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Naufrage mortel aux Glénan

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Description


Le mirage de l’Occident attire des centaines de candidats africains à l’exil, prêts à engloutir des fortunes pour parvenir à destination. Ça n’a pas échappé aux mafieux de tous horizons qui n’hésitent pas à ponctionner au passage une part non négligeable de ces ressources. Le marché est si juteux qu’un gang va détourner les clients d’un autre de manière musclée. La riposte ne se fait pas attendre et le bateau transportant les clandestins explose.


L’ennui, c’est que ce voilier sillonnait les eaux des Glénan et que son skipper, tué dans l’opération, était un vieil ami de Gwenn Rosmadec. C’est pour comprendre et retrouver les coupables que Gwenn et Soazic, son épouse, vont remonter la piste des assassins dans leurs repaires en Bretagne, à Sainte Marine, à Roscoff puis jusqu’en République Dominicaine, une piste ponctuée de cadavres et de découvertes ahurissantes !


Mais ce sont nos deux Bretons qui auront le dernier mot !

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Nombre de lectures 47
EAN13 9782374537009
Langue Français

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Présentation
Le mirage de l’Occident attire des centaines de can didats africains à l’exil, prêts à engloutir des fortunes pour parvenir à destination. Ça n’a pas échappé aux mafieux de tous horizons qui n’hésitent pas à ponctionner a u passage une part non négligeable de ces ressources. Le marché est si jut eux qu’un gang va détourner les clients d’un autre de manière musclée. La riposte n e se fait pas attendre et le bateau transportant les clandestins explose. L’ennui, c’est que ce voilier sillonnait les eaux d es Glénan et que son skipper, tué dans l’opération, était un vieil ami de Gwenn Rosma dec. C’est pour comprendre et retrouver les coupables que Gwenn et Soazic, son ép ouse, vont remonter la piste des assassins dans leurs repaires en Bretagne, à Sa inte Marine, à Roscoff puis jusqu’en République Dominicaine, une piste ponctuée de cadavres et de découvertes ahurissantes ! Mais ce sont nos deux Bretons qui auront le dernier mot !
Comme beaucoup de Bretons, Alex Nicol a longtemps é té un « expatrié ». La Bretagne, de ce fait, était un lieu magique, un fan tasme d’autant plus rêvé qu’elle
était difficile à atteindre. Et lorsqu’à quarante-c inq ans il a enfin pu poser son ancre sur la terre de ses ancêtres, il a mesuré à quel po int vivre sur cette terre était un grand bonheur. Après une carrière de chef d’établissements scolair es aux quatre coins du globe, il a envisagé de créer un cabinet d’écrivain public . Puis très rapidement l’idée d’écrire des romans s’est imposée. Il crée le perso nnage de Gwenn Rosmadec, Breton expatrié qui revient sur ses terres et va le s célébrer. Profondément épris de son pays, de sa culture et de ses traditions, Gwenn Rosmadec, la quarantaine, roux, d’allure sportive, est Bigouden de cœur, et Q uimpérois de racines. Ancien journaliste, il aspire à la paix, et pose ses valis es à Sainte-Marine, petit port cornouaillais niché entre la forêt et l’Atlantique, en bordure de l’Odet. Il y développe une activité d’écrivain public... C'est ainsi que nait la série de romans policiersEnquêtes en Bretagne, dont voici le dix-neuvième opus. Alex Nicol a coutume de dire que le premier héros d e ses romans c’est la Bretagne. La Bretagne et sa grande beauté, qui acco mpagne chacune des enquêtes de Gwenn Rosmadec et emporte le lecteur da ns un parcours vivifiant, au son des cornemuses et du bruit du ressac. Et le résultat final, c’est un chant d’amour de la Bretagne partagé par beaucoup de ses lecteurs.
NAUFRAGE MORTEL AUX GLÉNAN
Alex NICOL
38, RUE DU POLAR
Ce roman est dédié aux sympathiques membres du Lorient Pipe band Brittany Āvec lesquels je partage de joyeux moments de musique écossaise À son dynamique Président Romu Āux efficaces et patients professeurs Daniel, Gilbert et Fanch Et à Merryl, Hélène et Martin Qui ont prêté leurs noms aux personnages de cette aventure.
