Rouge

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161 pages
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Quand médecine et polar se rencontrent, cela donne un résultat aussi envoûtant qu’effrayant !


Matt Louvier, ancien chercheur ayant fait une découverte stupéfiante, va voir sa vie bouleversée entre son amour fou pour Marie, amnésique suite à un accident, et son désir pour Adelyse, une jeune femme moderne et libérée qui pourrait être sa fille. Le destin de ces différents personnages va se recouper avec celui de leurs familles, de leurs amis et celui de jeunes victimes retrouvées égorgées, portant toutes un caducée tatoué sur la cheville.


Quel lien unit toutes ces personnes si différentes ?



Qui est le tueur au caducée ?

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Nombre de visites sur la page 13
EAN13 9791034810154
Langue Français

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Rouge
Sylvie Grignon Rouge Les enquêtes de l’inspecteur Bourgnon – 1 (Seconde édition) Couverture :Maïka Publié dans laCollection Clair-Obscur Dirigée parJennifer Pereira
©Evidence Editions2019
Note de l’éditeur Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, malvoyant, braille et audio. Tout notre professionnalisme est mis en œuvre pour que votre lecture soit des plus confortables. En tant que lecteur, vous découvrirez dans nos di%érentes collections de la littérature jeunesse, de la littérature générale, des témoignages, des livres historiques, des livres sur la santé et le bien-être, du policier, du thriller, de la littérature de l’imaginaire, de la romance sous toutes ses formes et de la littérature érotique. Nous proposons également des ouvrages de la vie pratique tels que : agendas, cahiers de dédicaces, Bullet journal, DIY (Do It Yourself). Pour prolonger le plaisir de votre lecture, dans notre boutique vous trouverez des goodies à collectionner ainsi que des boxes livresques disponibles toute l’année. Ouvrir un livre Evidence, c’est aller à la rencontre d’émotions exceptionnelles. Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous su3t de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
À toi, qui fus, qui es, qui seras…
Prologue ROUGE. Tout est rouge, couleur du sang, couleur du feu. Couleur de la passion, couleur de la mort. ROUGE tranchant avec le blanc des murs, avec le blanc de la mémoire, avec le drap qui recouvre la vie, avec le corps sans vie. ROUGE est là, son image rouge vient de loin, d’un petit coin de l’esprit, bien caché, isolé, protégé. ROUGE déchire le drap blanc du présent et une voix se met à hurler à l’infini. ROUGE ne fait attention à personne. ROUGE jaillit dans son intégralité. On doit l’arrêter. Avant que ROUGE ne puisse de nouveau frapper. On y est presque.
Chapitre 1 Marie Un matin d’été, Marie était de retour. Elle ouvrit la porte de sa maison, prit ses clés. C’était les siennes, pourtant, ce n’était que des clés. Pourquoi avaient-elles tant d’importance ? Elle rentra. Elle chercha, regarda, retourna chaque bibelot dans l’appartement, mais c’était le néant. Elle avait tout oublié. Amnésie rétrograde. Un bien grand mot pour expliquer que son passé lui avait été dérobé. Tous ses souvenirs étaient partis. Il ne restait rien que du vide. Elle ne savait même plus son nom. On lui avait dit qu’elle s’appelait Marie. Son prénom était comme un habit trop vieux, inconfortable. Là où elle aurait dû entendre un écho familier, elle ne percevait rien. Pourtant, sa carte d’identité, photo à l’appui, indiquait bien « Marie Portal, cinquante-deux ans, un mètre cinquante-huit ». C’était bien elle. Ce ne pouvait être qu’elle. C’était, avec certitude, son portrait. Elle aurait aimé se prénommer Émeraude ou Aurore, mais Marie, non. Peu importait nalement. Elle venait de passer des jours dans un hôpital blanc, aseptisé, plongée dans un coma de stade deux. Elle n’avait réagi qu’à certains stimuli, entendu parfois des voix, des visiteurs. L’impression d’être bloquée dans un corps d’où elle ne pouvait s’enfuir, la sensation était horrible. Souvent, elle avait rêvé qu’elle