Les miels de l'enfer

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Livres
249 pages
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Description


Personne n’aime les ordures, mais en être une soi-même peut être une source de plaisir.



Accepter son côté sombre et s’abandonner à ses pires instincts peut être une libération absolue.



Les lecteurs qui découvriront mon histoire seront choqués, c’est certain, mais une partie fantasmera en secret sur mes actions.




J’en suis sûr !



- Réservé à un public averti -



Ceci n'est pas une Dark Romance

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EAN13 9782374470146
Langue Français

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LES MIELS DE L’ENFER Roman
Pascal Derais
LES MIELS DE L’ENFER Roman
ISBN format papier 978-2-37447-015-3
ISBN numérique : 978-2-37447-014-6
Avril 2018 - Imprimé en France
© Erato–Editions -Tous droits réservés
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!!! Avertissement : Ce roman comporte des scènes, des propos ou des passages à caractères pornographiques ou de grandes violences qui peuvent choquer certains lecteurs fragiles ou sensiPles. Il est réservé à un puPlic majeur et averti. !!!
AU COMMENCEMENT, IL N’Y AVAIT RIEN
Salutations, chers lecteurs. Mon nom est Pascal Derais. Laissez-moi vous conter mon histoire. Je vais en préambule me décrire un peu. J’ai trente-et-un ans, des cheveux longs, bruns, to ujours attachés en queue de cheval et les yeux bleus. Je mesure un mètre quatre-vingt pour quatre-vingts kilos. Je ne suis ni beau ni laid et pense être de prime a bord quelqu’un d’assez ordinaire. En apparence, en tout cas. Et puis d’ailleurs, on n’en a rien à foutre de mon physique. Même si je mesurais un mètre cinquante pour cent-dix kilos, ça ne ferait a ucune différence ; après tout, l’image que l’on donne de l’extérieur est souvent déformée. Ce qui est drôle, c’est que chaque personne qui lira ce recueil m’imaginera d’une faço n différente et que je vais me retrouver avec une gueule différente dans la tête d e chaque lecteur. Alors, pourquoi me faire chier à me décrire avec précision ? De plus, il est parfaitement évident que très peu d e monde comprendra mes actes, du coup, je ne vois pas pourquoi je m’emmerderais pour une majorité de cons. Quoi qu’il en soit, il m’a paru essentiel d’écrire ce livre pour qu’il reste une trace de mon œuvre. Je dis un livre, mais il s’agit plutôt d’un compte-rendu. Je ne suis ni auteur ni romancier, juste un connard avec un ordinateur et un traitement de texte. Donc, si vous recherchez de grandes envolées lyriqu es, je vous conseille une autre lecture. J’essaierai pourtant d’expliquer les choses, de faç on crue, certes, mais en essayant d’être aussi précis que possible. De toute façon, je n’écris pas ce texte pour être é dité et il y a très peu de chances pour que je touche des droits d’auteur. Je n’ai don c aucune raison de me casser les couilles avec des normes littéraires. Et en ce qui me concerne, le prix Goncourt me sembl e fortement compromis. Pour être clair, si vous avez vraiment le courage d e me lire, soyez les bienvenus, sinon, allez vous acheter un roman de la comtesse d e Ségur et ne me faites pas chier. Si j’emploie le mot « œuvre », c’est bien évidemmen t une façon de parler. En fait, je veux juste démontrer qu’être la pire de s ordures peut être des plus jouissifs. Je me suis baigné dans ce que les gens appellent « Le Mal », mais je n’y ai trouvé que plaisir et liberté. Il n’est pas non plus utile que je fasse une complè te autobiographie, les premières années de ma vie n’ont pas grand intérêt, disons à peu près autant que les vôtres et tout aussi passionnantes... Je peux quand même vous raconter que je n’ai jamais connu mon père. Ce brave homme a fui deux mois avant ma naissance et, connai ssant ma vielle salope de génitrice, je ne lui en veux pas du tout. Ce n’est pas parce qu’on met un coup de bite à
