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L'épouvante

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Description

L’inspecteur TRÉGONENC est chargé de la sécurité du Roi de Cilicie, en visite à Paris.


Des anarchistes ont juré la mort du monarque et, ces derniers temps, la Sûreté a été prévenue que des individus dangereux ont pénétré sur le territoire.


La jeune fille du policier, appuyée par sa mère, insiste pour assister au défilé du cortège royal.


Refusant tout d’abord de répondre au désir de sa tendre enfant mais rassuré par le fait que l’évènement ait lieu en plein jour – des terroristes attendraient d’être couverts par l’obscurité pour agir, selon sa femme –, il finit par accepter.


Mais, une bombe est lancée au passage du souverain et la douce gamine et sa maman font partie des victimes déchiquetées par l’explosion.


Alors que la police a fouillé en vain le bâtiment d’où a été jeté l’engin explosif, TRÉGONENC débarque sur place et tombe sur l’assassin de ses bien-aimées...


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Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782373473001
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L'ÉPOUVANTE
Roman policier
par Henry de Golen
*1*
UN HEUREUX MÉNAGE
me — « Suzette », fit M Trégonenc à sa fille, une charmante bambine d'une douzaine d'années, à la figure menue et fine encadr ée de boucles blondes, toutes floues, toutes frisées : « Suzette », descen ds donc chez l'épicier et rapporte-moi vite de la noix muscade. Mes cèpes mij otent et vont être à point pour le retour de ton père ; mais j'ai oublié la mu scade.
— Tout de suite, maman ; papa aime tant cela !
La gentille enfant dégringola quatre à quatre l'esc alier un peu sombre, d'une maison de la rue Monge.
me M Trégonenc, la femme de l'inspecteur principal Trég onenc de la Sûreté générale, habitait un petit appartement de quatre p ièces, coquet et clair, rue Monge, face au square de l'École Polytechnique.
Toute jeune, trente ans à peine, blonde, le visage doux et fin encadré d'une admirable chevelure aux tons d'or fondu, elle était exquisément féminine avec ses yeux bleus au reflet ingénu, son front pur, son oreille petite, d'un dessin impeccable. Seules des lèvres fortes et rouges sortaient de l'ombre, animaient la calme béatitude de son visage de madone, semblaient une fleur de volupté. Tout en surveillant la cuisson du dîner, dans la pe tite cuisine claire, propre, étincelante de la brillance des casseroles de cuivre, la jeune femme souriait d'un joli sourire tendre et heureux.
— Je crois, murmura-t-elle, que Jean sera content d u dîner ! C'est qu'il est gourmand, M. mon mari ! Et les cèpes, c'est son rég al ! Il n'est pas du Midi pour rien ! Ah ! te voilà, Suzette !
— Oui, petite maman ; voilà la muscade.
— Tu es tout essoufflée, ma grande fille. Tu n'as p as pris froid, au moins ; il pleut, je crois.
— Oh ! non ; ce n'est rien ! Mais je me suis dépêch ée, de peur que papa ne rentre !
— Quelle heure est-il ?
— Dix-neuf heures.
— Oui ! ton père finit son service. Il ne peut plus tarder.
— Je vais mettre le couvert.
— C'est cela, ma mignonne, fais vite.
La gentille enfant s'empressa, dans la salle à mang er contiguë, à mettre le me couvert. Pendant ce temps, M Trégonenc surveillait la cuisson d'un rôti de bœuf, râpait la muscade sur les cèpes grésillant da ns la poêle.
— Voilà papa ! cria soudain Suzette.
D'un bond, elle fut dans le couloir. Une clef tourn ait dans la serrure de la porte d'entrée.
Un homme d'une quarantaine d'années, brun, grand, a u visage énergique, pénétrait dans le vestibule.
La fillette se jeta à son cou et l'embrassa passion nément.
Yvonne Trégonenc sortit de la cuisine, et, langoure usement, s'appuya sur la poitrine de son mari, lui tendit ses lèvres. Leurs bouches se joignirent.
— Tu es en retard, mon Jean, as-tu faim ?
— Je meurs de faim ! Oh, j'ai eu une journée fatiga nte, et ce soir, avant de partir, le chef m'a fait appeler à son bureau.
— Rien de grave ?
— Non, une mission de confiance et un avertissement confidentiel pour après-demain.
— Tu ne peux pas me dire...
— Mais si ; tu sais bien que je n'ai rien de caché pour toi... Mais, à table d'abord ; je te dirai cela au dessert.
Jean Trégonenc, tenant sa fille par la main, pénétra dans la salle à manger.
Yvonne Trégonenc regardait, avec un plaisir attendr i d'amoureuse, son mari se délecter en mangeant les fameux cèpes préparés a vec tant de soin.
