Nanouche

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526 pages
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L’Enfant au Piano… Une toile qui hypnotise le peintre Joseph Rouvel, et qui depuis des années orne son salon, attendant son heure. Alors que l’artiste malchanceux en affaires et en amour envisage le suicide, une étrange apparition vient bouleverser sa vie: un jeune inconnu lui propose d’exaucer ses vœux les plus chers. Mais au-delà d’un certain nombre de souhaits, tout ce qu’il aura obtenu se transformera en son opposé: le bien deviendra le mal, le plaisir la douleur, la joie la tristesse, la richesse la misère. Et la lumière deviendra ténèbres. Première étape ? Rencontrer le modèle du tableau. Le contrat prendra fin quand tout basculera… Joseph devra donc bannir l’ambition démesurée, cette insatisfaction qui hante le cœur des hommes… Riche, imposant, mais passionnant, "Nanouche" distille un charme indéniable, alliant élégance et mystère. Gérard Deschamps dévoile ainsi son talent: sa passion transpire les pages de son œuvre, et l’on ne peut que se laisser happer, à l’image de ses personnages, par la boule de neige qu’il développe tout au long de ce piège implacable. Entre enquête, vengeance et surréalisme, Deschamps compose un sans faute qui emporte l’adhésion.

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EAN13 9782748349917
Langue Français

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Nanouche
Gérard Deschamps Nanouche
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0114344.000.R.P.2009.030.40000 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2009
Premier chapitre Monsieur Huguelin ne supportait pas que ses élèves arrivent ne serait-ce qu’une seule minute en retard. — Comment pouvez-vous comprendre et apprendre la musi-que si vous n’avez pas la moindre notion de ce qu’est le temps ! Disait-il en colère à celui qui se hasardait à montrer son nez en dehors des horaires scrupuleusement fixés. C’est à cela que pensait Sébastien qui arrivait en vue de La-vardin, à mi cote, là où l’on commence à apercevoir le donjon, il venait de passer le carrefour de la Fosse Poudrière, à cet en-droit, le vent de la plaine souffle en rafales désordonnées et furieuses, des grosses gouttes commençaient à tomber. Monsieur Huguelin ne supportait pas que ses élèves arrivent en retard, certes, mais il supportait encore moins qu’ils arrivent trempés à tordre. L’eau ruisselait de leurs vêtements et venait tomber sur l’épais tapis du vestibule de cette maison si triste et si sombre qu’on pouvait s’attendre à tout moment voir surgir quelques spectres de derrière un rideau ou d’un recoin. Il levait ses bras décharnés, déjà spectre lui-même, il éclatait rouge de colère — Chenapans !! Veuillez ressortir immédiatement, vous n’aurez pas votre cours aujourd’hui, mais je vous préviens, il me sera dû ! ! Il claquait violemment la porte d’entrée et terminait sa colère sur les autres élèves ayant eu ce jour-là, la chance d’arriver à l’heure et secs. Sébastien était désormais en retard, vingt heures venaient de sonner à Saint Genest, même si il se mettait à courir, le retard était prit et il arriverait trempé par la pluie, le professeur allait être terrible ! Bien sûr, Sébastien était accoutumé, réprimandes, avanies et brimades étaient de son pain quotidien. A l’instant où il passait devant les portes du château, une trombe d’eau s’abattit avec un fracas de tonnerre, comme si le ciel avait ex-
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plosé. Les rares passants qui étaient là, s’enfuirent, chacun s’abritant ça et là. Certains pestant, d’autres subissant docile-ment la tête enfouie dans les épaules. Sébastien faisait partie de ses derniers. Il se contenta seulement de relever le col usé de son manteau et d’enfouir ses mains gelées dans les poches, il entra dans la Grand-rue. La maison de monsieur Huguelin était à une cinquantaine de mètres face au clocher carré Sans ce maudit tracteur qui avait sournoisement choisit cette heure pour se mettre en panne avec en plus les roues avant en-foncées jusqu’aux moyeux dans une ornière. Il aurait pu être ponctuel à son cours, il était rare qu’il fut en retard, mais il avait fallu qu’il reste avec Guillaume « pour aider » ; bien que son frère et les autres auraient pu se débrouiller sans lui, car, pour sa part, il ne connaissait rien à la mécanique, n’était doté d’aucune force physique et puis, que ce tracteur fut en panne, il s’en mo-quait éperdument. Guillaume et César en avaient profité pour le retenir à la ferme, les coquins le faisaient à chaque fois que l’occasion s’en présentait, avec leur petit esprit malfaisant et perfide. La satisfaction qu’ils avaient tous de nuire gratuitement et sournoisement. Le peu de liberté dont Sébastien disposait, trois fois par se-maine, et ainsi que son maigre salaire, disparaissait dans les cours de piano que donnait monsieur Huguelin. Non point que ce fût-là le meilleur professeur, mais c’était le plus proche. Le temps gagné sur le déplacement était acquit sur le temps de cours. Sébastien avait de très larges dispositions, ou bien même le talent d’être instruit par un professeur supérieur, voire être admit dans un grand conservatoire. L’élève avait manifestement surpassé le maître, mais voilà, il l’ignorait. Le talent, le vrai, celui des grands est pudique, ceux qui en sont détenteurs ne le soupçonne pas. En réalité le véritable don et talent nous en sommes que des intendants, ceux qui croient qu’il vient de Dieu, pensent qu’il peut leur être ôté un jour ou l’autre « L’Eternel a donné, l’Eternel a reprit ! » Ceux qui finissent par penser qu’il leur est propre, acquit par une supériorité qu’ils auraient sur les autres, le perde par cette teigne rongeuse que l’on nomme orgueil. Sébastien n’était aucun de cela, ceux qui le lui avait dis, étaient ses amis, peut-on penser qu’un ami puisse vous mentir ?
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