Pourquoi j

Pourquoi j'ai construit une maison carrée

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Français
336 pages

Description

Au Proche-Orient, il y a 10 000 ans, l’homme devint agriculteur et éleveur. A travers le récit de vie du jeune Cando, Jean Guilaine raconte les bouleversements majeurs de cette période du Néolithique, qui entraînèrent le conflit permanent entre tradition et progrès. Un prolongement de Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis.

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Date de parution 05 juin 2013
Nombre de lectures 18
EAN13 9782330021979
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

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Jean Guilaine
POURQUOI J’AI CONSTRUIT UNE MAISON CARREE roman
ACTES SUD / ERRANCE
POURQUOI J’AI CONSTRUIT UNE MAISON CARRÉE
“A travers cette fiction, j’ai souhaité écrire une comédie autour de ce grand tournant de l’histoire de l’humanité que l’on nomme «Néolithique». Au Proche-Orient, il y a 10 000 ans, l’homme abandonne son style de vie multi-millénaire fondé sur la chasse, la pêche et la cueillette pour produire désormais son alimentation, végétale et carnée, par le recours à l’agriculture et à l’élevage. De prédateur, le voilà dès lors métamorphosé en vil-lageois, en cultivateur et en pasteur. Les gains de cette nouvelle vie sont indiscutables, mais surgissent alors des difficultés inattendues : disettes, maladies nouvelles, invasions de rongeurs, problèmes de cohabitation et de relations sociales, etc. C’est à travers le récit de vie d’un adolescent devenu, au fil du temps, un homme, Cando, plein d’espoir dans les nouveautés de l’époque, que se tisse le scénario, dans le conflit perpétuel entre tradition et progrès.”
JEAN GUILAINE
JEAN GUILAINE
Jean Guilaine est Professeur au Collège de France. Spécialiste du Néolithique, il dirige la fouille d’un village habité par les premiers paysans dans l’île de Chypre. Auteur de nombreux ouvrages, il a publié, entre autres, La France d’avant la France(Hachette, 1980) etLa Mer par-tagée; Hachette “Pluriel Référence”, 2005).(Hachette, 1994
© Actes Sud / Errance, 2006 7, rue Jean-du-Bellay, 75004 Paris Tél. : 01 43 26 85 82 - Fax : 01 43 29 34 88 ISBN :92-7784-22-73-63104-02-2X198-6
Illustration de couverture : © Alexis Horellou
Jean Guilaine
POURQUOI J’AI CONSTRUIT UNE MAISON CARRÉE
ACTES SUD / ERRANCE
à Christiane, à tous les fouilleurs de Shillourokambos et de Khirokitia
Avant-propos
A travers cette fiction, j’ai souhaité écrire une comédie autour de ce grand tournant de l’histoire de l’humanité que l’on nomme « Néolithique ». Au Proche-Orient, il y a 10 000 ans, l’homme abandon-ne son style de vie multimillénaire fondé sur la chas-se, la pêche et la cueillette pour produire désormais son alimentation, végétale et carnée, par le recours à l’agriculture et à l’élevage. De prédateur, le voilà dès lors métamorphosé en vil-lageois, en cultivateur et en pasteur. Les gains de cette nouvelle vie sont indiscutables mais surgissent alors des difficultés inattendues : disettes, maladies nou-velles, invasions de rongeurs, problèmes de cohabita-tion et de relations sociales, etc. La nature n’est pas en reste : la remontée du niveau des mers met en péril les localités côtières. C’est à travers le récit de vie d’un adolescent devenu, au fil du temps, un homme, Cando, créature droite, innocente, pleine d’espoir dans les nouveautés de l’époque, que se tisse le scénario, dans le conflit perpé-tuel entre tradition et progrès. Trois personnages essen-tiels se meuvent dans l’univers de Cando : Golluk, traditionaliste rigide, représentant une vieille lignée de chasseurs-collecteurs, rétif à toute mutation ; Ménil, le père adoptif, à l’esprit curieux, sorte de scientifique avant la lettre, explorateur réjoui d’une modernité néolithique en marche ; Mémet, le politique, intéressé
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avant tout par le pouvoir et une aspiration constante à dominer les autres. Vivant pleinement son époque « révolutionnaire », Cando s’exilera néanmoins sur « l’île aux pierres vertes » – Chypre, avec ses alluvions à galets de picro-lite et ses gîtes de cuivre – pour y retrouver Loula, son amour de jeunesse. Il y rencontrera des populations qui, bien qu’également villageoises, prennent plaisir à freiner certaines formes d’évolution technique. Pour donner plus de piment à la pièce, j’ai prêté ici une attention bienveillante à la thèse – controversée – de mon ami Avraham Ronen, de l’Université d’Haïfa, qui considère le Néolithique précéramique chypriote, teinté de singularités, comme « la première contesta-tion politique de l’Histoire », une sorte de refus pour certaines populations d’endosser la modernité du continent voisin grâce à leur repliement à Chypre. En désaccord avec les insulaires, en conflit avec le vieux Golluk dont l’intégrisme ne cesse de grandir, Cando fera le choix de s’isoler, avec sa famille, dans une partie jusque-là non cultivée de l’île. Mais, tenaillé par son envie de connaître les derniers pro-longements de la « révolution néolithique » de son ado-lescence, il entreprendra un voyage sur le continent. Ce sera pour y découvrir les effets pernicieux d’un mouvement trop idéalisé : localités devenues ingé-rables, course au pouvoir, rivalités des religions, insé-curité, guerre, etc. Il est dès lors en opposition avec lui-même, coincé entre les espérances de sa jeunesse et les désillusions de la vie, tenté de revenir en arrière mais ne voulant à aucun prix jouer à son tour, envers les générations montantes, le rôle de Golluk, vieillard honni, auquel d’ailleurs il ressemble physiquement chaque jour davantage. A ses enfants pourtant, il ne laissera rien paraître, continuant de leur dépeindre l’avenir sous un jour idyllique afin de leur laisser tout loisir de rêver à des lendemains meilleurs.
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