une connasse que l’on est obligé de gâcher sa vie. Ma mère m’a élevé seule et n’a jamais été très affe ctueuse. Les seules fois où j’ai eu un vrai contact physique avec elle, c’était quand j e prenais une claque dans la gueule. Elle m’a également cassé les couilles toute mon enf ance avec ses abjectes foutaises religieuses. S’il y a un truc dont il ne faut pas me parler, c’e st bien de ça. Quand j’étais gamin, elle me foutait la trouille av ec ses histoires de péchés et d’enfer. On vous apprend que Dieu est un être infiniment bon qui nous a laissé le libre arbitre, mais qui se fait un malin plaisir de vous punir si vous n’obéissez pas à ses lois. C’est vraiment un Fils de Pute. Ça doit le faire bander d e torturer les gens dans cette vie ou dans l’autre. Eh bien, il peut aller se faire prendre son Gros Cu l Céleste ! Je préfère être libre en enfer qu’asservi au Paradis. J’en ai bouffé de cette roulure de Marie et du chan cre de ses entrailles. Sans parler de tous ces mercredis après-midi passés au catéchisme avec cette salope de madame Luchése. Dommage qu’elle soit déjà crevée, cette vielle merd e putride, je m’en serais occupé à ma façon avec une joie immense. Je me suis donc cassé de chez ma mère dès que j’ai eu un boulot. Je ne la supportais plus. Elle m’a quand même emmerdé encore quelque temps, m ’appelant régulièrement pour me traiter de mauvais fils, me dire que j’étai s aussi immoral que mon père, que j’irais en enfer et autre connerie du même style. Un jour, j’en ai eu marre, je lui ai dit d’aller se faire enculer par son connard de Jésus. Elle ne m’a plus jamais rappelé. Elle est morte il y a deux ans, d’une rupture d’ané vrisme ; une mort trop rapide pour cette vieille roulure. Ce jour-là, pour fêter ça, je suis parti m’acheter un pack de bière et ai loué un porno. Pour payer le moins cher possible, je l’ai fait inc inérer. Dommage qu’il soit interdit de jeter des cadavres à la décharge publique. C’est po urtant là qu’elles finissent les ordures, non ? J’ai aussi pris un malin plaisir à ne prévoir aucun e cérémonie religieuse. J’étais seul au crématorium ; je n’avais prévenu au cun membre de ma famille de merde et ai même poussé le croque-mort au cul pour qu’il la foute au four le plus vite possible. Cette vieille vérole a mis deux heures pour se tran sformer en mâchefer. J’avais quand même demandé à ce que ses cendres soi ent placées dans une urne que j’ai eu la satisfaction de balancer le soir mêm e dans le vide-ordure. Personnellement, je ne comprends pas toutes ces cér émonies pour les morts ; un cadavre n’est qu’un emballage vide juste bon à être jeté. Vous imaginez une famille réunie dans la cuisine de vant la poubelle avec le père qui prononce ces mots : « Nous sommes réunis aujourd’hu i pour accompagner cette boîte de petits pois qui rejoint sur l’autre rive les pla stiques de toastinettes et le morceau de pâté périmé. Observons une minute de silence afin d e nous recueillir et d’honorer sa mémoire. » Ridicule ! J’ai aussi eu une petite amie, pendant cinq ans env iron. Les premières années ont été plutôt sympathiques, mais le temps n’a fait que dégrader notre relation. Vers la fin, on ne s’entendait plus du tout et on s’est séparés.
En fait, ça a été une chance pour moi. Au fil du temps, elle était devenue une connasse co incée du cul qui ne pensait plus qu’à son apparence, et principalement à ce que l’on pouvait penser d’elle. Une pure pétasse modèle XXL. On s’était connus au lycée ; elle était mignonne et marrante à cette époque. Pour être honnête, je n’ai jamais été fou amoureux d’elle, mais je me sentais plutôt bien avec et surtout, elle me permettait de me vide r les couilles assez régulièrement. Tout s’est détérioré le jour où elle a trouvé un em ploi comme vendeuse dans un magasin de fringues de marque pour connasses « tend ance ». Elle s’est liée d’amitié avec ses collègues et a co mmencé à fréquenter du soi-disant beau monde. Je lui ai fait comprendre que je ne supportais pas tous ces trous du cul endimanchés. On