La Justice des fous

La Justice des fous

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Français
344 pages

Description

Cinq années se sont écoulées depuis l’arrivée de Julie Fronsac au sein de la brigade criminelle de Toulouse. Maintenant maman d’une jolie petite fille, Julie n’en reste pas moins un super flic, dotée d’une capacité de mémoire et d’analyse hors du commun.
Aussi, quand un paisible village de la campagne toulousaine est la proie d’un tueur aux méthodes ignobles, c’est tout naturellement qu’elle est détachée auprès de la gendarmerie pour leur venir en aide.
En dépit de l’imposant dispositif de sécurité mis en place, les crimes horribles se multiplient. Le meurtrier, insaisissable, semble agir en toute impunité, tel un spectre.
La jeune femme ne croit pas aux fantômes, mais la vérité va pourtant l’emmener bien au-delà de ce qu’elle aurait pu imaginer...


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Date de parution 22 mars 2017
Nombre de lectures 8
EAN13 9782414042005
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Langue Français

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175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-04198-5

 

© Edilivre, 2017

Du même auteur

Du même auteur :

Les supplices de la passion (Edilivre 2014)

Les secrets des Cabanes (Edilivre 2015)

Avertissement

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes, ou ayant existé, ne saurait être que fortuite.

Chapitre 1

– Papou !! Papou !! Faut pas oublier Poipoi et Poipoi !!

Julie leva la tête en souriant. Lola, toute excitée à l’idée de passer une semaine de vacances chez ses grands-parents, allait et venait en courant, entre la maison et le monospace de son grand père, poursuivie comme son ombre par Tom, le croisé Berger devenu inséparable de la fillette. Julie se souvint de ce premier matin, où elle était rentrée chez elle avec sa fille… sa fille… rien que ce mot lui faisait battre le cœur plus fort. A peine le couffin fut-il posé que Tom venait renifler la petite chose qui s’y trouvait. Ce petit bout d’humain qui envahissait son domaine. Coïncidence ou pas, au moment où le gros chien penchait son museau, la fillette avait tendu son petit poing et les deux s’étaient effleurés. Tom s’était alors allongé, formant comme une barrière protectrice et avait regardé Julie d’un air entendu « c’est bon, ne t’inquiète pas, je veille sur elle ». Depuis ce premier jour, la complicité qui liait ces deux-là n’avait fait que se renforcer. Lola était rentrée à la maternelle depuis cette année, un endroit où Tom ne pouvait pas la suivre, au grand dam des deux compères. Mais dès qu’elle le pouvait, Julie emmenait son chien, pour accompagner, ou aller chercher sa fille à l’école. Et elle n’aurait su dire lequel des deux était le plus fier et le plus heureux dans ces moments là.

Terminant de fermer le sac de voyage de Lola, Julie l’interpella.

– Lola ! Les poissons peuvent rester ici tu sais, je m’en occuperai.

La moue qui se figea immédiatement sur le visage de sa fille, lui rappela que ce sujet, déjà abordé, était clos. Les deux poissons rouges partaient eux aussi en vacances chez Papou et Mamou.

– Ne t’inquiète pas ma chérie, fit sa mère en descendant l’escalier, Mamou va s’en occuper, je vais les mettre à mes pieds pendant le voyage et je veillerai sur eux.

La petite sembla se satisfaire de la réponse, même si elle resta plantée devant le petit aquarium aux couleurs vives où les deux poissons rouges évoluaient parmi une amphore cassée, un scaphandrier et des plantes vertes, le tout formant un ensemble cent pour cent plastique et totalement kitch. Julie détestait, mais Lola avait eu le dernier mot, comme souvent… Comme toujours ? Tout juste était-elle parvenue à la persuader qu’ajouter sa poupée à l’effigie de la petite sirène, comme voulait le faire la fillette, ne laisserait pas assez de place à Poipoi et… Poipoi pour nager.

Julie sourit, les deux poissons étaient venus rejoindre le foyer depuis quelques mois. Tout avait commencé par un après-midi de samedi, passé à la foire de printemps. C’était la première fois que Julie estimait Lola assez grande pour l’y emmener. Bien sûr Lola voulait faire tous les manèges qui n’étaient pas de son âge et Julie dut se montrer persuasive pour l’orienter vers des attractions plus calmes. Mais au final, cela avait été un après-midi de rêve, peuplé de rires ; un moment privilégié comme Julie en partageait trop peu, à son gout, avec sa fille. Et puis il y eut la pêche aux canards, ce jeu sans âge, où des canards en plastique défilent devant les enfants qui doivent les attraper avec une canne à pêche munie d’un crochet. Un peu comme à l’école des fans, tout le monde gagne et en l’occurrence, lorsque la foraine qui tenait le stand, prit un sac plastique et alla pêcher dans une grande bassine celui qui allait bientôt s’appeler Poipoi, pour le donner à Lola, la fillette en resta muette pendant de longues secondes. Julie fut beaucoup moins enthousiaste, un poisson rouge c’était bien joli, mais cela voulait dire acheter un aquarium, de la nourriture… Merci du cadeau…

Il y eut donc un arrêt obligatoire dans une animalerie, où, à l’aquarium, vinrent s’ajouter les fameuses décorations d’une laideur absolue, et dont, bien sûr, la fillette tomba amoureuse tout de suite. Mais le propre d’une animalerie est de vendre des animaux, et lorsque Lola aperçut l’aquarium des poissons rouges, Julie comprit tout de suite que cela allait se compliquer.

