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Meurtre en 50 nuances de gris

De

Une artiste-peintre est retrouvée étranglée dans son appartement. Le meurtrier, surpris par un couple de voisins, se cache in extremis dans la chambre de la victime. À l’arrivée des enquêteurs, il n’a plus le choix et saute du balcon au passage d’une benne à ordures. Le visage dissimulé par un casque, il parvient à s’enfuir en moto sans que personne n’ait pu l’identifier. Voilà une affaire qui commence très mal pour le capitaine Meyer et son équipe.

Alain Ruiz est un auteur franco-canadien de plusieurs romans vendus à près de 120 000 exemplaires. (Ian Flix, Les chroniques de Braven Oc, Bekhor...). Les enquêtes de Frank Meyer (Meurtre à la ligne et l'Assassin du vendredi) figurent dans les meilleures ventes des librairies en ligne.


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Alain Ruiz
Meurtre en 50 nuances de gris
Édition originale 2016
Copyright © Alain Ruiz
ISBN : 979-10-91305-93-8
Une enquête de Frank Meyer
Nouvelle
Du même auteur
Les enquêtes de Frank Meyer  1. Meurtre à la ligne  2. L'assassin du vendredi
Série Les chroniques de Braven Oc (romans) - série existe aussi en BD 1.L’Épée de Galamus 2.Le Cri des Eaux salées 3.L'académie des homoplantes
Série Ian Flix,, l'écumeur des mers (Ian Flibus au Québec) 1.L'Île aux treize os 2.Les Joyaux de Pékin 3.La Ligue des pirates 4.La Terre des Géants 5.L'Escarboucle des sages 6.Les Oubliés de la Cité d'Or 7.Les Larmes du maharadjah
Série Bekhor 1.Le Jardin interdit 2.La Terre de glace
52 pensées positives pour devenir un sportif de haut-niveau
52 pensées positives pour réussir ses études
1
Sous un soleil radieux d'été, Augustine Guillomet, soixante-cinq ans, ouvrit son large parasol afin de protéger au mieux ses aquarelles et portraits en graphite exposés dans son stand. Elle avait choisi d'en accrocher quelque s-uns sur un paravent en bambou, avec les trois portes légèrement pliées pour donner un bel effet de style. D'autres étaient présentés sur des chevalets en bois, tandis que le reste était disposé par-ci par-là sur une natte de plage en jonc. Augustine Gu illomet avait également prévu une série de tableaux divers, rangés dans un panier en osier, pour espérer combler la place laissée par ses œuvres vendues.
Arborant un joli chapeau de paille parsemé de fleurs, l'artiste-peintre à la retraite tourna la tête et répondit poliment au salut de courtoisie de son plus proche voisin. Plus d'une vingtaine d'exposants s'étaient rassemblés pour pré senter leurs créations le long du canal traversant le centre-ville de Perpignan. La p lupart étaient des habitués de ce rendez-vous annuel organisé depuis cinq ans, afin d e mettre en avant les artistes-peintres et sculpteurs de la région. Mais pour Augu stine Guillomet, c'était sa première participation. Pas très à l'aise à l'idée de montre r ses œuvres au public, elle avait accepté cette invitation sous l'insistance d'une am ie convaincue par son talent. Avec sa petite pension, elle y avait également vu une oc casion pour elle de se faire un peu d'argent. À plus forte raison en cette période esti vale, où les rues piétonnes du centre-ville étaient très achalandées.
Jetant un dernier coup d’œil sur la disposition de ses divers tableaux, Augustine Guillomet déplia une chaise et s'assit confortablem ent à l'ombre. À peine installée, un couple de touristes s'arrêta devant son stand. Elle observa discrètement leur réaction.
— Bonjour, Madame. — Bonjour, répondit timidement Augustine Guillomet, avec le sourire. — Vos aquarelles et vos portraits sont vraiment mag nifiques ! fit remarquer l'homme dans la cinquantaine, avec un joli accent anglais. — Merci. — Nous aimerions vous acheter ce très beau portrait de Fernandel, enchaîna le mari, visiblement ravi. Ma femme et moi apprécions beauco up cet acteur. Me croirez-vous si je vous dis que nous sommes tombés sous le charme d e la langue française en regardant ses films ? — Absolument, assura Augustine Guillomet tout en se levant pour s'approcher du couple.