a fini par s’engueuler. Elle s’est barrée et ça m’a soulagé. J’ai fini par apprendre qu’elle s’était mise en mén age avec un type que je connaissais vaguement : une espèce de gland en costard cravate, cadre dans une usine de prothèses médicales. Le genre de petite merde que j ’aurais aimé empaler sur un pieu juste pour découvrir s’il couinait comme un porc. Je suis donc ce que l’on peut appeler un solitaire, non par choix, mais parce que la vie en avait décidé ainsi. Tout bien réfléchi, c’était quand même un peu de ma faute si j’étais seul. Les personnes avec lesquelles j’avais des affinités éta ient rares. Je déteste la plupart des gens. À mes yeux, ils ne sont que des cons. Évidemment, la notion de con est un vaste sujet. Sans entrer dans un débat philosophique, selon moi il en existe deux sortes : le type universellement reconnu con, c’est-à-dire le débile qui ne comprend rien à rien, et le con qui ne pense pas comme moi, et ça, c’est la pro portion la plus conséquente. Je pourrais vous donner des centaines d’exemples : le fanatique aficionado de foot, le religieux convaincu, le fan de la Star Academy, ou que sais-je encore. Autrement dit, toutes ces sous-créatures qui évolue nt autour de nous comme une pestilence et qui souillent votre cerveau en vous s aoulant avec leur passion infecte. Mais tout cela n’a pas d’importance. Ce que je veux vous raconter, c’est mon histoire. E t elle commence au moment de ma révélation. Certains la liront avec horreur et je leur pisse co rdialement dessus. Pour ceux qui comprendront et me prendront comme ex emple, je ne leur dirai qu’une chose : Faites cela en mémoire de moi.
GENESIS
Tout a commencé il y a un peu plus d’un an. À l’époque, je vivais dans une banlieue au nord-oue st de Paris, dans une grande cité HLM puante que je qualifierais de pourrie, même si le mot est faible. Des barres d’immeubles, des tours grises, toutes plus dégueula sses les unes que les autres. Ce genre de cité où on stocke des chômeurs et des peti ts ouvriers pour que les racailles puissent jouer avec et n’aillent surtout pas embête r des gens plus respectables. À l’entrée se trouvait une galerie commerçante tota lement désertée, dont toutes les façades étaient recouvertes de tags. Une véritable fresque avec des mots illisibles, des bites géantes avec des couilles à trois poils, de l a poésie du genre « nike la polisse » ou « 92 an force ». De quoi faire mourir d’extase un ministre de la cul ture socialiste. Le seul qui travaillait encore dans ce couloir excr émentiel était un courageux boulanger qui s’appelait Farid. C’était un grand type tout maigre plutôt sympa, ave c les cheveux frisés et un très long nez. Il faisait souvent changer sa vitrine à cause des p avés et bouteilles vides régulièrement balancées dedans… parce que cet horri ble salaud refusait de servir certaines personnes gratuitement. Il était donc sans cesse la cible de ces sous-merde s irrécupérables que l’on n’a pas le droit de critiquer sous peine de se faire traite r de raciste ou de facho. En même temps, et en ce qui me concerne, je m’en ba ts les couilles, car je suis raciste et fier de l’être. (Là, j’entends déjà les cris outrés des lèche-culs du politiquement correct.) En fait, je suis raciste en ce sens que j’estime qu e l’on a assez de merde en France pour ne pas avoir besoin d’en importer. La plupart se comportent exactement comme ces macaq ues racailles en Inde et en plus, ils essayent de nous imposer leurs coutumes d ’arriérés et leur merde d’islamisme obscurantiste. France terre d’accueil… Je dirais plutôt : poubelle pour parasites sous-évolués. Pour en revenir à Farid, il s’était fait braquer un nombre incalculable de fois et avait même pris un coup de couteau dans la cuisse, un jou r où il avait voulu se rebeller. Je ne sais pas ce qu’il faisait encore là. Sûrement têtu. Trop têtu. Moi, à cette époque, je travaillais dans une grande surface ; je déchargeais des camions et faisais la mise en rayons. Et je détesta is mon boulot. D’ailleurs, qui pourrait aimer un travail comme ça ? On le fait pour le pogn on, c’est tout. Il est vrai qu’à notre époque, nous devons jouer le s faux-culs, et même pour obtenir ce genre d’emploi, il faut se plier à tout un tas d e débilités du genre « lettre de motivation » pour dire à quel point nous serions fi ers de faire partie d’une société aussi prestigieuse. Quelle connerie ! Je comprends que certains boulots peuvent motiver e t là, ce genre de lettre est sincère. Mais pour décharger des camions, faire le ménage ou vendre des
