Je vais vous tuer

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Livres
121 pages
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Description

Voici un thriller passionnant écrit avec finesse et d'une machiavélique intelligence.


"Il faut avoir du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse" Fréderich Nietzsche - "Ainsi parlait Zarathoustra".
Et du chaos il y en a dans ce livre... très noir... "Je vais vous tuer" nous raconte deux histoires parallèles. D'un côté une rame de métro, plusieurs personnages, un attentat. De l'autre un capitaine de police, plusieurs meurtres, et le philosophe Nietzsche. Le point commun entre les deux ? Par un jeu de "vases communicants" chapitre après chapitre, l'auteur déroule le fil de son roman. D'une plume glaçante et souvent très crue, il n'hésite pas à malmener ses personnages, en leur dressant des portraits au vitriol pour perdre le lecteur tenu en haleine au fil des pages

Nicolas Klein a su manier les codes de (l'excellent) thriller afin de faire monter le suspense progressivement. Haletant, ce roman se lit d'une traite.


Critique de Lady's Blog

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Nombre de lectures 15
EAN13 9791034800971
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Nicolas klein Je vais vous tuer Illustration : Néro Publié dans la collection I-Mage-In-Air, Dirigée par Jean-Baptiste Messier.
© Evidence Editions 2017
A mon frère.
Merci Élisabeth
N’est-ce pas merveilleux de savoir où l’on va? Non! Quelle horreur! Regarde-les, ils ont l’air de numéros sacrifiés p our quelque équation nazie. Ils sont concentrés mais sur la dure journée de lab eur qui les attend. Tout le monde ne peut pas être un parasite. Dieu a donné le libre arbitre, autant l’utiliser. Dieu n’existe pas, et le libre arbitre, cette inven tion des prêtres pour se venger et punir, ne nourrit pas. L’amour non plus et pourtant même toi, tu dois reco nnaître qu’il est vital. Chacun cherche l’amour, c’est vrai, c’est bien là l e drame de l’Homme.Ah, je savais que l’on finirait par trouver un terr ain d’entente. Et toi, quel amour cherches-tu? Oh, mais le même que toi : l’amour miroir. * Métropolitain. Gare de Lyon, 7 h 30. Les portes du métro de la ligne 14 s’ouvrirent et l e jeu des vases communicants recommença. Dans la rame 7, une dizaine de personne s prirent place. Le cosmopolitisme de Paris se retrouvait dans ce micro cosme et chacun s’accommodait de l’autre en ce matin particulièrement froid. Près d’une porte, une petite fille parlait avec sa mère tandis qu’un homme consultait son agenda électronique. Dans les banquettes du mil ieu, une jeune antillaise lisait un roman de Maryse Condé, entourée par un Asiatique et une femme en tailleur. Lui faisant face, deux hommes échangeaient leur point d e vue sur la prestation télévisée du président Hollande. Ils s’accordaient sur sa méd iocrité. À l’autre porte, un musicien, à en juger par son accordéon en bandoulière, était perdu dans ses pensées. Assis sur un strapontin, un homme à la peau noire semblait le regarder pour le faire jouer… ou le maintenir dans cet état. Une adolescente n’avait pa s attendu de connaître l’issue et avait mis son casque pour écouter le dernier album de Maître Gims. Son ami, maghrébin comme elle, préférait jouer avec sa conso le portable autrement plus attrayante que les résumés de cours qu’il s’était p romis d’apprendre. D’autres passagers profitaient des journaux gratuits pour dé couvrir ce que le 20 heures de la veille n’avait pas mentionné. Il y avait aussi un h omme qui observait chaque occupant, notant chaque détail à la manière d’un mentaliste. Ou d’un écrivain, ce qu’il était, tout du moins pour lui.
Puis, il y eut un bruit. Énorme. Tous se tournèrent vers son origine : les quais qu’ ils avaient quittés. C’était une explosion. Une formidable explosion. Une deuxième retentit. Cette fois, elle provenait de devant. L’instant d’a près, le métro s’encastra à près de quarante kilomètres heure dans un mur de pierres. H orrible bruit de métal broyé. Puis, un silence. De mort. * Non, ils sont morts? Je ne sais pas. Tu aurais pu me prévenir, tout ça pour me démontrer qu’aucune route n’est jamais tracée. T’es chiante. Je n’y suis pour rien, je t’assure. Certaines chose s nous échappent, je peux faire naître l’imprévu mais il n’en demeure pas moins vol atil, par essence, si je puis dire. Trop facile, l’existence ne précède-t-elle