Sans perdre de temps, l'homme ouvrit sa petite saco che en bandoulière et sortit son portefeuille. Il en tira rapidement trois billets d e vingt euros et les tendit.
— Voulez-vous un sac pour le protéger ? demanda l'a rtiste tout en prenant l'argent. — Oui, s'il vous plaît, répondit la femme avec le m ême accent anglais, mais un peu plus prononcé.
Augustine Guillomet rangea les billets dans la poch e ventrale de son tablier et récupéra
le portrait. Elle se dirigea ensuite vers sa chaise pliante près de laquelle était posé un carton contenant divers emballages. À ce moment-là, elle remarqua un autre homme, dans la quarantaine, arrêté dans le coin de son sta nd. Elle l'observa brièvement et s'abaissa pour prendre un sac. Elle y glissa délica tement le portrait et le rapporta au couple de touristes qui la salua chaleureusement en lui souhaitant une agréable journée.
Très satisfaite de sa première vente, Augustine Gui llomet garda un instant son sourire tout en songeant à son amie qui l'avait vivement en couragée à exposer ses œuvres. Elle se promit de l'inviter le soir même pour la re mercier, mais elle laissa vite ses pensées derrière elle en voyant l'homme récemment a rrivé retirer un portrait de la série de tableaux rangés dans son panier en osier. Surpri se, elle leva son bras pour l'avertir, mais elle n'eut pas le temps de placer un mot.
— Ce portrait en graphite est de toute beauté ! s'e xtasia le visiteur. Les autres aussi, mais celui-ci tout particulièrement. Les nuances de gris sont absolument remarquables... Les traits de cette femme sont si p arfaitement réalisés qu'on pourrait croire qu'il s'agit d'une photo. — Je vous remercie. — Ce portrait m'intéresse ! Je vous l'achète ! Quel prix en demandez-vous ? — Je suis très touchée, monsieur... mais il n'est p as à vendre ! assura Augustine Guillomet, soudain mal à l'aise. — Ah, bon ?! s'étonna l'homme, visiblement très déç u. Mais pourquoi l'avoir exposé dans ce cas ? — Ce n'était pas prévu, croyez-moi ! expliqua l'art iste-peintre. J'ai dû le glisser par inadvertance dans cette série de tableaux. Vous rem arquerez d'ailleurs que le prix n'y figure pas. Les seuls en vente sont ceux sur lesque ls j'ai collé une étiquette. — C'est ce que je constate, en effet, reconnut l'ho mme sans pour autant s'avouer vaincu. Mais il faut croire que c'était un signe de la providence, car ce portrait me plaît énormément et je tiens à vous l'acheter ! — Je suis vraiment désolée, monsieur, mais je ne pe ux pas vous le vendre ! — Et pourquoi donc ? — Eh bien... Parce qu'il a une valeur sentimentale... — Vous connaissez donc la femme qui a servi de modè le ? Quelqu'un de votre famille peut-être ?
Augustine Guillomet hésita à répondre.
— Bon, je vous propose deux cents euros ! jeta le c lient avec fermeté. — C'est très généreux, mais je dois refuser... — Trois cents alors ! — S'il vous plaît, monsieur, n'insistez pas. — Vous n'allez quand même pas refuser quatre cents euros ? Très bien, écoutez, je vous en offre cinq cents euros et l'affaire est con clue... — J'ai dit non ! répliqua cette fois Augustine Guillomet en levant le ton.
Notant tout à coup le regard des passants dirigé ve rs lui, l'homme en resta là. Il contempla encore un instant le portrait, puis il le déposa délicatement. Après quoi il s'en alla sans ajouter un mot.
Augustine Guillomet souffla de soulagement en voyan t l'étrange client s'éloigner. Les jambes toutes tremblantes, elle jeta un rapide coup d’œil à sa montre et décida de remballer tout son stock dans sa voiture garée non loin.