2 - La Lettre Volée

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Épisode 2 sur 6 : La Lettre Volée :




M. Mirmac est un trentenaire, riche et sportif, que la vie ennuie à mourir. Il a pour domestique un Américain de son âge, Harry Wilson, un homme intelligent et dévoué.




Tous deux sont blasés jusqu'au jour où Mirmac décide de mettre du piment dans son existence en embrassant la carrière de détective. Il en profite pour exhorter Harry à jeter son uniforme de domestique pour qu’il devienne son aide, son acolyte, son partenaire...




Dès lors, le privé investit son argent au service de son métier, et lui et son compère vont retrouver le goût de l’existence et prouver leurs qualités d'enquêteurs. Car, c’est lorsque l’on frôle la mort que l’on mesure la beauté de la vie, c'est là tout le sel d'un destin fait de péripéties et de dangers.

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Date de parution 08 mai 2015
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EAN13 9782373470185
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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couve

Les Aventures d'un Détective Amateur

La Lettre Volée

 

Auteur inconnu

 

 

D’après les textes publiés journellement à partir du 22 octobre 1908 dans LE FEUILLETON du « MATIN ».

I

 

C'était bien une visite imprévue que je reçus, car je ne pouvais m'imaginer que quelqu'un fût au courant de mes projets, que quelqu'un sût ce que j'avais fait déjà. Mais les nouvelles vont si vite à Paris !

Grâce à l'activité d’Harry, j’avais pu trouver pour mon installation mieux que ce que j'avais souhaité.

C'était au centre même de Paris, à l'angle du boulevard le plus fréquenté, où, par conséquent, les allées et venues ne pouvaient pas être remarquées. J'avais eu la chance de découvrir trois appartements au même étage que je pouvais faire communiquer entre eux et qui avaient leurs entrées : l’un sur le boulevard, l'autre sur la rue X..., l'autre sur la rue Z...

L'entrée officielle était celle donnant sur le boulevard. C'est par là que mon visiteur était venu.

Il était environ neuf heures du soir. Je venais de terminer de dîner avec Harry qui ne me servait plus et mangeait maintenant à ma table.

J’avais pris, en effet, pour faire sa besogne, un autre valet de chambre qui m'était tout dévoué et sur la discrétion duquel je pouvais compter.

J’avais allumé une cigarette que je me disposais à fumer en sirotant un verre de fine champagne, quand un coup de sonnette vibra dans l'antichambre.

Presque aussitôt, la porte de la salle à manger s’ouvrit, et Alfred se précipita pour me dire :

— Monsieur, monsieur ! C’est un monsieur qui a l'air absolument affolé et qui veut vous voir tout de suite. Il s'agit, prétend-il, d’empêcher un grand malheur !

Je me levai, très surpris qu'on vînt s'adresser à moi, et je dis :

— Faites entrer.

Un homme entra aussitôt, un homme jeune, de vingt-cinq à trente ans, élégamment mis, de jolie figure, avec des yeux fous.

— Oh ! monsieur ! s'écria-t-il, que je suis heureux de vous voir ! J’avais si grand-peur de ne pas vous trouver et j’ai eu tant de mal à découvrir votre adresse !

Je sais que c'est vous qui vous êtes occupé de cette femme dont on a trouvé un cadavre dans la chambre à coucher. Et on m’a dit que vous seul pouviez nous sauver !

Mon étonnement augmentait à chaque mot que disait ce jeune homme. Comment pouvait-il être déjà si bien renseigné ?

Mais je compris qu'il n'y avait pas une minute à perdre, qu'il s’agissait sans doute d'éviter une catastrophe.

Je demandai :

— De quoi s'agit-il ?

Mais le jeune homme fit un geste de démence.

— Oh ! Je vous en prie, venez ! Je vous expliquerai tout en route. J'ai une auto qui nous attend.

Il y avait tant d'anxiété dans ses yeux, dans ses gestes, dans toute sa personne, si je puis m’exprimer ainsi, que je n'hésitai plus.

Je fis un signe à Harry.

— Viens avec moi !

Et, saisissant dans l'antichambre ma canne et mon chapeau, je suivis l'inconnu.

Nous dégringolâmes l’escalier, tous les trois, et une minute après nous étions dans l'auto qui nous attendait et qui nous emporta à toute vitesse.

Pendant le trajet, le jeune homme nous mit au courant de son histoire.

Il avait vingt-six ans. Il était rédacteur dans une maison de banque. Il avait aimé follement une jeune fille qui l'aimait aussi et qu’il n’avait pu épouser faute de fortune.

Cette jeune fille, mariée maintenant à un gros industriel, homme violent et brutal, mais très riche, était devenue sa maîtresse.

Ils se voyaient rarement et en prenant des précautions infinies, car le mari était très jaloux, et la jeune femme disait toujours :

— S'il s'aperçoit de quelque chose, il me tuera !

Or, voici ce qui était arrivé.

Il y avait quelques jours, un homme s’était présenté chez la jeune femme, un homme à visage glabre, avec des moustaches cirées et très noires, des yeux terribles. Les yeux surtout avaient fait à la malheureuse une telle impression qu'elle n'avait pu s'en remettre.

Cet homme avait tiré d'un portefeuille crasseux une lettre, une lettre d'elle, adressée à moi, dit le jeune homme, que je n'avais pas reçue, qui s'était égarée, on ne savait comment.

Jeanne croyait cependant qu'elle avait oublié de mettre l'adresse.

Surprise par son mari, au moment où elle écrivait mon nom sur l’enveloppe, elle avait serré la lettre précipitamment et...