volait, qu’elle regardait le monde autour d’elle, puis toujours la chute libre, celle qui lui avait donné envie de hurler. Aucun son n’avait pu sortir de sa bouche. Elle avait été prisonnière de son corps, sentant la présence des inrmières venues régulièrement lui donner des soins. Elle aurait voulu dire stop, pouvoir les supplier de cesser cet acharnement. Elle avait été privée d’une chose essentielle, sa liberté. Parfois un baiser sur sa joue, une caresse sur sa main l’avait troublée, mais son corps restait de plomb. Elle n’était plus qu’esprit. Un jour pourtant, elle s’était réveillée, sans raison. Pourquoi précisément ce jour-là ? Que s’était-il passé pour qu’elle sorte de ce coma ? La première odeur avait été un doux parfum de jasmin. Elle avait régulièrement senti cet e4uve durant son sommeil. Une inrmière lui avait coné qu’il s’agissait d’un médecin, ému par sa fragilité, qui passait souvent la voir. Une fois de retour dans le monde des vivants, Marie avait très vite repris des forces. Elle n’avait plus qu’une envie : partir. Pourtant, lorsqu’elle fut autorisée à retourner chez elle, elle ne fut plus que panique. Elle avait peur de laisser ce cocon où chacun s’occupait si bien d’elle, où tout le monde était tellement gentil. En pleine contradiction entre désir et crainte, elle savait qu’elle marchait vers l’inconnu. Avait-elle un autre choix ? La clinique avait besoin de places et elle devait rentrer chez elle. De retour, elle resta plantée au milieu de l’entrée sans pouvoir faire un pas. Plusieurs personnes étaient présentes pour l’accueillir, pourtant, aucun de ces visages ne lui semblait familier, juste cette impression de possible déjà-vu. C’était un peu comme elles avaient toutes été 8outées. Ses enfants étaient arrivés avant elle, les bras chargés de 8eurs. Elle se souvenait vaguement d’eux, une sensation viscérale. Marie était heureuse, convaincue que, chez elle, il ne pourrait rien lui arriver. À l’hôpital, des policiers étaient venus la questionner. Elle ne leur avait pas été très utile, sa mémoire était tellement vide. Elle ne se souvenait de rien, pas même de l’accident, comme si un drap blanc s’était posé sur ses souvenirs. Elle n’avait en tête que ce rouge qui l’avait aveuglée. « Qu’avez-vous vu ? » n’avait cessé de lui demander la jeune inspectrice. « RIEN. » « Homme ou
femme ? Quelle marque de voiture ? » Elle n’aurait su le dire. « Qui la conduisait ? » Des témoins parlaient d’un individu au volant d’une voiture de couleur vive, mais personne n’avait pu donner son signalement. Brun ou blond ? Jeune avec une casquette ? Ou vieillard ? Chacun y allait de son histoire. Marie, elle, ne pouvait pas se rappeler. Elle se souvenait seulement de la violence du choc, puis l’oubli. Marie. Elle s’appelait donc Marie. C’était un nom courant dans son année de naissance, 1960. On donnait parfois aux llettes ce prénom, an de plaire « au Bon Dieu ». Les jours suivant son retour, elle ne cessait de se regarder dans la glace en se répétant : « Marie, Marie. » Non, décidément, elle se serait choisi un autre prénom si on lui avait demandé. Camille ou Sylvie, mais pas Marie. Cette idée ne la quittait plus. Elle observait son image avec attention. Elle était plutôt jolie, bien qu’ordinaire, avec des petites rides d’expression qui prouvaient qu’elle avait dû beaucoup pleurer ou rire. Elle passait sans cesse ses doigts sur le miroir comme si elle voulait en révéler le mystère. C’était une sensation étrange, comme porter une sorte de peau qu’elle ne reconnaissait pas. Des boucles blondes de la couleur de celles de Léo tombaient en cascade sur ses épaules, des yeux verts, quelques kilos en trop. Elle sourit malgré elle. Elle aurait pourtant dû les perdre, ces bourrelets, durant son hospitalisation, mais voilà, ces satanés toubibs avaient tout fait pour l’engraisser à coup de perfusions. Son sourire s’eÈaça très vite. Elle n’était rien en fait. Une vie qui s’était gommée. Des cicatrices qu’elle ne pouvait expliquer. Soudain, perdue dans ses pensées, elle sentit un bisou venir se poser sur sa joue. C’était Léo. Curieusement, elle