Une affaire compliquée

-

Livres
139 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Près de Paris, un comte argentin, sa femme et son fils ont été atrocement assassinés.


Le célèbre détective Gaston CERVIER et son jeune auxiliaire Jean TIXIER se lancent à la recherche du meurtrier sans se douter de la dangerosité et de la complexité de l’affaire qui va les mener à risquer leurs vies jusqu’en dehors de l’Hexagone...


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 0
EAN13 9782373478631
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
AVANT-PROPOS
e Difficile de s'intéresser à la littérature populaire du début du XX siècle sans évoquer le nom d'Arnould GALOPIN.
Il est tout aussi complexe de se pencher sur la lit térature fasciculaire de la même époque sans devoir se focaliser sur le même éc rivain.
Arnould GALOPINné à Marbeuf (Normandie) au milieu des est années 1860 (la date précise de sa naissance est su jette à caution). Il meurt à Paris à la fin de l'année 1934.
Arnould GALOPIN, bien qu'oublié de nos jours, est un auteur qui co nnut tous les succès à son époque.
Succès critique pour son roman« Sur le front de mer »pour lequel il reçut le grand prix de l'Académie française.
Succès public, pour ses romans d'anticipation (« Le Docteur Omega »,« Le bacille »…) et ses nombreuses séries fasciculaires (« Le tour du monde de deux gosses »,« Un aviateur de 15 ans »,« Un poilu de 12 ans »,« Le petit chasseur de panthères »,« Aventures d'un petit Buffalo »,« Le petit détective ») qui comptaient plusieurs dizaines voire centaines d'épi sodes et qui se vendaient dans plus de 28 pays à raison de plusieurs millions d'exemplaires par an. Mais n'oublions pas également ses romans sériels tels le s aventures du gentleman cambrioleur Edgar Pipe (« Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires »,« La résurrection d'Edgar Pipe »,« La dernière incarnation d'Edgar Pipe ») ou bien ceux autour du détective Allan Dickson (« La ténébreuse affaire de Green-Park »,« L'homme au complet gris »,« La sandale rouge »,« Les suites d'un mariage d'amour ») ou encore« Ténébras, le bandit fantôme ».
Par sa production de romans d'anticipation,Arnould GALOPIN sera considéré, en son temps, comme le digne successeur de Jules Verne.
Ses séries fasciculaires autour de jeunes adolescen ts, quant à elles, le placeront à la hauteur d'un Jean de La Hire.
Tandis que son personnage d'Allan Dickson participe ra à l'un des premiers pastiches de Sherlock Holmes en France.
S iArnould GALOPIN est l'auteur de plus d'une cinquantaine de romans, la majeure partie de sa production a été éditée en fas cicules, bien souvent de 16 pages, double-colonne, imprimée sur du papier jo urnal, avec une illustration couleur en couverture et des illustrations noir et blanc à l'intérieur (bien souvent signées Louis Maitrejean).
Ces séries, destinées à la jeunesse de l'époque, so nt nombreuses et luxuriantes, et mettent en scène de jeunes adolesce nts qui vont vivre des
aventures extraordinaires à travers le monde.
Le premier numéro est presque à chaque fois offert afin de toucher un plus large public :
Un tour du monde en aéroplane(160 fascicules)
Le tour du monde en sous-marin(99 fascicules)
Aventures d'un petit explorateur(105 fascicules)
Aventures d'un petit Buffalo(199 fascicules)
Le chasseur de fauves(103 fascicules)
Le petit chasseur de la pampa(107 fascicules)
Le petit chasseur de panthères(203 fascicules)
Une tragique nuit de noces(200 fascicules)
Les aventures d'un écolier parisien(151 fascicules)
Nouvelles aventures de Fifi(99 fascicules)
Colette et Francinet(103 fascicules)
Le tour du monde d'un boy scout(77 fascicules)
Aventures d'un apprenti parisien(100 fascicules)
Le petit mousse(131 fascicules)
Un aviateur de 15 ans(99 fascicules)
r PaturelLes aventures de M (107 fascicules)
… et bien d'autres encore.