– Maman, maman ! Regarde, y a plein de Poipoi là. Mon Poipoi y va s’ennuyer s’il est tout seul.

Julie avait bien tenté de la dissuader, elle avait cédé pour les horribles décors de l’aquarium, il fallait que Lola comprenne qu’elle ne pouvait pas tout avoir. La fillette n’était pas du genre à piquer des crises, à se rouler par terre pour obtenir quelque chose, comme on voit tant d’enfants le faire dans les magasins. Lola était une petite fille bien élevée, en tout cas Julie faisait tout pour, sans doute un peu trop gâtée parfois, mais bien élevée. Ce jour-là, la fillette n’insista pas, ne chercha pas à amadouer sa mère, elle se tut, prit un air malheureux et se dirigea à regret vers les caisses du magasin. Tout en payant, Julie l’observait, la fillette ne boudait pas, elle semblait triste tout simplement. Dans la voiture, après l’avoir sanglée dans son siège auto, Julie lui donna le petit sac plastique où le fameux Poipoi semblait à l’étroit. Lola la regarda alors avec un air si sérieux et solennel qu’elle semblait avoir dix ans de plus.

– Maman, je sais très bien que tu ne peux pas tout m’acheter, je suis heureuse de la journée qu’on a passée. Tout à l’heure, je ne disais pas ça pour moi, mais pour Poipoi, pasqu’y va s’ennuyer tout seul c’est sûr.

Le cœur de Julie s’était trouvé serré dans un étau et deux minutes plus tard, mère et fille se trouvaient à nouveau devant l’aquarium où attendaient des dizaines de Poipoi.

Le vendeur, à peine la trentaine, semblait être autant fait pour travailler dans une animalerie que Julie pour être pivot au basket. Il semblait trainer sa peine d’un aquarium à l’autre, mais son visage s’éclaira quand Julie fit appel à lui. Visiblement le physique de la jeune femme ne le laissait pas indifférent et il ne se priva pas de la détailler de la tête aux pieds. Julie ne se sentait pas en manque de sexe, mais depuis la naissance de Lola, elle avait nettement réduit sa consommation masculine, aussi n’hésita-t’elle pas à lui renvoyer son regard « vas-y regarde, ne te gêne pas, c’est fait pour ça », agrémenté de son sourire « et encore tu n’as rien vu ».

En quelques secondes le jeune homme fut prêt à lui décrocher la lune. Le pauvre ne savait pas que c’était justement ce qui l’attendait.

C’est confiant, et probablement en imaginant comment mettre en place la meilleure technique pour obtenir le numéro de téléphone de cette jolie cliente, qu’il avait plongé son épuisette dans l’immense bac et ressorti un poisson rouge frétillant. Mais ses ennuis débutèrent quand la voix de la fillette se fit entendre.

– Ben non, c’est pas çui là que j’veux.

Joignant le geste à la parole, Lola avait alors désigné du doigt un autre poisson dans l’aquarium. Pour faire bonne figure et parce qu’il gardait des vues sur la mère, le jeune homme entreprit de faire plaisir à la fillette et replongea, motivé, son épuisette, à la quête du poisson désiré. Julie devait bien l’admettre, ce jour-là elles avaient abusé de la patience du pauvre garçon. Car tous les poissons se ressemblaient et chaque fois qu’un se retrouvait dans l’épuisette, c’était toujours la même réponse.

– Mais non, c’est pas çui là, c’est çui là, là.

De sympathique et charmant, le vendeur finit par devenir acariâtre, en passant par le mode bougon. Mais le bon poisson finit par sortir de l’aquarium au grand soulagement de Julie et de la file de clients qui commençait à s’amonceler derrière. Julie se confondit en excuses et en remerciements auprès du jeune homme, tandis que Lola entreprenait un long monologue avec celui qui allait également s’appeler Poipoi. Pour le vendeur, le charme semblait définitivement rompu et il ne chercha même pas à aller plus loin dans sa tentative de drague. Julie s’en trouva soulagée ; à cause du physique attirant du jeune homme, de son manque certain d’exercice sexuel, et un peu pour se faire pardonner, elle aurait été capable d’accepter une invitation, qu’elle aurait probablement regrettée à la seconde où elle serait sortie du magasin.

