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Phénix

De
346 pages

Après cinq longues années d'absence, le voilà de retour. Depuis sa disparition éclatante, il attendait paisiblement son jour. Et celui-ci est enfin venu. Avec une seule idée, il s'apprête à chambouler la tranquillité de la ville. Lui, qui n'est animé que par la vengeance, s'apprête à agir dans l'ombre la plus totale. Après tout ce temps, quelqu'un saura-t-il le reconnaître ? Quelqu'un pourra-t-il l'arrêter, ou plongera-t-il à nouveau la ville dans la terreur ?


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-00933-1

 

© Edilivre, 2016

Prologue

Mégalopole de sept millions d’habitants, Liberty City est un regroupement d’une multitude d’ethnies et de cultures les plus différentes les unes des autres. La ville, située au bord de la mer, est facilement accessible via son grand port, son immense aéroport international, ainsi que par la multitude de routes et d’autoroutes menant aux terres intérieures.

La ville s’est bâtie autour d’un centre-ville des plus prospères, devenant rapidement le lieu des meilleures entreprises du monde. Au fil du temps, de plus en plus d’entreprises industrielles ou boursières sont venues s’implanter en son sein, permettant ainsi à la ville de regrouper les plus innovantes des avancées technologiques. Grâce à cela, la ville connut rapidement un essor des plus remarquables, amenant une richesse jamais vue. Toutes sortes d’entreprises se sont créées, que ce soit dans la mode, la cosmétique de luxe, l’industrie lourde, la pêche, le tourisme… Ainsi, la ville attira des personnes plus riches les unes que les autres.

Toutefois, au fil du temps, cette richesse amena également son lot de pauvreté et, surtout, de délinquance. Si Liberty City était connue pour sa splendeur et sa richesse, elle l’était encore plus pour son taux de criminalité excessivement élevé. Au fil des années, une économie parallèle vit le jour ; désormais, celle-ci influence fortement les affaires légales de la ville. Ainsi, durant des années, d’innombrables guerres de gangs se déroulèrent en son sein, visant à placer certaines personnes à la tête de la ville. Cependant, personne ne put prendre le contrôle. Finalement, au bout de plusieurs années de lutte, cinq familles sortirent du lot ; ensemble, elles signèrent un traité de paix permettant à chacune d’elles de garder le contrôle des territoires acquis jusqu’alors.

La première, la famille McFadden, dirigée par Erwan McFadden, contrôle toute la partie ouest de la ville.

La deuxième, la famille Zaleski, dirigée par Ivan Zaleski, contrôle la partie est de la ville.

La troisième, la famille Maldonado, dirigée par Mathieu Maldonado, contrôle le sud de la ville.

La quatrième, la famille Carlier, dirigée par Gabriel Carlier, contrôle tout le nord-est de la ville.

La cinquième, la famille Roux, dirigée par Arthur Roux, contrôle tout le nord-ouest de la ville.

Malgré cette paix, chacun d’eux espère encore pouvoir prendre le pouvoir tout seul et tout diriger.

Au fil des années, ces rivalités entraînèrent beaucoup de dégâts mais une paix put voir le jour. Celle-ci était des plus fragiles qui soient si bien qu’une simple petite flamme pouvait faire reprendre la braise encore chaude de la terreur.

Au milieu de tout cela, les policiers, dirigés par la commissaire Emma Lorenzi, essaient tant bien que mal d’éviter que tout ne dégénère. Avec le peu d’hommes et de femmes encore non corrompus par ces gangs, elle tente d’apaiser la situation et de démanteler ces derniers.

Alors que la ville semble entrée dans une routine quotidienne faite de vols, de viols, de braquages, de règlements de compte en tous genres et de tout un tas d’autres choses, une ère nouvelle s’annonce à petits pas. Une ère que même la commissaire, de nature si perspicace, n’a pu prévoir. Une ère qui allait voir une grande menace se profiler à l’horizon. Une menace du passé qui pourrait bien modifier l’ordre établi jusqu’alors.

1

Mardi 8 mars 2016
Liberty City, quartier ouest
20 h 00

En ce début de soirée, le quartier ouest de Liberty City, habituellement explosif à cause des courses de voitures, se trouvait, depuis plus d’une semaine, très calme. Cela était dû à la neige abondante qui tombée ces derniers jours, rendant les routes impraticables, extrêmement dangereuses, et les courses totalement impossibles. Cette neige ennuyait, non seulement les coureurs, mais également les dealers et les voleurs, à qui le bruit des courses permettait de réaliser leurs activités à l’abri des regards.

