Une affaire sensationnelle

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124 pages
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Anatole Deibler, le célèbre bourreau, a été enlevé.


Le détective Gaston CERVIER, chargé de l’enquête par le chef de la Sûreté, est persuadé que cette manœuvre n’a d’autre but que d’empêcher l’exécution le lendemain matin de deux ignobles crapules.


Gaston CERVIER décide, en compagnie de son jeune assistant Jean TIXIER, d’infiltrer incognito les bars du quartier dans lequel les condamnés avaient leurs habitudes.


Très vite, les deux policiers sont mis sur la piste du terrible « Le Moko », un ami des truands qui devaient être guillotinés...


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EAN13 9782373476088
Langue Français

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AVANT-PROPOS
e Difficile de s'intéresser à la littérature populaire du début du XX siècle sans évoquer le nom d'Arnould GALOPIN.
Il est tout aussi complexe de se pencher sur la lit térature fasciculaire de la même époque sans devoir se focaliser sur le même éc rivain.
Arnould GALOPINné à Marbeuf (Normandie) au milieu des est années 1860 (la date précise de sa naissance est su jette à caution). Il meurt à Paris à la fin de l'année 1934.
Arnould GALOPIN, bien qu'oublié de nos jours, est un auteur qui co nnut tous les succès à son époque.
Succès critique pour son roman« Sur le front de mer »pour lequel il reçut le grand prix de l'Académie française.
Succès public, pour ses romans d'anticipation (« Le Docteur Omega »,« Le bacille »…) et ses nombreuses séries fasciculaires (« Le tour du monde de deux gosses »,« Un aviateur de 15 ans »,« Un poilu de 12 ans »,« Le petit chasseur de panthères »,« Aventures d'un petit Buffalo »,« Le petit détective ») qui comptaient plusieurs dizaines voire centaines d'épi sodes et qui se vendaient dans plus de 28 pays à raison de plusieurs millions d'exemplaires par an. Mais n'oublions pas également ses romans sériels tels le s aventures du gentleman cambrioleur Edgar Pipe (« Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires »,« La résurrection d'Edgar Pipe »,« La dernière incarnation d'Edgar Pipe ») ou bien ceux autour du détective Allan Dickson (« La ténébreuse affaire de Green-Park »,« L'homme au complet gris »,« La sandale rouge »,« Les suites d'un mariage d'amour ») ou encore« Ténébras, le bandit fantôme ».
Par sa production de romans d'anticipation,Arnould GALOPIN sera considéré, en son temps, comme le digne successeur de Jules Verne.
Ses séries fasciculaires autour de jeunes adolescen ts, quant à elles, le placeront à la hauteur d'un Jean de La Hire.
Tandis que son personnage d'Allan Dickson participe ra à l'un des premiers pastiches de Sherlock Holmes en France.
S iArnould GALOPIN est l'auteur de plus d'une cinquantaine de romans, la majeure partie de sa production a été éditée en fas cicules, bien souvent de 16 pages, double-colonne, imprimée sur du papier jo urnal, avec une illustration couleur en couverture et des illustrations noir et blanc à l'intérieur (bien souvent signées Louis Maitrejean).
Ces séries, destinées à la jeunesse de l'époque, so nt nombreuses et luxuriantes, et mettent en scène de jeunes adolesce nts qui vont vivre des
aventures extraordinaires à travers le monde.
Le premier numéro est presque à chaque fois offert afin de toucher un plus large public :
Un tour du monde en aéroplane(160 fascicules)
Le tour du monde en sous-marin(99 fascicules)
Aventures d'un petit explorateur(105 fascicules)
Aventures d'un petit Buffalo(199 fascicules)
Le chasseur de fauves(103 fascicules)
Le petit chasseur de la pampa(107 fascicules)
Le petit chasseur de panthères(203 fascicules)
Une tragique nuit de noces(200 fascicules)
Les aventures d'un écolier parisien(151 fascicules)
Nouvelles aventures de Fifi(99 fascicules)
Colette et Francinet(103 fascicules)
Le tour du monde d'un boy scout(77 fascicules)
Aventures d'un apprenti parisien(100 fascicules)
Le petit mousse(131 fascicules)
Un aviateur de 15 ans(99 fascicules)
r PaturelLes aventures de M (107 fascicules)
… et bien d'autres encore.
Et, bien sûr :
Le petit détective(83 fascicules)
Des milliers de fascicules, des dizaines de millier s de pages, qui font d'Arnould GALOPINdes plus prolifiques auteurs de la littérature  un populaire française toutes générations confondues.
