Parfaites

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Deux jeunes filles violées dans une violence extrême, des familles qui ne veulent pas porter plainte pour ne pas nuire à la réputation de leurs futures ballerines étoiles et des frères qui semblent totalement indifférents au sort de leurs sœurs. L’inspecteur Julie Bergeron doit essayer de retrouver un agresseur en ne pouvant compter sur le témoignage des jeunes filles agressées, jusqu’au jour où une jeune fille est retrouvée presque morte dans le Vieux Port de Montréal, enroulée dans un vieux tapis. Julie a déjà subi une telle agression il y a plus de 20 ans. Est-ce que son agresseur a été remis en liberté et recommence son jeu macabre avec des adolescentes ? L’inspecteur Bergeron jonglera entre sa vie personnelle, ses souvenirs douloureux et le mutisme des jeunes filles et de leurs familles pour trouver le coupable de ces agressions d’une extrême violence.


Ce titre est un extrait gratuit du roman d'Isabelle Larocque.


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EAN13 9782379140310
Langue Français

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APROPOSDECETTEÉDITION :
PARFAITES(EXTRAIT)
ISABELLELAROCQUE
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Éditions de l’Arlésienne
Retrouvez-nous surhttps://arlesienne.tictail.com/about
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Publié pour la première fois le 6 décembre 2016
Tous droits réservés.
ISBN 979-10-94896-92-1
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Dépôt légal automatique.
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Source de l’illustration : oeuvre de xusenru (Pixab ay)
APROPOSDEL'ÉDITEUR
Bouleversez vos habitudes de lecture !
L’Arlésienne est une maison d’édition spécialisée d ans le livre numérique. Créée à l’initiative d’auteurs en 2014, elle publie depuis mars 2015 des nouvelles et des recueils policiers, fantastiques ou encore de litté rature générale. Les tarifs pratiqués sont proches de ceux du livre de poche, afin que ch acun puisse avoir accès à la littérature.
APROPOSDEL'AUTrICE
Isabelle Larocque, québécoise d’origine et suisse d ’adoption, est une scientifique de formation. Elle détient un doctorat en sciences de l’environnement de l’UQAM (Montréal) et a une compagnie offrant des services en historique et restauration de lacs. A l’aube de la quarantaine, elle décide de se mettre à l’écriture, sa passion depuis son enfance. Elle publieUn passé gênantéditions Québec-Livres, aux Un sixième sens maudittés dontaux Editions Mots en Toile et trois romans auto-édi Gel Mortel, considéré dans les 5 finalistes du Prix du Polar au to-édité 2016 (décision en mars 2016),Un voyage débridéetToujours coupablequi sont sur la plateforme amazon. Elle a aussi édité un livre pour enfants,Les deux chevaliers et la princesse disparue, illustré par son père.
PARFAITES
À mes parents qui m’encouragent sans cesse.
CHAPITRE2
À 8 heures le lendemain matin, Julie retourne à la maison des Tremblay. L’équipe technique a terminé son travail il y a à peine une heure. Deux policiers sont en poste devant la maison pour empêcher les visiteurs d’entrer. Elle déplace le ruban jaune marqué « Police » et entre dans la maison.
Son aspect bordélique l’étonne encore. Normalement, la demeure doit être impeccable. Les planchers de bois sont cirés et brillants, il n ’y a pas de poussière sur les meubles et la cuisine n’a aucune trace de reste de nourritu re ou d’huile sur les murs. Par contre, il y a des objets multiples et des traces de sang u n peu partout. La cuisine a dû servir de chambre de torture. Des outils destinés à concoc ter de bons plats équilibrés pour la famille ont été utilisés pour d’autres activités pl us machiavéliques.
L’équipe technique a laissé les outils dans des sac s plastiques pour que l’inspecteur Bergeron constate leur état. Ils sont maculés de sa ng et de substance visqueuse. Elle souhaite vivement qu’il y ait des traces d’ADN pouv ant mener au violeur. Quel pervers ! Elle a un haut-le-cœur en regardant ces instruments ayant infligé des sévices inimaginables sur une jeune fille de 16 ans. Qui sa it si elle pourra s’en remettre ?
