Aurore de sang

Aurore de sang

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Français
283 pages

Description


Même en Alaska, vous ne pourrez échapper aux démons du passé.

En cette fin d'été, les aurores boréales du siècle ont commencé à apparaître dans le ciel de White Forest. À deux jours du pic lumineux, et alors qu'il s'apprête à réintégrer la police, Nimrod Russell voit revenir dans sa vie Judith Gibbons, une ex-petite amie. Le mari et le fils de cette dernière ont disparu sans laisser de traces...
Dans le même temps, le corps d'un homme est retrouvé à moitié dévoré par les bêtes en pleine forêt, non loin du chalet d'un milliardaire philanthrope. La lieutenante Tracy Bradshaw est chargée de l'enquête avec Nimrod. Elle va bientôt réaliser que l'enfer n'est pas qu'un mythe biblique...

Après Tout le monde te haïra, finaliste du prix polar en séries 2016, une nouvelle enquête de Tracy Bradshaw et Nimrod Russell.



" Le plus américain des auteurs français ! " Jean-Edgar Casel, librairie La Griffe noire, Saint-Maur.
" Alexis aubenque explore les noirceurs dissimulées au fond de l'âme humaine. " Page des libraires, Marc Rauscher, librairie Majuscule Birmann, Thonon-les-Bains





