Pourpre

-

Livres
114 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description


Des personnages touchants et une intrigue bien élaborée qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne !


En plein cœur du pays des Corbières, des enfants sont retrouvés sur un puits, morts. Les cadavres s’empilent autour de Rennes-le-Château. Appelé à la rescousse, l’inspecteur Antoine Bourgnon rejoint la SRPJ de Montpellier. Des symboles relient toutes les victimes.


Une ancienne affaire non résolue refait surface. Quel secret se cache derrière une industrie pharmaceutique ? Antoine Bourgnon y perd son latin. Va-t-il réussir à assembler toutes les pièces du puzzle sans y perdre son âme ?


***



Extraits :


« Soudain, elle n'entendit plus un bruit, le silence total, même pas un oiseau qui piaffait. Elle stoppa sa course, en sueur, se tenant la poitrine pour reprendre son souffle. C'est là qu'elle le vit devant elle, immobile. Elle comprit à son regard froid, déterminé, que c’était fini, et elle se mit à hurler. »


« Rien ne se passait comme prévu. Cela faisait des années qu'elle se préparait à ce jour, des centaines de jours à ruminer, des milliers de secondes à espérer une délivrance, et rien, elle ne ressentait rien, juste une peur d'échouer. La plupart des personnes jubilaient lors du premier pas. Elle ne vivait qu'en repensant à l'Erreur, celle qui l'avait amenée au point de non-retour, celle qui avait fait d'elle ce qu'elle était. Une ombre, rien qu'une ombre.


« Tu te souviens de ces rêves dont tu me parlais, de ce temps qui te pesait, de cette frustration que tu vivais ? Tu te souviens de tes yeux qui, discrètement, cherchaient les miens, de tes lèvres que tu te mordais, de ton désir que tu cachais ? Parce qu'un jour, je t'ai aimée, ma vie a complètement changé. J'ai détruit la tienne à jamais. Je suis dans une prison aux chaînes d'acier. »