Toutefois, cette météo arrangeait les habitants qui, pour une fois depuis très longtemps, pouvaient vivre et dormir sans être dérangés par le bruit. C’était le cas également pour les policiers du quartier, qui pouvaient alors consacrer entièrement leur attention sur la famille McFadden, qui contrôlait toute la partie ouest de Liberty City.

Les membres de cette famille faisaient dans les affaires de vol, de drogue. Les policiers avaient énormément de mal à en arrêter les principaux chefs, surtout leur leader, Erwan McFadden. Jusqu’à présent, rien ne leur permettait de remonter jusqu’à lui, et ils n’avaient aucun contact avec une personnalité du milieu. Erwan McFadden était protégé par certains policiers qu’il achetait, mais également pour ses différentes affaires dans des sociétés fructueuses. Cela avait tendance à mettre en colère la commissaire de police de la ville, qui se trouvait démunie face à ce personnage.

Malgré ce calme de quelques jours, elle avait envoyé des policiers, qu’elle jugeait fiables, afin de trouver des preuves, ou quoi que ce soit pour démontrer qu’Erwan McFadden et la famille McFadden contrôlaient bien ce territoire.

C’est donc dans ce calme, dérangeant pour certains et reposant pour d’autres, qu’Erwan McFadden reçut chez lui, son avocat Alexandre Grenier et ses trois adjoints, Nick O’connor, Marc et Julien Bennes. Durant près de deux heures, il les écouta parler à tour de rôle.

Concernant ses affaires légales, son avocat lui fit état de bonnes avancées sur la reprise des docks qui devraient lui appartenir d’ici la fin de la semaine. Les trois autres sociétés qu’il possédait se portaient à merveille et venaient de réaliser des plus-values plus importantes que celles de l’année précédente.

– Bien, bien ! fit-il. Ça veut dire que, d’ici la fin de la semaine prochaine, les docks m’appartiendront ?

– Oui, lui répondit Alexandre Grenier, sans problème. Tu pourras te servir des docks pour tes autres affaires très rapidement.

Cela le fit sourire et, tout en secouant la tête de haut en bas, il pensa aux différentes possibilités que cela lui offrait, et surtout à une chose, le contrôle des entrées et sorties de la drogue qui circulait par là avec facilité.

Tout en réfléchissant aux prochaines acquisitions intéressantes qu’il pourrait mener dans l’avenir, Erwan se tourna vers Nick O’connor.

Nick l’avait rejoint dès le début de ses activités et était devenu son bras droit dans toutes les affaires de drogue, de l’acheminement au stockage, et jusqu’à la revente. Il le regarda et lui dit :

– Dès que l’on aura acquis les docks, ce sera à toi de jouer. La drogue transitera par cet endroit via les bateaux de pêche.

– OK, je ferai le nécessaire, lui rétorqua Nick. J’ai déjà repéré quelques pêcheurs qui pourront rentrer dans nos affaires sans problème.

Cela ravit Erwan.

– Par contre, le prochain stock arrive demain dans la soirée.

Erwan l’écouta avec attention.

– Pour cette arrivée, il n’y aura pas de problème, j’ai déjà tout organisé. Le souci c’est que le stock précédent est bien loin d’être écoulé.

– Combien il en reste ? demanda Erwan assez sèchement.

Nick savait que la réponse n’allait pas du tout plaire à son boss, si bien qu’il commençait à se sentir mal à l’aise.

– Combien Nick ? répéta-t-il.

– À peu près un quart de la marchandise, répliqua Nick.

Il vit sur le visage de son boss que cette réponse était très loin de le satisfaire, et il se décida à trouver quelques excuses.

– Tout ça, c’est la faute de ce foutu temps de merde. À cause de cette neige, nos gars n’ont pas pu bosser comme il faut. La plupart de nos habitués ne sont pas sortis de chez eux.

Aux regards que lui lança son boss, cette excuse était loin de l’apaiser.

– En plus de cela, comme aucune course n’a pu avoir lieu, les flics ont profité de ce calme pour se lancer à la poursuite de nos gars.

– Vas-y, dis tout de suite que tout est de ma faute tant que tu y es ! lui lança avec énervement Marc Bennes.

Marc faisait partie de la famille depuis deux ans déjà, et avait eu la bonne idée d’organiser des courses de voitures dans toute la ville, afin de pouvoir occuper les policiers pour réaliser d’autres méfaits. Cela avait si bien marché, qu’au fil du temps, ces courses étaient devenues une toute nouvelle activité qui rapportait pas mal d’argent.