Prologue
Franklin Dogmo, assis sur la dernière travée du bus se retourna pour regarder à travers les vitres crasseuses le spectacle de cette rue de Bamenda où il avait passé son enfance. Il quittait le Cameroun anglophone, la issant derrière lui cinq sœurs et quatre frères pour prendre, comme bien d’autres ava nt lui, la route de l’espoir, celle qui le mènerait en Grande Bretagne. L’absence de travail et de perspectives d’avenir l’ avait amené à prendre cette décision finale. Il n’y avait plus rien à espérer à Bamenda. Camouflés dans sa ceinture intérieure et ses chauss ettes de football, les billets de banque nécessaires à son long et périlleux voyag e, son passeport et un petit carnet dans lequel il avait consigné toutes les inf ormations utiles, données par le Libanais. Ce gros porc suant, outre ses restaurants et ses épiceries, était aussi l’organisateur de périples clandestins. Il avait de s contacts partout et moyennant trente mille dollars en espèces, il avait préparé l a route de Franklin : Nigeria, Niger, Algérie, Espagne, France et enfin, le Graal : Douvres, Angleterre. Tous les membres de sa famille, au sens le plus lar ge, s’étaient cotisés pour récolter le montant demandé. Cet investissement de chacun serait vite remboursé dès lors que Franklin aurait atteint sa destination finale. Là-bas, le salaire de base était multiplié par dix! Et si c’était lui que le clan avait désigné, c’ét ait parce qu’il était sans conteste le plus futé de la famille et c ertainement capable de se tirer au mieux de situations délicates. Il avait aussi hérit é de son grand-père sorcier des compétences magiques pour le protéger des coups du sort et il avait bien l’intention d’en faire usage si nécessaire. Dans le bus brinquebalant, d’autres compagnons de v oyage étaient aussi passés chez le Libanais, mais Franklin ne les connaissait pas. Chacun pour soi et Dieu pour tous. Il leur avait fallu quatre heures pour parcourir le s deux cent vingt kilomètres qui les séparaient de la frontière, sur cette longue ro ute qui serpentait dans la forêt tropicale. L’air moite et chaud n’était pas compens é par une climatisation inexistante. Seules les vitres baissées et munies d e barreaux entretenaient un maigre courant d’air dans l’habitacle confiné. La nuit commençait à tomber sur les bords de l’Afri que quand l’équipée parvint à la rivière Cross, frontière naturelle entre les deu x états. Tous les voyageurs descendirent et se dirigèrent vers la casemate qui servait de bureau d’immigration et de contrôle des passeports. Des soldats armés le s regardèrent pénétrer dans le bâtiment, l’œil mauvais. Un frisson d’angoisse serr a le cœur de Franklin. C’était le premier test qui allait lui permettre de vérifier l ’efficacité des réseaux du Libanais. La queue de voyageurs s’étendit dans le long couloi r aux murs décrépits. Franklin avait pour instruction de passer le dernie r. Il se plia à la demande et attendit tranquillement que son tour arrive. Des cris fusèrent du bureau tandis qu’un individu e n était chassé à grands coups de bâton. Franklin le reconnut; il était à l’avant de l’autobus. Un soldat lui la boura le dos de sa crosse avant de le précipiter dans le bus . Pour lui le voyage était terminé. Franklin s’efforça de garder son calme, mais au pas sage de son compagnon