— Vraiment, s'exclamait l'inspecteur, tu es une cui sinière hors ligne, Yvonne chérie ! Jamais je ne me suis autant régalé avec de s cèpes !
— Alors, tu ne me diras plus que ta mère les faisai t mieux que moi ! Tout cela parce qu'elle était du Midi !
— Je ne dirai plus rien. Mais, conviens que c'est m oi qui t'ai enseigné la recette.
— Et voilà, c'est fini ; il n'en reste plus. Un bon verre de bordeaux là-dessus. Tiens, ma Suzette.
— Pas trop, pas trop. La petite est déjà toute roug e.
— Bah, cela ne fait pas de mal ; au contraire.
— Suzette, va chercher le dessert. Je t'ai fait une crème au caramel, comme
tu aimes.
— Un vrai dîner d'amoureux, quoi !
— On l'est toujours, dis, mon Jean !
— Toujours, Yvonne, tu le sais trop.
— Prouve-le, alors...
Suzette rentrait avec le dessert.
Les amoureux se turent. Mais leurs mains se frôlaie nt ; leurs yeux disaient leur désir et leur tendresse.
Le repas s'achevait.
— Petit papa chéri, dit soudain Suzette, tu ne nous as pas dit pourquoi le chef t'avait fait appeler. Tu nous avais promis cel a pour le dessert. On y est. C'est le moment.
Trégonenc rit joyeusement de la réflexion de sa fil le.
— Ah, gamine, il ne faut pas oublier quelque chose avec toi !
— Elle a raison, dit Yvonne. Chose promise, chose d ue.
— Dis vite, petit papa ; ne te fais pas prier, va !
— Eh bien, voilà, curieuses ! j'allais partir à la Sûreté quand le chef m'a fait appeler pour me confier une mission spéciale après- demain soir. Vous savez que le roi de Cilicie est arrivé ce soir à Paris ?
— Oh oui, il est jeune et gentil !
— Il vous plaît, mademoiselle ma fille ?... Dommage qu'il soit déjà marié ! Toujours est-il, qu'il ne fait pas bon tous les jou rs d'être roi ! Des anarchistes ont juré sa mort. On sait à la Sûreté qu'un certain nom bre d'individus dangereux ont passé, tous ces temps-ci, la frontière en prévision de ce voyage. On les surveille, on les a à l'œil. Mais, malgré tout, on redoute un attentat possible.
— Tu y crois, toi, chéri ?...
— Pas trop. Mais, sait-on jamais ! En tout cas, le roi est gardé jour et nuit par la brigade secrète. C'est mon tour d'être de se rvice après-demain soir où le roi se rendra à vingt heures trente à une représent ation de gala à l'Opéra. Le chef m'a fait toutes sortes de recommandations. Je dois attendre la sortie du roi et du président de la République à vingt heures qui nze, de l'hôtelBristol. Je dois suivre, avec d'autres collègues, la voiture préside ntielle jusqu'à l'Opéra, en passant par la rue de la Paix et la place de l'Opér a. À la fin de la représentation à vingt-quatre heures, je dois faire de même au ret our et accompagner le roi jusqu'à l'hôtel. Consigne : voir, surveiller, épier , agir au besoin. On craint quelque chose.
— Et comme d'habitude dans ces cas-là, quand il y a tant de précautions prises, il n'y aura rien, naturellement, dit Yvonne en riant. Que d'affaires pour peu de chose ! Tu es sûr, comme moi, qu'il n'y aura rien, n'est-ce pas ?
— Sûr, sûr, bougonna l'inspecteur, on n'est jamais sûr de rien ! Mais enfin, cela m'étonnerait !
— Petit papa, dit Suzette, si tu étais bien gentil, fais-le nous voir le roi de Cilicie, à maman et à moi. J'en meurs d'envie.
— Ah non, par exemple ! C'est trop dangereux.
— Mais pourquoi ? demanda Yvonne ; ce n'est pas plu s dangereux après-demain que ce soir ou demain. Elle a raison, cette petite, et cela lui ferait plaisir. On ne sort pas tellement toutes les deux.
— Puisque tu es de service justement ce soir-là, il n'y a rien à craindre.
— Oh oui, dis oui, papa chéri... C'est si beau les cuirassiers !
— Non, je vous assure, une autre fois, mes chéries.
— Mais quand, une autre fois, mon Jean ? Tu compren ds bien qu'il ne reviendra pas de sitôt le roi de Cilicie ! Et cela ferait tant de plaisir à la petite.
— Je sais, je sais ; mais j'ai peur.
— Nous, on n'a pas peur. Il n'arrivera rien. Allons , dites oui, vilain !
— Mon Yvonne chérie, n'insiste pas. S'il arrivait q uelque chose, tu vois dans quel état je serais ; je me le reprocherais toute l a vie !
— Mais pourquoi veux-tu qu'il arrive quelque chose, précisément, le jour où tu es de service. Il est pour cinq jours à Paris, le roi de Cilicie !
— Mais, c'est parce que je suis de service précisém ent que vous sachant dans la foule, je ne vivrais pas moi !
— Es-tu entêté...
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