Un grand écrivain, des personnages récurrents, des fascicules, une incursion dans le genre « policier »... Il était do nc temps pour OXYMORON Éditionsvec lade lui rendre hommage, ce qui est désormais fait a réédition numérique de la série :
« Le Petit Détective ».
« Le petit détective » est probablement l'ultime série écrite par Arnould GALOPIN. Elle est originellement composée de 83 fascicules
magnifiquement illustrés par Louis Maitrejean et co nte les aventures du jeune Jean Tixieru métier de détective, quinze ans, qui fait le difficile apprentissage d sous la coupe de son mentor le célèbreGaston Cervier et qui va se retrouver confronté aux pires bandes de brigands que compte l a capitale et ses alentours.
Si la série est, à l'époque, produite et distribuée comme un roman complet découpé en 83 livraisons, elle se compose, en fait, de plusieurs enquêtes facilement identifiables pouvant se lire indépendam ment les unes des autres.
C'est ce que propose de faire, pour vous,OXYMORON Éditions afin de permettre aux lecteurs d'aujourd'hui d'apprécier da ns les meilleures conditions les aventures deJean TixieretGaston Cervier.
En effet, pour respecter l'esprit de la série origi nale,OXYMORON Éditions vous propose gratuitement l'équivalent numérique du tout premier fascicule de la série afin de permettre au plus grand nombre d'entr e vous de découvrir et d'apprécier le style et les personnages d'Arnould GALOPIN.
Mais, au lieu de diffuser, ensuite, des reproductio ns de chaque fascicule, obligeant le lecteur à les acheter les uns après le s autres, les aventures seront éditées en fonction des histoires et non plus en li vraisons.
Ainsi, les autres enquêtes seront proposées, en fon ction de la taille de celles-ci, soit de façon indépendante, soit regroup ées en recueils, afin que jamais le lecteur ne soit pris au piège et se sente obligé d'acheter les autres titres pour connaître la fin de l'histoire qu'il a commencé à dévorer.
Ainsi, vous pourrez profiter pleinement et sans ret enue des trépidantes aventures deJean Tixier,« Le Petit Détective », d'Arnould GALOPIN.
Bonne lecture.
LE PETIT DÉTECTIVE
* 8 *
UNE AFFAIRE SENSATIONNELLE
Roman policier
par Arnould GALOPIN
I
Enlèvement incroyable
Quand le détective rentra chez lui avec Jean, son d omestique lui apprit que M. Gamard, le chef de la Sûreté, avait téléphoné trois fois.
— Il paraît que c'est urgent, dit Albert. Je ne sai s pas de quoi il s'agit, mais ce doit être grave.
— Ah ! fit Gaston Cervier.
Il ôta son chapeau, jeta son pardessus sur un faute uil et demanda la communication avec le service de la Sûreté. Quand i l tint M. Gamard au bout du fil, il demanda :
— Qu'y a-t-il ? Oui, c'est moi, Gaston Cervier. Ah ! une affaire sensationnelle... Quoi... M. Deibler a été enlevé... c'est incroyable... Oui, je viens tout de suite, attendez-moi.
Et il raccrocha.
— Ah ! par exemple, dit-il à Jean, voilà qui n'est pas banal, par exemple... On a enlevé l'exécuteur des hautes œuvres... M. Dei bler. Cela ne s'était jamais vu encore.
— Mais, fit Jean, quel intérêt avait-on à l'enlever ?
Gaston Cervier réfléchit un instant.
— Parbleu, j'y suis. C'est demain que l'on devait e xécuter Mouzon et Sartoni, deux bandits que la Cour d'assises a conda mnés à mort récemment et qui avaient commis à eux deux plus de dix assassina ts. Ces misérables qui devaient être des chefs de bande ont, par conséquen t, des complices et ce sont eux qui ont enlevé le bourreau, croyant ainsi arrac her leurs chefs à la mort, mais c'est stupide. Le bourreau a des aides qui le rempl aceront. Drôle d'affaire, tout de même... Allons, viens, j'ai hâte d'être mieux re nseigné.
Le détective remit vivement son pardessus et son ch apeau et sonna son domestique qui arriva aussitôt.
— Albert, je m'absente, dit Cervier, ferme bien les portes.
— Vous redoutez quelque chose ?
— On ne peut pas savoir. En tout cas, si c'était né cessaire, téléphone à Police-Secours.
— Entendu. Rentrerez-vous tard ?
— Je ne sais.
Et Gaston Cervier partit avec Jean.
Au coin de la rue, ils prirent un taxi.
— À la Sûreté, et rondement.
— Compris, bourgeois, on va gazer.
Le chauffeur gaza, en effet, car, au risque d'accro cher ou de déraper dans les virages, il ne mit qu'un quart d'heure pour arriver quai des Orfèvres.
Le détective le régla et, suivi de Jean, monta rapi dement l'escalier qui conduit au bureau du chef de la Sûreté. Celui-ci at tendait Gaston Cervier ; il le reçut immédiatement.
