1ère Heure
43 pages
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Description

« KatreCar » ou, tout simplement, « 4/4 », est une collection d’ouvrages composés de Quatre nouvelles policières de Quatre auteurs différents, offrant, chacune, un bon Quart d’heure de lecture.


Quatre gros Quarts d’heure... donc, plus d’une heure de détente par livre, proposée par de grands noms de la littérature policière ainsi que par des auteurs confirmés dont le nom ne résonne désormais plus qu’aux oreilles des amateurs...



  • 1/4 : La sixième balle de Jacques BELLÊME

  • 2/4 : Le crime escamoté de Louis-Ernest CHEVALIER

  • 3/4 : L'énigme du midi de René PUJOL

  • 4/4 : L'énigme du « Pierre-Mille » de André LICHTENBERGER


À dévorer sans modération, les opus de la collection « KatreCar » sont parfaits pour combler divers moments de la vie quotidienne, aussi bien dans les transports en commun que dans une salle d’attente, mais aussi pour les petites fringales littéraires qui peuvent se déclencher à tout instant de la journée.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782373471199
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

COLLECTION
KATRECAR
ère 1 HEURE
LA SIXIÈME BALLE
Roman policier
par
Jacques BELLÊME
*1/4*
— Ah ! mon bon Charles, quelle bonne idée tu as eue là de venir nous surprendre par cette belle journée de dimanche, s'é cria Edmond Valette, en voyant son ami venir le rejoindre au fond du jardin et qui faisait le charme de la villa des Iris, qu'il occupait aux environs de Pari s.
— Mais oui, il y a si longtemps que je vous le prom ets, que j'ai pensé à venir vous prendre à l'improviste...
— À l'improviste, c'est bien le cas de le dire, car je suis tout seul, ma femme étant allée passer la journée chez sa mère, visite dont je me suis abstenu... Je n'ai pas besoin, n'est-ce pas, de m'étendre plus lo nguement avec toi sur le chapitre des belles-mères ! Veinard, va, qui n'en a pas. Tu ne connais pas ton bonheur. Bref, mon vieux Charles, je suis garçon au jourd'hui, tout comme toi ; je te retiens à dîner, et nous allons faire un bon rep as de garçons comme autrefois.
Valette pria son ami de l'attendre un instant penda nt qu'il donnait les ordres à la bonne.
— Tu sais, c'est à la fortune du pot, fit-il. Atten ds, je reviens de suite.
Bernard, en se promenant dans le jardinet, aperçut, tout au fond, un carton de cible fixé sur le mur de clôture. Valette, qui r evenait à ce moment, lui dit alors :
— Ah ! ah ! mon gaillard ! tu regardes mon tir à la cible ? C'est là que je m'exerce au noble sport des armes.
— Une nouvelle marotte à toi ? demanda Bernard en riant.
— Marotte ! marotte ! est joli à dire ! Ris toujours. N'empêche qu'avec toutes ces histoires d'apaches, de cambrioleurs, de brigan ds de toute sorte dont sont remplis tous les journaux, on ne se sent plus en sû reté, et je t'avoue que pour notre part, à ma femme et à moi, nous sommes devenu s nerveux à l'excès, ayant la chair de poule au moindre craquement, la n uit surtout, et je ne te cache pas qu'ayant fait emplette d'un revolver, d'un « ri golo », comme l'appellent ces messieurs de la Pègre, je m'exerce tous les jours, au fond de mon jardin, au maniement et à l'exercice de cette arme.
Charles Bernard, l'ami, esquissa un discret sourire , en disant :
— Voyons, mon pauvre Edmond, tu ne changeras donc j amais ? Toujours aussi peureux de ton ombre que par le passé ?
— Peureux ! tu en parles bien à ton aise, toi qui e s garçon. Mais moi qui suis marié, qui ai charge d'âme ? Penses-tu qu'il me soi t permis de négliger toute mesure de protection, dans cette villa de banlieue ? Et tiens, regarde, je suis
devenu tireur habile.
Ce disant, Edmond Valette déchargea cinq coups de r evolver en visant la cible.
— Tu vois : deux mouches, une balle à droite...
— Et deux autres qui se sont perdues, Dieu sait où ! fit Bernard très amusé.
