Le détective de Freud

Le détective de Freud

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Français
409 pages

Description

Paris, 1911. À l’issue du congrès de l’Association Psychanalytique Internationale, le jeune docteur Du Barrail est chargé par Sigmund Freud en personne d’enquêter sur la mort mystérieuse d’un de leurs confrères, retrouvé étranglé sur son divan d’analyse. Épaulé par Carl Gustav Jung, le célèbre psychiatre suisse, et Max Engel, un détective marxiste à la langue bien pendue, Du Barrail se met en quête de la vérité qui – comme dans toute bonne analyse – se niche sans doute là où l’on s’y attend le moins. Une plongée réjouissante dans le Paris tumultueux de la Belle époque et les débuts de l’histoire de la psychanalyse.


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Date de parution 16 août 2017
Nombre de lectures 5
EAN13 9782330086473
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Paris, 1911. À l’issue du congrès de l’Association psychanalytique internationale, le jud en personne d’enquêter sur laeune docteur du Barrail est chargé par Sigmund Fre mort mystérieuse d’un de leurs confrères, retrouvé étranglé sur son divan d’analyse. Sur la liste des suspects figurent au premier rang les anciens patients de la victime, parmi lesquels une jeune femme obnubilée par les loups, u n amnésique, un fétichiste et une très séduisante Dame en vert… Épaulé par Carl Gustav Jung, le célèbre psychiatre suisse, et Max Engel, un détective marxiste amateur de belles femmes et de bon vin, du Barrail se met en quête de la vérité qui – comme dans toute bonne analyse – se niche san s doute là où l’on s’y attend le moins. En faisant de l’interprétation des rêves et du décr yptage des symboles les outils d’investigation d’une intrigue policière originale, Olivier Barde-Cabuçon propose une plongée réjouissante dans le Paris tumultueux de la Belle Époque et les débuts de l’histoire de la psychanalyse.
Olivier Barde-Cabuçon vit à Lyon. Féru de littératu re, de théâtre et d’histoire, amateur e d’intrigues policières et passionné par le XVIII siècle, il a notamment créé la série du commissaire aux morts étranges, publiée dans les co llections Actes noirs et Babel noir.
Photographie de couverture : © Magdalena Franczuk
DU MÊME AUTEUR
o LES ADIEUX À L’EMPIRE, France-Empire, 2006 ; Babel n 1323. LE DÉTECTIVE DE FREUD, éditions De Borée, 2010. Dans la série des enquêtes du commissaire aux morts étranges CASANOVA ET LA FEMME SANS VISAGE(grand prix Sang d’encre de la ville de Vienne), o Actes Sud, 2012 ; Babel noir n 82. o MESSE NOIRE(prixHistoriadu roman policier), Actes Sud, 2013 ; Babel noir n 105. o TUEZ QUI VOUS VOULEZ150., Actes Sud, 2014 ; Babel noir n o HUMEUR NOIRE À VENISE171., Actes Sud, 2015 ; Babel noir n ENTRETIEN AVEC LE DIABLE, Actes Sud, 2016. LE MOINE ET LE SINGE-ROI, Actes Sud, 2017.
Première édition : © Éditions De Borée, 2010 © ACTES SUD, 2017 ISBN 978-2-330-08647-3
OLIVIER BARDE-CABUÇON
Le Détective de Freud
roman
ACTES SUD
À Christine, Thibault, maman et à Jung qui m’a ouvert des espaces infinis.
Faisons quelque chose pour que le monde dise de nous que nous étions fous.
ANTÓNIO LOBO ANTUNES
On naît tous fous, seuls quelques-uns le demeurent.
SAMUEL BECKETT
Prologue
— Si Dieu existait, récita pieusement Jung, pourquo i laisserait-il souffrir les petits enfants ? Il y eut un silence gêné dans la grande salle du re staurant où trônaient les reliefs du copieux repas allemand que venaient de déguster les congressistes de l’Association psychanalytique internationale. Était-ce prière, in cantation ou provocation ? La question flotta un instant dans l’air, s’insinuant dans les esprits comme un vent glacé. Le jeune du Barrail concentra son attention sur Jun g. Une espèce de grâce semblait auréoler le psychanalyste suisse dont le regard bri llant d’intelligence s’attardait plus que nécessaire sur chaque membre de l’auditoire, évitan t soigneusement la personne quasi sacrée de Freud. Chacun savait que celui-ci plaçait Dieu au registre des illusions. Autour de la table, les hommes tirèrent nerveusemen t sur leur cigare en prenant un air grave et préoccupé. Comme le silence devenait incon fortable, les regards convergèrent discrètement en direction de Freud. Il était de not oriété publique que Freud voyait en Jung son successeur à la tête du mouvement psychana lytique mais on savait également qu’il n’était pas le disciple préféré du maître: trop de culture, pas assez de raison… Du Barrail se demanda si le maître viennois avait c ompris toute la portée de cette phrase de Dostoïevski dansL’Idiot. Les yeux sombres et lumineux de Freud, toujours attentifs aux êtres et aux choses autour de lui, se posèrent alors sur cette assemblée de psychanalystes qui avait fait le succès de ce congr ès à Weimar malgré la dissidence récente d’Alfred Adler. C’était le repas d’adieu. O n trouvait là le grave et austère Ernest Jones aux côtés de Karl Abraham, Rank et de Sandor Ferenczi. Les femmes étaient représentées par Margarete Hilferding, la première femme psychanalyse, et Lou Andreas-Salomé à la lourde chevelure blonde nouée e n chignon que son ancien amant Rilke avait surnommé “le buisson ardent”. Après avo ir déclaré à Freud :ma vie était en attente de la psychanalyse depuis que j’ai quitté l ’enfance, elle avait été acceptée cette année dans le cercle des pionniers de la psychanaly se avant de devenir l’amie intime d’Anna, la fille préférée de Freud. Chacun retint son souffle mais Freud ne dit rien et resta hermétique derrière ses petites lunettes cerclées. Du Barrail comprit alors que la rupture était courue d’avance entre lui et Jung même si aucun d’eux ne le savait encore. Il suffirait d’un rien, d’une analyse contraire sur un fait mineur pour consommer le divo rce. Du Barrail balaya du regard les congressistes autour de la table. Manifestement, pe rsonne n’avait envie que cela se produise. La nouvelle science de la psychanalyse ét ait encore trop jeune et controversée pour se permettre un premier schisme. Le silence persista. Tout le monde regardait Freud et Freud regardait tout le monde. Personne cependant n’aurait pu deviner vers quoi le s pensées de l’éminent psychanalyste viennois s’étaient tournées. Une goutte de sueur !
Du Barrail se pinça pour y croire. Aucun muscle du visage de Freud n’avait bougé et, derrière ses lunettes, le regard demeurait insondab le. Seule, bouleversant l’ordre des choses établies et trahissant son maître, une goutt e de sueur venait tout remettre en question. Que se passe-t-il ?se demanda du Barrail bouleversé. Qu’est-il arrivé ?