– Si tes courses s’étaient déroulées, j’aurais pu faire écouler tout mon stock comme prévu, répliqua avec colère Nick.

La réplique de Marc se fit entendre dans toute la maison :

– T’as déjà essayé de rouler avec ta caisse sur 5 cm de neige ? T’imagines le bordel que c’est avec une voiture montée et aménagée pour des courses ? Alors arrête avec tes conneries Nick ! Si t’as pas été capable de vendre ta dope, c’est de ta faute et non de la mienne !

Erwan les écouta se disputer sur ce sujet pendant encore quelques minutes. Au bout d’un certain temps, cela commença à l’agacer. Du coup, il tapa du poing sur la table, ce qui eut l’effet escompté puisque tout le monde sursauta, puis il se mit à parler avec agressivité :

– Maintenant ça suffit avec vos conneries ! Je me fous qu’il neige, qu’il pleuve ou qu’il fasse tout autre temps pourri. Les affaires sont les affaires, quoi qu’il puisse arriver. Est-ce assez clair ?

Tout le monde acquiesça d’un hochement de tête, et Erwan pu continuer à parler :

– Écoutez-moi bien ! Que les choses soient claires. Si cela se reproduit, vous me faites le ménage de deux ou trois personnes. Ça devrait inciter les autres à bosser comme il le faut. Compris ?

– Compris boss, répondirent ensemble Marc et Nick.

Erwan regarda Julien Bennes, son troisième bras droit, qui l’avait rejoint il y a peu de temps. Son frère Marc avait tout essayé pour qu’il ne rentre pas dans les affaires de la famille mais, malgré tous les avertissements, Julien avait su se montrer intelligent et à la hauteur de tout. C’est pourquoi Erwan l’avait recruté et l’avait promu assez rapidement responsable de toutes les activités de chantage, de règlement de compte, et surtout de protection de toutes les entreprises de l’ouest. Enfin… « protection », pour eux, c’était surtout une sacrée rentrée d’argent tous les mois, puisque cette protection, comme il l’appelait, était loin d’être gratuite.

– Julien. Dis-moi que, de ton côté, tu as de bonnes nouvelles et que ce temps de merde ne t’as pas empêché de bosser.

– Au contraire, répondit-il, tout s’est passé comme sur des roulettes ! Toutes les entreprises ont bien payé leur charge mensuelle.

Julien prit la mallette à ses pieds et la donna à son boss, qui l’ouvrit. Après vérification, celui-ci fut satisfait et releva la tête vers Julien, qui continua son rapport.

– Et puis nous nous sommes également occupés des frères Ritelli. Maintenant, ils regardent les poissons dans la mer, fait-il remarquer avec cynisme.

– Enfin des affaires qui roulent ! remarqua Erwan. Prenez exemple ! dit-il en regardant Marc et Nick.

Cette phrase était loin de leur plaire mais, par respect pour leur boss, ils ne répliquèrent pas.

Erwan en avait un peu marre de leurs disputes continuelles, comme de devoir les remettre à leur place en permanence ou leur rappeler de faire passer l’intérêt du gang avant le leur.

Après cette petite discussion avec Julien, Erwan sortit une enveloppe d’un tiroir de son bureau et la lui tendit en lui disant :

– Ta prochaine affaire.

Julien prit l’enveloppe et y trouva une adresse et une photo de deux hommes, qui ne devaient avoir pas plus de 20 ans. Tout en regardant les photos il demanda :

– Que dois-je faire d’eux ?

– Tu leur exploses les deux jambes, répondit Erwan sans sourciller.

Cela lui parut étrange de leur casser uniquement les deux jambes, alors il demanda sur un ton interrogateur :

– Seulement les deux jambes ?

Sur quoi, le boss répondit aussi sec :

– Oui, que les jambes, ces deux petits cons sont de simples voleurs qui n’ont pas pris la peine de nous contacter avant de faire le moindre coup sur notre territoire. Alors tu vas les voir et tu leur casses les deux jambes, puis tu leur expliques la situation. S’ils recommencent, tu auras le droit de les tuer ou, s’ils le souhaitent, ils peuvent nous rejoindre.

Après l’avoir écouté avec attention, Julien acquiesça d’un signe de la tête.

– Ah, et tu prendras avec toi le petit nouveau de ton équipe. Ainsi nous verrons s’il a de quoi faire un bon membre de la famille.

– OK pour moi boss, répondit Julien. Mais, s’il ne fait pas l’affaire, il disparaîtra.

– Ça me va, répliqua Erwan.