d’infortune, il nota que sa chemise avait été déchi rée et qu’un lambeau d’étoffe pendait de sa ceinture. La cache aux billets! L’homme avait purement et simplement été détroussé avant d’être réexpédié man u militari vers son point de départ. Franklin sentit son ventre se nouer. Le Lib anais n’était-il pas de mèche avec les douaniers? N’allait-il pas, lui aussi, subir le même sort? La file des damnés de la terre diminuait et deux au tres immigrants subirent le même sort sous le regard indifférent des autres. Ma is que pouvait-on faire lorsqu’une mitraillette pointait son œil noir devan t votre abdomen? Franklin pénétra enfin dans une salle sombre; un individu en uniforme attendait, assis derrière un bureau, le regard autoritaire. Le Camerounais s’approcha, tendit son passeport en tremblant et dit : — Je suis un ami du Libanais! L’officier le toisa de son œil d’aigle et saisit le document officiel qu’il ouvrit rapidement pour y trouver ce qu’il cherchait : un b illet vert de cinquante dollars plié en quatre. Il le fit disparaître dans la poche de p oitrine, donna un bref coup de tampon sur une page vierge et rendit à Franklin le précieux sésame : — Bienvenue au Nigeria! En même temps, il pointa du doigt une porte latéral e entrouverte. Franklin le salua de la tête et sortit. Un autre autocar, nigér ian celui-là, l’attendait, moteur au ralenti. Il sauta à bord et le chauffeur lança sa m achine sur la route qui le mènerait vers sa prochaine destination, Abuja, la grande vil le du nord. Franklin serra sur son ventre la ceinture de billet pour s’assurer que son trésor était toujours là et lutta contre le sommeil avant de s’abandonner aux bras de Morphée. * Un chaos un peu plus violent le réveilla. Il frotta ses yeux, étira son corps endolori par le mauvais traitement infligé par un siège que le temps avait malmené et jeta un regard vers l’extérieur. Le paysage n’avait guère c hangé : de la forêt tropicale et parfois des palmiers. La chaleur était suffocante. Franklin se dit que c’était sans doute le prix à payer pour atteindre sa glorieuse d estinée. Il fallait être fort et survivre. Comme il était monté le dernier, on lui a vait attribué d’office la place derrière le chauffeur. Il tapota l’épaule de celui-ci : — Eh l’ami! Où sommes-nous? L’homme grommela sa réponse : — Abuja! Et il précisa : — Dans une heure. Franklin regarda autour de lui à la dérobée. Satisf ait, il prit au fond de la poche le petit carnet que lui avait remis le Libanais et rel ut la deuxième page : Abuja, capitale du Nigeria. Va surUmuaka Road et cherche leBush Bar. Là tu demandes Ali le Syrien. C’était tout. Il avait pris la précaution avant de partir de dégoter un plan de la ville et de repérer cette rue qui déroulait son tapis d’a sphalte à quelques encablures de la gare routière. Franklin rangea son précieux document et se plongea dans le paysage. La forêt
tropicale qui l’avait accompagné depuis le départ s ’était clairsemée à l’approche de la ville. Des plaques arides que les hommes avaient tenté de domestiquer étendaient leur surface ocre avant que les arbres n e tentent à nouveau leur chance. Puis les constructions se firent plus nombreuses et les habitants plus présents. Des gamins dépenaillés jouaient entre les taudis tandis que des hommes s’échinaient à porter de lourds sacs sur leurs épaules décharnées. Bientôt, des constructions modernes remplacèrent le s bidonvilles. Leur transport parcourait une large avenue bordée de palmiers avan t de s’engager sur la droite vers une place poussiéreuse où s’entassaient les ca rcasses de voitures et d’autocars, victimes d’une attaque à la bombe. Fran klin avait entendu parler de Boko Haramdes razzias que cet organisme terroriste menait dans le pays. Il et avait prié pour que Dieu lui permette de les éviter et le mette sur la bonne route. Le car s’arrêta devant un bâtiment fait de tôles dont une partie avait été arrachée par le souffle de l’explosion. Le Camerounais sortit du vé hicule et prit plein sud en direction de l’embranchement d’Umuaka road. Jusque-là, tout se déroulait comme le Libanais l’avait prédit et il n’y avait pas de r aison que cela ne s’arrête. Franklin s’engagea d’un pas rapide sur le trottoir tout en s urveillant ses arrières et trouva bientôt la rue qu’il cherchait. Umuaka roaddes hameaux et des oasis de palmiers. Ce