Et, bien sûr :
Le petit détective(83 fascicules)
Des milliers de fascicules, des dizaines de millier s de pages, qui font d'Arnould GALOPINdes plus prolifiques auteurs de la littérature  un populaire française toutes générations confondues.
Un grand écrivain, des personnages récurrents, des fascicules, une incursion dans le genre « policier »... Il était do nc temps pour OXYMORON Éditionsvec lade lui rendre hommage, ce qui est désormais fait a réédition numérique de la série :
« Le Petit Détective ».
« Le petit détective » est probablement l'ultime série écrite par Arnould GALOPIN. Elle est originellement composée de 83 fascicules
magnifiquement illustrés par Louis Maitrejean et co nte les aventures du jeune Jean Tixieru métier de détective, quinze ans, qui fait le difficile apprentissage d sous la coupe de son mentor le célèbreGaston Cervier et qui va se retrouver confronté aux pires bandes de brigands que compte l a capitale et ses alentours.
Si la série est, à l'époque, produite et distribuée comme un roman complet découpé en 83 livraisons, elle se compose, en fait, de plusieurs enquêtes facilement identifiables pouvant se lire indépendam ment les unes des autres.
C'est ce que propose de faire, pour vous,OXYMORON Éditions afin de permettre aux lecteurs d'aujourd'hui d'apprécier da ns les meilleures conditions les aventures deJean TixieretGaston Cervier.
En effet, pour respecter l'esprit de la série origi nale,OXYMORON Éditions vous propose gratuitement l'équivalent numérique du tout premier fascicule de la série afin de permettre au plus grand nombre d'entr e vous de découvrir et d'apprécier le style et les personnages d'Arnould GALOPIN.
Mais, au lieu de diffuser, ensuite, des reproductio ns de chaque fascicule, obligeant le lecteur à les acheter les uns après le s autres, les aventures seront éditées en fonction des histoires et non plus en li vraisons.
Ainsi, les autres enquêtes seront proposées, en fon ction de la taille de celles-ci, soit de façon indépendante, soit regroup ées en recueils, afin que jamais le lecteur ne soit pris au piège et se sente obligé d'acheter les autres titres pour connaître la fin de l'histoire qu'il a commencé à dévorer.
Ainsi, vous pourrez profiter pleinement et sans ret enue des trépidantes aventures deJean Tixier,« Le Petit Détective », d'Arnould GALOPIN.
Bonne lecture.
LE PETIT DÉTECTIVE
* 10 *
UNE AFFAIRE COMPLIQUÉE
Roman policier
par Arnould GALOPIN
I
Horrible drame
Pendant trois semaines, Gaston Cervier n'eut à s'oc cuper d'aucune affaire. Pas le moindre crime, pas le plus petit vol. C'étai t à croire que les malfaiteurs avaient déserté Paris.
Chaque matin, Jean venait au rapport et le détectiv e lui faisait invariablement la même réponse : « Rien de nouveau ». Cervier avait réintégré son domicile et s'occupait à mettre de l'ordre dans ses papiers.
Quelquefois, Rossignol venait lui rendre visite. L' inaction lui pesait à ce brave Rossignol.
À la Sûreté, on ne signalait rien non plus, c'était le calme plat.
— Ne vous désolez pas, lui disait Gaston Cervier. R appelez-vous, Rossignol, vous qui avez été marin, qu'au calme pla t succède souvent la tempête. Apprêtons-nous à appareiller un de ces matins et à faire face à l'orage.
Cependant, la rubrique des faits divers était toujo urs à peu près vide, sauf quelques vols à la tire, ou quelques cambriolages s ans importance, on ne signalait rien qui fût susceptible d'intéresser Gas ton Cervier.
Quand il en avait assez de classer ses papiers, il prenait son auto et allait faire une promenade dans les environs de Paris. Que lquefois Jean l'accompagnait.