Après quelques minutes, Nick, Julien et Marc finirent par partir et rentrèrent chez eux.

De leur côté, Erwan et Alexandre restèrent quelques instants de plus à discuter et à compter l’argent que leur avaient apporté les trois adjoints. Une fois cet argent compté, Erwan garda une petite partie de la somme, qu’il planqua dans la maison, au cas où il faille quitter la ville. Quant à Alexandre, il proposa d’envoyer l’argent vers les îles.

Pendant ce temps-là, à l’extérieur, devant la propriété, deux vigiles attendaient et surveillaient les devants et l’entrée de la propriété. Ils profitèrent de la situation pour discuter du match de foot de la veille, et leur discussion paraissait assez houleuse, puisqu’ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord.

Durant leur conversation, ils remarquèrent qu’au bout de la rue, sur le même trottoir qu’eux, quelqu’un arrivait. Ils stoppèrent leur conversation pour observer cette personne qui se baladait à 22 h 15 en plein froid. En regardant d’un peu plus près, l’un d’eux remarqua que cette personne était couverte d’un long manteau noir. La tête était couverte par une capuche noire et lui était impossible de voir le visage de cette personne. Mais, surtout, elle titubait de droite à gauche. L’un d’eux fit une remarque à l’autre :

– Et allez, un ivrogne de plus dans cette ville !

Cette phrase les fit rire et réchauffa un petit peu l’atmosphère.

Ils continuèrent à le regarder avancer difficilement et se moquèrent de lui, tout en restant sur leurs gardes, au cas où quelqu’un oserait attaquer.

L’ivrogne continuait d’avancer et, plus il se rapprochait d’eux, plus ils pouvaient voir de détails, comme le fait qu’il cachait ses mains dans son manteau à cause du froid. Une fois arrivé à leur hauteur, l’un des deux vigiles s’avança sur le trottoir et s’adressa à l’ivrogne :

– Alors mon vieux, on a du mal à marcher droit !? dit-il sur un ton moqueur qui fit marrer son compère du soir.

Mais, avant qu’il pût dire quoi que ce soit de plus, l’ivrogne leva la tête et sortit de ses manches deux pistolets avec silencieux et tira rapidement. Avant même que les deux vigiles ne réagissent, ils prirent une balle en pleine tête et tombèrent raide morts sur le sol.

L’ivrogne s’avança doucement, tout en se collant contre le mur de la propriété. Il laissa dépasser son arme à feu à l’entrée de la propriété et tira un coup. Ce coup explosa la caméra de surveillance qui se trouvait au-dessus du porche d’entrée.

– Plus que deux ! dit-il à voix haute.

Il passa devant les deux corps. En enjambant le premier, il dit avec calme, à haute voix :

– Et alors du con, qui c’est qui a du mal à marcher maintenant ?

Il avança devant l’entrée de la propriété, leva la tête, contempla la propriété, et se remémora l’emplacement de chaque pièce. C’était comme sur les plans qu’il avait réussi à obtenir quelques semaines plus tôt.

Pour cela, il s’était introduit en pleine nuit dans la mairie et avait accédé au cadastre de la ville. Là, il avait trouvé les plans de cette maison, en avait fait une copie et était reparti en prenant soin de tout remettre à sa place, comme si rien ne s’était passé. Durant les quelques semaines qui avaient précédé ce jour, il avait étudié chaque plan et pris note de l’emplacement de chaque pièce. Cette demeure était assez grande, aux alentours de 150m². Les chambres, la salle de bains et des toilettes se trouvaient à l’étage supérieur, tandis qu’au rez-de-chaussée se trouvaient la cuisine, le salon salle à manger, des toilettes, un cellier et un bureau. Sur les plans, apparaissait l’emplacement des caméras vidéo. Une au-dessus de la porte d’entrée et qui couvrait tout le devant de la maison, les deux autres se trouvaient aux abords de la propriété et couvraient une partie du devant de la maison, jusqu’au bout. Ainsi avait-il remarqué qu’aucune zone d’ombre n’avait été laissée pour quiconque souhaitait rentrer sans être vu. Alors il ne lui restait qu’une solution, détruire les caméras avant de rentrer.

Il remarqua également que, sur le plan, on apercevait un renfoncement d’une cinquantaine de centimètres dans le mur nord du bureau. Pour lui, cela ne voulait dire qu’une chose, cet emplacement cachait un petit coffre-fort. Ayant trouvé l’emplacement de ce qu’il recherchait, il observa nuit et jour les allées et venues dans la propriété.