Edmond allait répondre, quand une tête hirsute surm ontée d'un vaste Yokohama parut soudain au-dessus du petit mur mitoy en qui séparait le jardin de Valette de celui du voisin.
— Dites donc, fit l'intrus, vous n'avez pas bientôt fini vos exercices cynégétiques ? À chaque fois ma femme a une attaque de nerfs, ma fille se trouve mal et ma bonne casse la vaisselle...
— Croyez bien, cher monsieur, fit Valette, que j'en suis confus, et que...
— Et puis vos balles font ricochet sur mes cloches à melons et me les cassent toutes ! Quand on veut s'exercer ainsi, on attend la fête du village et on va aux baraques de tir...
— Mais...
— Il n'y a pas de : mais ! continua l'irascible ind ividu. Et vous feriez bien mieux de payer vos contributions qui sont en retard !
— Dites donc, vous !... s'écria Valette.
Mais l'intrus s'était prudemment réfugié derrière l e mur, au milieu de ses cloches à melons.
— Ça, ajouta Edmond, en s'adressant à son ami, c'es t ce satané receveur des contributions. Un mauvais coucheur qui manque à tous ses devoirs, tu le vois, en divulguant les petits secrets d'autrui.
La bonne les rejoignait à ce moment en leur annonça nt que le dîner était servi.
Au cours du repas, Charles Bernard apprit à son ami qu'il partait le lendemain matin pour le Havre.
— Le Havre ? interrogea Valette. Et qu'est-ce qui t'y appelle ?
— Oh ! j'y vais pour affaires. Un millionnaire américain, client de longue date de mes patrons, doit prochainement se marier dans c ette ville, et, voulant faire un magnifique cadeau à sa fiancée, il a prié MM. Le jeune et Poirier de lui envoyer des diamants, des perles et des émeraudes s ur lesquels il fera son choix, avant de les faire monter.
— Diamants, perles, émeraudes ! fit Valette. Quel r êve, dirait ma femme si elle était ici. Et il y en a pour beaucoup d'argent, probablement ?
— Pour près de 300 000 francs, répliqua Bernard.
— 300 000 francs ! Non ! Et c'est toi qui vas les lui porter au Havre ?
— Mais oui. Ne suis-je pas le commis principal de M M. Lejeune et Poirier ?
— Et tu n'as pas peur d'être volé ? Tu es armé, au moins ?
— Ce pauvre Edmond ! ne put s'empêcher de dire le c ommis principal, en riant aux éclats. Voilà le trac des apaches qui te reprend. Faudra faire soigner cela, mon garçon ! Moi, armé ? Mais nous ne sommes plus au temps des voleurs de grand chemin, route que je ne prends pas , d'ailleurs, puisque je prends le rapide du Havre qui ne s'arrête qu'à Roue n. Je ne manque jamais de choisir un compartiment occupé par plusieurs voyage urs – pour plus de sûreté – et puis... et puis... qui veux-tu qui sache que j'a i pour 300 000 francs de pierres précieuses dans ma valise, toute ordinaire, le seul bagage que j'emporte.
— Tu diras ce que tu voudras, Charles, mais, si tu veux m'en croire, tu prendras mon revolver. Car les bandits sont à l'aff ût de tous les mauvais coups à faire.
Et il lui tendit l'arme.
L'autre refusait ; un revolver ? à quoi bon ? Ses d eux poings lui suffisaient amplement pour se défendre, et, d'ailleurs, ne pouv ait-il pas toujours avoir recours, le cas échéant, à la sonnette d'alarme ?
— Charles, je t'en prie, fais-le pour moi : prends ce revolver.
— C'est bien pour te faire plaisir alors ! répliqua Bernard, en acceptant l'arme et en la glissant dans la poche de derrière de son pantalon.
— Oui, mais, interrompit Valette, rappelle-toi qu'i l n'y a qu'une balle, car, tu as vu, j'ai déchargé les cinq autres chambres tout à l'heure, et je n'ai plus une cartouche ici. Puisque tu ne quittes Paris que dema in, tu auras tout le temps nécessaire pour en acheter une boîte chez un armuri er et recharger ton arme avant ton départ.
« Et puis, à te dire vrai, j'aime mieux que tu empo rtes ce revolver. Ce maudit receveur des contributions, mon voisin, est bien ca pable de porter plainte au commissaire de police, et, si l'on me trouvait en p ossession d'une arme prohibée...