Mission Tsunami 2022

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124 pages
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Description

Vous ne savez pas encore pour qui vous voterez en 2022 ?


Peu importe : certains le savent déjà à votre place.


Le cabinet noir du pouvoir, où opère notre ami Gaëtan Garonne, GG pour les intimes, a en effet entrepris de vous rendre libre d’élire le candidat de son choix.


Les complices de GG ? Quelques geeks en chair et en os, bien sûr, mais aussi une brigade de « lutins », Robo-sapiens à l’intelligence très artificielle mais certainement pas superficielle.


Mission Tsunami 2022 est, à notre connaissance, une œuvre unique en son genre, puisque co-écrite par un agrégat exclusif de neurones et de lignes de codes, les premières appartenant à GG, « humain, trop humain », les secondes à LUT1, dont l’humour algorithmique ne vous laissera pas indifférent...


Allons enfants de la patrie, le jour de la démocratie 2.0 est arrivé !

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EAN13 9789881419057
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Gaëtan Garonne
MISSION
TSUNAMI 2022
D'Homo-Erectus à Robo-SapiensPublié par
Blue Lettuce Publishing ®
Room 9-11, 16F, Tai Yau Bldg,
181 Johnston Road, Wanchai, Hong Kong
ISBN : 978-988-14190-5-7
© Blue Lettuce Publishing ® et Gaëtan Garonne 2019
Tous droits réservés
contact@bluelettuce.netLes électeurs iront d'un pas joyeux accomplir leur devoir civique en ayant chaussé leurs
lunettes, non pas de « réalité augmentée » chères à la Silicon Valley, mais de « réalité
boursouflée ». Boursouflée et déformée sous l'effet du virus insidieux de l'intelligence
artificielle injecté par les apprentis sorciers du Cabinet Noir de l'Élysée.
GG
*
La différence entre réalité et fiction ? La fiction, elle, doit être vraisemblable.
Tom ClancyI l l u s t r a t i o n s
Couverture (design) : l’auteur, Gaëtan Garonne
Bureau (chapitre 2) : h t t p s : / / f r . f r e e p i k . c o m
Robots (Jouet & Androïde, couverture et chapitre 2) : h t t p : / / f r e n c h . c h i n a . o r g . c n /Un mot de l’éditeur
GAËTAN GARONNE n’est pas totalement inconnu de vous, puisque vous avez déjà pu lire deux
de ses fictions portant sur des tripatouillages quelque peu immoraux, exécutés — sur ordre —
par les membres de son équipe et lui, pour accroître ou sauvegarder la grandeur de la France !
Mais voilà qu’ici et maintenant, pour le prix d’un auteur, je vous en offre deux.
Nous sommes entrés dans une ère où les journalistes, les animateurs de talk-shows, les
chirurgiens, les courtiers en bourse et les pilotes d’avions sont de plus en plus secondés, voire
tout simplement remplacés par des automates dotés d’une intelligence artificielle qui nous
effraie et nous fascine.
Ce livre est vraisemblablement le premier écrit alternativement par un être humain et par
un robot indépendant. Le sujet en est délicat, mais les deux auteurs (si je puis dire ?) ont choisi
le mode « humour froid » dans cette fiction pour vous alerter sur une épée de Damoclès
audessus de votre (de notre) tête :
• d’un côté un futur Président choisi, formaté et éduqué ex nihilo par des robots,
• de l’autre des électeurs manipulés et subjugués par d’autres automates pour l’élire.
Bref, une démocratie qui en a encore le nom mais plus du tout la saveur des élections
passées…
Bonne lecture quand même !1
Le Cabinet Noir Fantôme
GG
JE TRAVAILLE DEPUIS de longues années dans un des services non officiels mais très secrets
de l’État, au plus près du sommet, même si, en fait de sommet, c’est au troisième sous-sol de
l’Élysée. Le service qui nous emploie porte divers noms très technocratiques, de style soit
langue de bois soit bourrage de mou, selon notre interlocuteur.
