238 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Les amours meurent aussi...

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
238 pages
Français

Description

Philippe est un type bien...sa vie est programmée à l'ordinaire. Jeune étudiant amoureux puis bobo en couple, rien ne le prédispose à un destin extraordinaire. Mais la chute est au bout d'une fuite éperdue, gangrénée par un épouvantable drame. Une lente et inéxorable descente vers l'horreur à laquelle il n'aura ni la force, ni le courage de s'opposer.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 novembre 2014
Nombre de lectures 17
EAN13 9782336361079
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0112€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Patrice BRITTENER
Les amours meurent aussi…
Roman
Les amours meurent aussi…
Patrice B-RITTENERLes amours meurent aussi…
Du même auteur
Le monde de Julien, Éditions Atlantica-Séguier, 2006
J’ai beaucoup pêché…Éditions du Pécari, 2006
Le monde de Julien 2, Éditions Atlantica-Séguier, 2007
La bicyclette d’Einstein, L’Harmattan, 2007
Nuits de perles amères, L’Harmattan, 2007
30 jours en mai, L’Harmattan, 2008
Sur la vague virtuelle du Vendée, Atlantica, 2009
Lune Noire, Éditions Atlantica-Séguier, 2010
Mort suspecte au Piwi Hotel, L’Harmattan, 2011
Je n’aurais pas dû écouter Léna, L’Harmattan, 2012
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04537-5 EAN : 9782343045375
C’est dans une chambre minable qu’ils me découvriront, sans jamais savoir mon nom, ni mon propos, ni la valeur de mon évasion.
Charles Bukowski
Je suis perdu.
Depuis des heures il n’y a plus que le soleil et le bruit. La chaleur aussi. Partout. Elle vient du ciel et de la terre à la fois, colle à ma peau, me mord. Pourtant je marche encore, dans l’air épais, au milieu du soufÀe torride et de la poussière ocre qui s’opposent à mes pas jusqu’à me faire tituber. Je n’ai plus de force mais j’avance, à la recherche de cette ombre que j’aperçois tel un mirage derrière les grands bâtiments blancs. Je marche pour me sauver, pour oublier aussi. Mais je n’oublie rien. Le passé m’accompagne, m’accable de ses souvenirs. Pas de répit. Pas de repos. Je cherche l’ombre, je cherche la place d’humain que j’ai perdue… J’étouffe. Le soleil s’obstine, tire ses dernières salves dans les reÀets de la porte en verre. Je la pousse d’un coup d’épaule. Le vent s’engouffre à mes c{tés, sifÀe, gémit, s’essoufÀe, ¿nit par se taire quand elle se referme violemment, comme pour me protéger de la confusion et de l’absurde qui me poursuivent. Derrière le comptoir l’homme m’écoute. Me donne la clé… Ça y est, je suis sauvé ! Respirer… Tout va bien se passer. Respirer encore. Détourner les yeux de la lumière et m’engouffrer dans la pénombre bienfaisante. Trouver l’ascenseur, m’envoler. M’extirper de mon cauchemar… Ne plus penser à tout ça… Oublier. D’ailleurs est-ce bien à moi que ces choses sont arrivées ?
7
J’en doute encore, parfois… Mais tout va s’arrêter maintenant je le sais. Je vais stopper la farce, dé¿er les vents contraires, m’enivrer de l’écume des jours pour voguer vers un autre avenir et affronter en¿n la vie ravagée de Philippe Ducros, ce type ordinaire de 47 ans… Voilà, c’est ça ! C’est ce que je vais faire : exhumer le passé, le façonner, le remodeler, gommer ses aspérités, le réinventer ! Mais non ! Je le sais bien, tout ça est impossible. Le passé est immuable.)igé. Pétri¿é par le temps.
* * *
Philippe Ducros c’est moi et mon histoire est assez banale. (n¿naYec le reculMe meGisTue seul leGpbut est banal. 6ansGoute aurais-Mele bricoler\mettre laIormeGes couleursGu r\thmeun peuG’intriJue.$u lieuGeoaMe le Tuali¿eGe banal… saborGaJeJrossier pourTuelTu’unTui a la prptentionG’inYiterGes inconnusj ppnptrerGans ses pensées les plus intimes. Du sanJGu se[eun zesteGeIricun chouwaGe proYocl’attitude« border line » de l’antihérosTuelTues mots bien« dégueu » peut-rtre un soupoon deup »« cut j la BurrouJhs…Yoiljla recette.0ais ce n’est pas parceTu’on a la recette et les inJrédientsTu’on est un bon cuistotc’est s€r… D’ailleursMe n’aiMamais été doué en cuisine.7out au plus adepte des°uIs brouillés. Brouillés comme mes pensées. Pourtant, creuser des sillons noirs sur une page blanche m’a touMoursIasciné.$lorsM’insiste.8n mot, encore un mot, un Yerbe, une phrase, aYancer, raconter, découYrir, labourer ce cerYeau e[sangueMusTu’je en [traire la derniqre récolte. Raconter sans relâche ce moi tellement« haïssable » et pourtant siIamilier.
8
RetrouYer laIorce d’écrire…1e plus écouter le soue saccadé de ma respiration, mépriser ma bouche trop sqche…
* * *
Boire ! Trouver la bonne porte, un lit… M’allonger, m’endormir, rejoindre le néant, m’évader en¿n. Rien de tout ça… Murs gris, lumières glauques, angoisse, oppression. Qu’est-ce qu’il m’arrive encore ? Je panique à nouveau, dérive, m’affole, m’égare… Pourquoi tous ces couloirs ? Pourquoi ces ombres dans ma tête après tout ce soleil ? Je suis exténué. Accablé. J’ai envie de hurler… Obsédé par un ascenseur que je ne trouve pas. Et si je m’affalais, là, dans le couloir ? Si je renonçais à fuir ? Si j’arrêtais tout ? À quoi bon… ? Non, ne pas renoncer. Vivre encore un peu… Ne pas laisser tomber. Dire les choses… Mais y a-t-il encore quelqu’un pour les écouter ? Le vent peut-être. Non, non, ne partez pas, je vais vous raconter…
9