C’est ainsi que Poipoi et Poipoi devinrent ses nouveaux colocataires. Pour Lola, le fait qu’ils soient strictement identiques, avec le même prénom semblait tout naturel. Pire, lorsque Julie lui disait « tu as vu, Poipoi a l’air de bouder ce matin », la fillette pouvait lui répondre « mais non maman, ce n’est pas Poipoi qui boude, c’est Poipoi ». La jeune femme avait cessé de tenter de comprendre la logique de sa fille. C’est le propre des adultes, la vie leur a enlevé une bonne partie de la magie qui règne dans la tête des enfants.

– Allez – fit Papou, tirant Julie de ses pensées – on embarque les deux piranhas. On va les mettre aux pieds de Mamou, qui sait, sur un nid de poule, l’un deux pourrait bien lui manger un orteil.

Son père fit un clin d’œil à Julie, tout en envoyant un baiser vers sa femme. Puis il saisit l’aquarium et se dirigea vers la voiture, poursuivi par la fillette, lui expliquant que non Poipoi et Poipoi n’étaient pas des « Pirgnagna » et que Mamou ne risquait rien.

Julie se saisit du sac de voyage de Lola et, au passage, se chargea d’un des sacs de sa mère. Celle-ci ne voyageait jamais sans emporter la moitié de sa garde-robe.

Le pincement au cœur qu’elle éprouvait à l’idée de se séparer de sa fille, et à un autre niveau de son chien, pendant une semaine, était compensé par le formidable week-end qu’elle venait de passer en famille. Deux jours complets avec ceux qu’elle aimait, chose devenue trop rare. Et pour une fois, aucun psychopathe n’était venu perturber cette idylle en commettant un meurtre qui l’aurait renvoyée au charbon.

En approchant de la voiture elle observa ses parents. Sa mère, totalement solaire depuis qu’elle avait cessé d’être totalement dépendante de son mari1, paraissait facilement dix ans de moins que son âge et Julie la trouvait tout simplement belle. Pour son père, c’était différent, il avait vieilli, son accident cardiaque, sans gravité, lui avait laissé plus de traces que prévu et contraint à ouvrir les yeux sur la réalité, il devait lever le pied. C’est ce qu’il avait fait, et bien fait, jamais ses parents n’avaient autant profité de la vie que depuis ces cinq dernières années et Julie, qui avait frôlé la mort de près, savait profiter de chaque instant avec eux. Et puis il y eut l’arrivée de Lola, ce petit être inattendu, fruit d’une liaison trop brève avec le regretté commissaire Baumann. Il ne le sut jamais, mais ce jour-là, Jacques Baumann, en sauvant la vie de Julie, avait également sauvé celle de sa fille2. Pour le père de Julie, l’arrivée de Lola fut comme un nouveau déclic. Grand-père ! Il devenait grand-père ! A partir de là il décida que rien ne serait jamais trop beau pour la fillette. Il la gâtait, la pourrissait même, selon Julie, mais il s’occupait tellement bien d’elle. Dans leur propriété vinicole de la région Bordelaise, il pouvait passer des heures à faire découvrir la nature à Lola, lui parler des arbres, des plantes, des animaux, de la terre. Et la fillette l’écoutait, passionnée, parce que son Papou trouvait toujours un moyen ludique de raconter les choses.

Julie contempla le rutilant monospace garé devant la maison et ne put réprimer un petit sourire. C’était le troisième que son père achetait depuis la naissance de Lola. Parce que les deux premiers, pourtant déjà luxueux, n’étaient soi-disant pas adaptés pour transporter la fillette. Pas assez spacieux, pas assez sécurisés, pas assez, quoi…

Cette fois il avait fait très fort. Il était arrivé dans une concession d’une marque premium en disant simplement « je veux ce qu’il y a de mieux pour transporter ma petite fille ». Julie imaginait aisément le sourire intérieur du vendeur à ce moment-là, vendeur ayant probablement depuis, pris sa retraite avec l’énorme commission de cette vente pharaonique. Car son père avait eu ce qu’il voulait : ce qui se faisait de mieux !! Le monospace possédait tellement d’options, qu’une vie entière n’aurait pas suffi à toutes les découvrir. Julie garderait à jamais le souvenir de son père, retournant à la concession quelques jours après avoir pris possession du véhicule, scandalisé que dans une voiture d’un tel prix, les compteurs du tableau de bord se reflètent dans le pare-brise. Au garage on avait accueilli ce nouveau VIP comme il se devait, prenant le temps de lui expliquer, une nouvelle fois, que ce qu’il voyait dans le pare-brise s’appelait l’affichage tête haute, permettant une lecture de la vitesse sans quitter la route des yeux. On lui ré expliqua comment le désactiver s’il trouvait cela gênant et Papou était reparti la queue entre les jambes, mais fier de pouvoir expliquer à qui voulait bien l’écouter, le fonctionnement de cette option « indispensable » selon ses dires…

– Allez ma chérie, en voiture, tu sais que Papou n’aime pas conduire la nuit et il est déjà tard.

