« Interpol » nous communique...

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Interpol a communiqué à la Police Judiciaire de Paris, le retour au pays de Fidèle Dieulafoy, un arnaqueur de première que la justice n’a jamais réussi à coffrer et qui s’était rangé des voitures en s’exilant aux É.-U.


Le commissaire Odilon QUENTIN chargé de la surveillance de l’escroc ne doute pas que le but de ce voyage est la reprise de ses activités illicites.


Mais quand le célèbre « Fifi » est retrouvé cané, dans sa chambre d’hôtel, d’une prune dans la paillasse, l’affaire prend une tout autre tournure, d’autant qu’un filou de cet acabit ne doit pas manquer d’ennemi...


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EAN13 9782373473407
Langue Français

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Odilon QUENTIN
* 32 *
« INTERPOL » NOUS COMMUNIQUE…
Roman policier
par Charles RICHEBOURG
CHAPITRE PREMIER
Le personnel de la Police Judiciaire rassemble, à P aris, une trentaine de commissaires et environ douze cents fonctionnaires de moindre importance : inspecteurs principaux, inspecteurs, brigadiers et agents judiciaires. L'effectif total représente donc, à peu de chose près, celui d 'un bataillon d'infanterie sur pied de guerre.
Cela paraît énorme si l'on considère cette masse d' hommes en bloc, groupés par rang de quatre, comme pour la parade. P ourtant, le chiffre est dérisoire si l'on envisage la besogne à accomplir, d'autant plus que ces policiers, au sens propre du mot, ne descendent pas tous dans la rue.
Parmi eux, il y a les administratifs, les spécialis tes des empreintes digitales notamment, ou ceux qui classent les fiches des portraits parlés. Au cours de leur carrière, ces ronds-de-cuir intégraux n'ont jamais procédé à la moindre arrestation.
Par contre, parlez-leur d'un type qui a un nez aqui lin dont la cloison est apparente avec méplat triangulaire, le lobe de l'or eille gauche normal, mais l'antitragus saillant, et une cicatrice de sept mil limètres à la commissure des lèvres par-dessus le marché, ils vous répondront im médiatement par un nom suivi du pedigree complet de l'individu :
« Silberstein Nathan, né à Bratislava le 12 juillet 1923, condamné à vingt-huit mois de prison par le tribunal correctio nnel de Zurich en date du 29 novembre 1947, et actuellement recherché par la Sûreté de Barcelone à la suite d'une tentative de meurtre sur la personne de Dolores Serranilla. »
La réponse sera la même partout : à Paris, Londres, Stockholm, Buenos Aires, Chicago, Capetown ou Sydney. Nathan Silberst ein pourra se déguiser, se maquiller ou porter une fausse barbe, il se fera pi ncer un beau jour qu'un policier dissimulé dans la foule anonyme aura reconnu les ca ractéristiques énumérées sur sa fiche. On ne se coupe ni le nez ni les oreil les pour passer inaperçu.
Comment un tel miracle est-il devenu réalisable ? G râce aux travaux des Locard, des Bertillon, des Lombroso ; grâce aussi a ux progrès réalisés dans la technique du classement. Sait-on que ranger des liv res sur les rayons d'une bibliothèque constitue une science ? Qu'en dresser le catalogue en est une autre ? Ici, c'est la même chose, mais en plus comp liqué.
Quant à la coordination internationale, elle est l' œuvre d'« Interpol », vaste association des polices criminelles du monde entier , dont le secrétariat général est à Paris(1).
En somme, cet organisme joue un rôle de boîte aux l ettres ; il centralise et
transmet tous les renseignements de nature à facili ter la chasse aux malfaiteurs. Les fonctionnaires d'Interpol n'ont jamais mis la m ain à la pâte, ils restent dans leur bureau, ne se livrent à aucune investigation s pectaculaire et ne disposent que d'armes éminemment pacifiques : leur porte-plum e, le téléphone, la T.S.F...
Pourtant, en dépit d'un immobilisme foncièrement ad ministratif, ces culs-de-plomb ont permis de passer les menottes à des milli ers de délinquants.
Ces considérations théoriques peuvent paraître supe rflues ou déplacées au seuil d'un roman policier. Elles sont cependant ind ispensables si l'on veut bien se souvenir du but que nous poursuivons : présenter au lecteur le déroulement d'une enquête dans son cadre réel, et sur la base d efaits rigoureusement authentiques.
Voici comment débuta l'affaire Dieulafoy.
Le commissaire Odilon Quentin, de la Police Judicia ire, avait rassemblé ses collaborateurs habituels dans son cabinet. Tous éta ient là : l'inspecteur Chenu, souriant, vêtu d'un complet de bonne coupe ; Dubosc et Charron, les « frères siamois », comme on les appelait dans la maison, pa rce qu'ils travaillaient toujours ensemble ; et le brigadier Loiseau, tacitu rne selon son habitude.
Il était exceptionnel que le patron réunisse son pe rsonnel au début d'une affaire ; ordinairement, il distribuait la besogne au fur et à mesure, suivant les nécessités du moment, et seul un motif grave pouvai t justifier une telle dérogation aux usages.
Le gros policier était ennemi des pertes de temps ; aussi s'expliqua-t-il tout de suite, en phrases courtes, hachées, débitées sur le ton bourru qui lui était familier :
— Je viens de recevoir un câble. Interpol New York nous communique : Fidèle Dieulafoy s'est embarqué pour l'Europe à bor d du« Bérenguéria ». Il débarque au Havre mercredi prochain.
— Fifi Dieulafoy ?... répéta Chenu, ébahi. Ne s'éta it-il pas rangé dans la cohorte des honnêtes gens en épousant la fille d'un antiquaire américain ?
— Oui, n'empêche qu'il rapplique sur le continent, et seul, ce qui implique qu'il compte reprendre son ancienne activité.
La nouvelle ne manquait pas de piquant. Au Quai des Orfèvres, tout le monde connaissait de réputation l'indésirable perso nnage qui voguait vers la France ; mais comme les souvenirs s'estompaient dan s la brume du passé, Quentin estima opportun d'esquisser à larges traits la silhouette de l'intéressé :
— Au physique, précisa-t-il, Fidèle Dieulafoy se pr ésente comme un petit homme inoffensif, toujours tiré à quatre épingles. Au moral, par contre, on le considère à juste titre comme l'escroc le plus dang ereux des deux hémisphères. Il a écumé toute l'Europe, et je nous en croyais dé finitivement débarrassés. Il
n'en est malheureusement pas ainsi, et son retour n e peut nous amener que des embêtements.
— Il est réellement si redoutable ?
— C'est bien simple : aucun juge d'instruction n'es t parvenu à l'inculper jusqu'à présent ; on a toujours dû le relâcher faute de preuves.
— Cela paraît à peine croyable...
— L'homme connaît son code sur le bout...