fut au sein de alternait l’un d’entre eux qu’il découvrit ceBush bar. Il faut avouer que cet établissement était digne de son nom : quelques piquets de bois s upportaient une toiture de palmes tressées et une palissade de planches mal éq uarries délimitait son espace vital. Sous le toit, au centre, un bar couvert de b outeilles, des nuées de mouches qu’un ventilateur poussif s’efforçait de dissiper e t un gros type noir comme la nuit qui discutait avec des clients en buvant au goulot une bière locale. Franklin s’avança et commanda un soda. Le poussah, ce gros t ype mal fagoté, roula le long du bar et se pencha vers un réfrigérateur d’où il e xtrait la commande et tendit la bouteille à son nouveau client. Il allait retourner à son poste lorsque Franklin lui murmura : — Je viens voir Ali Le Syrien! L’obèse le toisa un instant, comme s’il voulait s’a ssurer qu’il n’avait pas affaire à un indic ou un policier. Franklin précisa : — C’est le Libanais qui m’envoie! Cette phrase eut le don de décontracter le barman q ui fit signe à son client de le suivre à l’arrière du bâtiment. Franklin n’en menait pas large. N’était-ce pas un c oup fourré? Le gros type s’avança prestement entre les palmiers et tous deux parvinrent à une cabane dissimulée dans la végétation. — Entre là et attends qu’on vienne te chercher! — J’aimerais quand même savoir ce qui va se passer et qui est Ali le Syrien! — C’est moi! Rentre là-dedans. On va t’apporter à manger. Repo se-toi. Ce soir, tu pars vers le Niger. Ali fit demi-tour et Franklin n’insista pas. Dans l a cabane, un lit de camp avait été monté qui avait dû connaître bien d’autres voyageur s. Incapable d’envisager autre chose, Franklin s’y allongea et finit par s’endormi r.
*
Un grand coup sur l’épaule le sortit du monde de se s rêves. Ali le Syrien le regardait : — Debout! Tu pars! Une lumière glauque indiqua à Franklin qu’il faisai t nuit. — Quelle heure est-il? demanda-t-il. — L’heure de partir! rigola son hôte en le poussant vers l’extérieur. Un minibus attendait devant le bar. Quelques voyage urs y avaient déjà pris place. — Grimpe! Tu es le dernier! Franklin ne se le fit pas dire deux fois. S’assuran t que la bosse de son trésor n’avait pas diminué sur son abdomen, il sauta dans le véhicule qui démarra en trombe. La nuit avait recouvert la ville de son manteau som bre et le ciel étoilé redonna confiance au jeune Camerounais. Il aurait aimé conv erser un peu avec le chauffeur et ses compagnons, mais la radio diffusait à fond d es rythmes endiablés de groupes africains aussi n’insista-t-il pas. Il fallait just e attendre… Attendre et voir venir… Les villes se succédaient entre de longs parcours inhab ités. Seuls d’imposants camions occupaient l’espace. La forêt commença à s’éclairci r, remplacée progressivement par une triste savane. Bientôt le minibus pénétra d ans une immense zone urbaine et s’arrêta dans une station-service. — Je fais le plein! lança le chauffeur. Allez vous détendre, mais dan s dix minutes je repars. Si vous n’êtes pas là… Il laissa aux voyageurs l’option de deviner la fin de sa phrase et se rendit vers un employé prêt à remplir son réservoir. Franklin jeta un œil sur le nom de la station ce qu i lui permit de savoir où ils étaient : Kanovait se situer à cent! La dernière étape avant le Niger. La frontière de cinquante kilomètres au nord. Il profita de l’arrêt pour se soulager la vessie et boire abondamment. Puis il vérifia les instructions du ca rnet. Curieusement rien n’avait été mentionné concernant le passage de cette fronti ère. Il regagna le bus. L’employé terminait sa besogne tandis que le chauff eur comptait les billets qu’il allait lui remettre. Franklin ne put s’empêcher de lui demander : — Comment ça va se passer maintenant? L’homme haussa les épaules : — Comme d’habitude! Ne t’inquiète