Sables mouvants à Bénodet

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162 pages
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BÉNODET, 4 heures du matin.

Elle comprit tout à coup qu’elle allait mourir…



Lorraine et Stéphanie quittent la piste de danse et la musique latino. Une dernière promenade les conduit au bord de la plage où se joue le drame de la vie et de la mort.

Stéphanie surprend le geste fou, l’acte criminel. Là, sous leurs yeux, l’assassin transperce le corps de sa victime d’un coup… de pied de parasol.

Des rives de l’Odet, de Sainte-Marine à Bénodet en passant par les îles Glénan, la piste sanglante va les entraîner dans une course-poursuite sur les traces d’un serial killer intelligent et redoutable.

Le commissaire Landowski, chargé de mettre un terme au jeu de massacre, croise, une fois encore, la route des deux jeunes femmes bien décidées à résoudre l’énigme… avant qu’il ne soit trop tard.

Trop tard pour qui ?

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Date de parution 25 février 2016
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EAN13 9782374531113
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Extrait
Elle comprit tout à coup qu’elle allait mourir.

La douleur indicible qu’elle ne supportait pas quelques minutes plus tôt était en train de s’estomper comme si le sang refluait vers le cœur dans une réaction de défense ultime. Le semblant de vie qui lui restait rentrait au bercail en se bousculant comme un troupeau de moutons apeurés par les cris du loup. Son système circulatoire se préparait à exploser comme un ballon de fête foraine en guise de bouquet final.

Dans son souvenir, ce ballon était de couleur rouge, rouge sang, rouge mort.

Elle avait mal, encore et encore. Mal des blessures qu’elle avait devinées, là, sur son corps martyrisé. Mal de ne plus pouvoir le toucher, le calmer, le caresser pour le rassurer. Mal de tout ce qu’un homme lui avait fait subir avant qu’il n’atteigne égoïstement son plaisir dans un râle animal. Mal de cet immense gâchis qui la conduisait inexorablement vers la fin.

Cet individu sans scrupule l’avait blessée au-delà de ce que l’on peut connaître des crimes sordides. D’un coup de lame, exécuté d’un geste précis comme l’aurait fait un professionnel de la découpe, il avait détruit sa féminité à la manière d’un poisson que l’on étripe sur le plat-bord du bateau en rentrant de la pêche.

Pendant un court moment de répit, il n’y avait eu à flotter dans l’air que l’odeur si particulière du varech trempé d’eau de mer. La douleur l’avait balayée comme un nom biffé dans une liste d’un trait rageur. Incompréhensible et inacceptable.

Auparavant, le criminel s’était assuré de l’entière dépendance de sa victime afin de perpétrer son forfait en toute quiétude. Il l’avait durement frappée à la tête pour l’étourdir afin qu’elle n’ait plus ni l’envie ni la force de crier. Puis, à la manière d’un exécuteur expérimenté, il lui avait solidement lié les mains derrière le dos comme un supplicié qu’on se prépare à entraîner brutalement vers le lieu de son exécution. La biographie de Deibler1 l’avait passionné.

Dans son modus operandi, il avait fait preuve de la plus froide détermination. Il n’avait pas l’intention de laisser la moindre chance à sa proie. L’idée même de clémence lui était totalement étrangère. La mort était la seule solution envisageable. La seule issue possible.

Quand elle avait repris ses esprits, la jeune femme n’avait pu respirer que très difficilement à cause du bâillon qu’il lui avait consciencieusement fourré dans la bouche. Un morceau de cet immonde chiffon dépassait de ses lèvres irritées et débordait sur son menton. Il s’en dégageait une odeur particulière qu’elle associait au goût spécial qui envahissait progressivement sa bouche. Elle l’avait immédiatement attribué à l’homme, à son bourreau, en réprimant la répulsion qui lui donnait une forte envie de vomir.