Sa mère se tourna vers Julie pour l’embrasser.

– Prends soin de toi ma fille. Ah, au fait, je t’ai laissé de quoi diner ce soir dans le réfrigérateur.

Julie allait protester mais sa mère ne lui en laissa pas le temps.

– Ne t’inquiète pas, j’ai prévu pour deux, fit-elle avec un clin d’œil appuyé.

Là encore, Julie n’eut pas le temps de répondre, recevant de plein fouet dans ses bras, une fillette de cinq ans lancée en pleine course.

– Au revoir Maman, dis tu m’appelles hein, tu promets ?

Julie sourit, elle n’avait jamais passé un jour entier séparé de sa fille sans l’avoir au téléphone, ou en visio, via « Kailpe », comme disait Lola. Pourtant la fillette s’en inquiétait systématiquement.

– Oui ma chérie, on s’appelle. Quand vous serez arrivés à Bordeaux, Mamou me téléphonera et je te ferai un bisou de la nuit.

Rassurée, Lola enfouit sa tête dans le cou de sa mère pour lui faire un gros câlin. Dans des moments comme cela, personne ne pouvait être plus heureux que Julie Fronsac.

Cinq minutes plus tard, la fillette harnachée dans son siège auto, Tom confortablement installé dans le vaste compartiment arrière, aménagé lui aussi à grand frais à cet effet, le monospace quittait le petit lotissement paisible de Muret, où Julie habitait depuis les évènements qui avaient failli lui couter la vie. Elle fit de grands signes des deux bras, jusqu’à ce que la voiture disparaisse à l’angle de la rue.

Elle détestait ces moments là, lorsqu’elle se retrouvait seule dans le silence de sa petite maison. Lorsque les murs ne répercutaient plus les cavalcades de Lola et de Tom, les rires de la fillette, les ondes positives qui se dégagent lorsqu’un enfant vit quelque part.

Pourtant, depuis cinq ans, elle avait peu à peu cessé de culpabiliser, Lola était tellement heureuse de passer de temps en temps une semaine avec ses grands-parents, qu’elle avait appris à profiter de ces moments pour s’occuper un peu d’elle. Cela commençait par sa vie sexuelle. Elle se refusait à amener des amants chez elle lorsque sa fille était là. Lola avait très bien compris pourquoi son Papa ne reviendrait jamais, mais il n’était pas question de s’afficher devant elle avec des hommes qui ne prendraient jamais une place importante dans sa vie. Cette décision eut pour effet que le nombre d’amants de Julie se réduisit d’année en année pour devenir quasi nul. La dernière fois qu’elle avait couché avec un homme juste pour le sexe, remontait à plusieurs mois, c’était avec un collègue de la brigade des mœurs, un parisien nommé Guillaume, venu à Toulouse pour quelques semaines dans le cadre d’une affaire. Cela s’était passé pendant l’heure du repas, dans une chambre d’hôtel. Guillaume lui plaisait physiquement mais cela s’arrêtait là. Pire que la Crim, les mœurs avaient tendance à rendre ceux qui y travaillaient un peu barrés, Guillaume n’y faisait pas exception. Mais il était beau, musclé, sportif et sur l’échelle de « je prends mon pied » elle avait bien atteint les sept sur dix, ce qui, de nombreuses femmes pourraient en témoigner, n’arrivait pas tous les jours…

Entre la terrible fin de son histoire avec Philippe Dumas, la disparition de Jacques et la naissance de Lola, elle ne se sentait pas prête à recommencer une histoire durable. Son job et ses nouvelles fonctions à la tête de l’ex-brigade Dumas la comblaient, elle pouvait compter sur ses vrais amis comme Carine et Paul, mais elle ne pouvait pas se passer non plus de la tendresse et de l’amour d’un homme.

Pour cela elle pouvait compter sur Jérôme. Le professeur Jérôme Delage, chef du service narcologie à l’hôpital Rangueil, qui l’avait pris en charge lorsqu’elle avait été droguée au Propofol3. Le charmant professeur Delage qu’elle avait traité assez rudement, pensant qu’il la draguait alors qu’il ne faisait que s’inquiéter pour elle.

Elle s’était promis de se faire pardonner et, lorsqu’après ses quelques mois de convalescence chez ses parents, elle était rentrée à Toulouse, elle avait repris contact avec lui.