Après ces quelques semaines d’observation, il avait pu déterminer un créneau d’intervention. Il avait noté que tous les mardis soir, de 20 heures à 22 heures, Erwan McFadden recevait chez lui son avocat et ses trois subordonnés, et que sa femme et sa fille s’absentaient durant la soirée et ne rentraient qu’aux alentours de 23 heures.

En général, les trois subordonnés étaient les premiers à partir, l’avocat ne partait que quelques minutes plus tard. C’est ainsi qu’il détermina que la meilleure des frappes possibles devait se dérouler après que les subordonnés soient partis, alors qu’Erwan et son avocat seraient seuls dans la maison. Il pourrait ainsi accéder au coffre et trouver une partie de ce pourquoi il était en ville, mais, par-dessus tout, il voulait les éliminer tous les deux.

Ces disparitions faisaient partie d’un vaste plan qu’il avait organisé depuis très longtemps et qui mettrait à mal l’ensemble de la pègre de Liberty City. La disparition de leur chef et de son avocat pourrait les mettre hors d’état de nuire. Il misait sur le fait que les trois adjoints d’Erwan ne pouvaient s’entendre, ce qui les amènerait certainement à se combattre les uns contre les autres pour obtenir le pouvoir.

Mais, surtout, ces deux disparitions les mettraient très vite à court d’argent, puisque la police se verrait dans l’obligation de perquisitionner le bureau de l’avocat et pourrait donc remonter à l’ensemble des comptes en banque et avoirs d’Erwan.

Ainsi, les affaires illégales et secrètes seraient révélées au grand jour, ce qui créerait une dispute au sein même de la famille McFadden. Ils se battraient entre eux pour le pouvoir et, surtout, ils devraient sûrement combattre les autres gangs de la ville qui essaieraient de profiter de leur situation de faiblesse. De ce fait, le chaos règnerait en ville, et c’était justement ce dont il avait besoin.

Il n’espérait plus qu’une seule chose, que tout le monde face son boulot correctement.

Avant de passer l’entrée, il réitéra l’attaque sur les deux autres caméras de surveillance, qui se trouvaient sur les abords de la propriété. Maintenant, il pouvait circuler dans la propriété comme bon lui chantait, sans être vu. Tout en s’avançant vers la porte d’entrée, il rangea une de ses armes et garda l’autre dans sa main droite. Il s’approcha de la porte d’entrée, posa sa main gauche sur la poignée et ouvrit délicatement la porte, entra et referma celle-ci, le tout dans un silence absolu.

Une fois la porte fermée, il se retourna et se trouva dans le hall d’entrée.

Devant lui se dressait l’escalier qui donnait aux chambres et, à sa droite, le couloir qui donnait directement au bureau. Il commença à se diriger dans ce long couloir non éclairé, et dans lequel il arrivait à repérer des tableaux accrochés aux murs. Ce couloir était dépourvu de table et de meuble mais permettait à quiconque de circuler aisément. Plus il avançait, mieux il entendait la discussion menée dans le bureau qui se trouvait tout au fond du couloir sur la gauche. Au bout de quelques mètres, il s’arrêta devant une double porte ouverte, qui donnait sur le salon salle à manger, et écouta attentivement la conversation qui était sur le point de se terminer. Afin de n’éveiller aucun soupçon quant à sa présence, il entra dans le salon et se plaqua contre le mur de gauche, d’où il pouvait visualiser la porte d’entrée tout en restant dans le noir absolu. Il continua à écouter ce qui se disait dans le bureau en attendant que l’avocat s’en aille. Durant le prochain quart d’heure, Erwan resterait seul dans son bureau, à sa merci. L’heure de la confrontation approchait et il n’était plus qu’à quelques minutes et mètres de son objectif. Toutefois, il restait dans un calme effroyable, écoutant attentivement tout ce qui se passait.

– Parfait tout ça ! dit Erwan. Je crois que c’est tout pour ce soir, à moins que tu n’aies autre chose à me dire.

– Non, rien d’autre, répondit Alexandre. Si nous avons fini, je vais te laisser. Avec ce temps de merde, ma femme s’inquiète que je prenne la voiture pour bosser.

Cette phrase fit rire Erwan.

– Je m’occupe de ces transferts dès demain, et je te tiens au courant de l’avancée du rachat des docks, ajouta-t-il tout en rangeant ses affaires.

Il salua Erwan puis sortit du bureau, laissant la porte légèrement entrouverte, et s’avança dans le couloir en le laissant dans le noir.