— Ah ! mon cher Cervier, s'écria-t-il dès que le dé tective entra, vous parlez d'une affaire. C'est inimaginable. Asseyez-vous, je vais vous expliquer l'affaire. Vous n'ignorez sans doute pas que l'on devait, dema in, à l'aube, exécuter deux assassins ?
— Oui, Mouzon et Sartoni.
— C'est cela. Eh bien, cette exécution est devenue impossible. Cette nuit, M. Deibler a été enlevé de chez lui. Vous savez qu' il habite, rue de la Convention, un petit immeuble qui lui appartient. I l est très méfiant et n'ouvre pas sa porte au premier venu. Comment est-on parven u à s'emparer de lui, je ne sais. Vous pensez bien que j'ai alerté aussitôt mes meilleurs agents. Ils n'ont jusqu'à présent rien découvert, ils n'ont même pas pu recueillir le moindre indice et il y a une demi-heure à peine, on m'a téléphoné que des bandits s'étaient introduits dans le hangar où l'on remise les bois d e justice et avaient emporté le couteau de la guillotine. On n'a pas idée d'une cho se pareille. À n'en pas douter, ce sont les amis de Mouzon et de Sartoni qui ont fa it le coup, mais comment les découvrir ? Nous n'avons pour l'instant aucun point de repère !
— Évidemment, répondit Gaston Cervier.
Il y eut un silence.
— Je vais, dit le détective, consulter au greffe du Tribunal le dossier du procès Mouzon-Sartoni ou, mieux, je vais consulter le juge d'instruction qui a mené cette affaire.
— C'est M. Bonnard, un de mes amis.
— En consultant les déclarations des accusés et les dépositions des témoins, j'arriverai sans doute à recueillir sur le s fréquentations des deux bandits quelques renseignements utiles.
— Oui, l'idée est bonne. Il se peut, en effet, que la lecture de ces documents vous mette sur une piste. En tout cas, je me tiens à votre disposition pour vous
fournir les agents dont vous pourriez avoir besoin.
Gaston Cervier prit congé de M. Gamard et se rendit aussitôt chez le juge d'instruction dans le cabinet duquel il pénétra seu l. Jean l'attendit dans le couloir.
Le détective ne reparut qu'au bout d'une heure et d emie.
— Et alors ? demanda Jean, avez-vous les renseignem ents que vous désiriez ?
— Oui, mon ami, et nous allons, dès ce soir, nous m ettre en campagne. Je prévois que la partie sera dure, mais nous la gagne rons encore, j'en suis à peu près persuadé. Rentrons vite chez moi, j'ai besoin de consulter certaines pièces que je dois avoir dans mon secrétaire. Quand je les aurai examinées, je te donnerai peut-être quelques instructions. En tout c as, tu pourras retourner chez toi ce soir. Ce n'est que demain matin que nous nou s mettrons au travail tous deux. Quant à moi, il est possible que j'aille, cet te nuit, faire une tournée dans certains quartiers.
— Je pourrais vous accompagner.
— Non, il vaut mieux que je sois seul.
— Ne vous exposez pas trop, au moins.
— Sois tranquille, personne ne me remarquera.
Rentré chez lui avec Jean, Gaston Cervier se rendit tout de suite dans son bureau, ouvrit son secrétaire, y fouilla quelques i nstants, puis y prit une chemise bleue attachée avec une sangle, et en tira des papi ers qu'il étala sur la table.
— Parfait, dit-il au bout d'un instant, ces renseig nements concordent absolument avec ceux que m'a donnés le juge d'instruction. Ah ! mon jeune ami, il est bon, vois-tu, de faire des dossiers auxquels on peut se reporter de temps à autre. Les malfaiteurs, bien que parfois très rusés , sont toujours fort imprudents. Une fois qu'ils ont échappé à la police, ils se cro ient en sécurité et reviennent généralement dans les quartiers qu'ils avaient l'ha bitude de fréquenter. Il y a six mois, Mouzon fréquentait avec son ami Sartoni, un b ar de la rue du Champ-de-l'Alouette et un autre situé près de la rue Crouleb arbe, aux Gobelins. Ils avaient là de nombreux amis, des apaches comme eux, et je s uis persuadé que c'est dans ce milieu que nous découvrirons les individus qui ont enlevé M. Deibler. Si dans ces deux bars nous ne recueillons aucun indice , alors, nous verrons à faire un tour du côté de la rue Corvisart. Je vais étudie r ces dossiers et demain, quand tu viendras, je te donnerai des instructions. Allons, va, sois ici demain à huit heures du matin.
— Vous croyez que, ce soir, je ne puis pas vous être de quelque utilité ?
— Non, va.
Et le détective tendit la main à son jeune secrétai re.