— Nous voilà rentiers, disait souvent le détective, mais je trouve qu'il est vraiment trop tôt pour que je prenne ma retraite.
Enfin, un matin, Jean trouva son patron plongé dans la lecture d'un journal, et il faut croire que ce qu'il lisait était grave, car c'est à peine s'il leva la tête quand le jeune garçon entra.
Jean s'assit et attendit que Gaston Cervier lui adr essât la parole. Il savait que le détective n'aimait point qu'on l'interrogeât lorsqu'il étudiait une affaire.
Enfin, Gaston Cervier reposa le journal sur la table et dit, en hochant la tête :
— Eh bien ! cette fois, je crois que voilà une affa ire qui va nous donner du travail.
Jean avait pris le journal et il lut ce qui suit :
Un drame qui dépasse en horreur tout ce que l'on pe ut imaginer s'est
déroulé, hier, à La Varenne Saint-Hilaire, avenue d es Mûriers, dans une splendide propriété appartenant au comte Muchado Ar tigo, un riche Argentin, établi depuis deux ans en France. On a trouvé le comte, sa femme et son fils sauvagement assassinés dans leurs chamb res. Les domestiques n'ont, paraît-il, rien entendu. Et ce qu'il y a de plus extraordinaire dans cette affaire, c'est que le vol n'a pas été le mobile du crime. Il s'agit donc d'une atroce vengeance. Arrivera-t-on à découvrir les ass assins ? La gendarmerie a déjà fait une enquête qui n'a rien donné et les a gents de la brigade mobile n'ont pas été plus heureux. D'après les constatatio ns faites par le médecin, la mort des trois victimes remonterait à quelques h eures seulement. Peut-être l'habile détective Gaston Cervier, à qui l'on doit déjà tant de sensationnelles captures, se décidera-t-il à entrer en campagne ? Ce serait à souhaiter. Dans une prochaine édition, nous tiend rons nos lecteurs au courant de cette sensationnelle affaire.
Le jeune garçon regarda Gaston Cervier.
— Vous allez, évidemment, vous occuper de cette affaire ?
— Peux-tu le demander ? Ce qui m'ennuie, c'est que le journal ait parlé de moi. Je n'aime pas que l'on me mette ainsi en avant . Mes collègues sont assez jaloux, comme tu le sais, et tâcheront, certainemen t, de me couper l'herbe sous le pied. Enfin, nous verrons.
Le détective se leva, sonna Albert et, après lui av oir donné quelques instructions, descendit au garage, suivi de Jean. D ix minutes après, il partait dans son auto.
La Varenne Saint-Hilaire n'est qu'à quinze kilomètres de Paris, mais à cause de l'encombrement, Gaston Cervier n'y arriva qu'au bout de trois quarts d'heure. Il ignorait où se trouvait l'avenue des Mûriers.
Un habitant du pays le renseigna et il s'arrêtait b ientôt devant une villa de belle apparence, entourée d'un grand parc planté d'arbres.
La grille était grande ouverte, car le Parquet étai t là. Un gendarme de faction à l'entrée lui barra le passage, mais quand le déte ctive se fût fait connaître, le représentant de l'autorité salua en disant :
— Passez, monsieur, vous pouvez même entrer avec vo tre voiture.
Gaston Cervier entra, remisa son auto à droite de l 'allée et se dirigea, avec Jean, vers le perron de la villa.
— Police ! dit-il au domestique qui se tenait dans le vestibule.
— Montez, monsieur, le commissaire et le juge d'ins truction sont au premier.
En apercevant le détective et son jeune compagnon, les deux magistrats les
regardèrent d'un air étonné.
Gaston Cervier s'avança vers eux :
— Bonjour, messieurs, dit-il.
Et il tendit sa carte. Le juge d'instruction y jeta un coup d'œil et murmura simplement :
— C'est bien.
— M. Cervier, dit le commissaire, nous vous attendi ons.
— Vous êtes bien aimable, répondit le détective.
— Oui, nous supposions, en effet, que vous viendrie z, car l'affaire est de nature à intéresser un grand policier comme vous.