De son côté, l’intrus, écoutant toujours ce qui se passait, se préparait à recevoir l’avocat. Il le vit passer dans le couloir, s’approcher de la porte d’entrée et l’ouvrir. À ce moment-là, il s’avança doucement dans le couloir et s’approcha assez près pour lui tirer une balle en pleine tête. Avant que le corps ne tombe au sol et fasse du bruit, l’intrus le plaqua délicatement contre le mur et, de sa main gauche, attrapa la mallette de travail. Il la posa au sol puis y posa discrètement le corps d’Alexandre. Avant de refermer la porte pour faire croire que celui-ci était bien sorti, il ouvrit la mallette et y vit quelques documents de travail, et surtout beaucoup d’argent. Il décida alors de garder cette mallette, qui pourrait lui être utile à l’avenir.

Quand la porte se referma, pour Erwan, cela voulait dire que son avocat était bien sorti. À aucun moment il ne se douta qu’un intrus avait réussi à rentrer dans sa maison et avait tué son avocat. Et c’est en toute inconscience qu’il se remit au travail.

Une fois le contenu de la mallette vérifié, l’intrus se releva et se dirigea vers le bureau avec, dans sa main gauche, une mallette remplie d’argent et, dans sa main droite, le pistolet avec le silencieux qu’il venait d’utiliser. Arrivé devant la porte du bureau, il regarda par la petite ouverture de la porte et resta là, planté, à observer Erwan McFadden ranger tout un tas de paperasse. Dans sa tête, tout se passait comme il l’avait prévu, et son calme était toujours présent. À aucun moment il n’avait éprouvé le moindre sursaut d’émotion quant à ce qu’il venait de faire.

Au bout d’un petit quart d’heure, Erwan, qui venait de finir de ranger ses documents, se leva de sa chaise, fit le tour de son bureau pour se diriger vers la porte, l’ouvrit, et tomba nez à nez sur un pistolet pointé sur sa tête par un intrus.

– Qu’est-ce que c’est ?! demanda-t-il d’un air surpris.

– Bonsoir Erwan, répondit sèchement l’intrus. Je te conseille d’éviter les gestes brusques.

Durant quelques secondes, Erwan se trouva totalement désemparé, et une foule de questions se précipitèrent dans sa tête. Après ces quelques secondes de stupeur, il se ressaisit et commença à parler avec énervement et colère :

– Tu sais qui t’es en train de braquer mon gars ? Je vais te donner un petit conseil… Pose ton arme et va-t’en. Avec un peu de chance, je serai clément.

Cette phrase fit sourire l’intrus qui, pour désamorcer la colère d’Erwan, finit par lui tirer une balle dans l’épaule gauche, qui le fit reculer et mettre un genou à terre. Toujours avec calme, l’intrus lui dit :

– Je sais qui tu es et j’en ai rien à foutre. Tu vas m’écouter attentivement et tu feras ce que je te dis. Compris ?

L’intrus rentra dans le bureau et referma la porte derrière lui avec le pied. Il regarda Erwan se remettre debout tout en mettant la main sur son épaule gauche, qui saignait et lui faisait extrêmement mal. Durant ce laps de temps, Erwan remarqua qu’il avait une mallette dans sa main gauche, qui ressemblait fortement à celle d’Alexandre. Si tel était le cas, est-ce qu’Alexandre était mort ? Mais surtout, si c’était bien elle, cela l’embarrasserait beaucoup car, dedans, il y avait beaucoup d’argent et des papiers importants pour lui.

L’intrus remarqua le regard interrogateur d’Erwan quand ses yeux se posèrent sur la mallette. Avec un sourire narquois et sadique, il répondit à son regard :

– C’est bel et bien la mallette de ton cher avocat, si tu te le demandes.

Il voyait la peur apparaître dans son regard et comprit qu’il était en train de prendre le dessus et que, bientôt, Erwan ferait ce qu’il lui demanderait. Il décida donc de l’achever un peu plus avec d’autres révélations.

– Si tu te poses la question, sache qu’il est mort, son cadavre gît actuellement devant la porte d’entrée, dans la maison bien sûr.

Erwan remarqua que son interrogateur n’avait à aucun moment montré la moindre émotion et qu’il était d’une nature calme, qui avait tendance à l’ébranler. Finalement, après quelques secondes durant lesquelles l’intrus posa la mallette au sol, il se remit de ses émotions et se décida à poser quelques questions :

– Comment êtes-vous entré dans ma maison ?

– Comme tout un chacun, répondit-il, par la porte d’entrée.

Erwan fronça les sourcils et, sur son visage, on pouvait voir un air interrogateur, auquel l’intrus répondit :

– Ne me regarde pas avec ce regard interrogatif. Si je suis là, c’est que tes deux vigiles sont morts.