Julie était à peine plus âgée qu’Amélie lorsqu’elle a été séquestrée et violée par deux individus pendant près d’une semaine. Mais jamais i ls n’ont abusé d’elle avec des outils de cuisine. C’est immonde !
Dans les chambres, les draps ont été enlevés par l’ équipe scientifique. Il y a des sous-vêtements féminins qui jonchent le sol dans la cham bre parentale. L’antre de l’adolescent est moins touché.
L’inspecteur Bergeron entre dans la pièce d’Amélie. Le même sentiment d’inconfort l’envahit. Elle a l’impression que la décoration es t impersonnelle, qu’elle ne correspond pas à une adolescente de 16 ans. Que des images de grands ballets internationaux, des photos de la mère et d’Amélie en tenues de ball erines. Rien de vraiment « personnel ».
Julie s’approche de la garde-robe à moitié ouverte. Dans un coin replié et sous des robes longues, elle voit un petit matelas roulé au sol et caché à l’intérieur un téléphone portable, des écouteurs et des magazines de jeunes filles. Au mur du placard, il y a des affiches de groupes musicaux : The script, Imag ine Dragons, Muse… Ce lieu intime servait de cachette pour Amélie, un endroit où elle pouvait se sentir elle-même.
Mais pourquoi devait-elle se cacher pour apprécier ce que toutes les autres adolescentes affectionnent ? Roulés dans le matelas , il y a aussi des vêtements de son âge, plus modernes que ceux qui sont éparpillés et déchirés et qui jonchent le sol de la chambre. Amélie devait apporter ces habits dé modés dans son sac d’école et se changer en route. Julie l’avait fait aussi quand el le était adolescente. Elle portait un T-shirt normal et, dans le bus scolaire, elle se chan geait et portait une camisole en arrivant à l’école. En hiver, elle partait avec une tuque qu’elle se précipitait d’enlever dès qu’elle avait tourné le coin de la rue et que s a mère ne pouvait plus la voir.
Après sa visite des lieux, l’inspecteur Bergeron se rend à l’hôtel dans lequel le frère d’Amélie a été installé pour la nuit. Dans le corri dor, elle entend de la musique et des voix. Elles proviennent de la chambre de l’adolesce nt. Elle frappe à la porte. Aucune réponse. Elle assène le pan de coups avec son poing , beaucoup plus fort. La porte de la pièce d’à côté s’ouvre.
— J’espère que vous ferez cesser ce boucan. Il y a des heures que ça dure ! On n’a pas fermé l’œil de la nuit.
Julie cogne à nouveau, sans succès. Elle descend à la réception, montre son insigne et demande qu’on lui ouvre la chambre de Kyle Tremb lay. Le réceptionniste passe la carte magnétique dans le lecteur et l’inspecteur Be rgeron entre dans la pièce. Cinq adolescents sont installés sur le sofa, le lit et s ur le sol, à boire et fumer. Il est évident à voir leur air hagard qu’ils ont passé la nuit à fai re la fête.
Elle aimerait se donner une claque au visage. Pourq uoi n’a-t-elle pas demandé à un policier de surveiller l’adolescent ? Il a trouvé s a sœur après un viol agressif et répété et elle n’a pas pensé à le protéger. Il doit être traumatisé et, comme la majorité des adolescents, il fait face en se soûlant et en se droguant. Elle se demande où les adolescents se sont procuré les bières. Aucun ne se mble avoir l’âge légal pour acheter de l’alcool.
— Rentrez tous chez vous. Et j’espère que personne n’aura la mauvaise idée de prendre le volant !
Les quatre adolescents se lèvent tant bien que mal, attrapent leurs effets personnels et partent sans même saluer leur ami. Elle s’installe sur le lit à côté de l’adolescent. Il ne la regarde pas. Son attention est dirigée vers la b outeille de bière qu’il tient à la main.
— Je suis désolée, je n’ai pas pensé à te protéger.
— Je n’ai pas besoin qu’on s’occupe de moi.