Le juge d'instruction décocha à Gaston Cervier un c oup d'œil en dessous. Les juges d'instruction n'aiment pas beaucoup les d étectives, surtout ceux qui jouissent, comme Gaston Cervier, d'une réputation m éritée.
Le détective eut l'air de ne pas s'apercevoir de la froideur avec laquelle le juge le recevait, mais il était habitué à ces façon s et ne s'en scandalisait point.
— Monsieur le juge d'instruction, dit-il, vous avez déjà fait votre enquête. Pourrais-je vous demander votre avis sur cette affa ire ?
— Monsieur, mon avis, je le garde pour moi. Je n'ai point pour habitude de renseigner les détectives.
Gaston Cervier eut un sourire ironique.
— Au fait, dit-il, vous avez peut-être raison. Je p ourrais me laisser influencer par vos arguments, il est donc préférable que je me fasse moi-même une opinion.
Et il ajouta, un peu narquois :
— Une opinion qui, très certainement, concordera av ec la vôtre.
— Nous verrons, monsieur, fit le juge d'instruction d'un ton impatienté.
Gaston Cervier se tourna vers le commissaire, qui l ui montrait plus de sympathie.
— Voulez-vous, dit-il, avoir l'obligeance de m'acco mpagner ?
— Bien volontiers, monsieur Cervier, mais je crains bien que, comme nous, vous ne découvriez pas grand-chose. Trois personnes ont été assassinées. On n'a rien volé ici, car les meubles et le coffre-for t sont intacts. Nous sommes en présence d'un drame des plus mystérieux qui a eu la vengeance pour mobile.
— Vous avez interrogé tous les domestiques ?
— Oui, ils ne savent rien, ils n'ont rien entendu.
— Les serrures ont-elles été forcées ?
— Non, et c'est ce qui est surprenant. Les domestiq ues affirment même que lorsqu'ils ont pris leur service, à sept heures du matin, ils ont trouvé, comme d'habitude, les portes fermées et les verrous dans leur gâche.
— Ah !
Le détective et Jean passèrent dans la pièce où l'o n avait déposé les victimes. Toutes trois avaient la gorge sectionnée et l'assassin avait appuyé avec une telle force que l'artère carotide avait ét é tranchée et la tête presque décollée du tronc.
Jean éprouva une vive émotion à la vue de ces corps si sauvagement mutilés. Gaston Cervier, habitué depuis longtemps à ces sinistres spectacles, allait et venait dans la pièce, cherchant à découvr ir un indice quelconque qui le mît sur une piste. Il examina longuement les victim es, puis visita les autres chambres, toujours en compagnie de Jean et du commi ssaire. Le juge d'instruction était resté dans la pièce où il se trouvait l'instant d'avant.
— C'est horrible, n'est-ce pas ? dit le commissaire .
— Oui, horrible, en effet, répondit le détective.
— Je crains bien que l'assassin ne demeure introuva ble.
— Nous ne pouvons encore rien dire. Voulez-vous ven ir avec moi dans la pièce qui sert de bureau ?
— Volontiers, mais je ne crois pas que ce soit là q ue vous trouverez la clef de ce mystère.
— Voyons toujours.
Le bureau dans lequel ils pénétrèrent était dans le plus affreux désordre.
— Oh ! oh ! fit Gaston Cervier.
Il examina le coffre-fort et constata qu'il était intact.
— L'assassin voulait surtout s'emparer de papiers c ompromettants pour lui, voyez, il a fouillé dans tous les tiroirs. Est-ce q ue le juge d'instruction a visité cette pièce ?
— Oui, il y a environ une demi-heure, je l'accompag nais.
— Ah ! et qu'a-t-il dit ?
— Rien. M. Letourneau est un homme qui ne parle pas beaucoup, mais il observe. Peut-être a-t-il déjà une opinion sur ce d rame.
— Cela m'étonnerait, car je n'en ai pas moi-même et M. Letourneau, dont j'ai