Dans sa tête, Erwan se dit que cela voulait dire que les caméras avaient tout enregistré et, comme elles sont reliées directement à des écrans d’une société de surveillance qu’il possède, cela voudrait dire que d’autres vigiles ne devraient plus tarder à arriver.

Tout en faisant les cent pas devant lui, l’intrus continua de parler :

– Ah ! Tant que j’y suis… J’ai évidemment détruit les trois caméras de surveillance de ta propriété, et sans me faire remarquer. Mais bien sûr, avant de venir, je me suis occupé personnellement de ta société de surveillance auxquelles sont raccordées tes caméras de surveillance.

– Comment ça occupé !? rétorqua Erwan avec un air inquiet.

Tout en souriant, l’intrus lui garantit d’une chose :

– Ça serait trop long à t’expliquer… Toutefois, ce que je peux te dire, c’est qu’ils ne risquent pas de nous déranger.

Merde ! se dit Erwan au fond de lui. Il comprit à ce moment-là que, pour lui, tout était foutu. Que cet homme qu’il ne connaissait pas voulait le tuer et qu’il le ferait sans hésiter. Mais une chose le tracassait. Que lui voulait cette personne ? Il décida donc de prendre la parole :

– Dis-moi, pourquoi es-tu là ? Que comptes-tu faire avec cette mallette ? Pour qui travailles-tu ? un autre gang ?

Il espérait que ces questions le fassent a minima réagir mais, au contraire, il continua à parler sur le même ton calme et serein, comme s’il n’était pas surpris.

– Tout d’abord, sache que je ne rends de compte à personne. Je suis mon seul maître.

En entendant cela, d’autres questions venaient à l’esprit d’Erwan. Comment quelqu’un qui ne travaillait pour personne avait réussi à entrer dans sa maison. Il se décida à continuer à l’écouter parler.

– Ensuite, la mallette. Tout ce qu’il y a à l’intérieur ne m’intéresse pas. Néanmoins, l’argent peut me servir à l’avenir, alors j’ai décidé de la garder. Toutefois, je peux te rendre les documents, je m’en fous royalement.

Il lui poussa avec le pied la mallette et lui fit signe qu’il pouvait récupérer les documents en question. Erwan s’exécuta, mais, pendant qu’il réalisait cette petite transaction, il se demanda ce qui pouvait pousser quelqu’un à agir comme il le faisait. Il ne veut, ni argent, ni acte de cession d’entreprise, alors que veut-il ? Une fois les documents récupérés et la mallette refermée, il poussa celle-ci en direction de l’intrus, et l’écouta.

– Pour finir, si je suis là, ce n’est que pour une seule chose.

La surprise était de taille pour Erwan. Il a fait tout cela pour une chose… Laquelle ?

L’intrus répondit rapidement à la surprise et à l’interrogation qu’il pouvait lire sur le visage d’Erwan :

– Je veux que tu m’ouvres le coffre qui se trouve derrière ce tableau, dit-il en le lui montrant avec son arme.

Le coffre !? Comment sait-il qu’il se trouvait ici ? Et que s’y trouve-t-il qui peut bien l’intéresser ?

Durant ces quelques secondes de surprise, il se mit à réfléchir et trouva la réponse.

– Alors comme ça, ce que tu veux, c’est savoir…

Mais l’intrus lui coupa rapidement la parole, car le temps passait et il était vraiment pressé :

– Ce que je veux ne regarde que moi, personne d’autre, alors dépêche-toi d’ouvrir le coffre !

Cette remarque sèche montrait l’impatience qui montait en lui. Erwan, voyant cela, essaya de profiter de cette situation pour le pousser à se mettre en colère. Avec un peu de chance, il arriverait à le désarmer. Mais avant qu’il n’ouvre la bouche pour parler, l’intrus prit les devants :

– Écoute-moi bien Erwan. Le temps passe, ta femme et ta fille vont bientôt arriver, et tu ne voudrais pas qu’il leur arrive quoi que ce soit.

– Ne leur fais pas de mal, tu m’entends ! répondit-il avec peur.

– Si tu ne veux pas qui leur arrive quoi que ce soit, je te conseille d’ouvrir ce coffre tout de suite, répliqua l’intrus avec fermeté.

Erwan n’eut d’autre choix que de s’exécuter. Il s’avança vers le tableau, le décrocha du mur, et ouvrit le coffre avec une combinaison de chiffres que seuls lui et sa femme connaissaient.

