ROBERT Maire de Rambouillet Président de la communauté d’agglomération Rambouillet Territoires
Prologue
Lat de l’aventure et son plusurent Garapelli avait choisi la gendarmerie par goû grand rêve avait été de rejoindre les pelotons moto risés. Malheureusement, les conditions de recrutement étaient draconiennes et i l n’avait pas satisfait aux examens médicaux pour piloter une moto. Après douze années de service, il avait 1 réussi à intégrer l’ERI du peloton autoroutier de Mandelieu, en tant que p ilote de la Mégane III RS. 2 Cette nuit-là, la traque vaine d’un go fast venait de prendre fin. — Merde, fait chier! Le tuyau était percé… une fois de plus! bougonna-t-il. Marc Louvin, son collègue et ami, assis à sa droite , lui donna raison. — Tu m’étonnest que dalle! Ça fait cinq heures qu’on attend comme des cons e 3 à se mettre sous la dent. Soit il est sorti de l’au toroute, soit on a loupé l’ouvreuse et il nous a bien baisés! Le pilote jeta un coup d’œil à la montre de bord. — Trois heures du mat et ils devaient passer avant minuit. On l’a bien profond! — Quand je pense qu’on devrait ronfler au fond de n os plumards avec nos femmes, ça me gave, tiens! La radio grésilla au même moment. — De Zébra autorité à tous les Zébra… fin du dispos itif Golf Fox-trot, vous pouvez quitter vos positions. Mission terminée. Les deux gendarmes échangèrent un regard déçu et le passager accusa réception tandis que Laurent démarrait pour sortir de la bretelle où ils étaient en planque et reprendre l’autoroute. — Toi aussi, t’es de service tout à l’heure? Louvin acquiesça. — Ouais, je reprends à sept heures. Inutile d’en rajouter. Les problèmes de budget et l es réductions de personnels avaient eu raison d’une vie privée qui devenait ine xistante pour toutes les forces de l’ordre et qu’il était difficile de supporter, à co mmencer par les conjoints. — Vas-y, accélère! J’ai envie d’aller pioncer, grommela Marc. La Mégane bondit en avant et l’aiguille du compteur s’affola. Soudain, la radio grésilla à nouveau. 4 o — Zébra 3 de Zébra Autorité… On nous signale un AVP sur la sortie N 39, Les Adrets-de-l’Estérel, juste avant le péage… vous ête s à quinze kilomètres, les pompiers sont sur place et demandent notre interven tion. Laurent grinça des dents. — C’est pas toi qui voulais dormir? Ben, tu feras la sieste après-demain, hein? — Abruti! C’est pas drôle, répliqua son ami, avec un petit sourire. Il prit le micro et confirma leur départ pour l’acc ident tout en allumant les gyrophares. *
— Nom de Dieu! T’as vu ce bordel? s’exclama Laurent. Ils arrivaient sur les lieux de l’accident. La sortie pour Les Adrets-de-l’Estérel était fermée à la circulation par les véhicules de secour s. IL y avait là les pompiers, le Samu et une camionnette de service autoroutier. La bretelle présentait un premier virage à droite très serré et un second à gauche av ant d’arriver aux casemates du péage. Grâce à la lumière des projecteurs déjà inst allés, les gendarmes n’en croyaient pas leurs yeux. La voiture avait bien qui tté l’autoroute, mais en ligne droite, sans pouvoir négocier la courbe serrée et l es barrières de sécurité éventrées trahissaient son passage en force. — Mince, si le mec est encore vivant, je veux bien être pendu, marmonna Laurent en ajustant son calot. — Pourvu qu’il n’y ait pas de gosses, répondit froidement Marc. C’était leur hantise sur ce genre d’intervention. À pied, ils suivirent le chemin que le bolide s’était tracé sur le terre-plein qui sépa rait la sortie de l’entrée sur l’autoroute, derrière les glissières arrachées. — J’y crois pas! T’as vu la gueule des arbres? Les troncs sont arrachés. Louvin acquiesça en grimaçant. — Il devait rouler sacrément vite. T’as noté qu’il n’y avait aucune trace de freinage? — Ouais… Le mec a dû s’endormir au volant, c’est pa s possible autrement. Après avoir traversé la végétation en suivant la trouée, les deux amis atteignirent la bretelle d’accès et ils virent enfin l’épave, di x mètres après la route, au milieu d’un bosquet de sapins. Les pompiers arrosaient enc ore les débris fumants et ils