pas l’es sence? Les choses sont peut-être dures avec moi, mais au moins, on sait à quoi s’attendre. Tu sais, je n’ai pas peur non plus de me salir les mains, cependant il faut reconnaître que tu es meilleur que moi par certains… aspects. L a suite t’appartient donc. La flatterie ne te servira à rien, d’ailleurs je ne fuis pas mes responsabilités, moi! * Sébastien toucha sa tempe droite. Ses doigts rencon trèrent du sang séché. Que s’était-il… Ah oui, quel choc! Une explosion, puis une autre et enfin le crash. Il avait valdingué et sa tête avait heurté le dossier d’une banquette. Un attentat terroriste dans le métro, merde, depuis le temps qu’il en parlait, et voilà que ça arrivait alors qu’il ne le prenait quasiment jamais. Tout ça, à cause de cette salope qui lui avait crevé les pneus de sa BM. Un plafonnier livrait sa lumière par intermittence. L’effet stroboscopique ajoutait à l’horreur de ce que Sébastien découvrit. La fille e t sa maman. Enfin, ce qu’il en restait. Il manquait la tête pour la petite et le tronc pour la mère. Le sang avait giclé en abondance, mais ne s’échappait plus que par soubres auts. Sébastien sentit un goût métallique dans sa bouche puis il vomit et resta prostré à contempler son œuvre. Merde, merde, merde! C’est pas vrai! Quelle journée de merde! Et dire que ce devait être une journée à quarante mille! Deux retraites Madelin toutes cuites l’attendaient. Et une dinde à fourrer ce soir en ap othéose. Comment elle s’appelait celle-là encore? Célineeus.? Non, ça c’est l’autre pute qui lui a crevé ses pn Stéphanie, oui, Stéphanie, délicieuse petite Stépha nie, quand te reverrais-je, foufoune merveilleuse? Ah, ah, ah, putain, c’est quoi ce délire? Sébastien détourna son regard de son petit-déjeuner façon Picasso. Il venait d’entendre des râles. Oui, c’étaient bien des gémis sements qui provenaient du fond de
la rame. Là-bas, plusieurs corps étaient empilés le s uns sur les autres. À défaut de tapis, on avait déroulé une jolie bande rouge jusqu ’à eux. Sébastien l’évita soigneusement pour rejoindre la source des plaintes . Putain, allez, doit bien y avoir d’autres survivants, peut-être même une jolie survi vante avec un peu de chance… * Tu vois, je savais que tu serais parfaite. Ton sens n’est pas reconnu pour rien. Non, mes sens, je suis par contre unique. Quoiqu’on en dise, ce sont les vérités qui sont multiples. Et quelle est la tienne? Amor fati. Aime ton destin? Il est vrai que tu n’es qu’ironie. D’autres me nomment fatalité, est-il si dur de me regarder en face? Sans doute, sinon je n’existerai pas. Mais, chère N émésis, il est temps que nos différences ne soient plus dichotomies. Notre propriétaire a besoin de nous. 1 Et nous de lui, cependantducunt volentem fata, nolentem trahunt. C’est ça, merci pour ce rappel. Dis-moi, le latin t ’avait oubliée mais t’es pas 2 rancunière. Maintenant, si tu le permets,res, non verba!
MerciSeb
— Tu en fais souvent? Attention, question piège d’entrée. — De quoi me parles-tu? — Ben, des speed-dating. — Je pensais que tu me parlais d’aussi charmante re ncontre que la tienne. La réponse est non aux deux. Ça y est, elle rougit. Hum, trente-cinq ans je dira is, pas trop mal conservée. Elle n’a pas forcé sur le maquillage, mais son décolleté est évocateur de sa condition de manque. Une proie facile. Elle arrive à un âge bâta rd coincé entre les petites jeunes et les couguars. — Et qu’est-ce tu fais dans la vie? Je me tape des bonnes-femmes qui se demandent si el les plaisent encore. T’en connais? — Je suis dans les assurances. Je fais peur aux gen s et je les « rassure » quand je les reprends à la concurrence. Houlà, j’y suis allé un peu fort, je crois que je l ’ai perdue. — Je suis quelqu’un qui assure mais pas avec les fe mmes, alors je me suis dit que cette expérience me permettrait peut-être de trouve r l’amour. Et toi? Elle se détend, les mots ont un pouvoir magique pou r celui qui sait les manier, surtout quand il a ma gueule d’acteur. — Je suis assistante de direction dans une caisse d e retraite. Ma patronne est une esclavagiste et depuis que mon mari m’a quittée, je n’ai pas beaucoup de temps pour… trouver une bite. Tu m’étonnes. Heureusement la mie nne est prête à l’emploi. — Ah, les patrons tyranniques, je connais, c’est po ur ça que je me suis mis à mon compte. La vie est trop courte pour se laisser… enq uiquiner par des gens obnubilés par leur petit pouvoir. Personnellement, je mets un poi nt d’honneur à saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent, pas toi? Les yeux commencent à briller, bientôt c’est le pan neau « Baise-moi, grand fou! » qui va s’allumer sur son front. — Je… c’est pas facile. Je suis tellement prise —et t’as encore rien vu — par mon boulot que, parfois, je me demande si je ne suis pa s une machine. Ouais, ben, on va huiler tout ça. Ding! La cloche sonne, fin des sept minutes. Je vois le regret dans ses yeux. Une invitation que je vais honorer comme il se doigte. — Bon, euh, peut-être à plus tard, Sébastien? — Pourquoi remettre à plus tard ce que nous voulons maintenant, Stéphanie?