– Voilà, et maintenant ? dit Erwan.

– Maintenant ? répéta l’intrus. Eh bien, adieu !

Sur ce mot, il tira deux fois. La première balle le toucha en pleine tête tandis que la seconde atterrit en plein cœur. Le corps d’Erwan tomba durement sur le sol et, sur son visage, on pouvait encore voir la surprise et la peur.

Durant les derniers instants de sa vie, il pensa à sa femme et sa fille. Allait-il les tuer ou les laisserait-il vivre ? Puis, sur cette dernière pensée, ce fut le noir total, à jamais.

Une fois le corps au sol, l’intrus s’avança vers le coffre. Celui-ci était rempli de bijoux, de diamants, de billets de banque et d’un porte-documents.

Il récupéra ce porte-documents et se dirigea vers le bureau, où il s’installa. Il posa son arme sur le bureau et ouvrit le porte-documents, d’où il sortit une liasse de papiers. Il commença à vérifier chaque document et mit de côté tous les papiers concernant des comptes en banque dans des paradis fiscaux, des activités d’entreprises fictives et d’entreprises légales et réelles qui avaient l’air de plaire à Erwan. Peut-être avait-il l’intention de les acheter ? Il continua à faire tourner les documents et tomba sur une enveloppe marron.

Il l’ouvrit et en sortit des photos, prises sous plusieurs coutures, d’un homme d’une quarantaine d’années. Des documents sur toutes les activités de cette personne étaient joints à ces photos. En parcourant l’ensemble de ces documents, le sourire lui venait aux lèvres. Il venait de trouver ce pourquoi il était venu et était satisfait de lui.

Finalement, au bout de quelques minutes, il rangea les documents qu’il venait de trouver dans la mallette d’Alexandre.

Afin de s’assurer que personne ne découvre les raisons de sa venue, il remit tous les papiers dans le porte-documents, qu’il reposa dans le coffre-fort, et referma celui-ci.

À ce moment-là, il entendit une voix de femme crier de peur :

– Chéri !

Il comprit que la femme d’Erwan venait de débarquer, et donc de tomber sur les trois cadavres qu’il avait pris soin de laisser en vue. Ayant pour conviction personnelle de ne jamais s’attaquer à une femme ou à des enfants, il décida d’ouvrir la fenêtre du bureau, sauta à l’extérieur avec la mallette, et s’enfuit dans la nuit.

La femme d’Erwan arriva en courant jusqu’à la porte du bureau. Là, son cœur battit la chamade. Sa fille, présente à ses côtés, lui agrippa la main gauche, et la peur se faisait sentir.

En ouvrant la porte, elle remarqua la fenêtre ouverte et, quand son regard se posa au sol, elle vit son mari gisant, ensanglanté. Elle se mit à hurler de douleur et tomba à genoux, tout en serrant sa fille dans ses bras, qui pleurait et hurlait de peur et de chagrin.

2

Mercredi 09 mars 2016
Quelque part dans Liberty City
00 h 30

John marchait paisiblement dans les rues bondées du centre-ville, où les immeubles d’affaires encombraient le ciel. La hauteur de ces immeubles l’avait toujours impressionné, si bien qu’à chaque fois qu’il circulait parmi d’eux, il ne pouvait s’empêcher de regarder en l’air pour essayer, tant bien que mal, de scruter le ciel, sans toutefois y parvenir. À la longue, il avait l’impression de manquer d’oxygène et d’étouffer.

Tout autour de lui, les gens étaient si pressés. Tellement pressés qu’il arrivait qu’ils se bousculent sans même se dire le moindre pardon. Certains parlaient au téléphone. D’autres marchaient tellement vite qu’on aurait dit qu’ils couraient un marathon. D’autres, en revanche, préféraient écouter de la musique… Bref, chacun était dans son petit monde et personne ne s’adressait la parole.

Cetendroit n’a plus rien d’expressif, tout est terne et sans saveur, pensa-t-il.

Après quelques minutes de marche dénuée de sens, il arriva devant un des immeubles les plus imposants. Il y entra précipitamment et se dirigea vers l’ascenseur. Il attendit ce dernier et y monta. En à peine quelques secondes, l’ascenseur fut bondé. Il n’y avait même plus un centimètre carré de place pour qui que ce soit d’autre et il y avait à peine de la place pour respirer. Il resta bloqué pendant plusieurs minutes jusqu’à ce que l’ascenseur arrive, enfin, au quarante-deuxième étage. Là, il sortit en bousculant quelques personnes. Une fois dehors, il respira un bon coup et reprit sa marche.