Julie jeta un œil à la pendule de la cuisine, il lui restait une petite heure avant que Jérôme n’arrive, elle monta à l’étage, se fit couler un bain et, une fois dans la tiédeur de l’eau et de la mousse, elle se laissa aller aux souvenirs de leurs retrouvailles.

*
*       *

Cela s’était fait de manière très formelle, une entrevue rapide à l’hôpital, sous prétexte de le remercier. Jérôme Delage connaissait parfaitement l’histoire de Julie qui avait fait la une de tous les journaux pendant quelques jours. Il parut par contre surpris de la découvrir enceinte de six mois. Julie s’était empressée de lui raconter ce qu’il ignorait, elle avait eu l’impression de trahir un peu Jacques en s’intéressant à cet homme, finalement si peu de temps après la mort du père de l’enfant qui grandissait en elle, mais Jacques n’était plus là alors qu’elle avait eu à peine le temps de l’aimer, de le découvrir. Julie devait construire sa vie et penser à l’avenir. Les épreuves endurées l’avaient convaincue qu’elle devait profiter de chaque bonne chose que l’existence lui offrirait.

Pourtant, cette entrevue avec Jérôme Delage ne déboucha sur rien de concret. Julie lui avait laissé sa carte professionnelle, pensant que le charmant professeur ne manquerait pas de la rappeler, mais quinze jours après ce premier rendez-vous, ce n’était toujours pas le cas et Julie finissait par se faire une raison. Elle connaissait son pouvoir de séduction sur les hommes, mais il recélait des failles, d’autant plus lorsqu’il fallait composer avec un ventre qui grossissait de jour en jour. Pourtant ce vendredi soir là, son portable avait sonné, alors qu’elle se trouvait en pleine réunion de débriefing avec le commissaire Lesieur, dont le ventre n’avait pas besoin de porter un enfant pour prendre des proportions démesurées. Elle prit connaissance du message en sortant du bureau de son supérieur.

– Julie, Jérôme Delage à l’appareil, vous vous souvenez de moi ? – tu penses si je me souviens de toi, ça fait quinze jours que j’attends ton appel – voilà, je suis contraint de m’absenter pour le week-end et j’aurais voulu vous parler avant. C’est très important. Pouvez-vous me rejoindre àl’aéroport de Blagnac, vers 21h00 au niveau des départs. Merci, à tout à l’heure.

Julie était restée un peu stupide avec son portable collé à l’oreille. Ce n’était pas le style de message qu’elle attendait, et pour tout dire elle le trouvait un peu gonflé, s’il voulait lui parler, il savait où la trouver. Pourtant quelques heures plus tard elle arrivait à l’aéroport. Elle n’avait fait aucun effort de présentation, un jean, un pull et des baskets, rien de sexy, elle allait écouter ce qu’il avait à lui dire et basta.

Il était plus de 21h et aucune trace du professeur. Julie allait faire demi-tour lorsqu’une annonce retint son attention.

« Dernier appel pour le vol AF1745 à destination de Venise, mademoiselle Julie Fronsac est attendue en salle d’embarquement, porte 12C »

Julie s’était précipitée vers un guichet d’Air France, heureusement quasi désert à cette heure-là.

– Bonjour, Julie Fronsac, on vient de m’appeler pour un embarquement, ce doit être une erreur.

L’hôtesse d’accueil, tirée à quatre épingles, s’était empressée de vérifier sur son ordinateur

– Oui mademoiselle, Fronsac, Lieutenant Fronsac pardon, vous êtes attendue en porte 12C pour un embarquement pour Venise. La police des frontières vous attend pour prendre en charge votre arme de service. Voici votre billet, bon voyage mademoiselle.

Julie s’était retrouvée dans le hall de l’aéroport avec un billet pour Venise à la main. Elle ne comprenait rien, jusqu’à ce que son téléphone émette un bip synonyme de message entrant.

« Je vous en prie Julie ne me laissez pas seul, je suis terrifié en avion… Jérôme »

Le cœur de Julie s’était mis à battre à tout rompre. Combien de femmes auraient rêvé d’une telle surprise ? Pourtant, le peu de penchant raisonnable qui lui restait, se mit à combattre l’idée d’embarquer avec cet homme charmant qui l’attendait.

« Tu n’as même pas une brosse à dent, tu ne ressembles à rien dans tes vieilles fringues, tu es enceinte de six mois, et puis il y a Tom ! »

Comme s’il pouvait deviner ses pensées, son portable afficha alors un second message.

« Je sais déjà dans quelles boutiques vous emmener pour compléter votre garde-robe du week-end, ceci dit, vous êtes très sexy dans cette tenue décontractée. Mes collègues gynécologues ont été formels, aucun risque pour vous à prendre l’avion. Quant à Tom, n’ayez aucune inquiétude, Carine le prend en charge. »

Dix minutes plus tard Julie se trouvait assise à côté de celui qui allait devenir son amant. Celui qui depuis quinze jours manigançait cette escapade, qui avait réussi à prendre contact avec Carine, probablement par l’intermédiaire de Paul. Celui qui, en l’espace d’un week-end, lui offrit tant de douceur, de tendresse et d’amour qu’elle crut vivre un rêve éveillé.

