Ossama contre Obama

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Français
280 pages
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Ce thriller retrace les péripéties d'un complot fomenté par les Salafistes installés au Mali, depuis 2012. Regroupés au sein de la Sainte Alliance, ces extrémistes veulent attirer l'attention sur leur combat, en éliminant, à travers une action spectaculaire, Barack Obama et Lionel Messi, deux hommes comptant parmi les plus célèbres au monde, en visite au Sénégal.

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Date de parution 05 mars 2017
Nombre de lectures 47
EAN13 9782140032615
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Oumàr El Foutîyou Ba
OSSAMA CONTRE OBAMA
Sous le sceau de la Sainte Alliance
OT R ESSAMA CON OBAMASous lesceau dela SainteA lliance
OUMA RELFOUT IY OUBAOSSAMA CON T R EOBAMASous lesceau dela SainteA lliance
D u mê me auteur Saignements, poè me, Sociétédes écrivains, Paris, F rance, 2007 Péril-prési ou névrosedéchec, thriller, E ditions Maguilen, D akar, Sénégal, 2010 Rififi sur la Canebière, IS E dition, polar, Marseille, France, 2013 L esuivi-évaluation: unedémarche, des outils, (avec D iatta CAMARA) E disal, D akar, Sénégal, 2013 E checet Mat, Mister President, thriller, E disal, D akar, Sénégal, 2015© L ’HA R MA T T A N-SÉ NÉ GA L, 2017 « V illa rose », rue de Diourbel, Point E , DA K A R http://www.librairieharmattan.com senharmattan@gmail.com ISBN : 978-2-343-11568-9 EA N : 9782343115689
PR OL OGUETON D IBI,LD E V IL L E EMPIR ESON GH AÏ,1591
L a colonne hétéroclite avançait depuis quelques heures, entre Tombouctou et G ao, tendue vers un seul but. D e loin, elle ressemblait à un immense serpent progressant dans lespace sableux qui soffrait à la vue. L e lieu de destination, indiqué par les éclaireurs, tardait à se faire jour alors que le soleil trônait haut sur le ciel. L a légion dépenaillée était constituée de soldats leucodermes, au regard vide. D es militaires au teint hâléévoluant loin du Maghreb, lieu doù ils devaient, vraisemblablement, ê tre originaires. Harassée, la formation ne tenait que par la volonté dun homme. Un surhomme plutôt.
Yuder Pacha, Renégat espagnol converti à lIslam, commandait la troupe qui devait conquérir le dernier grand empire ouest-africain en 1 date. LE mpire Songhaï était né des entrailles de lE mpire du Mali, une entitéelle-mê me sortie des flancs de lE mpiredu G hana, la matrice. Yuder 2 ne connaissait du Bilad as Sudan que ce quen avait dit Ibn K haldun, le précurseur des historiens et des sociologues modernes. Cela lui suffisait amplement.
L e pays quil découvrait était magnifique, quoique les paysages sahéliens contrastent avec les descriptions exotiques quon lui en avait faites à Marrakech. Lhomme était le chef des Renégats au service du Sultan du Maroc. Un souverain qui lavait commis au pays des Noirs pour une mission historique.
Son attelage comprenait 5 000 hommes, constitués en majorité de fantassins marocains quon lui avait adjoints, en partie, pour le surveiller. On y retrouvait aussi des arquebusiers Renégats et A ndalous héritiers des
1 è mes  Historiquement, le Songhaïse situe entre les 14 et 16 siè cles, le Mali entre les è mes è mes 11et 14 siè cles et le Ghana entre les 3 et 11 siè cles. 2  L e pays des Noirs, en arabe. L expression, dabord forgée par les Arabes lors de lislamisation du Maghreb, désignait les pays situés au sud de lE gypte, peuplés de Noirs. A lorigine, elle prenait en compte le Maghreb et ses habitants Berbè res, des Noirs métissés, plus tard, par dautres apports civ ilisationnels. L E gypte, nè gre elle-mê me, na connu ce brassage quà la faveur de linv asion gréco-romaine, à partir du è me 4 siè cle avant JC.