se rappelait sa naissance, un peu comme si ce lien sacré mère-ls ne pouvait disparaître. Des images a4uaient par bribes : le lm d’un panier de basket où tout le monde avait applaudi, les bougies d’anniversaire sou4ées au milieu d’une ribambelle d’enfants, un regard espiègle, un dessin sur le frigo. En y repensant, Marie se sentait frissonner. C’était un miracle que Léo n’ait pas été blessé lors de l’accident. Marie se remémorait son cri quand la voiture avait foncé sur elle. Dans un brouillard, elle avait entendu pleurer son fils. La vie, quant à elle, ne s’était pas arrêtée pour autant dans cette petite ville de région parisienne, un endroit sympathique, un peu comme dans nos bons vieux villages de province, un coin protégé, où les langues aimaient jacasser. Oh, ce n’était pas vraiment méchant, juste une manière de ne pas voir l’ennui ! Et puis, ce n’était pas tous les jours qu’un tel drame bouleversait la routine. Certains parlaient de vengeance, d’accident voulu, pourtant, Marie n’avait pas d’ennemi. Elle était assistante sociale et travaillait pour les services de la mairie où elle était très appréciée. Malgré tout, les commères avaient pris plaisir à colporter l’idée qu’il pourrait s’agir d’un cas particulier qui aurait pété les plombs ou d’une histoire secrète. Chacun allait de son commentaire. Cela mettait un peu de piquant. Marie, quant à elle, parlait peu, écoutait, essayant vainement d’assembler les morceaux de sa vie d’avant an de les recoller. Elle aimait partager une tasse de thé avec ses voisines ou avec ses copines pour écouter des potins ou les entendre relater des anecdotes dont elle ne se souvenait plus. Ces rencontres apaisaient ses proches, les rendant moins coupables de ne pas avoir été là ce jour-là, de n’avoir pu prévoir ce qui allait arriver. Comme si on pouvait deviner le destin. Malgré tous ses eÈorts, sa mémoire restait une feuille blanche avec plein de trous. Ses nuits étaient ponctuées de cauchemars. Elle ne voyait que du sang, se réveillant souvent tremblante face à ses angoisses, avec une peur qui lui tordait le ventre, une peur inexpliquée. Son téléphone portable avait été détruit lors de l’accident, elle s’inquiétait en se disant qu’un ou plusieurs de ses amis ignoraient certainement pourquoi ils n’avaient pas de nouvelles. Marie s’en voulait de ne pouvoir les prévenir. Depuis son retour, elle épluchait ses factures, ses mails, son courrier, an de redessiner sa vie. Curieusement, sur son ordinateur, la plupart de ses chiers avaient disparu. Était-ce son œuvre ou quelqu’un avait-il tout effacé ? Un mercredi matin, Léo proposa de monter fouiller dans le grenier. Il adorait chercher dans les vieux cartons pour en sortir une voiture de son papy ou un train à vapeur tout poussiéreux. Le grenier en était
envahi et de petites araignées se baladaient sur le sol. Marie se plongea dans une caisse remplie de vieux albums photo. Elle reconnut ses voisines sur un cliché de classe, certaines personnes du coin, ses copines lors de sorties scolaires. Elle se rappelait s’être souvent amusée à grouper certains amis de sa promotion, par anités. Aujourd’hui, elle se demandait ce qu’ils étaient devenus. S’étaient-ils mariés ? Avaient-ils des enfants ? Pendant ce temps, au fond de la pièce, Léo retrouva un carton rempli de livres et de vieux disques. Il y avait une couche de poussière et il ne put s’empêcher de tousser. Léo adorait cette boîte pleine de comics. Tout au fond, il remarqua un vieux cahier jauni. On aurait dit un gros grimoire. Fièrement, il l’attrapa, le déposa sur les genoux de sa maman en lui chuchotant : — C’est un livre de magie pour retrouver tes souvenirs. Marie contempla le carnet avec perplexité, puis l’ouvrit. — Mon Dieu ! dit-elle. Mais, c’est mon journal intime. Sur la première page était juste écrit le mot en italique :Marie. Elle n’arrivait plus à bouger. Elle tenait dans ses mains sa propre histoire, un morceau de son passé. Marie prit Léo dans ses bras. — Merci, mon ange. Tu es un vrai petit détective. Tu viens de trouver une clé pour m’aider à ouvrir la porte de mon avenir.