— Kyle, tu as trouvé ta sœur dans une très mauvaise posture, battue, violée, n’importe qui serait secoué. J’ai pensé à elle et je t’ai oub lié. Je suis désolée.
— Ce n’est pas la première fois qu’elle passe en premier, j’ai l’habitude.
— As-tu réussi à joindre tes parents ?
— Ouais. Ils seront ici demain. Les vols sont plein s à ce qu’il paraît…
— Bien. Tu viendras t’installer chez moi en attenda nt. J’ai une chambre d’amis.
— Je n’ai pas besoin de gardienne. Je suis presque majeur.
— Non, bien sûr. Mais tu ne peux pas rentrer chez toi maintenant. Et j’ai besoin de t’interroger. Autant que ce soit devant un bon repa s plutôt que dans ce bordel, dit l’inspecteur Bergeron en pointant la pièce.
Des bouteilles de bière jonchent le sol, ainsi que de la cendre et des cigarettes à moitié consumées.
— Va prendre une douche et je range un peu. L’admin istration policière ne serait pas contente de découvrir un extra nettoyage sur la fac ture de la chambre.
Pendant que l’adolescent est sous la douche, elle e n profite pour regarder dans son sac. Un téléphone et un ordinateur portables haut d e gamme. Elle remarque sur le bureau une iWatch classique d’environ 600 $. Elle regarde dans le portefeuille du jeune homme. Permis de conduire établi au nom de Kyle Tre mblay (âgé de 17 ans), cartes de crédit Gold et une carte d’étudiant de l’univers ité McGill. Déjà à l’université avant 18 ans ? Il doit être doué…
Après avoir tout replacé, elle ramasse les bouteil les de bière et les dépose sur le bureau. Quand Kyle Tremblay sort de la salle de bai n, il a l’air un peu plus réveillé. Il attrape sa valise et ils se mettent en route pour l e Plateau Mont-Royal.
L’appartement de l’inspecteur Bergeron est sur l’av enue Laval. Il est au deuxième étage d’une bâtisse blanche avec des volets verts e t des balcons en fer forgé noir. Ils montent un escalier en colimaçon et arrivent sur le balcon, devant la porte du logement. Des géraniums plantés dans des pots recta ngulaires surélevés assurent un peu d’intimité. Julie déverrouille une porte en aci er et ils entrent dans un salon avec planchers en bois franc et décoration blanche et no ire, style New York. La cuisine est séparée du salon par un bar en métal et des taboure ts rouges. Rien à comparer avec le luxe de la maison des Tremblay, mais elle est as sez fière de son intérieur.
Elle a acheté l’appartement il y a plus de dix ans quand le quartier commençait tout juste à être rénové par des bobos chics. Son logeme nt vaut maintenant presque deux fois le prix qu’elle l’a payé. Elle a fait beaucoup d’améliorations pour le mettre au goût du jour, et elle est très fière du résultat. Les ré novations lui ont permis de passer à travers une autre étape difficile de sa vie : la li bération d’un de ses bourreaux.
— La chambre d’amis est la deuxième porte à droite, la salle de bain est juste en face, indique Julie à Kyle.
Pendant que l’adolescent se dirige vers la pièce qu i lui est attribuée pour la nuit, Julie regarde ce qu’elle a au frigo. Comme elle mange rarement à la maison, elle n’a que quelques ingrédients pour faire une omelette jambon -fromage-champignons. Elle passera à l’épicerie plus tard. Le simple menu prép aré, elle appelle Kyle pour qu’il vienne la rejoindre à table.
— Vous allez m’interroger maintenant ?
— J’aimerais mieux que tu me racontes, et si j’ai d es questions, je t’interromps.
— En arrivant à la maison, j’ai vu que la porte d’e ntrée était entrouverte…
— Tu étais où avant de rentrer chez toi ?
— À l’université. Mon cours finissait à 21 heures. Donc je suis entré. J’ai crié le nom d’Amélie. Aucune réponse. En pénétrant, j’ai vu les vêtements dans le salon et les outils de cuisine qui jonchaient le sol. J’ai pensé que ma sœur avait fait une fête, mais je trouvais ça bizarre parce que ce n’est pas son g enre.