Mais bien sûr ce n’était ni un rêve, ni un conte de fée, Jérôme Delage pouvait ressembler au Prince charmant, il n’en restait pas moins marié et volage. Dès le début de leur relation la situation ne prêtait pas à confusion. Il ne quitterait jamais sa femme et leur relation ne devrait jamais basculer dans la routine, la jalousie et les reproches. Julie ne cherchait de toute façon pas l’homme de sa vie, ni un père de substitution pour Lola, aussi s’accommoda-t’elle très bien de la situation. Finalement, depuis cinq ans, ils ne vivaient que le meilleur, sans rien construire certes, mais en profitant de chaque seconde, comme si c’était la dernière ensemble.

Julie culpabilisa bien un peu au début de leur relation, quelque part une femme était trompée à cause d’elle, mais c’est Carine qui lui apporta la rédemption :

« Ma cocotte, qu’est-ce que tu crois ? Que si tu n’étais pas là ce mec serait fidèle ? Il baise comme un Dieu, il est mignon, sympa et, pour ne rien gâcher, il est riche. Alors profite ! »

Et c’est ce qu’elle faisait depuis cinq ans. Sans être amoureuse de Jérôme, elle savait qu’il ferait parti des hommes qui compteraient pour elle dans sa vie. Leurs rencontres étaient aléatoires et parfois espacées de plusieurs semaines, l’emploi du temps du médecin, ses obligations familiales et le refus de Julie de faire passer Lola après leur relation, y étaient pour beaucoup ; mais à chaque fois, que ce soit pour deux heures, une nuit, ou un week-end, ils se redécouvraient et partageaient des moments fusionnels qui les emportaient dans un tourbillon de bonheur.

*
*       *

Julie éteignit la tablette et la posa sur le bureau. Les quelques minutes passées avec Lola avaient été du bonheur. La fillette paraissait toute excitée à l’idée d’être chez ses grands-parents et elle avait eu le plus grand mal à la calmer. Julie avait abandonné Jérôme quelques instants pour pouvoir souhaiter bonne nuit à sa fille, elle s’était rhabillée à la hâte, mais les progrès de la technologie et la visio-conférence avaient eu raison de l’état de sa longue chevelure en désordre. Lola avait rencontré Jérôme deux ou trois fois déjà, « un ami de maman », mais la fillette, du haut de ses cinq ans, n’était pas née de la dernière pluie. Aussi ce soir, en voyant sa mère aussi ébouriffée, la fillette ne manqua pas de lui faire remarquer :

– C’est le monsieur avec la belle voiture qui a fait cela à tes cheveux ?

Julie fit tout pour garder son sérieux.

– Mais non ma puce, Maman a fait une petite sieste, c’est pour cela. Allez, maintenant il faut dormir, Mamy va éteindre ta tablette, bonne nuit ma puce, je t’aime.

– Bonne nuit Maman, et bonne nuit aussi au monsieur…

Elle avait coupé avant que sa mère ne récupère la tablette et ne lui pose mille questions sur ce mystérieux monsieur. Mais elle ne doutait pas que la fillette, le lendemain, soit interrogée sans qu’il n’y paraisse.

Julie quitta le bureau et regagna la chambre où l’attendait Jérôme. Allongé nu sur le lit, les paupières closes, il semblait dormir.

Elle le connaissait assez pour savoir qu’il n’en n’était rien. Elle fit glisser ses vêtements à terre et plongea vers le sexe de son partenaire. Sa langue parcourut longuement le pénis au repos, descendant parfois jusqu’aux testicules gonflées. Rapidement la verge de Jérôme se dressa, son gland turgescent semblant demander grâce à la jeune femme. Lorsqu’elle engloutit le membre raidi dans sa bouche, Jérôme ouvrit les yeux et leurs regards échangèrent des promesses de jouissances irréelles.

Julie prenait un plaisir fou à gouter le sexe de son partenaire, alternant douceur et avidité. La langue de Jérôme qui s’était emparée de son clitoris lui faisait perdre la tête.

Martine crut qu’elle allait mourir étouffée. Le sexe de l’homme qui emplissait sa gorge l’empêchait de respirer, s’enfouissant au plus profond de sa gorge. Cette sensation de noyade la paniquait tellement, qu’elle ne sentait plus la douleur irradier de son sexe traumatisé par l’objet avec lequel l’homme la pénétrait.

Lorsque Jérôme la pénétra doucement, Julie crut qu’elle allait devenir folle, leurs caresses buccales l’avaient mise dans un tel état d’excitation ! Elle fit de ses jambes un étau pour que ce moment ne cesse jamais.