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3 4 familles ayant fui, un siè cle plus tôt, la Reconquista et lInquisition espagnoles, à G renade, dont lE mir voulait surtout se débarrasser. L a logistique nétait également pas en reste avec 10 000 bê tes. D es chameaux de bât, utiles à plus dun titre, et des chevaux de race pour la cavalerie. L a colonne qui évoluait loin de ses bases, depuis un trimestre déjà, était devenue émaciée. L es guerriers intrépides, véritables forces de la nature au départ de Marrakech, ressemblaient plus à des bê tes quà des hommes. Cassés par le désert et une défaite humiliante infligée par les 5 Songhaï, entre Bamba et Bourem , les soldats en guenilles étaient dune saletérepoussante. L a bataille avait emporté un peu plus de la moitié de la troupe et atteint le moral des rescapés qui craignaient une réédition de la cinglante déroute marocaine concédée aux mê mes adversaires, neuf (9) ans auparavant. D émoralisée, larmée du Sultan doutait. L a troupe se demandait sil y avait réellement lieu de poursuivre la route jusquà G ao, la capitale de lempire convoité. L es hommes navaient survécu que grâce aux abondantes provisions quils avaient pu se constituer et aux pauses observées dans les trois oasis rencontrées. D es haltes qui leur avaient permis de se requinquer avant daffronter les rigueurs du relief. V éritable lueur dans la grisaille régnant jusque-là, les soldats avaient laisséderriè re eux, depuis quelques jours, le Sahara. Cette immense étendue de sable fin était réputée ê tre un grand cimetiè re pour les téméraires. Lavoir derriè re soi était on ne peut plus rassurant. D jouder savait que cela pouvait constituer un bon coup de fouet au moral de ses guerriers. L e chef de mission était un homme trè s avisé. E n bon stratè ge, il venait de prendre une décision imposée par la réalité du moment. D oté dune étonnante capacitédadaptation et dun jugement sûr servi par un esprit vif, ce meneur dhommes sétait résolu à rejoindre la Capitale des
3  T erme espagnol signifiant Reconquê te, symbolise la récupération par les Chrétiens à travers la guerresaintedes califats musulmans (Infidèles) de la péninsule ibérique entre 718 et 1492. 4  T ribunal dexception, relevant de lautorité du Pape chargé de conformer les actes er è me des fidè les au dogme chrétien, lInquisition (1 –18 s) vit ses prérogatives élargies, grâce notamment à T homas de T orquemada (1420 -1498), Grand inquisiteur espagnol, qui sappuya sur la Reconquista pour expurger les terres chrétiennes des converso(convertis) marranes (dorigine juive) et morisques (dorigine musulmane). 5  D ans lactuel Niger.
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6 A skia en longeant le fleuve Niger . Il ne fallait surtout pas manquer deau. Au moins, ses soldats seraient assurés davoir de quoi se désaltérer et se rafraîchir jusquà la fin de la campagne. Ce qui ne manquerait pas de leur redonner le cœ ur à louvrage. Brusquement, un brouhaha se fit entendre. L es tê tes se redressè rent, lœ il rivé droit devant. Au loin apparaissaient les premiè res frondaisons 7 de la ville de Tondibi . Yuder Pacha fit aussitôt signe à ses hommes de sarrê ter. Ils camperaient sur place. Il nétait pas question daffronter, sur linstant, les guerriers de lA skia Ishaq II. Ces derniers étaient sans doute affaiblis par les guerres de succession ayant opposé le souverain noir à ses frè res, à la suite du décè s dA skia David, leur pè re dont le rè gne avait duré plus de 30 ans. Ils nen restaient pas moins de redoutables combattants. L es rescapés devaient se revigorer par des mets assez consistants, sans ê tre lourds, et aussi se reposer. Ils étaient soulagés dê tre arrivés au bout du voyage. L es envahisseurs navaient jamais connu pareille expérience, malgré les nombreuses expéditions auxquelles ils sétaient livrés dans le passé. Traverser le Sahara navait pas étéune sinécure pour ces intrépides étrangers. L es soldats marocains navaient certes pas peur de la mort, mais seul périr par lépée de mécréants les intéressait. L es gens du Songhaïavaient cependant dautres vues sur le timing. Ils attaquè rent au bout dune heure dobservation. L eur stratégie de guerre était connue de leurs adversaires. L es conquérants avaient étéédifiés des coutumes locales par les nombreux explorateurs qui avaient sillonné la zone dans le passé. Cest donc en toute connaissance de cause que Yuder Pacha fit canonner les taureaux lâchés sur ses hommes qui se retournè rent effrayés sur les 45 000 guerriers ouest-africains. L e bruit redoutable des armes à feu et la charge des bê tes semè rent la débandade parmi les soldats vassaux de lA skia, guè re disposés à se sacrifier pour leur suzerain. Seule la garde royale songhaïrésista, préférant se faire tailler en piè ces pour permettre à Ishaq II de se replier vers la capitale de lE mpireplutôt que de se rendre. Lémissaire commis pour payer tribut aux Marocains 100 000 piè ces dor et 1 000 esclaves et leur proposer la cession sans condition des mines de sel de Teghaza fut mal accueilli. LA skia lui-mê me fut passépar les armes et le pays mis à sac par les envahisseurs qui brûlè rent G ao,
6  Appelé aussi, D joliba, ce fleuve arrose Bamako, T ombouctou et G ao mais aussi plusieurs E tats voisins du Mali actuel. 7  V ille située au nord de Gao, aprè s T ombouctou.
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