— Comment est Amélie ?
— La petite fille parfaite. Parfaite élève, parfaite ballerine… juste parfaite.
— Personne n’est irréprochable.
— Amélie, oui. Elle reste à la maison, sauf pour se s cours de ballet.
— Elle n’a pas d’amis ?
— Si, les autres ballerines. Si elles sortent, c’es t pour aller voir de la danse.
— Continue…
— La deuxième fois que j’ai crié, j’ai entendu un g émissement provenant du premier. Je suis monté. J’ai vu ma chambre sens dessus desso us et j’ai commencé à gueuler parce qu’elle y était entrée sans ma permission. J’ ai vite compris que ce n’était pas ce que je pensais, quand je l’ai vue sur son lit dans l’état… que vous avez constaté. J’ai essayé de m’approcher, mais elle m’a donné un coup de pied. Je suis descendu pour faire le 9-1-1.
— Tu t’es promené dans la maison en attendant la po lice ? Le service technique a relevé des empreintes de pas sur le sol.
— J’ai marché de long en large, j’ai essayé encore de m’approcher d’elle pour la rassurer, mais elle criait dès qu’elle me voyait. C ’est possible que je sois allé partout, je ne savais pas quoi faire, je paniquais. Ma petite s œur…
— Bien sûr, je comprends. Je n’aurais jamais dû te laisser seul hier soir…
Le portable de Julie sonne. Elle répond puis elle d it « J’arrive tout de suite »
— Ta sœur s’est réveillée. Elle ne laisse personne s’approcher d’elle. Je vais aller la voir. Tu veux venir aussi ?
— Non… Je… OK.
Elle comprend son hésitation. Il ne sait comment sa sœur va l’accueillir, si elle ne le laissera pas s’approcher d’elle comme quand il a vo ulu l’aider la veille. Le pauvre semble désemparé, il ne sait pas trop comment se te nir et que dire.
À l’hôpital, elle se dirige vers la chambre d’Améli e. Quand elle y entre, elle voit que la jeune fille est attachée au lit. Elle ressort précipitamment de la pièce.
— Pourquoi est-elle ligotée ? demande-t-elle à la p remière infirmière qu’elle voit.
— Elle a griffé et essayé de mordre tous les employ és qui se sont approchés d’elle.
Elle entend l’adolescente qui crie à tue-tête. Elle se précipite vers la chambre et voit Kyle qui recule lentement vers la sortie.
— Je voulais lui parler, bégaie-t-il. Il part précipitamment de la chambre.
Elle se dirige vers Amélie et s’assoit à côté d’ell e, sur le lit. Elle lui parle doucement jusqu’à ce que la jeune fille se calme. Elle lui po se quelques questions, mais l’adolescente ne fait que la regarder avec des yeux apeurés. Elle veut savoir si elle connaissait son agresseur, puisqu’il n’y avait aucu n signe d’effraction. Mais elle n’obtient aucune réponse à ses questions. Elle essa ie de la rassurer, de lui dire qu’elle trouvera celui qui lui a fait subir de tels sévices , mais elle a besoin de son aide.
Amélie ne réagit pas, sauf en tirant davantage sur les sangles qui la retiennent au lit. Julie la rassure, elle ne lui posera plus de questi ons. Pour l’instant. Mais si elle veut ne plus être attachée, elle ne doit plus attaquer le p ersonnel de l’hôpital. La jeune fille acquiesce de la tête.
L’inspecteur Bergeron cherche une nurse. Elle voit que Kyle est assis dans le corridor.
— Elle s’est calmée. On peut lui retirer les sangle s, dit l’inspecteur à la garde en service.
— Seul son médecin traitant peut en donner l’ordre. Je peux l’appeler, répond-elle.
— Merci. Kyle, tu veux rentrer chez moi ? Viens je te donne la clé. Mais pas de party comme celui d’hier. Mes voisins sont beaucoup moins conciliants que ceux de l’hôtel, et je veux rester en bons termes avec eux.