L’homme la pénétra en force. Irradiant une douleur atroce dans son vagin meurtri. Plus que la douleur physique, c’est de savoir Pierre, assistant, impuissant, à tout cela qui la rendait folle. Elle aurait voulu que tout cela cesse, maintenant. Pourtant cela ne faisait que commencer…


1. Voir « les supplices de la passion » du même auteur

2. Voir « les supplices de la passion » du même auteur

3. Voir les supplices de la passion

Chapitre 2

Julie adorait se réveiller auprès de Jérôme, d’abord parce que cela n’arrivait pas souvent, ensuite et surtout, parce qu’il savait la dorloter comme aucun homme auparavant, en attendant que les brumes du sommeil s’effacent totalement. Des câlins qui finissaient par une séance de sexe matinale dont la jeune femme se délectait. Julie ne se considérait pas « du matin », puisqu’elle adorait faire l’amour quel que soit le moment de la journée. Mais le matin possédait ce petit quelque chose de spécial, et d’ailleurs indéfinissable, qui faisait qu’elle était encore plus friande de ces instants là.

Elle avait posé sa matinée, elle pouvait se le permettre, aucune « grosse » affaire n’était en cours, et ne le regrettait pas, la nuit avait été très mouvementée. Bien sûr ils n’avaient pas fait que des galipettes, passant du temps à discuter, reprenant des forces vers trois heures du matin, avec le succulent diner préparé par Mamou. Mais leurs deux corps avaient besoin l’un de l’autre et la nuit s’étirait depuis longtemps lorsque le sommeil les gagna enfin.

Elle n’ouvrit pas les yeux tout de suite en sentant la main de son amant parcourir doucement son corps, prodiguant des caresses qui promettaient une suite fabuleuse. Peut-être allait-elle-même les garder fermés pendant qu’il lui ferait encore l’amour, sensation extraordinaire de se sentir possédée, de laisser l’autre jouir de son corps comme si elle ne s’était pas réveillée. Ils avaient expérimenté cela plusieurs fois et cela la rendait folle.

Mais ce matin-là, ce qui la rendit folle, fut d’entendre la sonnerie de son portable retentir. Lenoir et Lekemener, les deux lieutenants qui composaient son équipe, ne l’auraient pas dérangée pour rien, aussi ouvrit-elle les yeux pour se saisir de l’appareil, apercevant avec délice, au passage, la verge de Jérôme, tendue, prête à la faire jouir une nouvelle fois. Avant de décrocher elle regarda l’heure, 08h37, mais ce qui lui sauta aux yeux fut le numéro entrant. Ce n’était ni Lekemener, ni Lenoir, mais la substitut du procureur en personne. Elle comprit alors qu’elle allait être baisée, mais pas de la manière dont elle l’avait rêvée.

– Julie, Sabine Fousserat à l’appareil. Je sais que vous êtes en repos mais on a une urgence. Un meurtre dans un petit village du Comminges, Lekemener et Lenoir sont déjà en route. On se retrouve là-bas.

– Dans le Comminges ? Mais c’est du ressort de la gendarmerie ça !

– Oui, néanmoins, au vu des faits, je vous veux sur le coup. Dépêchez-vous, on vous attend.

Julie nota le nom du village et raccrocha. Ses relations avec la substitut s’étaient quelque peu améliorées depuis l’affaire Dumas. Elles ne se considéraient plus comme rivales, mais comme rescapées de la folie meurtrière d’un homme, même si ce matin elle aurait préféré que la magistrate l’oublie. Elle se tourna vers Jérôme qui avait déjà compris que la partie de jambes en l’air matinale était remise à une date indéterminée. Il l’embrassa tendrement et lui chuchota à l’oreille.

– C’est mieux comme ça, tu n’aurais pas tenu le choc.

Julie le retint par la nuque tandis que son autre main caressait le sexe de son partenaire.

– Va te reposer Papy, la prochaine fois tu me supplieras de te laisser tranquille.

Elle courut vers la salle de bain, non sans que Jérôme n’ait eu le temps de lui envoyer une petite claque sur les fesses. Il accusait dix ans de plus qu’elle – « que dix ans » s’était exclamée son amie Carine la première fois, habituée à ce que Julie fréquente des hommes d’une tranche d’âge encore supérieure – mais elle devait l’avouer, pouvait en remontrer sexuellement à bien des plus jeunes. Avec lui inutile de choisir entre la quantité et la qualité, la nature l’avait particulièrement gâté, et, chose rare, il savait se servir de cet avantage. De quoi faire dire à Carine, lorsqu’elle évoquait, sans les détailler toutefois, leurs ébats « ben ma cocotte, tu as tiré le gros lot, au sens propre comme au figuré ».

