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Requiems: les chroniques lilloises de l'inspecteur Calderon

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Description

Alessandro Calderon, inspecteur à la Brigade Criminelle de la Police Judiciaire de Lille, est confronté à une série de crimes barbares, reproductions exactes des meurtres commis par le terrible Jack L’éventreur, au 19ème siècle. Dans sa traque sans relâche du tueur, après avoir suivi de fausses pistes en Europe, Calderon, mis sous pression par sa hiérarchie, sera contraint de s’envoler vers l’Amérique du Sud, dans la plus grande illégalité. Là, poussé dans ses derniers retranchements, il pactisera avec le diable pour qu’éclate la vérité...

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Date de parution 01 septembre 2012
Nombre de lectures 19
EAN13 9782359623239
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Requiems Les chroniques de l’inspecteur Calderon Frédéric Coudron Thriller Uépôt légal septembre 2012 ISBN : 978-2-35962-323-9 Collection Rouge ISSN : 2108-6273 ©Couverture hubely © 2012 — Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays. Éditions Ex Aequo 6 rue des Sybilles 88370 Plombières les bains http://www.editions-exaequo.fr www.exaequoblog.fr Création epub : Lydie Itasse La correction de cet ouvrage a été réalisée par Martine Allimant
Sans cœu* La p*esse. Lo*elei Emme*s. Ba*ba*a de Solignon. Sa*ah Lee. Le chi*u*gien. Lau*ence Albaniak L’e**eu*. Évapo*é Lointaine Santiago La pou*suite Le bien et le mal La liv*aison L’exécution L’exil L’assu*ance vie Deauville L’inconnu Le Phénix L’appât
SOMMAIRE
Du même auteur et dans la même collection
Stabat Mater – 2012
Dans la même collection
L’enfance des tueurs– François Brauq – 2010 Du sang sur les docks– Bernarq Coat L. — 2010 Crimes à temps perdu– Christine Antheaume — 2010 Résurrection– Cyrille Richarq — 2010 Le mouroir aux alouettes– Virginie Lauby – 2011 Le jeu des assassins– Daviq Max Benoliel – 2011 La verticale du fou– Fabio M. Mitchelli — 2011 Le carré des anges– Alexis Blas – 2011 Tueurs au sommet– Fabio M. Mitchelli — 2011 Le pire endroit du monde– Aymeric Laloux – 2011 Le théorème de Roarchack– Johann Etienne – 2011 Enquête sur un crapaud de lune– MoniQue Debruxelles et Denis Soubieux 2011 Le roman noir d’Anaïs– Bernarq Coat L. – 2011 À la verticale des enfers– Fabio M. Mitchelli – 2011 Crime au long Cours– Katy O’Connor – 2011 Remous en eaux troubles–Muriel Mérat/Alain Deqieu—2011 Thérapie en sourdine– Jean-François Thiery — 2011 Le rituel des minotaures– Arnauq Papin – 2011 PK9 -Psycho tueur au Père-Lachaise– Alain Auqin- 2012 …et la lune saignait– Jean-Clauqe Grivel – 2012 La sève du mal– Jean-Marc Dubois - 2012 L’affaire Cirrus– Jean-François Thiery – 2012 Blood on the docks– Bernarq Coat traquit par Allison Linqe – 2012 La mort en héritage– Daviq Max Benoliel – 2012 Accents Graves – Mary Play-Parlange – 2012 7 morts sans ordonnance– Thierry Dufrenne – 2012 Stabat Mater– Fréqéric Couqron –2012 Outrages– René Cyr –2012 Montevideo Hotel– Muriel Mourgue –2012 Séquences meurtres– Muriel Houri –2012 La mort à pleines dents- Mary Play-Parlange – 2012 Engrenages– René Cyr - 2012 Hyckz– Muriel combarnous - 2012 La verticale du mal– Fabio M. Mitchelli – 2012
