Baad

Baad

-

Français
325 pages

Description


" BAAD " : Homme mauvais, violent, cruel avec les femmes.


BARBARIE Des jolies petites filles, vêtues de tenues d'apparat, apprêtées pour des noces de sang.

ABOMINATION Deux femmes, deux mères. À Kaboul, Nahid se bat pour empêcher le mariage de sa fille, dix ans, avec un riche Occidental. À Paris, les enfants de Nicole, ex-agent des services secrets, ont été enlevés. Pour les récupérer, elle doit retrouver un chimiste en fuite, inventeur d'une nouvelle drogue de synthèse.

AFFRONTEMENT Il se croit protégé par ses réseaux et sa fortune, par l'impunité qui règne en Afghanistan. Mais il reste encore dans ce pays des policiers déterminés à rendre la justice, comme l'incorruptible chef de la brigade criminelle, le qomaandaan Kandar.

DÉFLAGRATION Nicole et Nahid aiguisent leurs armes. Pour triompher, elles mentiront, tortureront et tueront. Car une mère aimante est une lionne qui peut se faire bourreau.


" Il fallait oser inventer un tel flic." Le JDD.
" Un voyage à couper le souffle." Christian Rappolt, librairie Wachenheim.
" Un incorruptible badass au pays des talibans. " Benoît Minville, Rural noir, libraire Fnac Défense.





Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 mai 2016
Nombre de lectures 18
EAN13 9782221190722
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Collection dirigée par Glenn Tavennec
© Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2016 En couverture : Conception graphique couverture : Raphaëlle Faguer Couverture : © Tim Robinson / Arcangel Images ISBN numérique : 978-2-221-19072-2 ISSN 2431-6385
Suivez toute l’actualité des Editions Robert Laffon t sur www.laffont.fr
L'AUTEUR
Il existe un autre Afghanistan que celui décrit par les médias et Cédric Bannel, écrivain aux multiples vies né en 1966, le pratique depuis des années, des banlieues poussiéreuses de Kaboul aux montagnes impénétrables du Badakhchan. Aux Éditions Robert Laffont, Cédric Bannel a publiéLe Huitième Fléau (1999),La Menace Mercure (2000),Élixir (2004) etL'Homme de Kaboul (2011). Ses romans sont traduits dans de nombreux pays.
Retrouvez
sur Facebook et Twitter
Vous souhaitez être tenu(e) informé(e) des prochaines parutions de la collection et recevoir notrenewsletter?
Écrivez-nous à l'adresse suivante, en nous indiquant votre adresse e-mail : servicepresse@robert-laffont.fr
Avant-propos
On a tendance à avoir de l'Afghanistan une image re lativement simpliste : un pays sinistré, ravagé par les guerres, la pauvreté et le fondamentalisme religieux. À tort. Le pays que je connais, que je sillonne depuis des ann ées et que j'aime, n'est pas celui-là. Dans le classement mondial Win-Gallup de l'opti misme, les Afghans arrivaient en 2015 dans les tout premiers, avec soixante et onze pour cent de ses habitants qui se déclaraient confiants en l'avenir. Étrange contrée où le courage et l'espoir sont inca rnés, au jour le jour, par des femmes et des hommes venus d'horizons divers et de toutes les ethnies, chacun déterminé à faire de sa patrie un pays « normal ». Je crois qu'ils y réussiront. Au-delà de la trame romanesque et policière, j'espè re que les lecteurs partageront mon amour de cet Afghanistan-là, avec ses paysages uniques, sublimes et majestueux, et de tous ceux qui y vivent, si attach ants en dépit de la violence, du dénuement et de l'instabilité politique.
C. B.
UIX JOuRS AVANT BAURIA
Q AND L'HEURE A SONNÉ, il n'est plus ni de beauté ni de dignité. Il ne r este que le tranchant de la mort dans son obscène crudité. Ains i songeait Oussama Kandar, chef de la police criminelle de Kaboul, en contemplant l e cadavre dénudé de la fillette. Il gisait sur un tas d'ordures, juste derrière l'en trée du parc, les bras en croix. Quelqu'un avait jeté un linge sur son entrejambe, s on visage semblait contempler le ciel. Figure ovale, yeux bridés grands ouverts, che veux noirs, épais et drus. Trop jeune pour être étendue là, pensait Oussama. Trop jeune p our avoir emprunté le chemin de la nuit. — C'est la troisième, remarqua Gulbudin1, son adjoint. Vous croyez que nous avons affaire à un tueur en série, comme dans les films a méricains ? — J'en ai bien l'impression, répondit Oussama, touj ours penché sur le cadavre. On a une identité ? — Cette fois, oui. Elle a été reconnue par une femm e du quartier. – Gulbudin sortit son petit calepin habituel. – Elle s'appelait Adiba Altasangavih, elle avait dix ans. Les parents habitent un peu plus haut, dans le bidonvil le. D'après les voisins, le père travaille au cimetière, la mère fait des ménages à la poste. Elle est hazara, il est tadjik. Ils vivent à Kaboul depuis une dizaine d'années. — Leur a-t-on parlé ? Na, ils sont déjà au travail. — Qui les interrogera ? — Rangin. L'un des adjoints d'Oussama, un jeune Pachtoun conç u quelques semaines avant le départ des Soviétiques et dont les cheveux roux, le s taches de rousseur et les yeux clairs provoquaient les ricanements de beaucoup. L' autre junior de l'équipe, Babour, était en train de planter des piquets de bois surmo ntés d'une ficelle autour du cadavre, ses grosses lunettes sur le nez, un appareil photo autour du cou. — C'est bizarre qu'elle soit dénudée, dit Gulbudin. Les deux autres cadavres portaient des robes d'appa rat, de celles que les fillettes revêtent lorsqu'elles se rendent à un mariage ou un e fête de famille. Le regard d'Oussama s'attarda sur la peau très blan che de l'enfant. Elle était marbrée de marques bleues, comme si elle avait été battue longuement. Ses poignets et ses chevilles présentaient les traces caractéris tiques d'un enchaînement avec un lien fin, fil électrique ou menottes en plastique. Il y avait une blessure au niveau du cœur, un minuscule orifice d'entrée, sans écoulemen t de sang. Coup post mortem. Les deux autres fillettes avaient également été étrangl ées puis poignardées au moyen d'une lame longue et fine. Une signature qui laissa it Oussama perplexe depuis le début de cette affaire : personne ne tuait de cette maniè re en Afghanistan, où l'on goûtait plutôt l'égorgement au moyen de poignards tradition nels à large lame. Délicatement, il écarta la plaie pour vérifier l'or ifice d'entrée, tandis qu'un murmure s'élevait derrière lui. Le jour était à peine levé mais une foule craintive et excitée se tenait déjà à distance, maintenue par des dizaines de policiers dans leur t enue grise, coiffés de l'étrange casquette afghane à bord plat qui ressemble à un ké pi. Des hommes barbus, beaucoup de femmes enhidjab, la nouvelle mode à Kaboul, quelques-unes dans la classiqueburqas garçons, noir et, plus une nuée d'enfants en uniforme, bleu pour le voile blanc pour les filles – ils auraient dû être sur le chemin de l'école depuis longtemps mais les spectacles comme celui-ci étaien t rares et personne ne voulait en perdre une miette. D'ordinaire Tchelsetoun, quartie r pauvre de Kaboul, était calme, à l'abri des attaques terroristes comme des affaires de droit commun.