s’approchèrent. Leur chef vint à leur rencontre et leur serra la main. — Bon, on n’a qu’une victime apparemment. Marc fronça les sourcils. — Apparemment? L’officier fit oui de la tête en soupirant. — Hmm… La voiture a littéralement explosé et on ras semble les pièces du puzzle. À cet instant, ils purent entendre une voix assez é loignée. — C’est bon! j’ai un bras… enfin, je crois! Les gendarmes se regardèrent et comprirent l’allusi on. Laurent reprit la parole. — Que s’est-il passé? — Vous avez un témoin, une femme qui a tout vu, mai s elle est choquée. Elle vous attend au péage avec un de mes hommes. C’est e lle qui nous a prévenus. Sinon… Le pompier se tourna vers la trouée et la montra du doigt. — D’après ce que j’ai constaté et ce qu’elle nous a raconté, la bagnole a quitté l’autoroute à grande vitesse et bien sûr, elle n’a pas pu tourner. Le type a foncé tout droit, traversé le terre-plein, fauché deux arbres, traversé la seconde bretelle, explosé les glissières, tapé sur ce talus et a fait une pirouette pour retomber dix mètres plus loin au milieu des sapins. Le réservoir s’est enflammé et ça a pété! Les trois hommes vinrent au plus près de la carcass e du véhicule. Les débris étaient éparpillés sur une quinzaine de mètres aux alentours. — Bon sang! Il n’avait aucune chance, fit Marc.
— Et c’est quoi la caisse? demanda Laurent. — On a déniché une partie du volant et c’était esta mpillé BMW. Pour l’instant, on n’en sait pas plus. Deux pompiers revinrent en portant un sac blanc ass ez lourd puis un troisième se dirigea vers eux et leur tendit une sacoche de cuir plutôt luxueuse. — Je viens de la trouver, à une trentaine de mètres d’ici. Vous aurez peut-être des papiers là-dedans. Pour le moment, c’est tout c e qu’on a. Garapelli s’en empara avant de déambuler sur la zon e du sinistre. Il examina de plus près les débris de la berline. Il resta quelqu es instants devant le bloc-cylindres brisé en deux puis remua du pied différentes pièces de carrosserie autour de lui. — À voir le moteur, un huit cylindres, je dirais un e M5, sous toutes réserves. Ensuite… d’après ce morceau de calandre et la jante là-bas, je pencherais bien pour la version Compétition, mais pas sûr… Son ami prit quelques photos et les deux gendarmes remercièrent le pompier. — On va interroger la femme? proposa Marc. * Le témoin, une femme dans la trentaine, était en la rmes. Assise à l’arrière de sa voiture, le pompier l’avait réconfortée comme il av ait pu. Quand les gendarmes arrivèrent, il vint à leur rencontre et parla à voix basse pour ne pas être entendu. — Elle est très secouée. Je me demande même s’il ne lui faudrait pas un médecin. En tout cas, ne la laissez pas repartir, e lle n’est pas en état de conduire. Louvin pinça les lèvres. Les accidents faisaient to ujours des victimes collatérales dont les médias ne parlaient jamais, les témoins, d es gens ordinaires projetés brutalement dans un cauchemar qu’ils ne pourraient pas oublier. — Bonsoir, Madame. Gendarmerie… Je m’appelle Lauren t Garapelli et voici, Marc, mon collègue. Comment vous sentez-vous? — Je… pas bien. C’est la première fois que je vois un accident! C’est… c’était dingue! — Vous préférez venir témoigner demain, à la brigad e? proposa gentiment Louvin. Elle eut un sursaut et se leva de la banquette pour leur faire face. — Non, je sais que c’est important pour vous. Elle prit une profonde inspiration. — Nadine Leforge, je suis directrice commerciale et je rentrais d’une soirée professionnelle à Nice. Garapelli prit en main l’entretien pendant que son collègue récupérait calepin et stylo. — Essayez de nous raconter ce que vous avez vu, s’il vous plaît. Elle rassembla ses idées et parla d’une voix monoco rde. — J’habite à La Baïsse, à cinq minutes d’ici. J’ai mis mon clignotant pour quitter l’autoroute et quand je me suis engagée sur la bret elle de sortie, c’est à ce moment que je l’ai vu dans mon rétroviseur. Sa voix était peu assurée et son regard fixe. Devan t le silence qui s’éternisait, Laurent l’aida à poursuivre. Il pressa son épaule p our attirer son attention.