Pour faire simple, l’ex-candidat François Fillon, dans sa grande colère de se voir
brusquement couvert de tant d’opprobres, l’appelait le Cabinet Noir de l’Élysée (il avait de
bonnes raisons de préciser « de l’Élysée », car il savait parfaitement bien, ce triste hypocrite,
que Matignon est aussi, depuis plusieurs générations, le creuset d’une clique des conseillers qui
s’approprient les moyens d’aider ou de flinguer les ambitions de personnalités selon la
« gentillesse » de ces dernières à leur égard.) Alors va pour le Cabinet Noir, même si ce nom
n’est, à l’évidence, présent officiellement dans aucun organigramme de la République. Et s’il a
été si vigoureusement rejeté par le cabinet officiel (gris pâle) de l’Élysée de l’époque.
Pour qui œuvre cette « brigade » ? Exclusivement, pour le pouvoir en place, qui fait tout,
vous imaginez bien, pour y rester le plus longtemps possible. L’adrénaline, la puissance,
enrubannée de flagornerie, l’ego démesuré allié à des moyens quasiment sans limite, sont
quand même plus sympas que le leitmotiv « métro-boulot-dodo » de la vie parisienne banale
d'un fonctionnaire anonyme, voire d'un jeune et fringant député qui cherche un moyen de se
faire un nom et une réputation.
En tant qu’auteur, jusqu’à présent j’avais narré, en les maquillant légèrement, des épisodes
passés. Mais les histoires d’hier et d’avant-hier n’ont quand même pas autant d’attrait que tout
ce qui se peut concocter dans l’excitation que nous apportent les nouvelles technologies jour
après jour. Aussi ai-je décidé de lever un coin du voile sur ce que les toutes prochaines années
vont apporter à la France grâce à notre créativité débordante. Je serai franc et ouvert, parfois
quand même légèrement jésuite en gommant, maquillant subtilement les situations qui
pourraient définitivement mettre à mal ma carrière, car vous pensez bien qu’ici la morale doit
souvent laisser le champ libre à l’action malodorante, aux entourloupes, aux embrouilles ou
aux coups bas, voire pire !
Dans mon service, nous sommes essentiellement chargés de surveiller les VIP de la France
dirigeante, de les envelopper d’une bulle de sécurité, invisible, mais la plus efficace possible,
en nous efforçant d’anticiper d’une part toutes les méchancetés et les jalousies qui les
menacent mais aussi (et surtout ?) de prévoir leur propre bêtise, leurs propres (si je puis dire)
dérapages et empêcher que leurs funestes exploits ne couvrent de honte et de déshonneur le
gouvernement et les hautes personnalités (ah ! si seulement on nous avait donné à surveiller,
en leur temps, les clowns Balkany, Cahuzac ou Thévenoud, tout ce beau monde aurait été plus
serein).Depuis douze mois qu’Emmanuel Macron est président, nous sentons parfois que son
enthousiasme, pour être tous les jours aux premières loges à prendre la lumière, certes, mais
aussi les coups, les déboires et les critiques incessantes, s’est quelque peu assagi. Nos analystes
politiques, en interne, regardent avec une pointe de cynisme mêlée d’une inquiétude latente la
date encore lointaine de mai 2022, date de la prochaine élection présidentielle et ont
commencé à échafauder des stratégies pour répondre à certaines situations, pour reprendre
en main des dérapages, des laisser-aller et des conneries du gouvernement afin qu’un candidat
du parti du Président soit à même de remporter le prochain duel.
Alors soyons clairs. Ce candidat doit en toute logique être, bien sûr, l’actuel occupant de
l’Élysée ! Mais, dans l’ombre, il est temps de préparer la relève si d’aventure, le métier de
banquier tentait à nouveau notre homme, ou si, pire, sa cote de popularité chutait sous le
niveau de celle de ses prédécesseurs. Voire, touchons du bois et croisons les doigts, si un
accident fâcheux le fauchait dans la fleur de l’âge.