— Je vais aller chez un pote. Il a un appartement p rès de l’université. Je passerai chercher ma valise avec votre clé et vous la rendre z ce soir. Je pense que vous n’aviez pas terminé votre interrogatoire ? Voici mo n numéro de portable. Appelez-moi quand vous rentrerez.
— OK. Je ne peux pas te forcer à rester chez moi.
— OK. A plus.
L’inspecteur Bergeron regarde Kyle partir. Elle se demande pourquoi il a changé d’idée et ne veut plus habiter chez elle. Si ses parents s ont souvent partis en voyage, il a sans doute l’habitude de prendre soin de lui-même e t il préfère être seul. Peut-être qu’elle lui rappelle trop les circonstances dans le squelles il a trouvé sa sœur ?
Julie s’en veut de l’avoir oublié dans cette histoi re. Elle aurait dû considérer l’état dans lequel se trouvait l’adolescent. Elle n’a pensé qu’ à la jeune fille, sans se soucier de son frère qui a subi un choc émotionnel en découvrant s a petite sœur en mauvaise posture. Qu’avait-il voulu dire par « ce n’est pas la premiè re fois, j’ai l’habitude » ?
Elle retourne dans la chambre d’Amélie pour attendre le médecin. Il arrive quinze minutes plus tard. Peu de temps écoulé qui lui a po urtant semblé interminable.
— Alors, Amélie, on s’est calmée ? demande le médec in d’une voix nasillarde. J’ai failli y laisser un doigt à ma dernière visite.
— Vous la détachez maintenant ?
— Amélie, tu vas être gentille avec nous ?
La jeune fille acquiesce de la tête.
— Toujours aussi bavarde.
— Après ce qu’elle a vécu, on le serait à moins, ré pond Julie Bergeron.
— Bien sûr. Mais ce n’est pas une raison pour attaq uer sauvagement mon personnel. Le Dr Morin viendra cet après-midi. C’est un psycho logue.
— Femme ?
— Non.
— Changez de spécialiste. Trouvez une femme.
— Nous avons les psychologues qu’on a, inspecteur. Ce n’est pas à vous de nous dicter ce qu’il faut faire dans notre hôpital.
— J’ai aussi un diplôme en psychiatrie, cher collèg ue, donc mon avis devrait compter. J’appelle une thérapeute de ma connaissance qui est associée à cet établissement. Elle a l’habitude de traiter des cas de viols aggra vés.
— Bien. Mais si Mlle Tremblay recommence son jeu d’ agression envers le personnel hospitalier, ils auront ordre de la sangler à nouve au, dit le médecin en sortant.
Une infirmière entre pour enlever les lanières. Jul ie sent qu’Amélie lui tient la main, mais sans force. Elle la regarde. L’adolescente ferme lentement les yeux. Puis la nurse appuie sur un bouton pour appeler le médecin. Du sa ng, beaucoup de liquide rougeâtre et poisseux, s’écoule d’entre les jambes de la jeun e fille.
— Pourquoi n’est-elle pas branchée pour la mesure e n continu de la pression et du pouls ?
— Elle a tout arraché en se réveillant, je ne voula is pas lui faire plus de mal en la rebranchant, explique la garde-malade. Regardez sa peau. Il n’y a pas un endroit sans hématome.
Le médecin arrive en trombe. Il palpe le bas du ven tre d’Amélie.
— Hémorragie interne. On l’emmène au bloc opératoire immédiatement.
— Inspecteur Bergeron, serez-vous là à son réveil ? Vous êtes la seule personne qu’elle supporte, demande l’infirmière.
Julie acquiesce. Puis elle essaie de joindre Kyle s ur son portable. Aucune réponse. Elle contacte le poste de police pour connaître les suites de l’enquête.
— Les résultats d’ADN ne sont évidemment pas encore prêts. Les taches de sang correspondent presque toutes à Amélie sauf une retrouvée sur une râpe à fromage. Elle a dû réussir à l’attraper et à frapper son agresseur avec l’outil de cuisine. Selon le