202 pages
Français

L'Affaire Cathy Nkeng

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Description

Cathy Nkeng, une ancienne Miss Cameroun, célèbre pour ses frasques, est retrouvée morte dans la chambre d'un hôtel cinq étoiles dans la cité balnéaire camerounaise, Kribi. La jeune femme a sur le corps des marques étranges. Mort mystique ou assassinat ? Cruelle énigme pour la police judiciaire. La gendarmerie de la commune de Kribi 2ème a du pain sur la planche... Heureusement, le bon sens, l'acharnement et le flair du sous-officier Ze permettront, non sans rebondissement, de trouver la solution.

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Date de parution 01 juillet 2020
Nombre de lectures 55
EAN13 9789956636060
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

L’AFFAIRE CATHY NKENG
Lois Irène NWAHA
L’AFFAIRE CATHY NKENG
Roman
DESIGN COUVERTURE: DIEUDONNÉMBASSIYANA
Tous droits de représentation, de traduction ou de reproduction, réservés pour tous les pays. © Éditions de Midi, Téléphone : 697 44 90 82/680 17 51 50 Yaoundé-République du Cameroun, Juillet 2020 editionsdemidi@yahoo.com ISBN : 978-9956-636-06-08
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ui t’a demandé de laver ces draps ? Et vous Q autres ? N’avez- vous pas fini de vous ha-biller ? seul le commérage vous intéresse. - Nous y allons! dit Viviane. - Il est huit heures et trente minutes. Je vous rappelle que cette salle ne va pas se nettoyer seule! La voix tonitruante de la gouvernante s’entendait aisément du seuil de la porte de service et se mêlait aux bruits de l’entrechoquement de balais, charriots, seaux et autres matériaux de service. Apparemment, la veille, quelqu’un avait oublié de séparer un drap de couleur de ceux qui étaient blancs. À la recherche du coupable, elle était tombé sur Viviane, une jeune fille tête en l’air, nou-velle arrivante qui ignorait la règle numéro un des femmes de chambre : ne jamais hausser le ton devant la gouvernante. Deux femmes de chambres sortant de la pièce manquèrent de renverser Josiane. Elles lui adressèrent un sourire espiègle et l’une lui murmura que la patronne n’était vraiment pas de bonne humeur ce matin. D’après la rumeur, le mari de cette dernière lui avait fait honte la veille devant les copines de son asso-ciation. Josiane inspira une grosse bouffée d’air et l’ex-pira lentement avant de faire son entrée dans la salle. Pendant un moment, la patronne fit mine de ne l’avoir pas remarquée.
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Elle était très en retard. Ce qui était devenu une habi-tude. Préparer ses quatre enfants pour l’école était un vrai challenge depuis que sa petite sœur Suzy, avait déserté la maison sans préavis, pour squatter chez son copain, un fainéant qui vivait de l’argent des loyers de sa mère ! De plus, la nuit durant, Divine, l’enfant de la fuyarde, avait fait de la fièvre. Avec les alcools de la veille, ce matin c’était un exploit que Josiane ais put être là. L’état dans lequel elle avait laissé sa baraque au quartier Zaïre remet-tait en question ses qualités de ménagère. Les autres femmes de chambres avaient commencé leur tournée. Son uniforme bleu marine, une robe droite comme un sac, trônait dans le placard près de l’entrée. Elle l’enfila en toute hâte et au passage se réjouit d’avoir perdu quelques kilogrammes. Souvent appelée « Zack-oulag », Josiane avait mis du temps à accepter ses ron-deurs. D’ailleurs, elle ne s’y est faite que récemment grâce à une amitié inattendue. Elle avait hâte de lui racon-ter sa fête à elle, la tête des autres femmes quand elles ont vu son modèle de pagne et puis sa nouvelle rencontre aussi, un homme de quarante-cinq ans, célibataire, sans enfant. De surcroit, un fonctionnaire qui disait s’in-téresser à elle. Ils s’étaient rencontrés là, au milieu des bières et du brouhaha de la fête. Il lui avait offert à manger, ainsi qu’à ses copines qui se disaient que l’idylle leur avait été cachée. Un homme généreux qui respectait la valeur des femmes et ne s’offusquait pas de voir les vergetures qui traçaient sous ses bras flasques. Beau ou pas, il savait faire rire la galerie et ça, on adore au risque pourtant de tomber dans le piège d’un nouveau gigolo. Perdue dans ses souvenirs de la veille, elle sursauta quand sa patronne l’interpella. Les quinze minutes suivantes furent les plus longues de son existence : les mises en garde furent lancées. Au prochain retard, au moindre écart, ce sera la porte. C’est le visage froissé et le pas rapide qu’elle s’en alla s’occuper de sa tâche.