— Vous avez certainement vu ses phares en premier, j’imagine? — Oui… Il était plein phare. J’ai eu très peur et j e me suis serrée sur la droite, pour lui laisser le passage. C’est là que j’ai réal isé qu’il ne pourrait pas tourner. Il… il… il a foncé tout droit! Marc, qui écrivait, releva les yeux. — Vous avez vu ses feux de stop? — Heu… non… au contraire! Je pense qu’il a accéléré. Il devait rouler au mo ins à trois cents à l’heure! Quand il m’a frôlée, j’ai même fait une embardée tellement il roulait vite. Les gendarmes ne relevèrent pas. Les gens ne savent jamais estimer la vitesse d’un véhicule. — Ensuite? demanda Laurent. — Les barrières de sécurité ont explosé, les arbres ont volé. Je l’ai perdu de vue une petite seconde puis sa voiture a décollé et tou t de suite après, il y a une grande déflagration. Avec le feu, on y voyait comme en ple in jour. Je me suis arrêté ici et j’ai appelé le 18. J’arrivais plus à parler… C’étai t horrible, messieurs, je vous jure! Je… pardon… mais il est mort, n’est-ce pas? Louvin fit oui de la tête. — Vous avez prévenu quelqu’un? — Oui, mon mari ne devrait plus tarder. Il va venir me chercher. Ils prirent son identité complète et lui demandèren t de venir signer le PV d’audition, le lendemain, puis ils rejoignirent leu r voiture. Pendant ce temps, d’autres collègues étaient arrivés et géraient les problèmes de circulation, heureusement rare à cette heure de la nuit. Les deux amis reprirent place dans la Mégane et Lau rent ouvrit la sacoche qu’il n’avait pas lâchée. Il en sortit le portefeuille du conducteur et grimaça. — Je confirme, c’était bien une M5 Compétition… Le mec s’appelait Arnaud Leprieur, il avait trente-neuf ans… Merde, il est m arié avec deux gosses… mate la photo! Marc la prit et soupira. Elle représentait un couple avec leurs deux filles. — Et voilà! Encore une famille brisée. Des fois, je déteste m on job! Garapelli poursuivit la fouille du porte-document e t trouva une enveloppe ouverte sans précaution. Il pâlit en examinant le contenu. Marc, penché sur lui, ne disait mot. Après un long moment, Laurent fixa son ami. — Tu penses comme moi? Louvin s’adossa à son siège baquet. — Je crois, oui. Il fit une courte pause, pensif et ajouta. — Plusieurs choses et je pense que tu seras d’accord. — Je t’écoute… — T’as forcément pensé à notre go fast, mais comme on était à vingt bornes maxi d’ici, on l’aurait obligatoirement vu passer e t avant nous, tous nos collègues. Donc, ce mec a été pris de folie entre notre zone d ’interception et la sortie vers Les Adrets-de-l’Estérel. Laurent hochait la tête tout en l’écoutant.