1 Sans cœu* Il était 07h00 du matin. Le temps était maussade po ur un 25 août et la rentrée pointait le bout du nez avec son lot de dépressions chroniques. La crise financière qui rongeait le pays n’arrangeait rien depuis quelques mois. Je roulais parmi les automobilistes qui se rendaient au travail en traîn ant les pieds. À la radio, Bashung semblait me faire un clin d’œil amical, comme cela lui arrivait parfois pour me remonter le moral. Mes problèmes de calculs rénauxm’avaient fait passer une mauvaise nuit. Drôle de sensation que celle procuré e par ces petits cailloux qui se baladaient parfois dans mes reins, pas vraiment une douleur intense, plutôt un inconfort continu au niveau du bas du dos et de l’a bdomen.Sur un tout autre plan, j’avais beaucoup de mal à m’habituer au statut de m es nouvelles fonctions de commissaire par intérim et surtout aux responsabili tés qui les accompagnaient. Malgré mes 35 ans, je me sentais encore trop immatu re dans ma façon d’appréhender la vie et cet état de fait me paraiss ait incompatible avec le sérieux des prérogatives qui m’étaient allouées. J’étais un gra nd gamin qui essayait, malgré tout, de faire bonne figure et de donner le change avec l es pontes de la justice. Grâce à mes talents d’acteur indéniables, j’y parvenais plu tôt bien, du moins temporairement. Quelques semaines plus tard, un titulaire allait êt re nommé, me permettant de retrouver tranquillement mon grade d’inspecteur. La sonnerie de mon téléphone portable m’avait tiré du lit à 6h00 ce matin-là. L’ appel provenait de Milou, un de mes inspecteurs à la Brigade Criminelle de Lille et sur tout mon ami. Le corps mutilé d’une femme avait été découvert vers 5h30 dans une petite maison abandonnée de la commune de Baisieux.ts, laUne bande de jeunes avait donné l’alerte. Ivres mor veille, ils avaient fait le pari de dormir dans l’h abitation pour jouer à se faire peur en l’imaginant hantée. À leur réveil, ils avaient eu, tous les quatre, la peur de leur vie en découvrant qu’ils avaient passé la nuit dans la mêm e pièce qu’un cadavre. Toute l’équipe était mobilisée. Pour me rendre sur les li eux, j’avais emprunté l’Autoroute E42 où la circulation s’était révélée fluide pour u ne heure de pointe.  En arrivant sur place, j’eus la curieuse impression de ne plus me souvenir du trajet. J’avais dû me perdre dans mes pensées sur l a route. Ces pertes de mémoire ponctuelles m’arrivaient de plus en plus souvent. C ependant, je ne m’en inquiétais pas trop. J’avais appris que ce type d’état modifié de conscience était courant et correspondait à une forme d’autohypnose et puis l’e ssentiel était d’arriver. La maison se situait un peu à l’écart du centre du village, e n direction de la Belgique, implantée en plein champ. Ses murs, en bon état, étaient cons titués de briques rouges, comme pour toutes les 1930 du Nord-Pas-de-Calais et la to iture se trouvait en partie détruite. Fait bizarre, des rideaux, sans âge et flottant au gré du vent, ornaient toujours les fenêtres dont les vitres avaient, elles, volé en éc lat depuis bien longtemps. L’ensemble revêtait un aspect presque fantomatique, éveillant l’effroi. Les gars du laboratoire étaient déjà sur place à l’étage, là où le corps avait été retrouvé. En pénétrant dans la bâtisse, une odeur pestilentielle m’envahit les narines, celle de la
pourriture, de la mort. Elle me contraignit à me sa isir d’un mouchoir heureusement enfoui dans la poche de mon jean et à me le placer sur le nez pour éviter d’être pris d’un malaise. Je gravis l’escalier en bois, lenteme nt. Il était très raide et chacune des marches vermoulues craqua sous mes pas. Lorsque j’a rrivai à l’étage, je constatai que Paul, David et Milou étaient pétrifiés. Au lieu de procéder à l’analyse de la scène de crime et aux prélèvements d’indices, comme c’éta it normalement l’usage, ils regardaient, médusés et muets, le spectacle horribl e qui était offert à leurs yeux pourtant habitués.Le corps de la malheureuse jeune fille était