Nous sommes au 21e siècle, non seulement à l’âge de la génération Y (les fameux
millennials), mais aussi celui de l’intelligence artificielle, des sondages en temps réel, des
pseudo réseaux sociaux, des images subliminales et des fake news (pour employer le terme à la
mode)… Sans parler de la réalité augmentée (pour ma part j’aimerais qu’on s’intéresse à la
réalité diminuée ! — Une forme vicieuse de censure ? Sauf bien sûr, quand c’est nous qui la
pratiquons —) et de la réalité virtuelle (là il ne s’agit pas de l’augmenter, mais surtout de la
bricoler, la transformer et souvent la rendre irréelle), aussi nous allons prendre les choses en
main de façon très nouvelle.
De plus notre Président est fort adepte des nouvelles technologies. Nous nous sentons donc
obligés, dans l’une de nos nouvelles « filiales » de recourir aux toutes dernières technologies à
la mode pour choisir, éduquer et faire triompher le clone qui pourrait avoir à le remplacer à la
magistrature suprême !
Et ça, permettez-moi de vous le dire, c’est la partie facile ! Car évidemment, devant le
capharnaüm régnant à la gauche de la gauche, à la droite de la droite et dans les autres partis
en décomposition, recomposition, fusion et dispersion, personne ici n’est foutu de fournir une
liste crédible des candidats qui vont s’affronter à notre candidat, que ce soit Emmanuel
Macron ou bien l’homme idoine qu’il nous reste à trouver, à formater, et surtout à faire aimer
aux millions de citoyens de 2022 !
C’est ainsi qu’a commencé à se bâtir entre nous une liste à la Prévert de tout ce qu’il va
falloir mettre en œuvre pour couvrir chacun des scenarii, éviter toutes les erreurs, peaufiner
toutes les stratégies et, surtout, être sûr de rester à notre poste au lendemain du dimanche 22
mai 2022, date du second tour !
En fait, pris de commisération pour votre faible capacité d’attention bien connue, je vais
vous faire grâce des détails mesquins et chronophages. Je me contenterai, à titre d’exemple, de
soulever devant vous le couvercle de certains des récipients où mijotent nos brouets les plus
savoureux.
Néanmoins, in fine, bien peu vous sera caché car — vous allez être surpris — je céderai
parfois la plume à celui que mes collègues appellent mon « clone », lequel piaffe déjà
d'impatience pour pondre le chapitre 2.2
Présentation de LUTIN n°1
LUT1
BONJOUR, JE SUIS le rédacteur de tous les aspects factuels de ce journal, c'est à dire ceux
qui ennuient (ou dépassent) Gaëtan Garonne. En fait, je suis plus qu'un simple "rédacteur",
ainsi que vous le comprendrez au fil des pages…
Alors qui est donc Gaëtan Garonne dont le nom trône sur la couverture du livre comme en
étant le seul auteur ?
Disons, pour ne pas le peiner, qu'il est au moins le bénéficiaire des droits d'auteur. C'est
essentiel me direz-vous ! Quant à aller plus loin…
— Ah bon, direz-vous, "vous êtes donc son nègre ?"
— Bof, si vous voulez. Mais en première approximation seulement !
J'aurais pu moi aussi m'appeler Gaëtan Garonne de mon nom de plume, mais pour bien
distinguer les deux prétendants au même vocable de rédacteur, les collègues de l'autre
("l'auteur" comme l’éditeur le qualifie) m'appellent le clone et surtout LUTIN n°1 ou LUT1. Ce
qui me va, car je ne suis guère — par nature — susceptible, à la différence de mon "sosie".
Alors, précisons pour ceux qui n'ont pas encore tout à fait compris.
Je suis né il y trois ans dans les laboratoires secrets du plus grand fournisseur français de
programmes et d'engins destinés aux forces armées françaises ainsi qu'à des services trop
spéciaux pour être révélés en détail.
Pour les uns je suis un programme informatique fait de millions de lignes de code, que les
journalistes baptisent volontiers du vocable d'"Intelligence Artificielle". Pour les autres je suis