Quinze minutes plus tard, après une préparation expresse qui peinait à camoufler sa nuit mouvementée, Julie s’engageait sur l’autoroute A64. A cette heure-là, et surtout dans ce sens, la circulation était fluide. Néanmoins, la jeune femme sortit le gyrophare et enclencha la sirène avant d’écraser la pédale d’accélérateur. Son « Gros Poussin Jaune » » réagit immédiatement et le coup de pied aux fesses qu’il lui envoya fit naitre un sourire sur son visage fatigué. Si Julie possédait un point en commun avec feu le commandant Dumas, c’était bien l’amour des voitures hors normes. Comme lui, elle adoubait les vieilles Porsche et rêvait de rouler en 930 Turbo. Mais l’arrivée de Lola avait changé la donne, il lui fallait un véhicule assez spacieux pour transporter la petite, toutes les affaires nécessaires à un jeune enfant, sans oublier Tom. Son accession au grade de capitaine, après l’affaire Dumas, lui avait octroyé le droit de pouvoir utiliser son véhicule de service à des fins personnelles. Mais quand l’administration lui proposa un Renault Scénic, Julie crut s’étrangler. Pour elle, une voiture devait avoir une âme, le Scénic était sans doute une bonne voiture, mais côté âme… Alors la jeune femme, avec le consentement un peu – beaucoup – grognon du commissaire Lesieur, s’était mise à la recherche de la perle rare. C’est un peu par hasard qu’elle était tombée sur son « Gros Poussin Jaune » ». C’est ainsi qu’elle l’avait appelé au premier regard. Il s’agissait d’un Break Volvo 850 de couleur jaune… poussin. Mais là où le commun des mortels n’aurait vu qu’une grosse boite à chaussures sur roues, Julie avait tout de suite reconnu la version T5-R de 1995. 240 chevaux, le 0 à 100km/h en moins de 8 secondes. De quoi laisser sur place nombre de soi-disant sportives modernes, le tout dans un confort digne d’une limousine et avec de l’espace à revendre. Dire que Lesieur s’était étranglé en voyant ce que l’administration allait financer, serait encore loin de la vérité. Le prix tout doux aurait pu le calmer, mais les premières notes de frais le firent vite déchanter. Le « Gros Poussin Jaune » » était un gouffre à carburant, dès lors qu’on s’amusait un peu à titiller la cavalerie. Mais ce matin Julie ne pensait pas à cela tandis qu’elle squattait la file de gauche à près de 200km/h. Une scène de crime l’attendait et elle connaissait l’importance de s’en imprégner le plus rapidement possible. Quelque part un meurtrier rôdait, et elle ne trouverait pas le repos avant de l’avoir neutralisé.

Elle ne mit pas plus d’un quart d’heure pour arriver à la bretelle de sortie, indiquée par le GPS. Elle s’y engagea, tournant le dos à la chaine des Pyrénées, dont les sommets les plus hauts exposaient fièrement leurs neiges éternelles. L’hiver prochain elle emmènerait Lola faire du ski, elle-même n’en était pas une fervente adepte, mais il fallait initier la fillette le plus tôt possible. Si cela ne lui plaisait pas et bien tant pis, on pouvait être une vraie Toulousaine et ne pas aimer le ski.

Le « Gros Poussin Jaune » s’engagea sur une petite route sinueuse, et étroite. Julie leva le pied, la Volvo préférait, de loin, les grands espaces.

Après quelques kilomètres elle aperçut le village, juché en hauteur, avec ses maisons aux toits chatoyants, regroupées autour de son église de style Gothique. Un village qui fleurait bon la joie de vivre et où, pourtant, un drame venait de se jouer. Sabine Fousserat lui avait donné rendez-vous à la gendarmerie, ce qui était loin d’enchanter Julie. Il allait falloir composer avec ces militaires, souvent très compétents mais ô combien attachés aux procédures règlementaires. En même temps qu’elle dépassait le panneau annonçant l’entrée du village – Le Singlétais – et que la route s’’inclinait fortement, Julie aperçut la gendarmerie sur sa droite. Si on lui avait demandé, à cet instant, de décrire la tristesse absolue, elle aurait évoqué ce bâtiment, capable de déprimer le clown le plus drôle. Cube de béton mal entretenu, dressé comme une verrue hideuse dans ce paysage de carte postale.

Le comité d’accueil l’attendait, Sabine Fousserat, entourée de trois gendarmes, qui jetèrent un œil plus que suspicieux sur le « Gros Poussin Jaune ». Julie se gara dans la petite cour et descendit de voiture. Elle n’avait pas changé ses habitudes vestimentaires, plutôt habituée à être sexy et féminine, c’est ainsi qu’elle se sentait bien. Au commissariat de Toulouse, plus personne ne faisait attention à ses tenues, pas vraiment règlementaires. Les railleries...