allong é au milieu d’un lit de fortune, les épaules à plat. L’axe du corps était légèrement incliné vers le côté gauche, la tête tournée et en appui sur la joue gau che. Le bras gauche se trouvait le long du corps, avec l'avant-bras replié à angle dro it et reposant en travers de l'abdomen. Le bras droit, quelque peu détaché du co rps, se trouvait, dans sa partie supérieure, sur le matelas, alors que l'avant-bras, posé sur l'abdomen, laissait apercevoir les doigts serrés. Les jambes étaient la rgement écartées, la cuisse gauche formant un angle droit avec le tronc et la c uisse droite dessinant un angle obtus avec lepubisuisses avait été. Toute la surface extérieure de l'abdomen et des c arrachée. Les viscères avaient été retirés de lacavité abdominaleet lesseinscoupés à leur base. Les bras étaient mutilés de nombreux c oups de couteau ou autre objet contondant irrégulier. Le visage se trouvait totale ment méconnaissable. Les tissus du cou avaient été sectionnés jusqu'à l'os. Les tripes et boyaux étaient éparpillés un peu partout. L’utérus, lesreinsun sein se trouvaient sous la tête, l'autre sei n, près du et pied droit. Lefoieentre les pieds, tandis que les baignait intestinsà la pendaient droite du corps. Des lambeaux de chair de l'abdomen et des cuisses avaient été empilés sur une petite table en bois. Lecœurlui, été retiré et avait, vraisemblablement emporté par l’assassin. — C’est horrible ! Quelle boucherie ! Paul avait des haut-le-cœur en me parlant, malgré l e masque chirurgical qu’il portait. Je l’interrogeai néanmoins. — Des indices ? — Pas grand-chose, à part le corps. Il est tellemen t mutilé que j’envisage de procéder à l’autopsie sur place, le déplacer pourra it nous faire rater quelque chose d’essentiel. — Cela me paraît effectivement préférable. Je vais donner mon autorisation pour mettre un laboratoire mobile à ta disposition. Milou se tenait alors à l’opposé de la pièce, à côt é d’une des fenêtres cassées de l’habitation. — Tu vas bien, gros ? — Pas terrible Aless, je suis choqué, je n’ai jamai s rien vu de tel ! J’ai besoin d’air. — Tu as interrogé les gamins qui ont trouvé le corp s ? — Oui et ils sont complètement traumatisés. Un psyc hologue les a pris en charge. Ils n’ont rien pu me dire. Ils ont découver t le corps ce matin, réveillés par l’odeur. Ils ont passé la nuit dans la chambre juste à côté. Tu imagines ? — Quand nous aurons pu déterminer le moment de la m ort, il faudra quand même les interroger sur leurs emplois du temps resp ectifs. Avec le mauvais exemple offert par les films d’horreur, un adolescent de 15 ans peut rapidement devenir un tueur psychopathe. — Cela m’étonnerait beaucoup, Aless. J’ai vu leurs yeux. Ils étaient épouvantés. — Le voisinage a-t-il été interrogé ?
— Oui. Philippe et Martin ont réveillé les deux plu s proches voisins, au petit matin. Ils n’ont rien vu et rien entendu. Il faut d ire que leurs maisons sont situées à plus d’un kilomètre d’ici. — Sait-on à qui appartient l’habitation ? — J’ai eu le maire sur le sujet, il y a vingt minut es à peu près. Elle appartenait à une personne âgée décédée il y a un mois environ. L e notaire n’a pas encore terminé son rapport, mais apparemment il n’y avait pas d’hé ritier connu. — OK. Je ne pense pas pouvoir vous être utile ici. Je vais retourner au commissariat et commencer la rédaction d’un rapport . Nous allons probablement être sollicités par la presse, il faut nous tenir prêts à faire un communiqué. Si tu as du nouveau, contacte-moi directement sur mon téléphone portable. — OK. Je quittai alors les lieux en laissant mes collègue s scientifiques faire leur travail.