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 15
EAN13 9791034804566
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Pourpre
Sylvie Grignon Pourpre Les enquêtes de l’inspecteur Bourgnon - 6 (Seconde édition) Couverture :Maïka Publié dans laCollection Clair-Obscur Dirigée parJennifer Pereira
©Evidence Editions2019
Note de l’éditeur Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, malvoyant, braille et audio. Tout notre professionnalisme est mis en œuvre pour que votre lecture soit des plus confortables. En tant que lecteur, vous découvrirez dans nos di%érentes collections de la littérature jeunesse, de la littérature générale, des témoignages, des livres historiques, des livres sur la santé et le bien-être, du policier, du thriller, de la littérature de l’imaginaire, de la romance sous toutes ses formes et de la littérature érotique. Nous proposons également des ouvrages de la vie pratique tels que : agendas, cahiers de dédicaces, Bullet journal, DIY (Do It Yourself). Pour prolonger le plaisir de votre lecture, dans notre boutique vous trouverez des goodies à collectionner ainsi que des boxes livresques disponibles toute l’année. Ouvrir un livre Evidence, c’est aller à la rencontre d’émotions exceptionnelles. Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous su3t de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
À mes enfants que j’aime plus que tout, À mon mari, À mes fidèles amis.
Chapitre 1 Leportable déposé sur la table de nuit se mit à vibrer, tirant Stéphanie Rivet de son sommeil. La forme endormie émit un grognement, tapotant le drap an de stopper ce bruit lancinant. Comme à regret, une tête ébouriée t surface, laissant apparaître une tignasse couleur amme et des yeux d’un bleu azur. Stéphanie Rivet attrapa son téléphone, écouta le message sur le répondeur et grimaça. Il ne fallut que quelques secondes à la jeune femme pour sauter dans ses vêtements et enfourcher sa moto. Non loin de là, dans une petite bourgade bien tranquille du pays des Corbières, le lieutenant-colonel Sébastien Mougeon, de la gendarmerie de l’Hérault, se rongeait les sangs. Après avoir travaillé plusieurs années dans la ville rose dont il était originaire, il venait d’être promu, à quarante-deux ans, dans cette région sans histoire où il s’était juré d’avoir une vie calme. Sortant d’une séparation compliquée, il avait obtenu, non sans batailler, la garde de sa lle de six ans durant les congés scolaires et un week-end sur deux. Il lui avait promis une virée inoubliable à Disneyland Paris pour ce pont de Pentecôte. Un long week-end s’annonçait et ces appels en plein milieu de la nuit sentaient le roussi. Le lieutenant Rivet appuya sur l’accélérateur, tout en laissant ses pensées s’envoler. La SRPJ de Montpellier, elle en rêvait depuis des années. Cette célèbre unité avait été créée en novembre 1911 et était l’ancêtre de la police judiciaire actuelle, un lieu aussi prestigieux que le 36 du quai des Orfèvres. Stéphanie était souvent agacée de n’entendre que les louanges des Parisiens, alors que cette unité avait résolu de sacrées enquêtes, comme l’arrestation de la dépeceuse du canal du Midi, en partenariat avec les services de Toulouse. Détachée à cette époque pour donner un coup de main, elle s’était trouvée en première ligne, croisant le regard de la meurtrière, une femme ordinaire qui n’avait pourtant pas hésité à découper les jambes et les bras de sa victime, puis à les emballer dans des sacs plastiques. Elle ne savait pas si ce qui l’avait le plus choquée était cette macabre mise en scène ou la froideur, l’absence de remords, qu’elle avait lues dans ses yeux. Elle se gara devant le grand bâtiment tout en faisant crisser ses pneus, un petit plaisir que seuls les ics pouvaient s’octroyer, laissant sur son passage un nuage de poussière. — Bon sang ! C’est quoi, ce bordel ? hurla une voix. Stéphanie coupa le moteur et s’avança. Un homme la regardait avec animosité. — Vous avez vu ma voiture ? Elle est dans un état ! La jeune femme haussa les épaules. Ce n’était pas trois grammes de nes particules qui allaient salir la BMW. Encore un de ces planqués obsédés par leur caisse ! Sans s’excuser, elle pivota sur ses talons et entra dans l’hôtel de police. Elle enleva son casque qu’elle cala sur sa hanche et salua le vigile de la main. Stéphanie Rivet connaissait l’endroit comme sa poche. Après des études de droit, elle avait passé le concours externe et était sortie major de sa promotion. Elle suivait ainsi, avec dignité, le parcours de Paul Rivet, son père, ancien commissaire divisionnaire, blessé six ans plus tôt dans l’exercice de ses fonctions. Le pauvre homme n’était plus que l’ombre de l’illustre inspecteur, arrivant tout juste à articuler quelques mots. Seuls ses yeux, du même bleu que ceux de sa lle, possédaient encore une lueur d’intelligence. Le bâtiment était presque vide et on pouvait entendre le bruit des pas résonner. L’inspectrice pénétra dans la salle de réunion où plusieurs collaborateurs étaient déjà installés autour
