Celui qui est mort

Celui qui est mort

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Description

Point d’amour pour ces êtres-là. Il était nos douleurs chancelantes, nos petits remords. Il était l’exact calculateur de notre espèce. Et il repartait crachant des flammes sublimes, survolant les trottoirs, flottant par-dessus nos rues, souillant à son passage tout ce que nous avions souillé.


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Date de parution 09 juin 2014
Nombre de lectures 4
EAN13 9791092243314
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Celui qui est mort

 

Alain Cofino Gomez

Celui qui est mort

 

 

 

Collection Hors Format

E-FRACTIONS ÉDITIONS


 

 

ISBN 979-10-92243-31-4

Dépôt légal 2e trimestre 2014

©E-FRACTIONS ÉDITIONS, 2014

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Mon ami est celui que j’appelle mon ami. Je l’ai un jour appelé ainsi parce que les mots me manquaient. Je l’ai, depuis toujours appelé ainsi. Mon ami me manque parfois. Parfois me vient l’envie de l’appeler. Son nom. Son nom d’ami.

Mon ami portait un veston gris-bleu. Il portait ce veston à toutes les occasions. Il ne fallait pas une occasion précise pour qu’il le porte. On l’enterra dans son veston. De la terre par-dessus.

Mon ami s’est laissé mourir. Ou encore, on ne l’a pas laissé vivre. Mon ami n’est pas toujours mort. Bien qu’enterré près des siens, mon ami est seul. Mon ami était seul et il en est mort.

Mon ami sentait les effluves de nos restes. Cet humain portait les relents de l’ordure quotidienne. Éboueur des âmes, il fut.

Avant qu’il ne meure, je ne l’ai pas vu. Lui, ne me verra pas mort. Mon ami, donc celui qui nous a quittés. Mon ami aimait peu de choses. Il aimait compter sur les doigts. Il ne comptait jamais sur les doigts d’autrui. Sa comptabilité était convenable.

Mon ami s’était épuisé de la vie. Le dégoût lui sortait de partout. Mon ami disait des choses qui ne se disent pas. À propos de la vie, il disait. À propos des hommes,il disait. À propos du monde, il disait. Cet homme que j’appelle mon ami. Cet homme-là. Il disait de moi. Il disait aussi de moi. Il ne se disait pas mon ami.

Mon ami, pouvait rester des heures sans parler. Sans dormir. Sans manger. Sans boire. Sans ne dire rien. Ou pire, en disant. Sans honte. Des heures sans honte. Sans penser. Sans croire. Seul. Sans personne. Sans espoir. Mon ami avait perdu quelque chose. Chaque jour...