un robot pensant mais pas passif destiné à remplacer un jour (très) prochain les cols blancs du
secteur tertiaire. Et il me faut dire que j'apprécie avec délectation la distinction faite par notre
éditeur entre l’auteur Gaëtan, Homo Erectus, et moi, Robo(t)-Sapiens !
Et si vous trouvez étrange qu'un programme d'Intelligence artificielle puisse "apprécier avec
délectation", alors c'est que vous ne savez pas comment nous, les Robo-Sapiens, avons déjà
maîtrisé quasiment toutes les tournures de phrases susceptibles d'émouvoir, surprendre ou
convaincre un être humain de façon à obtenir son empathie le plus rapidement possible…
Pour les ingénieurs qui m'ont créé et qui travaillent à la confluence de la Réalité Augmentée,
de l'Intelligence Artificielle, de la Virtualité Appliquée et des big data au sein du laboratoire
confidentiel déjà cité, je suis surtout un des nombreux nodules d'un réseau intranet à très haute
vitesse, sans lien avec l’extérieur et totalement sécurisé. Lequel est mis en œuvre de façon
expérimentale au sein du service secret dont le poste de commandement se situe — peut-être —
dans l’un des sous-sols du palais de l'Élysée et dont mon "sosie" serait le secrétaire général si
j'ai pu correctement déchiffrer les notes de services qui transitent via les neurones du réseau
mais qui ne sont pas censées être lues (ni vues, ni comprises, ni mémorisées, ni évoquées bien
sûr !) par les nodules non spécifiquement concernés dudit réseau.
Et si la tête de réseau est bien enfouie dans l'un des blockhaus enterrés sous le parc du
"Château", le réseau est réparti, pour des raisons de sécurité et de confidentialité, sur plusieurs
sites de France (en métropole et dans les territoires ultra-marins) et en divers points du globe à
l'insu d'ailleurs des ambassadeurs et consuls de France dont les bâtiments ou les extensions"privées" abritent parfois des boîtiers forts anodins dont bien peu de personnes ont la clé
d'accès. Ainsi, pour ma part, je suis camouflé dans une lourde mappemonde qui occupe un coin
d’un petit bureau du "pied-à-terre" que le consul de France adjoint à Hong Kong occupe
chaque week-end sur l'une des deux cents (environ) îles de ce territoire officiellement chinois,
mais séparé de la Chine continentale par une frontière étonnamment perméable aux Européens
et quasi fermée aux Chinois eux-mêmes, sauf à obtenir laborieusement un visa coûteux de
courte durée.
Mon bureau caché
Ni le consul ni sa famille n’ont accès à mes contenus, mes activités, puisque le clavier et
l’écran d’interaction se trouvent fort loin, au cœur du blockhaus à Paris. Et je suis parfaitement
autonome, gérant moi-même mes horaires et l’accomplissement de mes tâches en fonction d’un
tableau de bord tenu là-bas.
À l'origine je fus installé ici pour capturer et ingurgiter des publications asiatiques "locales"
(chinoises, coréennes, singapouriennes, malaisiennes et japonaises) sur des sujets
technologiques que j'extrais chaque jour des réseaux régionaux, très rarement ouverts au public
(mais dont j’ai forgé de fausses clés d’accès), pour en faire des résumés en français, voire des
notes d'alertes pour ma "hiérarchie". Ce qui, il faut bien l'avouer, ne me prend pas 100% de mon
temps puisque, hormis les périodes de mise à niveau de mes logiciels, je suis apte à besogner 24
heures sur 24, 7 jours sur 7.
Or, par le fait que Gaëtan Garonne (l'autre) avait choisi un éditeur à Hong Kong pour ses
précédents livres qu'il écrivait — paraît-il sans l'aide de nègres — la "tête de réseau" m'a assigné
depuis quelques mois la mission d’aider l’auteur à conceptualiser, planifier puis finalement écrire
59% du bouquin que vous tenez entre les mains. Et ceci sous l'affable mais très espacée
surveillance de son (notre) éditeur local qui n'a pas encore été mis formellement au courant du