d’une table ovale, les yeux fatigués, sirotant un café comme si cette boisson allait remplacer des heures de sommeil perdues. Ce ne fut qu’une fois assise qu’elle vit l’homme qui l’avait apostrophée. Comment avait-il pu être plus rapide qu’elle ? Elle l’examina à la dérobée. Il n’était pas vilain, petit, le teint plutôt hâlé, l’air renfrogné. À première vue, pas vraiment aimable, le collègue ! Soudain, il planta un regard d’un gris clair dans le sien, sans osciller, sans sourire. Elle ne détourna pas les yeux. Le duel qui se jouait fut interrompu par l’arrivée de Michel Soulier, le commissaire divisionnaire, stoppant les missiles prêts à être envoyés. D’un geste brusque, Soulier alluma un tableau blanc interactif, nouvelle acquisition du poste de police et, tout en tapotant sur l’ordinateur, lança à son auditoire. — Bonjour à tous ! Je suis désolé de vous avoir tirés de votre lit à cette heure, mais nous avons une aaire qui pue sur les bras. Le Groupement de gendarmeries de l’Hérault et le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Montpellier ont été conjointement saisis. C’est pour cette raison que je vous présente le lieutenant-colonel Sébastien Mougeon qui fera équipe avec notre inspectrice préférée, Stéphanie Rivet. La jeune femme, occupée à avaler une gorgée de café brûlant, faillit s’étouer. C’était une blague ? Elle n’allait pas bosser avec « monsieur couteaux dans les yeux » ! L’homme la regardait avec un sourire amusé. Depuis quelques minutes, il observait discrètement Stéphanie, fasciné par les boucles rousses arrivant sous les oreilles. Le tee-shirt noir moulant des formes voluptueuses, le regard couleur océan, le tout formait un ensemble loin d’être repoussant. Soudain, un lourd silence plomba la salle. Une photo s’acha en plein écran. Image insoutenable, l’horreur absolue. Au centre d’un jardin, on pouvait voir un puits où se trouvaient deux enfants nus, disposés en croix. Un vitrail incrusté dans un mur porteur semblait diuser inhabituellement une lumière violette, légèrement pourpre, donnant à la scène un aspect irréel. Stéphanie se racla la gorge avant de questionner. — Où cela s’est-il passé ? — À l’abbaye de Fontfroide. Nul ne disait mot. Mougeon frémit. Ces gosses semblaient avoir l’âge de sa lle. Pour éviter de faire un amalgame, il se mit à penser à sa promesse. À l’eau, Mickey et ses manèges à sensation. Qu’allait-il pouvoir dire à sa lle ? Qu’il devait se farcir une enquête qui sentait déjà le moisi ? Quant à Laura, son ex, il n’osait même pas imaginer les remarques acides qu’elle se ferait un plaisir de lui envoyer en pleine figure. — Qu’est-ce que l’on sait de plus ? interrogea un homme. — Pas grand-chose, reprit Soulier. Les gendarmes à proximité sont allés sur place. Le commissaire divisionnaire s’interrompit. Une femme d’une cinquantaine d’années venait de faire une entrée fracassante, déversant, sur sa trajectoire, un parfum de qualité. — Désolée du retard. J’arrive juste de cet endroit. Jeanne Loiseau, légiste à Marseille. 1 — Pourquoi est-ce une anatomopathologiste de Marseille qui s’occupe de l’aaire ? demanda un inspecteur au fond de la salle. — Stop, jeune homme, coupa la femme. Ne commencez pas à vous faire des lms. J’étais en congé quelques jours près de Béziers et vos services m’ont contactée. Je suis la meilleure de la région dans mon domaine. Je m’en serais bien passée, croyez-moi ! Vous parlez d’un repos ! Ils n’ont pas mis dix minutes avant de me sucrer mes vacances. Vous connaissez cet endroit ? La femme introduisit une clé USB pour faire défiler les photos. — Magnique ! Admirez ! Quelle verdure ! Quand on pense qu’il y a quelques années, en 1986, si je ne m’abuse, un épouvantable incendie s’est déclaré sur le parking que vous voyez à droite. Plus de deux mille hectares ont été détruits. Une catastrophe écologique. La nature a repris ses droits.