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L’hôtel La Tour était une bâtisse de six niveaux, agré-menté d’une salle de fête, d’un restaurant-bar jouxtant la salle et de deux piscines le tout donnant sur la mer. Tout en suivant l’allée qui conduisait à l’entrée de service de l’hôtel, sur le flanc gauche de ce dernier, elle admirait les espaces verts bordés de palmiers qui occupaient la cours. Cette dernière comptait quelques bancs publics en béton peint en blanc et éparpillés sous des Malandji, ainsi qu’un petit parking situé en face de l’hôtel. Lorsqu’on offrait une réception, la majorité des véhicules se retrouvaient le long de la grande rue qui menait à l’hôtel, car il était impossible que le parking puisse tous les accueillir. Elle poussa la porte à double battant et emprunta le couloir en carreaux qui menait à l’ascenseur et qui passait devant la porte arrière de la salle de réception. Sur les murs en blanc se trouvait accroché, à intervalle d’un met-tre, des objets d’art tels que masques, carapaces de tortue peint ou encore sculptures modernes. A travers la porte entrouverte de la salle de réception, on pouvait voir l’équipe de nettoyage s’activer, rangeant les tables, les chaises et les pots qui avaient subi quelques dommages. On déshabillait aussi les murs qui avaient portés l’espace d’un soir des toiles aux styles incongrues pour l’ignorant. La veille, à l’occasion de la commémoration de la journée internationale de la femme, le 8 mars, les lieux avaient accueilli une soirée de gala. En l’honneur, des artistes peintres avaient été invités pour exposer au musée. On avait également reçus des artistes musiciens, des hommes politiques et la crème des femmes influentes du pays. Contrairement aux soirées ordinaires du bas pe-uple qui se résument en beuveries, bagarres et vagabondages de tout ordre, ici on avait beaucoup parlé affaires, innovations et nouvelles mesures pour la valori-sation des femmes. Cela faisait déjà cinq ans que l’Association des Femmes Fortes organisait des événements du type à tra-
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vers le pays. Pour l’occasion, des ateliers pour métiers pratiques étaient installés dans la ville choisie et de nom-breuses jeunes filles venaient y apprendre qui à tricoter, qui à fabriquer des bijoux et sac avec des perles ou encore restaurer des objets avec du tissu. Bien sûr, cela se faisait sous le couvert du Ministère de la femme et de la famille et celui des Affaires sociales qui en profitaient pour rap-peler aux femmes leurs droits. Durant la soirée de gala, le Prix Excellence Au Féminin avait été remis à quelques unes des participantes. Il y’avait aussi des chèques pour les projets les plus prometteur : Larose Tcheutchang pour son école agropas-torale exclusivement destinée aux jeunes orphelines ; Clarence Beyale pour sa star up Birthsafe qui devrait aux moyens des Smartphones suivre pas à pas les femmes en-ceintes et baisser ainsi la mortalité de ces dernières ; et Cathy Nken pour son agence de mannequins grande taille qui viserait à redonner confiance aux femmes en sur-poids. Les festivités avaient pris fin aux environs de mi-nuit, heure à laquelle on fermait le restaurant de l’hôtel. Josiane poussait ses chariots avec un regard envieux, s’imaginant les tenues somptueuses que ces dames avaient dues arborer. Vu la grandeur de l’événement, il était couvert par une télévision nationale. La rediffusion de l’émission se ferait ce week-end, elle pourra alors se rattraper. Ce matin, elle s’occupait de trois niveaux en l’absence de deux collègues qui avaient été déléguées à d’autres fonctions. Elle avait appris à être multi tâches, à son plus grand désarroi, car quelque soit le travail effectué, le salaire restait le même. L’ascenseur s’ouvrit sur un groupe de quatre jeunes anglais joviales et loquaces qui ne daignèrent pas répondre à son bonjour. « Ah ces blancs ! » Pesta Josiane. Les portes en aluminium coulissèrent et on entendit un « tilt ». Il lui
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