hamburgers ? On arrive à un niveau de stupidité jam ais atteint. Sûrement encore une idée de ces sous-merdes de psyc hologues qui conseillent les entreprises. Voilà encore une race puante qu’il faudrait élimine r. Ce sont d’immondes vermines qui essayent de fouiller votre inconscient comme de s chiens à la recherche d’un os enterré. Bien sûr, eux seuls détiennent la science infuse et sont aptes à vous juger selon des critères qu’on leur a enseignés dans de jolies écol es bien-pensantes. Je fouillerais bien leurs cerveaux, moi aussi. Avec une fourchette. Pour en revenir à mon emploi, ce n’était pas tant l e travail en lui-même que je n’aimais pas, mais mon chef d’équipe : Jean Louis. Un connard catégorie poids lourds qui avait pris la grosse tête depuis qu’il était passé chefaillon. Vous savez bien. Vous devez en connaître des connar ds comme ça : le genre de type que personne ne regretterait s’il crevait, mêm e si votre bienséance vous interdit de vous l’avouer. On voyait tout de suite qu’il était du genre à s’être fait taper dessus quand il était petit. Il n’était pas très grand, grassouillet, les cheveu x châtain mi-longs et frisottés, et des petits yeux marron qui vous regardaient derrière de grosses lunettes. Rien n’allait avec lui, le boulot ne se faisait jam ais assez vite, un jour il fallait faire comme ci, le lendemain il fallait faire comme ça. Q uoi que vous fassiez, ça ne convenait pas. Et il trouvait toujours un prétexte pour gueuler. Ça devait le faire bander. Combien de fois j’ai eu envie de lui lacérer le vis age avec mon cutter pour lui faire fermer sa gueule une bonne fois pour toutes ! Dans une société sans hypocrisie, ça m’aurait valu une médaille. Mais à l’époque, je ne disais rien, je me laissais faire et attendais qu’il s’en prenne à un autre pour avoir un peu la paix. Chaque jour de travail était devenu un supplice. Qu and j’arrivais le matin et que je pénétrais dans la réception où régnait une odeur pe rmanente de poubelle et de gaz d’échappement, je n’avais qu’une envie : faire demi -tour, ou foutre le feu si j’étais particulièrement mal luné. Quand je voyais mon abruti de chef entouré par tous mes collègues mielleux qui attendaient ses instructions, ça me répugnait. J’au rais aimé avoir une arme pour tirer dans le tas et débarrasser la Terre de ces cafards. Un peu comme ces deux jeunes Américains au lycée de Colombine. Personnellement, je les comprends très bien ; on a dû leur casser les couilles trop souvent et leur vengeance était justifiée. Leur petit assaut n’a certes pas duré très longtemp s et ils se sont suicidés ensuite, mais quel pied ils ont dû prendre à flinguer tous c es petits cons ! D’autres choses de la vie courante me faisaient éga lement subir un calvaire. Par exemple, je faisais mes trajets en autobus et j e détestais cette promiscuité. Être écrasé au milieu de tous ces gens, devoir supp orter la puanteur de leur sueur et de leurs parfums bon marché, leurs gueules de cons, me sentir souillé au contact de leur vie de moutons décérébrés me donnait envie de vomir. Je ne supporte pas non plus cette ignoble populace qui grouille en permanence dans les rues. En hiver, c’est relativement supportable, car les g ens se terrent chez eux quand il pleut ou s’il fait trop froid et on les voit moins. Mais l’été, c’est vraiment l’horreur. À croire que le soleil est comme un prolapsus : il fa it sortir les trous du cul.