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Informations

Publié par
Date de parution 17 novembre 2016
Nombre de lectures 11
EAN13 9782221198353
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Collection dirigée par Glenn Tavennec
L'AUTEUR
Alexis Aubenque est l'auteur de nombreuses enquêtes qui ont toutes été plébiscitées par les lecteurs. Sa première trilogie,River Falls, a été récompensée en 2009 par le prestigieux prix Polar du Festival de Cognac. Après sa seconde trilogie,Nuits noires à Seattle, les enquêtes de Tracy Bradshaw et Nimrod Russell marquent son grand retour au thriller pur et dur. AvecTout le monde te haïra, Alexis Aubenque a été finaliste du prix Polar en série du festival Quais du polar 2016 . Son univers a souvent été comparé à celui d'Harlan Coben pour son sens du suspense, l a nervosité de son écriture et la force de ses personnages.
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© Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2016 ISBN numérique : 978-2-221-19835-3 Conception graphique : Raphaëlle Faguer Photo couverture : © Felix Odell / Link Image ISSN 2431-6385
Suivez toute l’actualité des Editions Robert Laffon t sur www.laffont.fr
À mes parents, Diane Boisselet et Pierre Aubenque
Prologue
J E VOUS EN SUPPLIE, arrêtez ça ! supplia Abigail. Elle était allongée à moitié nue sur le lit d'une c hambre austère. Tout autour d'elle, des regards qui se voulaient pleins de compassion, mais elle voyait bien qu'ils prenaient plaisir à la voir souffrir. Sous leur abo rd respectable, ces gens étaient de véritables pervers. Comment pouvaient-ils rester in sensibles devant ce qu'elle endurait ? — Allons, calmez-vous. Abigail endurait le martyre. Un nouvel élancement l ui fit sortir des larmes. Tout son corps hurla comme si quelque chose la dévorait de l 'intérieur. — J'ai trop mal ! Elle sentit une main lui toucher le bas-ventre, et eut envie de l'arracher. « Bande de sadiques ! » voulut-elle leur crier, mai s la douleur était trop intense pour qu'elle puisse articuler le moindre mot. Elle parvi nt seulement à pousser des gémissements remplis de désespoir. « Mon Dieu, je vous en supplie, faites que cela ces se », pria-t-elle en fermant les yeux. Elle ne voulait plus voir ces visages qui regardaie nt son sexe comme si le diable allait en sortir. « Vous êtes des monstres, des monstres ! » hurla-t-elle dans sa tête. Une dernière contraction lui coupa le souffle. — Ça y est, il arrive, dit la sage-femme. Abigail avait tant désiré cet enfant et désormais e lle le détestait plus que tout au monde. Il allait la tuer ! Jamais elle n'aurait ima giné que cela puisse être aussi douloureux. — Encore un peu, vous y êtes presque. Abigail se mit à pleurer et, dans un dernier effort , elle poussa aussi fort qu'elle le put jusqu'à ce qu'elle le sente quitter ses entrailles. La douleur disparut aussitôt. Elle reposa sa tête sur l'oreiller. Des larmes d'épuisem ent roulèrent sur ses joues. — C'est un garçon, annonça la sage-femme. Abigail entendit une porte s'ouvrir et vit apparaître son mari. — Mon amour ? Il s'approcha d'elle sans accorder un regard au béb é. — Tu vas bien ? Tu n'as pas eu trop mal ? Toute la colère qu'elle avait en elle sembla dispar aître comme par enchantement face à ce regard aimant et attentionné. Pourtant, i l était impossible qu'il n'ait pas entendu ses cris. — Oui, tout va bien, lâcha-t-elle. Elle ne voulait pas le culpabiliser d'avoir refusé d'assister à l'accouchement. — Madame, voici votre enfant, intervint la sage-fem me. On lui tendit alors la plus belle chose qui soit au monde : une petite frimousse toute fripée, le corps enveloppé dans un linge blanc. — C'est un garçon ? s'étonna le mari qui avait espé ré une fille. — Oui, c'est notre fils. Abigail caressa le front du nouveau-né et Nimrod ou vrit les yeux.
1
Dimanche 24 août L E SOLEIL SE COUCHAIT SUR WHITE FOREST. Situé sur les hauteurs de la ville, le cimetière était à l'abri des hordes de touristes qu i se déversaient par milliers des bateaux de croisière voguant sur le canal de Gastin eau. De là où il se trouvait, Nimrod avait une vue panor amique. Une lumière spectrale illuminait tout le paysage. S'il avait eu le moindr e talent artistique, il aurait aimé immortaliser ce décor sur une toile. Derrière lui, les montagnes de l'Alaska se dressaient tel un mur infranchissable. Face à lui, Douglas Island et ses collines verdoyantes qui protégeaient White Forest des grand es marées. Et tout au loin, l'océan Pacifique et son immensité. « Si les âmes des disparus restaient près de leur d ernière demeure, nul doute qu'elles résideraient jusqu'à la fin des temps dans ce cimetière », songea Nimrod en ouvrant la grille. Comme chaque année, il s'y rendait en pèlerinage. E n cette fin d'été, les visites étaient encore fréquentes et le cimetière regorgeai t de couleurs chatoyantes. Couronnes, fleurs en pot ou encore bouquets venaien t égayer les tombes et caveaux familiaux. Avec sa rose à la main, Nimrod se sentai t observé. Sa place n'était pas ici. Pourtant, il s'avança dans la dernière allée et s'a rrêta devant la tombe d'Abigail Russell. Son nom et ses dates avaient été gravés su r la pierre. Un portrait en médaillon était incrusté dans le granit. Nimrod sentit l'émot ion l'envahir. Il déposa sa rose sur la tombe et dépoussiéra le médaillon avec le tranchant de la main. Le visage d'une femme pleine de vie réapparut. Il serra les dents p our ne pas craquer. Il n'avait que sept ans lorsque le drame était arrivé. Vingt-neuf années étaient passées depuis la dispari tion de sa mère, mais la douleur était toujours là, tapie au fond de son cœur, prête à le submerger s'il n'y prenait garde. Il se recueillit un instant. Un cri strident lui fi t tourner la tête. Un goéland. L'oiseau était posté au sommet d'un des rares arbres du cimetière. Le volatile lança un autre cri, puis s'envola dans les airs. Selon les légendes, le goéland était porteur de mau vais présage. Nimrod esquissa un petit sourire. Il doutait de l'existence de Dieu , mais n'avait pour autant jamais prêté foi à toutes les superstitions auxquelles étaient a ttachés la plupart de ses contemporains. Il sortit du cimetière et regagna so n side-car garé en bordure de route. Il était temps de retrouver la compagnie des vivants.