Partons de cet endroit impersonnel qui n’aura eu le mérite que de notre rencontre. J’habite pas très loin d’ici et j’ai une folle envi e de parler encore avec toi. Elle hésite pour la forme, mais elle mouille déjà à l’idée de ce que je dois posséder sous ce jean trop serré. — Allez, c’est vrai, je vais me laisser aller pour une fois. En tout bien, tout honneur, hein? En tout dur dans ton cul, oui. — Bien sûr, Stéphanie. Tu sais, j’aime surtout déco uvrir l’autre, c’est pour ça que je fais ce métier. Et toi, je sais que tu es une perso nne qui a beaucoup à partager. Allez, hop, emballé c’est pesé, direction le baisod rome. La vache! Quelle sauvagemais! Elle m’a ruiné le dos avec ses ongles de pute. Ja couchée avec un mec qui a une bite de plus de 15 ce ntimètres ou quoi? En tous cas, elle a assuré la cochonne. Pas envie de perdre l’oi seau rare qui saura égayer ta petite vie de merde, n’est-ce pas Stéphanie? Un café et au boulot. Le bruit de ma Senseo réveill e la comblée qui me cherche du regard. Non, ce n’était pas un rêve et, admire, le prince charmant t’apporte même le p’tit dèj au lit. — Bien dormi? Question ponctuée d’un baiser sur son front. — Oui, super. Mais… quelle heure est-il? Je vais être en retard et ma chef va me le faire payer pendant au moins une semaine. — Ne t’inquiète pas, il est six heures et j’en ai pour vingt minutes pour t’emmener. Tartines ou croissant? Je sais, j’en fais trop mais je kiffe de voir leur tronche d’ahurie à ces abîmées de la vie qui pensent redevenir la petite princesse de le ur enfance. Je ne suis pas un salaud, c’est juste que j’aime plaire et que je me lasse vi te. Un psy vous dirait que c’est à cause de ma mère. J’avais beau me casser le cul à l ’école, ramener des médailles lors de mes compétitions de judo, jamais elle ne me mani festait un témoignage d’amour. Au contraire, la moindre occasion était bonne pour me rabaisser. Ce n’est que plus tard que je compris que je lui servais de procuration po ur le mépris qu’elle éprouvait à l’égard de ses beaux-parents. Ce sont eux qui m’ava ient élevé dans le respect des conventions élitistes, chose qu’une fille de la cam pagne comme ma mère conchiait par tous ses pores. Alors à la naissance de mon petit f rère, elle avait arrêté de travailler pour lui apporter une éducation propre à ses convic tions. Et mon père? C’était un bon père, trop bon ça l’a tué. Je l’admirais et mon cœu r se brisa quand je vis sa lente descente aux enfers. Quand ses collègues le flouère nt, que nous nous retrouvâmes sans argent et que ma mère dut accepter l’aide des beaux-parents détestés. Ce père si fier de son rôle de guide ne put accepter de nous a voir menés droit dans le mur. Il se mit à boire et mourut d’un cancer. Fin de l’histoire. Alors, les êtres fragiles que je croise, je veux les aider à se constituer une carapace cont re ce monde pourri. Je ne suis pas un salaud, je suis un sauveur et le prix à payer po ur mon aide est des plus plaisants d’après ce que j’en vois. Ah, Stéphanie a fini de se préparer. Elle a l’air é tonnée.
— Euh, Sébastien, c’est quoi ce poisson rouge dans tes toilettes? Je l’avais oublié lui et son bocal. La force de l’h abitude. — C’est Prince, je l’ai mis là pour… me tenir compa gnie dans des moments de solitude que tout le monde connaît. Il est toujours d’accord avec mes élucubrations, si j’en crois les bulles qu’il me sort. D’abord comme deux ronds de flanc, elle éclate de rire. — Tu chies avec ton poisson rouge? — C’est une manière de résumer la chose. Bien, ce n ’est pas que je n’ai pas envie de te parler de ma vie royale, mais l’heure tourne. Je la dépose à son taf et la rassure. Oui, on se re verra, tant que tu accepteras mes règles et surtout si tu acceptes de ne pas être la seule à profiter de ma grosse queue.