— Cette abbaye est-elle encore en activité ? demanda Stéphanie. — Vous entendez quoi par « activité » ? Depuis la séparation de l’Église et de l’État, les moines ont quitté les lieux. C’est maintenant un musée. Entre nous, la plupart des visiteurs sont surtout intéressés par l’ancienne cave, à cinquante mètres à gauche, qui a été totalement réaménagée en cellier de produits « vins et saveurs du terroir ». Sinon, question religion, il n’y a plus de séminaires ociels, pourtant on parle de réunions secrètes dans l’enceinte abbatiale, mais ce sont certainement des rumeurs. — Vous avez déjà une idée de la cause de la mort, interrompit Mougeon. — Pas avant l’autopsie. Je peux juste vous dire que cela ne présage pas une aaire banale. Je suis une férue d’énigmes en tous genres, mais analysez un peu la mise en scène. On est devant un sacrément gros problème. Jeanne Loiseau se leva d’un bond. Les inspecteurs la contemplèrent, perplexes. — Ce n’est pas que je m’ennuie, mais ces petits m’attendent ! Sur le pas de la porte, elle se retourna pour conclure. — Regardez bien !L’Homme de Vitruve.Ça, c’est quelque chose ! La perfection ! Ça ne vous parle pas ? On se retrouve ce soir à dix-huit heures pour le découpage en rondelles.
Chapitre2 — Antoine, bon sang, regarde-moi un peu. J’ai l’air d’une baleine ! L’homme éclata de rire devant tant de mauvaise foi. Son épouse, Adelyse, était purement ravissante avec son teint légèrement doré, ses yeux émeraude qui brillaient de mille feux, sa poitrine gon$ée. Ce n’était pas l’imposant ventre prêt à exploser qui lui enlevait son charme. — Tu crois qu’il va venir au monde un jour, ce *chu gamin ? J’en ai vraiment marre, dit-elle en tournant les talons. Pourquoi ce sont toujours les femmes qui se paient ce type de corvées ? L’inspecteur Antoine Bourgnon se garda bien de répliquer. Il s’enfonça davantage dans sa chaise longue, les pieds en éventail, pro*tant des premiers rayons du soleil. Une barbe naissante auréolait son visage ; un roman policier posé, ouvert, sur son ventre, il respirait la plénitude, se sentant à des milliers de kilomètres de toutes les zones de turbulences, sauf les insupportables crises d’hystérie un peu trop fréquentes d’Adelyse. Il observait d’un œil à demi clos son *ls occupé à construire une tour en Lego, tout en laissant ses pensées s’envoler au-delà de ces derniers mois hivernaux où des dossiers sans grand intérêt lui avaient pourtant pris une partie de son temps. Il savourait ces moments bénis des dieux, loin de la PJ. Adelyse et les hormones ne faisaient pas bon ménage. L’idée d’un second enfant à cinquante-sept ans ne l’avait pas fait bondir de joie, mais supporter le caractère déjà compliqué de son épouse durant neuf mois avait été un exploit et il avait hâte que cela se termine. Cette grossesse les avait tous deux pris par surprise, la jeune femme n’ayant eu aucun désagrément, en dehors de violentes sautes d’humeur et ayant mis son retard de règles sur le choc d’avoir découvert que Louis Buisan était toujours en vie. Ce ne fut qu’au cinquième mois que l’heureux événement fut constaté, laissant les deux futurs parents assimiler la nouvelle. Adelyse avait pro*té du départ en retraite de Daniel Merisier pour o9cialiser sa grossesse et se mettre en arrêt a*n d’éviter ainsi son successeur, Paul Rognard, un curieux personnage. Antoine avait déjà croisé son nouveau supérieur plusieurs années plus tôt, lorsqu’il enquêtait dans les cités. Il n’avait ressenti aucun atome crochu, le jugeant peu professionnel et trop carriériste. Il n’avait pas eu de scrupules à transformer en congés ses heures supplémentaires qu’il avait cumulées depuis des mois. L’inspecteur Bougnon ne semblait pas vraiment manquer à la PJ. Rien de passionnant ne se passait en dehors des vols de voitures ou des agressions matrimoniales. Il était un homme de terrain, un reni$eur, comme disait son collègue et ami Karim El Bouma, et seule l’adrénaline des vrais mystères le mettait en transe. Il se redressa en entendant Adelyse vociférer après le pot de $eurs qui avait changé de place. Il n’y avait pas à dire, elle était purement imbuvable ! Pourtant, il ne pouvait empêcher une ride de contrariété de se former sur son front. Un sixième sens semblait l’avertir d’un danger. Il détestait cette intuition, comme s’il sentait l’odeur du sang, d’une enquête à venir, mais pas maintenant, pas à quelques jours de l’accouchement… Il interrompit ses pensées en voyant arriver Adelyse, dont l’état de fébrilité était à son extrême. — J’en peux plus ! Je suis complètement boudinée dans mes vêtements. Antoine se retient d’éclater de rire. La jeune femme s’était effectivement attifée d’une robe ultra moulante mettant en avant son ventre ressemblant à un obus prêt à exploser. Elle était toujours diablement sexy.Son visage s’éclaira soudain d’un large sourire en interceptant l’œillade troublée de son mari.