pas. Et il reprit sa place derrière le volant. — Tout le monde est là? En route! Les lumières de Kano se dissipèrent dans la nuit lo in derrière eux et le bus poursuivit sa route. Franklin estima qu’il leur fau drait trois heures pour arriver à destination. Il se laissa rêver, la tête posée cont re la vitre, attendant d’en savoir davantage. Le bus se mit à tressauter, tirant Franklin de sa r êverie. Il cligna les yeux et regarda à l’extérieur. Malgré la nuit, il se rendit compte que le bus avait quitté la route principale et cahotait à présent sur une pist e dans le désert. C’était ça la réponse : ils allaient éviter le poste frontière et contourner la route principale. Le sable, tassé, avait pris cette forme caractéristiqu e de tôle ondulée et le chauffeur
avait poussé sa machine à la vitesse nécessaire pou r diminuer au maximum les effets de la chaussée. De part et d’autre, des dune s commençaient à onduler, piquetées de petits arbustes. Indifférent à la grandeur sauvage du paysage, le ch auffeur fonçait en regardant régulièrement sa montre. — Il doit avoir un rendez-vous dans le désert, song ea le Camerounais. Le minibus grimpa une pente, en redescendit l’autre versant et ralentit. Bientôt, parvenu en bas, le chauffeur gara son véhicule sur le bas-côté. Il coupa le contact et lança : — Descendez! Vous êtes arrivés! Un mouvement d’angoisse saisit les passagers. On al lait les abandonner en plein milieu du désert! Ils avaient été floués! Au même moment, les pinceaux de deux puissants phares trouèrent l’obscurité. — Votre nouveau carrosse! lança le conducteur. Allez-y! On vous attend. Rassuré, le groupe de clandestins rassembla ses mai gres bagages et se dirigea vers les lumières. Franklin cligna des yeux et comp rit : un énorme camion benne était camouflé derrière une dune. Deux hommes à bord de la cabine leur firent signe de grimper dans la benne. De voyageurs, ils étaient devenus marchandise! Des packs d’eau avaient été installés ainsi que des san dwichs sur lesquels ils se ruèrent comme des mouches sur du fromage. Le puissant moteu r vrombit et le camion amorça son départ. Derrière eux, les deux lumières rouges des feux de position du minibus disparaissaient dans la nuit. Franklin avait mangé et bu. Rassasié, il s’efforça de trouver une position confortable pour dormir. Mais c’était impossible : une benne de camion n’a pas été conçue pour transporter des migrants. Il se demanda combien de temps allait durer cette traversée et quelle serait leur prochaine éta pe. La réponse leur fut donnée deux heures plus tard. Le camion s’était garé près d’une mosquée et les deux pilotes avaient invité les voyageurs à descendre. U n individu, vêtu d’une djellaba crasseuse attendait devant la porte du bâtiment. Il fit signe aux voyageurs de venir et les engagea à entrer. — Installez-vous par terre. Le prochain transport v a arriver! Franklin ne sentait plus ses côtes, malmenées par l a benne. Il ne se le fit pas dire deux fois et s’installa dans un coin pour dormir. S es compagnons en firent autant. Personne ne chercha à poser de questions; ils s’étaient abandonnés à leurs mentors et priaient pour parvenir à destination. L’ imam – ce devait être lui – quitta la mosquée et verrouilla la porte derrière lui. Le sil ence enveloppa les voyageurs. L’appel du muezzin dans le haut-parleur réveilla le s dormeurs. Le texte avait dû être enregistré car l’homme venait d’entrer. Il cla qua des mains pour les rassembler. — En route! fit-il. Comme des somnambules, les clandestins passèrent la porte devant laquelle un autocar attendait. Il était déjà à moitié plein. Des Maliens!songea Franklin. Il s’efforça de reprendre un peu de dignité et dema nda à l’iman : — Où allons-nous cette fois? — Un grand voyage, mon garçon. Neuf cents kilomètre s jusqu’à la frontière algérienne.