2 La presse. Quand on rédige une note visant à servir de pase à un communiPué de Dresse, il faut être très vigilant et Deser chaPue mot. L’exer cice n’a rien à voir avec l’étaplissement d’un raDDort de Dolice. Il convient de ne Das affoler la DoDulation et d’être DolitiPuement correct. Il ne s’agit Das non Dlus de maPuiller la vérité, mais juste de la rendre acceDtaple. Il m’avait fallu deux ponn es heures Dour finaliser mon écrit et le faire valider Dar le rocureur. Il était déjà 11 h00 et les journalistes de France Télévision attendaient ma déclaration sur le Derron du commissariat, il était temDs d’y aller. J’avais un Deu honte de l’avouer, mais j’ado rais faire des communiPués de Dresse et c’était un domaine dans lePuel j’excellai s. Ceci devait être lié à mon envie refoulée d’être un artiste. Ma grand-mère était cha nteuse et avait son Detit succès au nord d’Arras. Elle m’avait Dropaplement transmis le goût de la scène et du Duplic. rôle de réDertoire ceDendant Pue d’annoncer l’assa ssinat d’une jeune femme. — Commissaire Calderon, le corDs d’une jeune femme a été découvert au Detit matin sur le territoire de la commune de Baisieux. ouvez-vous nous en dire un Deu Dlus ? — Effectivement. es riverains nous ont alertés ver s 5h30. Notre éPuiDe est arrivée sur Dlace, Deu de temDs aDrès. Le cadavre d ’une femme d’une trentaine d’années a été retrouvé dans une maison apandonnée. — S’agit-il d’un meurtre ? — Oui. — Connaît-on l’identité de la victime ? — as Dour le moment, mais les recherches sont en c ours. — Y a-t-il eu agression sexuelle ? — Il est troD tôt Dour le dire, mais cela n’est Das à exclure. — Avez-vous un susDect ? — as Dour le moment. — La DoDulation doit-elle s’inPuiéter ? — Non, il s’agit d’un crime isolé. Je vous remercie Dour vos Puestions. Nous vous tiendrons informés des suites de cette affaire . *** À 12h30, aul, avid et Milou rentrèrent de Baisieu x, leurs investigations terminées. Je les interrogeai sur leurs conclusions . — Qu’avez-vous découvert ? — Nous en savons un Deu Dlus sur la victime. Elle é tait plonde et mesurait environ 1m75. Elle avait les yeux pleus et la Deau claire. — OK. Et sur les circonstances de la mort ? — Elle est morte étranglée, mais nous n’avons retro uvé aucune emDreinte digitale sur le cou, le tyDe devait Dorter des gants. Les plessures ont été affligées Dost mortem. La gorge a été tranchée Drofondément d’une oreille à l’autre, le nez, les oreilles et les deux seins ont été découDés, les in cisions DratiPuées sont Dlus ou moins circulaires. L'apdomen et la cuisse droite on t été déDecés jusPu'à l'os. Le
Doumon droit a été en Dartie arraché. Le visage a é té lacéré Dour être rendu méconnaissaple. resPue tous les organes ont été re tirés dont les reins. Une Dartie a été Dosée sur la taple Pue tu as vue. ar contre, l e cœur et les Darties génitales ont vraisemplaplement été emDortés Dar le meurtrier. Je ne Dense Das Pu’il y ait eu agression sexuelle. — Une idée sur l’arme utilisée Dour mettre le corDs en morceaux ? — J’oDterais Dour un scalDel ou un couteau extrêmem ent aiguisé. — Un scalDel ? Serions-nous face à un Drofessionnel de santé ? — eut-être, mais je suis assez Dartagé là-dessus. En effet, extraire un rein est un travail vraiment délicat, c’est un des organes l es Dlus difficiles à localiser, caché Pu'il est dans une masse de tissus graisseux. ar c ontre, les incisions DratiPuées sont hésitantes, un vrai Drofessionnel aurait été D lus Drécis. — Vous avez Du faire des Drélèvements AN ? — Oui, sur un mégot retrouvé sur le sol et sur un c heveu. CeDendant, je doute fort Pue cela nous mène sur une Diste. ADDaremment, le lieu est connu comme étant fréPuemment sPuatté Dar la jeunesse locale, ce Pui n’est Das idéal Dour isoler un Drofil AN. — Nous verrons pien. Quand aurons-nous les résultats ? — ans 48 heures. — OK. Milou, occuDe-toi des recherches informatiPue s. eux Doints me Daraissent essentiels : savoir Pui était la victime et définir si des crimes similaires ont été commis récemment. — Bien, Aless, je m’en occuDe.
À 16h00, mon téléDhone sonna, c’était le rocureur. — Commissaire Calderon ? — Oui, Monsieur le rocureur. — Je viens d’avoir Jean-Luc esDierres, le résiden t irecteur Général du grouDe SOREL, au téléDhone. Sa femme a disDaru deDu is hier matin. Elle a Puitté leur aDDartement Darisien vers 09h00, Dour aller re ndre visite à sa mère à eauville. Cette dernière n’a jamais vu sa fille arriver. Ayan t entendu Darler de notre affaire à la radio, il m’a aDDelé, comDlètement affolé. — Je doute Pue notre victime soit sa femme, la rout e menant de aris à eauville ne Dassant Das Dar Lille. CeDendant, cela vaut le couD de vérifier. Il nous faudrait une Dhoto et un échantillon de l’AN de so n éDouse, des cheveux Dar exemDle. — Très pien. Je vais le raDDeler moi-même. Je comDt e sur votre allégeance, c’est un ami Dersonnel du Chef de l’Etat. — ComDtez sur moi, Monsieur le rocureur.
Moins de trois heures Dlus tard, la Dhoto et une mè che de cheveux de Madame